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Test rétro : bilan mois d’avril 2021

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On n’arrête pas mon envie de test rétro avec cette compilation des meilleurs souvenirs (ou les pires) du mois d’avril 2021. Au menu : de la SF, du cyber punk, de la justice sauvage et des naufrages. Alors, qu’est-ce qui vaut le coup que vous y jouiez ou non ? Attention, moteur… Action !

Lost Planet : Extreme Condition (Xbox 360, 2006)

Sur EDN-III, il fait froid, et la planète fourmille de sales bêtes appelées Akrids. C’est aussi la guerre entre colons depuis longtemps. Vous êtes Wayne, un gars se réveillant amnésique après le prologue du jeu, sauvé par des pirates. Vous allez vous battre à leurs côtés contre Nevec, corporation militaire qui veut raser la planète. Bien qu’un twist sympa intervienne aux deux tiers, l’histoire est une excuse pour vous faire courir dans la neige, shooter du streum et piloter des VS, des méchas assez cool.

Après le sympathique Lost Planet 3, j’ai découvert Lost Planet, le vrai, sorti sur PS3 et Xbox 360. Le gameplay est dynamique, les boss énormes, et le grappin permet de faire le kéké. La thermo-énergie n’est pas de la monnaie ici, mais se récolte pour vous régénérer et rester en vie. Si votre compteur arrive à zéro, le froid va rapidement vous tuer, d’où la nécessité de flinguer de la piétaille et des citernes pour survivre. En conséquence, Lost Planet est répétitif et linéaire malgré des arènes immenses, souvent prétextes à affronter des boss impressionnants. Comme il est court, on n’a pas le temps de regretter.

Lost Planet Xbox 360 test rétro

Ce test rétro a été sympa. Le jeu tourne bien, mais est-il toujours top quand on le découvre en 2021, sans nostalgie ? Meh. Le doublage est tordant et ses persos ont un design « so Japan » digne d’un anime. Le stun chez votre personnage est également très prononcé, ce qui frustre souvent. Trois VS vous ont chopé et vous pilonnent au lance-roquettes ? Allez prendre un café, car vous allez sûrement décéder sans pouvoir bouger. Enfin, le boss final est juste irritant, LP devenant subitement Zone of the Enders, en moins maniable. Si vous voulez quand même essayer, il est aussi sur PS3 et rétrocompatible Xbox One.

The Punisher (PS2, 2004)

Après la bonne surprise Dredd vs Death, voici un nouveau test rétro sur PS2 surprenant agréablement. The Punisher (sorti aussi sur Xbox) a certes quelques défauts de gameplay, comme un perso un peu rigide, des checkpoints pas toujours bien placés et, encore une fois, un boss final gavant. Aussi, la difficulté grimpe en flèche dans la deuxième partie, mais au moins, vous pouvez modifier cela entre les missions.

Malgré tout, c’est du fun en barre. Le Punisher n’est jamais à court de vannes dignes de Schwarzy à ses heures de gloire. En plus d’un arsenal fourni, presque toutes les armes peuvent se porter en duo (comme le fusil à pompe, et là, oh Maman !). Le jeu est extrêmement généreux en exécutions sauvages, interrogatoires gratifiants et mises à mort inventives. Vous pouvez facilement prendre un gars en otage pour vous en servir comme bouclier. Enfin, les guests de renom s’y bousculaient déjà, avant que le MCU ne crée la hype autour de Black Widow, Iron Man, ou encore Kingpin.

Curieusement, épargner un type à la fin d’un interrogatoire trash (au lieu de le broyer, le brûler, etc.) vous fait perdre des points, utiles pour customiser vos capacités et armes dans le menu du jeu. Par contre, si juste après l’avoir épargné, vous le butez ou l’envoyez voler trois étages plus bas… vous gagnez des points ! À vous de décider, sachant que de toute façon, vous ne déboquerez pas toutes les améliorations au cours de votre première partie.

The Punisher a encore une sacrée cote puisqu’on ne le trouve pas à moins de 20 €. Il les mérite peut-être, pour avoir été un test rétro fun et plus riche qu’en apparence. Tout dépend de combien vous êtes prêt à payer pour assouvir vos bas instincts.

Syndicate (Xbox 360, 2012)

Dans Syndicate, vous êtes un mercenaire à la mémoire trafiquée et aux capacités dopées. Vous bossez pour un corporation cupide dans un futur dystopique, calqué sur Blade Runner et Ghost in the Shell. On va être clair : si Deux Ex n’existait pas, Syndicate ne le remplacerait pas. Mais en l’état, le titre d’EA a de quoi satisfaire vos envies de cyber punk, et de FPS rapide à boucler sans prise de tête.

Malgré tout ce qui a l’air complet et détaillé, Syndicate est très simple. Vous avancez et vous tirez, vous êtes doté de capacités spéciales rechargeables, et vous pouvez débloquer des compétences au fur et à mesure. C’est tout et ce n’est pas fou, mais ce n’était pas mal pour ce test rétro. Le jeu étant linéaire, vous pouvez vous en donner à cœur joie dans le démastiquage de vigiles et autres agents de sécurité. Vous avez la capacité de pirater les puces cérébrales de vos adversaires, ceci de deux manières : les faire se suicider et exploser, ou les retourner contre leurs semblables. À part ça, vous avez l’inévitable bullet time et une vision scanner permettant de voir à travers les murs.

Syndicate Xbox 360 test rétro

L’histoire est simple et n’est prétexte qu’à flinguer, la fin ne donnant aucun sentiment de résolution au joueur malgré tout ce qui est arrivé. Il reste au moins le souvenir d’un gameplay correct, d’une esthétique soignée (malgré un abus de flou lumineux parfois limite aveuglant), et de plusieurs références au genre faisant sourire, comme le fusil « Kusanagi ». Et si vous jouez en VO, vous jouissez d’un sacré casting vocal (Bryan Cox, Rosario Dawson, Michael Wincott).

En résumé, Syndicate a de quoi occuper agréablement les weekend pluvieux. Rétrocompatible Xbox One, et également dispo sur PS3.

007 Legends (Xbox 360, 2012)

Après le portage minable du jeu Wii passable GoldenEye Reloaded, Activision a sorti Legends. Cette fois, il s’agit d’un jeu « original » pour PS3 et Xbox 360, rushé pour correspondre à la sortie du film Skyfall la même année.

L’unique intérêt de ce test rétro réside dans le concept. Alors que James Bond se noie au début de Skyfall, sa vie défile devant ses yeux. On rejoue alors à des mini remakes de ses aventures les plus emblématiques dans la peu de Daniel Craig. Franchement, toutes ne font pas l’unanimité replacées dans le contexte « moderne et réaliste » des Bond de Craig. Goldfinger, Au Service Secret de sa Majesté et Permis de Tuer sont les premiers chapitres. On éprouve un plaisir enfantin à arpenter les couloirs refaits de la réserve de Fort Knox, du repaire de Blofeld ou de l’usine de drogue de Sanchez. Mais après, le jeu nous envoie dans le palais de glace de Meurs un autre jour, puis dans l’espace avec Moonraker. De bons souvenirs, n’est-ce pas ?

007 Legends Xbox 360 test rétro

Legends est aussi insipide à jouer que son prédécesseur. La jouabilité est juste potable, et l’IA des ennemis est digne de Call of Duty (à jeter, donc). Les « ajouts » ne servent à rien : votre téléphone en fait un peu plus, mais ne sert toujours que quand c’est scripté, et ni votre montre ni votre stylo lance-fléchettes ne relèvent le niveau. La physique des courses en voiture est risible, et le jeu vous inflige une dizaine de combats au corps-à-corps à base de QTE. Ah oui, et évidemment, les checkpoints se trouvent souvent aux endroits les plus frustrants.

Vous voulez fantasmer deux secondes sur ce que donneraient des remakes de vos Bond préférés ? Ne vous fatiguez pas. Regardez une vidéo sur Youtube à la place.

Unearthed : Trail of Ibn Battûta (PS3, 2013)

Farid et sa sœur Dania explorent une tombe égyptienne quand des mercenaires attaquent. Après s’être échappés, ils retrouvent Rasheed Al Kalabi. Il leur popose de suivre la trace de Ibn Battûta, grand explorateur berbère, quand un intrus vole les carnets du monsieur. Pas le temps de l’interroger qu’il est flingué et vous devez fuir la police. Une fois fait… À SUIVRE ! Parce que c’était prévu pour être la première partie d’un jeu sorti épisodiquement. La vie étant ce qu’elle est, et surtout la raison, ce truc horrible n’a jamais conduit à des lendemains meilleurs.

Unearthed est à Uncharted ce que House of the Dead, le film, est aux jeux dont il s’inspire : un cas d’école de tout ce qu’il ne faut pas faire, volontairement ou non. Ne coûtant que 75 centimes sur le store PS3, je me suis permis. Sa réputation le précédait depuis longtemps, et je voulais voir ça de mes yeux. Ce n’était pas une grosse perte pour un test rétro, mais honnêtement, il ne vaut pas dix centimes.

Unearthed PS3 test rétro

Chaque section est aussi différente que ratée. Plate-forme et exploration ? Les contrôles sont approximatifs, et les animations pires que sommaires. Tir ? Les flingues sont aussi peu précis que dans Kane & Lynch. Combat ? La moitié des touches ne répondent pas, et vous ne pouvez pas enchaîner les attaques. On finit par recourir à la technique du « j’avance pour feinter l’ennemi qui donne un coup de pied, je recule et contre-attaque, bis repetita. ». Poursuite en voitures ? Haha, la physique des véhicules ! Le seul moment jouable et plaisant est une fuite en quad où vous vous contentez de tirer… et ça dure deux minutes.

Se finissant en une heure seulement, Unearthed ressemble à peine à un jeu PS2. Pour être sorti en 2013 (deux ans après Uncharted 3 !), c’est un petit exploit en soi.

Pour finir sur une bonne note

C’est une bonne note sans l’être. J’ai pu jouer à Rage 2 sur Xbox One, et malgré quelques bugs techniques, je suis très content de ce test rétro. Le gameplay nerveux et bourrin, prototype de Doom Eternal, vous fait vous sentir puissant. On a envie de parcourir le Wasteland non pas pour en découvrir les secrets, mais pour dégommer tout ce qui bouge avec un arsenal et des pouvoirs toujours plus badass. Le titre de Bethesda est littéralement un bac à sable du massacre, où tirer et renverser en voiture est la seule et unique attraction… mais vous le faites de toutes les manières possibles !

Rage 2 Xbox One

Alors où est le malaise ? Eh bien, un satané bug peut vous refuser à tout jamais l’accès à la fin du jeu ! Si vous lancez la mission finale mais avez le malheur de vouloir faire une autre quête entre-temps, vous ne pourrez plus JAMAIS finir Rage 2, même en réinstallant tout ! Le portail à franchir restera éternellement fermé, et aucun correctif en deux ans n’a jamais résolu le problème. C’est incompréhensible, frustrant, et comme je n’ai pas l’intention de le refaire de sitôt, l’absence d’apothéose me restera comme un os en travers de la gorge. Un jour, peut-être…

Si vous ne faites pas la même erreur que moi, je recommande Rage 2 pour ses quinze heures de carnage en moyenne, certes un peu répétitives, mais totalement festives.

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Critique : Sans aucun remords « Sans aucun intérêt ? »

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Des méchants russes entrent par effraction chez le vétéran John Kelly (Michael B. Jordan). Comme tous les bons tueurs professionnels au cinéma, ils butent sa femme enceinte, mais lui, ils le ratent. Forcément, si ça suffit à Jason Bourne et Jack Bauer pour déclarer la guerre au système, pourquoi pas lui ? Il va rapidement se faire aider de son amie Karen Greer (Jodie Turner-Smith), et chapeauter par le Secrétaire à la Défense Clay (Guy Pearce). Mission : officiellement, empêcher la Troisième Guerre mondiale ; officieusement, venger la mort de sa famille. Forcément, tout ne se passe pas comme prévu…

Quelle joie. Une nouvelle production d’action estampillée Skydance (Jack Reacher, Terminator Dark Fate), exploitant le Ryan-verse. Après nous avoir bien fait rire avec Jack Ryan, le film (en 2014), les productions « danse du ciel » continuent d’exploiter Tom Clancy de manière peu inspirée avec Sans aucun remords. Si le film est certes tiré d’un roman de feu l’auteur, rien n’a vraiment survécu du matériau de base à part le titre et son personnage, John Kelly, futur John Clark bossant au noir pour la CIA. Je veux bien croire que quelques décennies plus tard, il fallait adapter l’histoire au monde contemporain, mais quand même. Étant l’un des rares romans de l’auteur que j’ai lus, il y avait quelques idées et moments, souvent sordides, qui auraient fait des ravages. Mais jugeons donc la bête pour ce qu’elle est, et pas ce qu’elle aurait pu être.

Sans aucun remords

Sans aucun scrupule

L’exploitation sans honte du titre et du nom de l’auteur sont du niveau de The Lawnmower Man (le Cobaye, 1992), film d’anticipation et de SF qui n’avait rien à voir avec la nouvelle de Stephen King. L’exemple n’est pas anodin, car Sans aucun remords, le film, cherchait à se monter depuis les années 90. Pas de scrupules, donc, à mentir sur la marchandise. On a autant affaire à une adaptation fidèle d’une histoire de l’auteur que les derniers jeux Ghost Recon.

L’action non plus ne fait pas grimper au plafond, ersatz de ce que le genre fait de mieux, et de plus commun, en ce début d’années 2020. Le spectateur friand du genre saura s’occuper pendant une heure cinquante, mais il aura du mal à se souvenir de péripéties déjà vues cent fois ailleurs : une rixe dans un escalier atomisée par celle d’Atomic Blonde, une fuite déguisée reprise – entre autres – à Léon, etc. Avoir la présence et la baraka de Michael B. Jordan n’y change hélas rien. Il est cool et impressionnant, ça oui, mais il l’est tout autant dans un autre film.

Seules exceptions, un interrogatoire dans une voiture en flammes (ç’a pas l’air intelligent, quand on y repense), et un crash aérien suivi d’une plongée en apnée efficace. Ça collerait des sueurs froides si on n’en était pas à la moitié du métrage, alors que le héros a encore beaucoup de boulot à abattre.

Sans aucun remords

Sans aucun jus

Rayon histoire, Sans aucun remords « devrait » être un revenge movie sordide et rentre-dans-le-lard, mais il ne l’est jamais autant que le matériau de base (ceux qui ont lu le bouquin savent que, finalement, la femme de ce pauvre John a eu de la chance de se faire tuer dans son sommeil). Hormis les morceaux de bravoure cités plus haut, le film a souvent l’air privé de cojones. Son rythme souffre d’autant plus quand Kelly prend une minute pour se lamenter dans des dialogues poussifs que la musique survend inutilement.

Sans aucun remords fait partie de ces produits calibrés qui ont un agenda à remplir et des spectateurs à tenir par la main (« Au cas où tu ne peux pas imaginer ce que ça ferait de voir mourir ta femme enceinte, écoute le héros te le répéter trois fois »). C’est probablement pour ça aussi que le twist aux deux tiers du film paraît si simpliste, voire carrément invraisemblable.

Sans aucun remords a beau avoir été réalisé par Stefano Sollima (Sicario 2, Suburra, ZeroZeroZero) et avoir de temps en temps la patte de son réalisateur, ce dernier ne peut pas sauver le projet sur la base d’un scénario aussi bateau. Sur Imdb, les deux auteurs mentionnés sont celui de Sicario et Comancheria, et un habitué des jeux vidéo et shows télé peu subtils. Ce n’est peut-être pas si étonnant que l’entreprise ait l’air si bicéphale, hésitant entre avoir l’air intelligent et l’être véritablement.

Sans aucun remords

Sans aucun remords, c’est bien, ou bien… ?

Sans lien aucun avec les autres œuvres en cours comme la série Jack Ryan, Sans aucun remords ne peut pourtant pas s’empêcher de lâcher des miettes aux fans, notamment via les noms de ses personnages (Greer, Ritter, etc.). Il se permet aussi, sans honte, l’appel gratuit à une suite inspirée des futures activités de John Clark. Les fans de Rainbow Six apprécieront… peut-être. Ceux qui n’en ont rien à secouer lanceront la prochaine suggestion sur leur liste Amazon Prime. Pour tous les autres, Jason Bourne et 24h Chrono sont toujours aussi prenants et réussis dans le genre.

LES + :

  • Le parfait véhicule pour les abdos huilés de Michael B. Jordan, toujours classe dans l’action.
  • Ça reste vaguement inspiré de Tom Clancy, alors entendre les références à gauche, à droite, ça fait toujours sourire.
  • Un ou deux moments sont quand même susceptibles de retenir l’attention.

LES – :

  • Adieu mon rêve de voir vraiment adapté le roman de Tom Clancy.
  • Hahaha ! Cette main inutile tendue à une suite pour les cinq du fond que ça intéresse…
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Auto-édition : les 3 étapes clés pour s’auto-éditer

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Si vous voulez écrire et auto-éditer un livre, autant savoir a minima à quoi vous devez vous préparer. Ce n’est rien de compliqué, mais si vous n’êtes pas encore lancé, pourquoi ne pas faire un tour rapide sur les trois étapes que vous allez devoir traverser.

Note : ce qui suit est basé sur une expérience personnelle dans le cadre de l’écriture de fictions.

1) Sachez ce qui vous attend administrativement

Évidemment, la question est de savoir quels sont vos plans pour la suite. Pourquoi voulez-vous auto-éditer un livre ? Pour être lu ? Ou pour avoir une activité professionnelle secondaire ? Pour faire de l’argent ? Plus vous en ferez, de l’argent, plus il faudra vous interroger sur votre statut légal. Notamment, il faut savoir si vous allez devoir déclarer vos revenus aux impôts et à partir de quels montants. Et si vous les déclarez, allez-vous déclarer des BIC ou des BNC ?

Bien sûr, vous pouvez commencer à écrire « pour le plaisir » et voir ce que ça va donner sur la durée. Mais quand viendra le moment, vous voudrez vous adapter rapidement. Faites des recherches. Si vous voulez, vous pouvez vous renseigner auprès des impôts, de la maison des artistes et de votre organisme de cotisation sociale. Ils vous feront balader de l’un à l’autre, mais quelqu’un aura forcément la réponse à vos questions.

auto-editer un livre

2) Votre travail en tant qu’auteur

Pour l’environnement de travail, certains ont besoin de calme, d’autres d’être dans un lieu public. Il y en a qui ont besoin d’un mug débordant de café, d’autres préfèrent le thé et l’odeur de l’encens, tout en ayant leur chat sous la main. Etc. Il y a des génies ou des dilettantes qui écrivent comme ça leur vient, et il n’y a pas de mal à ça. Mais dans le pire des cas (en l’occurrence, le mien), il faut vous organiser. Si vous voulez des idées déterminées et un récit structuré, il faut du travail, de la patience, et surtout se relaxer. Tout vient à point à qui sait attendre.

auto-éditer un livre

Théoriquement, les choses vont se passer comme suit :

  • Vous avez une idée.
  • Vous l’allongez en un synopsis, puis en un traitement de plusieurs pages.
  • Si vous vous basez sur des gens, événements ou lieux réels, vous faites des recherches.
  • Suivant vos recherches, vous triez ce que vous comptez utiliser ou non, et vous décidez de ce que vous allez transformer ou pas (licence artistique).
  • Vos personnages vont parler ? En écrivant vos dialogues, n’hésitez pas à les rendre bavards à l’excès. Dites tout avec eux, tant pis s’ils parlent trop. Après, vous aurez l’occasion d’alléger leurs échanges, en triant ce qui doit être dit et ce que vous pouvez décrire.
  • Vous avez un premier jet terminé ? Maintenant, il faut le relire. Et le relire. Et le relire. Etc. Vous avez besoin de bêta lecteurs. Peu importe votre concentration, des choses vous échapperont toujours. Il vous faut des avis constructifs. Tournez-vous vers des amis dignes de confiance ou des chroniqueurs, pourquoi pas même, des correcteurs professionnels.
  • Grâce à ces retours, procédez aux dernières corrections.

Félicitations, vous avez fini d’écrire, mais pas de vous auto-éditer.

3) La création de votre livre

Déjà, il y a la couverture. Comment allez-vous « vendre » votre histoire ? Attirer le regard et susciter la curiosité ? C’est d’autant plus difficile si vous n’y entendez rien en illustration. Personnellement, je me suis mis à Adobe Photoshop sur le tas, et même encore aujourd’hui, chaque nouvelle idée apporte de nouveaux problèmes. Si vous avez peur ou si vous voulez gagner du temps, tournez-vous vers un illustrateur professionnel (je demande parfois de l’aide par ici). Pensez aussi à la quatrième de couverture, le texte au dos du livre ou sur le descriptif du produit en ligne. Là encore, soyez concis mais intriguant pour donner envie d’en savoir plus.

Il faut avant tout un ebook, mais si vous vous éditez sur Amazon, notamment, vous avez aussi la possibilité de proposer un livre broché. Pour la mise en page, demandez-vous quels logiciels vous allez utiliser. Voici ce qui m’a permis de m’en tirer :

  • Pour faire un ebook : il existe beaucoup de méthodes et de logiciels, mais pour faire un ebook, je me sers de Jutoh, très complet et rapide à prendre en mains. Je crée des onglets, j’y transfère mon texte et mes images, je génère une table des matières et je n’oublie pas d’ajouter couverture et métadonnées. Mais après avoir généré l’ebook, il peut contenir des erreurs. Une vérification par un logiciel de visionnage et d’édition est recommandée, en l’occurrence, Calibre. Espérons que vous touchez un peu en Html et CSS…
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  • Pour faire un livre broché : décidez avant tout des dimensions du livre, en fonction des options proposées sur la plateforme choisie. Ensuite, créez votre livre en fonction. J’avais commencé ma « carrière » sur Word, en créant un template pour la Collection 120. Mais après quelques années, Adobe InDesign est devenu mon meilleur ami. En cas de corrections, plus rien ne saute dans le document, ce qui est une bénédiction. N’oubliez pas de générer une table des matières, et peut-être quelques pages blanches entre les chapitres, pour laisser respirer le lecteur. Amazon propose d’importer le livre en pdf et de visionner le résultat avant de valider, ce qui est salvateur. Enfin, pour ce qui concerne l’ISBN, les plateformes en ligne vous en collent un d’office si vous n’en avez pas déjà.

Vous pouvez auto-éditer un livre

Il reste encore des détails à propos du référencement, du choix du prix et du marketing, tout aussi importants, mais c’est une autre paire de manches. Pour ce qui est d’auto-éditer un livre, vous savez ce qui vous attend.

Avant de tout balancer en ligne, un dernier conseil : protégez votre bouquin. C’est une double sécurité et ça ne coûte pas cher de copyrighter votre travail.

Cet article a été écrit en collaboration avec l’Agence Fanny Cairon.

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Critique rétro : Mort Subite (1995) « Critique qui joue les prolongations »

Mort Subite

Darren McCord (Jean-Claude Van Damme) est un ancien pompier de Pittsburgh traumatisé par la mort d’une fillette dans ses bras. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un technicien de maintenance en charge de la sécurité incendie du grand stade de la ville. Le soir du match de fin de saison, auquel assiste le vice-président en personne, il emprunte ses deux enfants à son ex-femme en croyant faire plaisir à tout le monde. Mal joué. Le terrifiant Joshua Foss (Powers Boothe) a recruté les plus sales gueules du comté pour investir la loge présidentielle, piéger les lieux avec des bombes, et réclamer une colossale rançon de 1,7 milliards de dollars ! A la fin de la rencontre, si l’argent n’est toujours pas transféré, Foss n’hésitera pas à tout faire sauter. S’il y a une chose que McCord n’a plus envie d’être, c’est un héros. Malheureusement, s’il veut sauver ses enfants, il n’a pas vraiment le choix…

La citation qui tue

(McCord : ) Pourquoi vous ne me croyez pas ?! Le pingouin avait un flingue !
(Un sceptique : ) Oui, tous les pingouins en ont un…

Mort Subite

Die Hard à la chaîne

Durant la deuxième moitié des 90s, tout ou presque avait été fait dans le repompage de Piège de Cristal. Certains exploitèrent encore le filon tel The Rock en 1996, tandis que la franchise de Bruce Willis avait déjà changé d’orientation avec le jouissif Une Journée en Enfer en 1995. Nanars de tous poils continuèrent pourtant de fleurir dans les vidéoclubs, et leurs affiches d’orner les halls d’entrée des cinémas. Même Steven Seagal s’y était collé deux fois, pour un résultat plus ou moins savoureux (le diptyque Under Siege). Ne manquait plus que JCVD, et c’est en 1995 que débarqua Mort Subite, son Die Hard à lui.

Une sortie déjà tardive pour le genre. La même année, Une Journée en Enfer, seconde suite à Piège de Cristal, prophétisait la prochaine grande mutation du film d’action avec ses expérimentations « cinéma vérité », que Paul Greengrass sacraliserait plus tard avec Jason Bourne et La Mort dans la Peau (2004). Quant à Piège à Grande Vitesse, deuxième Under Siege avec Steven Seagal, il ne se cache pas d’être parodique. Second degré et pétage de plombs sont généralement la direction logique pour une formule approchant son dixième anniversaire.

Mort Subite

Coincé entre les deux, Mort Subite tient tout entier sur un prétexte sentant le fond de gamelle. Imaginez les execs à Hollywood, en réunion avec leurs scénaristes : « On a fait l’avion, le bus, le bateau, la montagne… Il reste quoi ? – Alcatraz ? – Mais non, débile, ça marchera jamais (jusqu’à The Rock). – Une patinoire ? – Banco ! » (On rigole, la vraie genèse du film étant dévoilée dans les bonus). Mort Subite s’en tient à ça avec un sérieux imperturbable. Ce n’est pas un tort. Mais le Die Hard-like étant déjà un sous-genre éculé, et la franchise initiatrice ayant révisé sa formule dans Die Hard 3, comment le réalisateur et sa star allaient-ils nous épater ?

Peter Hyams et l’ousider

Peter Hyams n’a, hélas, jamais autant marqué les spectateurs que dans le sillage d’autres œuvres. Il est très talentueux et sa filmographie est à (re)découvrir d’urgence. Mais les gens semblent se souvenir surtout de Outland, 2010 et Timecop. Soit un western spatial emprunt de l’ADN d’Alien, la suite tardive de 2001 et sa première collaboration avec le karatéka belge. Naturellement, si on se rappelle Mort Subite, c’est avant tout pour sa déclinaison de Die Hard 1 & 2.

Mort Subite se prend très au sérieux malgré des pointes d’humour de-ci de-là. C’est drôle quand on pense que la première mouture du script livrait une comédie d’action. Peter Hyams favorise la gravité, y compris visuellement puisque, directeur photo ici, il privilégie les noirs profonds et les éclairages oppressants. Cette esthétique donne, faussement, l’impression que le film est dépourvu d’humour ou de recul sur sa propre bêtise (ce qu’une scène évoquée plus bas contredit totalement). Une autre raison, peut-être, serait justement ce qui a attiré Jean-Claude là-dedans. Il a ici l’occasion de jouer un type ordinaire « façon John McClane ». Un père aimant et dévoué, traumatisé par ses échecs, et qui doit les surmonter pour sauver ses enfants.

Cette intention a des conséquences également sur le spectacle. On est loin du surhomme monté sur ressorts vu dans Chasse à l’Homme deux ans plus tôt. Jean-Claude adapte sa chorégraphie en faveur de coups plus bruts et moins gracieux, reléguant au placard son fameux grand écart. L’homme normal a ses limites. Toutefois, parce qu’il faut se distinguer, McCord tient autant de McClane que de McGyver. Il est capable de se suspendre dans le vide et de tuer des méchants aussi bien que de bricoler des gadgets à usage unique. Quand même, le pompier qui fabrique des bombes et des lance-flammes artisanaux, moi, ça m’inquiète un peu…

On ne s’ennuie pas

Récapitulons :

  • Méchants trucidés méthodiquement avec sadisme et inventivité > check.
  • Environnement singulier exploité à fond > check.
  • Scène de foule en panique > check.
  • Famille à sauver > double check.

Mort Subite coche toutes les cases. Son point de départ est assez débile et il ne fait pas preuve d’une imagination débordante. Mais il a le mérite d’exploiter à fond son décor et d’offrir quelques plans spectaculaires. Le film est solide, tout comme son méchant, à placer en haut de la pile des émules de Hans Gruber.

Si les blagues et la légèreté ont l’air de manquer, c’est que le bad guy a tout gardé pour lui. Plus réussi est le méchant, meilleur est le film, et alors là, rayon c#nn@rds haut-de-gamme, le regretté Powers Boothe nous livre un portrait inestimable de salaud gravé à l’or fin, du genre à faire pleurer des malfaisants de légende comme John Lithgow et Ron Silver. Chacune de ses répliques est tour à tour un régal de méchanceté, de sadisme et d’ironie piquante.

Avec un cynisme et une dérision non-stop, Joshua Foss (dont le spectateur n’entend jamais le nom de tout le film) semble le seul à avoir conscience que son monde n’est qu’une farce méritant qu’on s’en moque gentiment. Mort Subite vaut le coup d’être vu pour lui.

La scène à voir

À la poursuite de sa fille, enlevée par la mascotte de l’équipe locale, McCord aboutit dans les cuisines désertées face à la kidnappeuse. Mais c’est en réalité une tueuse d’élite qui porte le costume rembourré du pingouin géant. Elle lui monte un bateau pour tenter de l’abattre au pistolet, mais le cave se rebiffe en utilisant tout les équipements présents : friteuse, ventilo, lave-vaisselle, assaisonnements… Et c’est drôle. Une vidéo vaut mieux qu’un long discours.

ASTUCE DU CHEF : Ne jetez pas vos restes ! Si un faux agent de sécurité veut vous attaquer, tuez-le avec un os de poulet !

Quelques minutes d’auto-dérision empruntées aux Looney Tunes, dont Peter Hyams était fan. Comme quoi, le réalisateur est lucide et sait faire preuve d’humour quand c’est nécessaire.

Beaucoup considèrent Mort Subite comme l’un des meilleurs films de JCVD. On le doit à trois choses : sa bonne tenue artistique, un Jean-Claude qui a l’occasion d’explorer davantage sa facette d’acteur, et bien sûr, le fait qu’il descende d’une référence du genre. C’est comme Alien. Malgré des suites de moins en moins bonnes ou bien reçues, Piège de Cristal reste un gage de qualité. C’est toujours flatteur d’y être comparé.

Le point sur l’édition

La présente édition semble légère par rapport aux précédentes, dont Chasse à l’Homme, et surtout Cyborg. Ce collector de Mort Subite est très complet, mais il n’y a finalement pas grand chose à révéler sur le film.

Les goodies suivent la même formule depuis Double Impact. Cette box VHS contient un mini magazine KO Mag instructif et dix photos de tournage. Curieusement, quatre sont consacrées à des explosions. Cela laisse songeur quant aux clichés exploitables ou pertinents que l’équipe a pu trouver. Pas grave, ils se rattrapent avec… un magnet. Il est heureusement moins maousse que celui de Cyborg, reproduisant un ticket pour le match du film. Pour info, lors de tous les autres unboxing vus sur le net, le chiffre dessus reste inchangé. Il ne s’agit donc pas du numéro de série de l’édition. Désolé, les gars. Enfin, on a droit à un mini poster sympa.

Mort Subite

Dans le Bluray, outre la BA, on a la suite de la rétrospective JCVD par Arthur Cauras, initiée sur Chasse à l’Homme. On a ensuite une intervention de dix minutes par Hélène Merrick, journaliste de cinéma, venue parler du film. Enfin, un documentaire commenté par Alexandre Jousse résume pendant vingt minutes la carrière de Peter Hyams. Un hommage sympa à ce réalisateur touche-à-tout, mésestimé à cause d’une fin de carrière qui tâche (La Fin des Temps, D’Artagnan, A Sound of Thunder). Le DVD ne contient que les bonus par Arthur Cauras et Hélène Merrick.

Prolongations

Difficile de critiquer ce collector. ESC a prouvé que leur format VHS accueillait vraiment les éditions les plus complètes des opus de JCVD, et on sait que d’autres titres alléchants vont arriver dans les prochains mois. Il est simplement dommage que Mort Subite n’ait finalement pas grand chose à offrir en dehors du film lui-même.

Bon, le chapitrage est encore et toujours absent des menus, mais chez ESC, c’est comme ça, alors on va pas se plaindre à chaque fois. Et l’illustrateur fait toujours un super boulot, mais… S’il te plaît, Monsieur, décide-toi enfin sur la disposition des logos. J’aime bien que mes films aient la même tête sur l’étagère. 😉

Mort Subite

Mort Subite sera disponible le 21 avril 2021 chez ESC éditions, en boîtier collector VHS, en combo Blu-ray + DVD ou DVD simple.

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Test rétro : bilan mois de mars 2021

test retro

Des fois, on est pris de frénésie et on enchaîne les jeux d’un certain genre. Ce fut le cas en ce mois de mars, qui rima avec « TPS » sans que je ne puisse savoir pourquoi. Quelques titres me rendant curieux depuis longtemps, j’avais décidé de les rayer de ma liste avec mes parties de ce mois-ci. Est-ce que ça valait le coup ? C’est parti pour le test rétro.

test retro mars 2021

Lost Planet 3 (Xbox 360, 2013)

Jim Peyton est venu sur EDN-III aider les colons à s’implanter et à obtenir la Thermo-énergie. Ainsi, il pourvoit aux besoins de sa famille et il enraye la crise énergétique sur Terre. Sauf qu’EDN-III a une météo glaciale, des secrets honteux, et surtout, une vie indigène pleine de bestioles en colère, les Akrids…

Capcom a confié cet opus à Spark, coupable des médiocres Turning Point et Legendary. Lost Planet 3 a été fraîchement accueilli à sa sortie sur Xbox 360 et PS3. Par les joueurs d’une part, la pub ayant été discrète. Par la presse d’autre part, à cause de la concurrence. Entre payer plein pot un TPS basique et acheter The Last of Us ou Dead Space 3 la même année (ou même Uncharted 3 ou Gears of War 3 d’occasion)… Il paraît que le gameplay de LP1&2 ressemblait plus à Monter Hunter, mais c’est ma première fois sur EDN-III. Que vaut un regard vierge en 2021 ?

Lost Planet 3 Xbox 360

Finalement, ce test rétro a été plaisant. Le jeu étant un prequel, aucun souci pour m’immerger. Certes, c’est routinier et dirigiste. Ce faux open world n’est qu’une succession de corridors balisés. La technique est correcte, mais pas au niveau des hits de 2013. Les armes sont agréables sans plus. Les mécaniques sont cool (grappin, mécha) mais l’environnement scripté. Les ennemis sont variés mais les combats répétitifs et frustrants. Ça rame pendant les chargements in-game. Etc. Mais de la part de Spark, le bond qualitatif est énorme.

Lost Planet 3 Xbox 360

Je me suis retrouvé certains soirs à passer trois heures dessus sans m’en rendre compte. LP3 est un TPS lambda mais compétent, à l’atmosphère soignée, dont l’histoire réserve moult rebondissements pas forcément originaux, mais bien amenés. Il vaut plus que ses 3.99 € en promo sur le Xbox Live, mais pas les 19,99 € habituels (ce qui est moins que son prix en boîte aujourd’hui).

test retro mars 2021

50 Cent : Blood on the sand (Xbox 360, 2009)

50 Cent vient de donner le dernier concert de sa tournée dans un pays chaud du Moyen-Orient (logique). Le manager n’ayant pas de quoi payer son cachet de dix millions de doulos, notre ami poète défonce la porte de son bureau shotgun à la main, pour le menacer de payer (quel type adorable). Parce que la vie, ça n’a pas de prix, la victime offre à ce psychopathe son second trésor inestimable : un crâne antique incrusté de diamants, que tout le monde cherche à s’approprier. « Fifty » et ses potes deviennent alors la cible de tous les truands armés de la région…

Tu aimes les intrigues débiles façon Commando ? Fan d’Arnold Schwarzenegger, tu te languis d’entendre des répliques macho bien nazes, ponctuées avec « bitch » et balancées par une star qui s’y croit ? Tu aimes les TPS explosifs, fournis en flingues et pas prise de tête, avec des courses en bagnole bourrines ? Tu peux vivre avec des mécaniques de jeu simples dont la moitié est absurde, comme acheter des insultes pour multiplier tes points de carnage ? Enfin, tu aimes Cinquante Centimes, le chanteur, et tu es prêt à payer le jeu juste pour avoir un album complet en fond sonore ? Je ne sais pas quoi dire, à part que tout ça combiné, ça donne un jeu extrêmement rigolo.

50 Cent Blood on the sand Xbox 360

Jamais un test rétro ne m’a autant fait me gondoler. Est-ce que 50 Cent : Blood on the Sand est un chef d’œuvre ? Absolument pas. Est-ce qu’il ne coûte rien et vaut largement les quelques heures de poilade pour le terminer ? Je dis oui, et même les deux pouces levés si vous avez un pote avec qui jouer.

test retro mars 2021

Stranglehold (Xbox 360, 2007)

L’inspecteur Tequila (Chow Yun Fat), héros du film À toute Épreuve de John Woo (1992), part en guerre contre les Triades, sur fond de conspiration menée par la mafia russe. Il n’y a qu’un moyen d’enquêter : flinguer à tout va comme un kéké, en slidant sur des rambardes, en faisant de la luge sur des chariots ou en plongeant au ralenti comme dans… un film de John Woo.

Stranglehold, c’est Max Payne avec la niaque d’un film de Woo. On a droit aux ralentis de rigueur, mais bien plus faciles à déclencher que dans les jeux de Remedy. L’environnement est quinze fois plus destructible et mortel pour l’ennemi. La localisation des dégâts est jubilatoire (mention spéciale au tir dans les castagnettes). Le jeu reproduit tous les gimmicks des films du maître, comme glisser en tirant, mais aussi les impasses mexicaines, et même les colombes le temps d’un « coup spécial » dévastateur. Même si l’histoire n’a rien d’un chef d’œuvre, Stranglehold est une transposition fidèle de la filmo du réalisateur (normal, puisqu’il y a vraiment collaboré, au point de faire un caméo dedans). C’est toujours fun à jouer quinze ans plus tard.

Stranglehold Xbox 360

Dommage qu’il s’agisse d’un jeu Midway. Ils n’étaient pas les meilleurs pour laisser un souvenir impérissable (Area 51). Comparé à Uncharted sorti juste après, Stranglehold a l’air d’avoir un balai dans le train. Tequila est rigide, et les commandes ne répondent pas si bien lorsqu’on veut se mettre à couvert ou déclencher une animation contextuelle. Et les arènes étant truffées de portes, il arrive qu’on soit truffé de plomb par une vague d’ennemis sortant juste dans notre dos. Super. Ces soucis de gameplay et de level design n’ont pas tué le plaisir lors de ce test rétro, mais pour combien d’années encore ?

test retro mars 2021

Kane & Lynch : Dead Men (Xbox 360, 2007)

Au cours d’un transfert de prisonniers, Kane, une ordure, est sauvé par Lynch, une autre ordure. Cette libération, Kane la doit aux Sept, une organisation à qui il a volé du fric, qu’ils « aimeraient » récupérer. Sinon, ils tueront sa famille. Lynch est censé le chaperonner, mais c’est un dangereux schizophrène qui carbure aux cachetons et qui a trop facilement tendance à faire un carton. Le duo improbable va beaucoup voyager, faire du bruit et s’attirer des ennuis…

À ma connaissance, le mot « gâchis » ne convient à aucun jeu mieux qu’à Kane & Lynch. Développé par Io, les responsables de Hitman tout de même, c’est un TPS à peine jouable et franchement énervant. Déjà, le jeu est « meh » techniquement, tant les animations que la modélisation dans l’ensemble. Ensuite c’est un cover shooter avec un système de couverture catastrophique : il faut vous approcher d’un coin, et non d’un rebord, pour que le personnage se mette tout seul à l’abri… ou pas. Enfin, vos armes sont ridiculement imprécises. Donnez à Kane un lance-pierres, et je suis sûr qu’il a deux fois plus de chances de tirer au but. Tous ces éléments étant vitaux pour la pérennité dans le genre, c’est une torture d’y jouer en 2021, même à deux, même pour un test rétro.

Kane and Lynch Xbox 360

Dommage, car en dehors du gameplay, ce test rétro a eu ses moments mémorables : son histoire met en scène de vrais c#nn@rds irrécupérables (Heat rencontre The Devil’s Rejects), et certains moments sont vraiment immersifs ou inventifs, comme l’attaque du camion de chantier ou la traversée de la boîte de nuit, digne d’un film de Michael Mann. Mais Kane & Lynch a été un test rétro beaucoup trop douloureux pour recommander à quiconque d’y jouer, même sur PC.

test retro mars 2021

Kane & Lynch 2 : Dog Days (Xbox 360, 2010)

Lynch vit à Shanghaï et fait venir son « pote » Kane pour un coup. À peine arrivé, Kane descend par accident la fille d’un ponte du gouvernement. Tout le monde se retourne contre eux, et il va leur falloir quitter la ville avant de se faire massacrer…

Kane & Lynch 2 est radical. Sur PS3, Xbox ou PC, soit on aime, soit on déteste. Rayon TPS, oubliez les grenades, cette fois, vous prenez et faites exploser tout ce qui ressemble à une bonbonne, comme dans Uncharted. La couverture se fait en pressant un bouton, mais vos armes ne valent toujours pas mieux qu’un pistolet à eau (mais j’ai compris que dégainer depuis une couverture avec l’aide à la visée peut one-shoter un type). Aussi, il y a moins de variété dans les missions. Fini l’escorte, vous tirez et point barre. Enfin, la campagne est courte, et la fin si ouverte et abrupte que c’est une blague.

Si on n’a pas de problème avec un TPS basique, ça passe mieux que le premier jeu. Mais l’approche esthétique divise le plus. Ce n’est pas juste l’univers qui est crade. Le jeu abuse de procédés du cinéma vérité et du film expérimental : grain DV, tremblements de caméra, artefacts lumineux, poussière sur l’objectif… Même le son grésille suite à une explosion. Et ne parlons pas de la pixellisation type « censure » sur le gore et la nudité des protagonistes. Un conseil, par contre : activez la caméra fixe, sinon, trop d’immersion rend le tout injouable.

Kane and Lynch 2 Xbox 360

Jeu de m**** ou expérience unique ? J’avoue pencher pour la seconde option. Quel autre titre vous fait vous évader à poil et en sang d’une séance de torture, pour continuer à vous balader ainsi, flingue en mains, dans les rues chaudes de Shanghaï ?

Pour finir sur une bonne note

C’est tout pour du test rétro rayon « découverte ». Mais le mois a aussi été l’occasion de refaire deux jeux finis à leur sortie, pour les réévaluer aujourd’hui. Le premier est Project Zero sur PS2 (2001), ou quand Resident Evil rencontre The Ring. Excellent élève, le jeu est toujours aussi unique grâce à son atmosphère et à son système de « combat », et il est suffisamment court pour ne pas avoir le temps de s’ennuyer.

Project Zero ps2

L’autre titre est Silent Hill Downpour (2012), réputé assez faiblard, et qui a fermé la porte à la franchise de Konami pendant longtemps. Je dois reconnaître que l’exploration a été plus plaisante, cette fois. Même s’il est toujours techniquement moyen, la rétrocompatibilité Xbox permet d’atténuer (mais pas supprimer) les chutes de framerate. L’ambiance générale, si elle ne génère pas d’angoisse, a quelque chose d’envoûtant. Enfin, certaines quêtes secondaires sortent des sentiers battus grâce à quelques idées géniales, comme l’énigme du cinéma et des bobines. À retenter, selon moi.

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Auto-édition : comment écrire un roman d’action ?

écrire un roman d'action

La ligne éditoriale de la Collection 120 est la même depuis 2014 : proposer une divertissement typique du cinéma, pour quasiment autant de temps, mais au format littéraire. À l’avenir, il est prévu que la collection s’élargisse à d’autres genres populaires comme la science-fiction et l’horreur, mais pour l’heure, il s’agit surtout de romans d’espionnage, d’aventures et d’action dans la veine de L’Arme Fatale, Die Hard ou Mission : Impossible, pour ne citer qu’eux. On pourrait croire que si c’est vite lu, c’est vite couché sur le papier. En fait, non. Si vous envisagez de vous y mettre également, voici comment écrire un roman d’action.

1) L’idée

Ça ne se contrôle pas, ça ne s’attend pas et ça ne s’explique pas. On a l’esprit qui part dans tous les sens, et souvent, on voit quelque chose qui fait « tilt ! ». On ne s’empêche alors plus de dériver mentalement à partir de cette image ou de cette idée, parfois pendant des années.

Par exemple, mon obsession pour Deadline, « Die Hard dans un Eurostar », remonte à 1996 après avoir vu la fin de Mission : Impossible, le film. Le roman étant sorti en 2014, il m’en a fallu du temps et de la réflexion, mais aussi de la recherche pour savoir ce que je pouvais me permettre ou non. Autre exemple avec Opération Deucalion, le prochain 120, dont les prémices (on en parle bientôt) m’ont été inspirées par une angoisse quotidienne du temps où j’étais parisien. C’était en 2010, alors que le roman est censé sortir en cette année 2021. Encore une fois, il a fallu beaucoup de documentation entre-temps.

Bref, le point de départ, la graine, vient de tout et n’importe quoi. Et dans mon cas, ça prend racines dans ma tête sans que je ne puisse plus l’oublier, à moins d’écrire un roman d’action.

écrire un roman d'action

2) Le synopsis

Il faut tracer les grandes lignes de l’histoire. On peut écrire un roman d’action en totale impro, mais rien ne garantit que ce sera beau. Il faut savoir d’où on vient et où cela finit. Dans mon cas, je sais souvent très tôt comment j’ai envie de finir, et le jeu consiste à savoir comment en arriver là. C’était le cas avec la fin de Guerre intérieure ou encore celle de Veines Rouges.

J’aime créer des motifs ou exploiter à fond un contexte, une idée, un environnement. Ils constituent le point d’articulation central de l’histoire, ce qui crée naturellement des situations et des rebondissements. Dans Veines Rouges, l’idée de départ était : transformer un banal roman de gare en carte au trésor. Comment exploiter les spécificités d’un roman, son contenu, sa couverture, pour contenir des indications qui feront avancer la narration ? Ce fut également un travail d’illustration chronophage pour obtenir tous les visuels nécessaires.

Il faut aussi compter avec ce qu’on peut se permettre. Écrire un roman d’action, c’est créer un enchaînement de situations ayant un lien et des conséquences entre elles. Quand elles ne sont pas « logiques » ni nécessaires, il faut au moins qu’elles soient « acceptables » (j’appelle ça la règle du « pourquoi, pourquoi pas »). Même quand les scènes d’action sont excessives, exubérantes ou farfelues, la suspension d’incrédulité ne doit pas être ignorée.

écrire un roman d'action

3) Les dialogues

En plein milieu d’écrire un roman d’action, c’est mon petit plaisir à moi. Quand j’ai rédigé le synopsis, j’estime en être à 60 % du travail. De gros passages sont surlignés en jaune, avec généralement une instruction pour moi-même : « développe ceci », « décris le lieu », « renseigne-toi sur cela », etc. Aussi, il manque encore des explications sur comment passer d’une situation à une autre, ou comment naturellement amener un sujet dans une scène. Écrire des dialogues m’aide alors beaucoup à avancer.

Des fois, ce sont des réparties que j’avais déjà en tête (j’en avais beaucoup pour Max Force, par exemple). D’autres fois, écrire une conversation entière et sans chichi me permet de mieux situer les choses. Ensuite, comme au cinéma, on taille dans le gras. Et comme on n’est pas au cinéma, idéalement, autant ne garder dans les dialogues que ce qui doit être dit, et se servir du format littéraire pour amener autrement le reste des informations.

écrire un roman d'action

4) Écrire un roman d’action pour de bon

Il est temps d’écrire les 40 % restants. C’est contraignant, et parfois même, ce n’est pas amusant. Mais c’est là qu’on ressent qu’écrire un roman d’action est un vrai « travail ».

J’écris alors beaucoup et sans réfléchir pour combler les manques indiqués en jaune dans le synopsis. Très souvent, de nouvelles idées me viennent, parfois même, les meilleures. Ensuite, c’est un travail de lecture, de re-lecture, de re-re-lecture pour affiner, pour être sûr qu’un paragraphe, une ligne, un mot n’a pas besoin de changer ou de sauter pour des raisons de rythme. C’est la Collection 120, après tout (pour 120 minutes de lecture… plus ou moins ^^). C’est un défi d’écrire un roman d’action allant à l’essentiel sans qu’il ne paraisse pour autant « rushé ».

Bien sûr, il y les étapes inévitables que sont la correction, la mise en page, l’illustration de couverture, les visuels divers, etc. Mais pour ce qui est d’écrire un roman d’action, voilà comment les choses se passent ici. Verra-t-on prochainement d’autres auteurs et d’autres genres dans la Collection 120 ? Je l’espère, en tout cas. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Critique : Zack Snyder’s Justice League : « Imparfait ni à refaire »

Zack Snyder's Justice League
Zack Snyder's Justice League

Superman est mort. Mais le dernier cri du Kryptonien sonne le départ pour une menace venue des étoiles. Steppenwolf (Ciaran Hind) fait son apparition et récupère l’une après l’autre les Boîtes Mères, artefacts alien capables d’anéantir la planète. Ni les Amazones, ni les Atlantes ne semblent capables de l’arrêter. Peut-être que si Bruce Wayne, alias Batman (Ben Affleck) rassemble les meilleurs guerriers de la Terre, l’invasion sera stoppée. Il part donc recruter Wonder Woman (Gal Gadot), Aquaman (Jason Momoa), Cyborg (Ray Fisher) et The Flash (Ezra Miller), en espérant que créer une Justice League suffira. La victoire serait certaine si Superman (Henri Cavill) était là. Mais à moins d’un twist scénaristique d’un miracle…

Après que la fan base ait chouiné pendant trois ans, Zack Snyder’s Justice League est une réalité. Film de super-héros ultime ou aberration ? Ça va encore diviser, mais le présent film est véritablement unique, et il s’inscrit d’emblée comme une œuvre de référence du genre. Sa durée inimaginable, son format (un blockbuster en 1:33 ?!), la patte de Snyder et son contenu orgiaque sont des raisons légitimes à cette affirmation. Mais en plus de cela, il faut reconnaître que Justice League réussit là où Batman v Superman échouait.

Zack Snyder's Justice League

Avertissement

On juge ici le film comme œuvre cinématographique. Concernant sa place sur le marché et la pratique dégueulasse de Warner, on ne va pas se priver pour gueuler ici et tout de suite. Ils ont été les premiers à commettre des erreurs à tous les niveaux, et à nous en faire payer les pots cassés :

  • Laisser Zack Snyder en roue libre sans possibilité d’encadrer son travail par la suite.
  • Financer à perte les reshoots de 80 % du film en les confiant à Joss Whedon, soit celui qui a brillé chez la concurrence (imaginez si on confiait Star Wars à J.J. Abrams après son reboot de Star Trek, haha… Oups).
  • Enfin, lâcher encore plus de fric pour sortir le film prévu à l’origine, en nous faisant re-payer derrière, et pas qu’une fois ! D’abord en streaming plein pot (et en VF, argh), puis en location à venir, et enfin en vidéo plus tard dans l’année.

Bref. Merci, Warner, pour ton hypocrisie, ton manque de stratégie et ton entêtement adorable à nous prendre pour des truffes. Quant à savoir pourquoi, moi, j’ai cédé à cette sirène malfaisante… Disons que j’ai la chance d’avoir un projo à la maison, que c’était probablement ma première occasion en un an de voir un nouveau, vrai et ambitieux blockbuster de cinéma, et pour quasiment le prix d’une place en salle. Mais je ne crois pas que tout le monde a 13,99 € à claquer là-dedans, ni que ça les vaut dans le contexte actuel, malgré tout le bien que j’ai pu tirer de l’expérience.

Maintenant, parlons du film.

Le cas Zack Snyder

Pour comprendre où on en est aujourd’hui, il faut parler du réalisateur, et évoquer son approche du DCEU. Après, promis, on parle de Justice League.

Une âme d’artiste

Quoi qu’on dise, Zack Snyder est bien un artiste au sens noble. Le souci, c’est que le Cinéma est un art du mouvement. Snyder n’est jamais aussi percutant que quand l’action ralentit, parfois à deux doigts de se figer. Or, quand le temps s’arrête presque comme dans une peinture, il ne reste de sens que dans l’image, et non dans le grand tout auquel elle appartient.

Le Cinéma reste un art du récit. Certes, il existe des procédés à la pelle, pour jouer sur la manipulation du temps, la vitesse du déroulement, la continuité dans la narration, etc. Mais Zack Snyder est meilleur faiseur d’images que conteur. 300, Watchmen, Sucker Punch, même Man of Steel sont graphiquement léchés avec un vrai sens artistique. Hélas, ils ne démontrent pas un vrai talent de conteur, ne véhiculent jamais d’émotion à travers le mouvement, l’action filmée, le cinéma à proprement parler.

C’est d’autant plus curieux, et frustrant, que Snyder ait été parrainé dans le DCEU par Christopher Nolan, son exact contraire. Un conteur hors pair, mais dont la mise en images constitue le talon d’Achille dans le domaine super-héroïque. Nolan est doué pour raconter, Snyder pour montrer. Le premier sait nous faire avaler n’importe quoi grâce à son découpage et sa mise en scène. Le second créée et surcharge des images à but d’en mettre plein la vue. Mais au lieu de combiner leurs talents respectifs, dès Man of Steel, Snyder s’est approprié le DCEU. Ce faisant, il avait perdu un peu de lui-même.

Une âme torturée

Man of Steel faisait un peu le grand écart. Un pied dans le désir de réalisme et la narration complexe de Nolan, l’autre dans l’exagération visuelle habituelle de Snyder, avec allusions bibliques, poses christiques et plans graphiques. Mais Nolan sait se montrer subtil dans ce qu’il met en scène et prudent dans ce qu’il écarte, cf. The Dark Knight Rises. Snyder est un pachyderme de la démonstration (malgré un sens du détail, de l’indice caché qui font parfois mouche). Bien des passages de Man of Steel, et par la suite Batman v Superman, semblent déconnectés du message ou du sens véhiculés par la trame. En entrant dans le DCEU, Snyder s’est heurté à deux choses qui créent légitimement le clivage parmi les spectateurs.

D’une part, son désir de fan boy à recréer des planches iconiques de ses bédés préférées. Cela faisait la force de 300 et Watchmen, mais Sucker Punch a confirmé ensuite la difficulté du réalisateur à avoir une vision originale et personnelle (Le Royaume de Ga’hoole est franchement un cas spécial, étant une adaptation de roman, mais pas graphique). Quand il adapte un comic book avec début, milieu et fin, il a déjà un storyboard pour son futur délire. Quand il écrit un scénario, ce dernier sert de prétexte à un gloubi-boulga de décors et motifs issus de la pop culture, avec une pointe de fétichisme histoire de faire b**der les geeks. Marrant, oui, visuellement riche, certes, mais cet enrobage apparaît complètement superficiel dans l’histoire qu’il veut soi-disant raconter. Ses délires ressemblent alors à des saynètes intercalées histoire de se changer les idées en plein film.

La logique est accessoire

En adaptant les riches et complexes mythologies de Batman et Superman sans œuvre précise, Snyder s’est perdu dans sa propre entreprise. Visuellement, il reproduit de-ci de-là avec brio des cases de ses bédés préférées (The Dark Knight Returns en tête). Mais la majeure partie de BvS est tout de même peu inspirée, ressemblant beaucoup à ce que produirait un tâcheron comme Len Wiseman ou John Moore (ouille). Au lieu d’associer la patte visuelle de Snyder à un récit 100 % Nolan pour accoucher d’un chef d’œuvre du genre, Man of Steel puis BvS ne font éclat que par moments, parfois sans s’encombrer d’une justification.

Ce qui mène à l’autre gros reproche fait aux opus de Snyder, celui d’ignorer souvent la logique interne du récit, voire la logique tout court, pour pouvoir caser un plan qui claque. Pour les défenseurs, Man of Steel et BvS sont géniaux et incompris, car ils sont graves, sombres, violents, posent de vrais questions sur la responsabilité des hommes et celle de leurs gardiens, et les non-dits sont brillamment laissés à l’interprétation. Des arguments qui se valent vraiment, mais c’est aussi une manière de dire que c’est l’intention qui compte. Il y a une grande différence entre dire et faire. Or, Snyder fait souvent ce qu’il veut, tout simplement, cela au prix d’une certaine émotion.

Un univers sans âme(s) ?

Snyder aime ses images, mais elles ne rendent pas forcément justice aux personnages. Dans Man of Steel, Henri Cavill bande les muscles, mais semble atteint d’un autisme émotionnel gênant. Dans Batman v Superman, un lien fort est établi d’entrée avec Bruce Wayne/Batman et sa colère, vouée à changer. Mais on sait comment ça s’est passé : un « Martha ! » et puis s’en va.

Snyder n’a jamais compris ce qu’on lui reprochait. Pour lui (dans une interview il y a quelques années), Star Wars Episode VII a tué des milliards de gens de plus que le final de Man of Steel, et il ignore pourquoi son film se fait critiquer pour ça. Probablement parce que pendant cette orgie destructrice, son héros semble n’avoir rien à cirer du chaos autour et des morts à la pelle, quand les dialogues lourds qui ont précédé pendant deux heures veulent nous faire croire le contraire. Dans le film de J.J. Abrams, les personnages lèvent les yeux au ciel et ont conscience du drame qui s’est produit et de leur impuissance. Et une telle réaction se comprend.

Dans BvS, ce n’est pas tant « Martha ! » qui pose problème. Tout le foreshadowing possible ne prépare pas à ce revirement expédié à la grâce de dialogues absurdes (« Sauve Maman Martha ! »). Snyder a toujours défendu le principe. Il a raison. Le problème, c’est qu’un instant ou concept ne parle pas pour lui-même, encore moins s’il est platement assené via des dialogues lourds et redondants. En un sens, c’est pratique, Zack s’épargnant des efforts d’imagination et de direction d’acteurs pour convaincre.

Du bruit, des gestes, des dialogues à but d’exposition, des acteurs souvent perdus, voilà la marque Snyder quand on touche, non pas à son aura d’artiste, réelle, mais à celle de cinéaste. Son sens du détail sert le sens dans la composition, et non, sinon rarement, l’enjeu dans le récit. C’est oublier qu’un film fonctionne généralement suivant l’idée de diégèse, d’univers vivant au sein de l’œuvre, de chaînes d’événements justifiant ce qui s’y produit.

Zack Snyder's Justice League

Zack Snyder’s Justice League : le temps du renouveau

On en arrive (enfin !) à Justice League cuvée 2021, et attention. À la surprise générale, quelque chose a changé dans la façon dont Snyder fait son cinéma.

C’est nouveau, ça vient de sortir

À sa sortie en salle, BvS faisait deux heures trente, et il ne semblait franchement pas fini. Une Ultimate edition plus tard, le film faisait trois heures. Il devenait curieusement plus digeste, mais les aspects sur lesquels Snyder était attendu n’étaient pas les plus réussis. Une Gotham jamais présente ni présentée, comme ce nouveau Batman et sa mythologie, une course en batmobile quelconque, beaucoup de non-dits fâcheux, le combat en titre relativement mou, un dernier acte over the top entièrement tourné sur fond vert avec une abomination de synthèse… Même avec 180 mn, on avait le sentiment qu’il manquait des choses pour que BvS raconte correctement ce qu’il voulait (avis sur la version longue ici). Dans Zack Snyder’s Justice League, ces problèmes ne se reproduisent pas.

On peut se demander si ce Justice League est le film que voulait initialement Snyder. Peut-être a-t-il fait plus de concessions, ou entendu raison avec les studios. Ou peut-être a-t-il eu le temps de repenser son montage et sa progression, pour en faire cette espèce d’opéra super-héroïque en six actes. Peut-être est-ce dû aux années de lente gestation du projet. Cette version de Justice League n’est peut-être pas « la vraie » que nous aurions eue à l’époque, mais le résultat est là.

Trois heures ne suffisaient pas à compléter tous les trous de Batman v Superman. Ici, on a deux fois plus de super-monde à gérer, mais un fil rouge simple, ainsi qu’une durée de quatre heures a priori absurde, mais nécessaire. Grâce à cela, Justice League tient vraiment du récit épique, et non d’un simple collage de vignettes des bédés favorites du réal.

Snyder s’intéresse enfin à ce qu’il raconte

Déjà, visuellement, Justice League 2021 opère à un autre niveau que Batman v Superman. On a droit à une profusion de plans léchés et travaillés mettant en valeur une grande majorité du métrage. Les plans iconiques ont l’air beaucoup moins gratuits que dans les précédentes œuvres DC de Snyder. Il met un peu à part son côté fan boy désireux de reproduire ses œuvres favorites, et parvient à rendre plus significatif l’instant filmé, par rapport au destin de ses personnages mais aussi dans le canevas général. Cyborg est le plus avantagé par cette évolution. Même si la lourdeur reste de mise (voix off à l’appui), ses moments comme bien d’autres sont largement réussis.

Si Batman n’avait droit à aucune exposition dans BvS, l’erreur n’est pas répétée ici. Certes, on ne fera pas davantage connaissance avec le Chevalier noir de Ben Affleck. Mais au moins, Justice League fait les présentations avec Flash, Cyborg et Aquaman. Elles sont courtes mais livrent le minimum à savoir sur leurs mythologies respectives. Si Gotham n’était même pas visualisée dans BvS, les Atlantes ont droit à plus d’égards ici. Idem pour les Amazones, même si Wonder Woman était déjà passé par là. Cyborg jouit de sa propre origin story, et Barry/The Flash bénéficie d’explications par l’exemple de ses capacités (ENFIN, Snyder se sert de ce qu’il fait le mieux pour montrer et raconter en même temps). Quant à Steppenwolf, il n’est pas juste un peu plus menaçant physiquement. Il est clair dans ses ambitions et a des échanges à distance avec la clique d’Apokolips façon l’Empire contre-attaque.

Même si on ne doute pas de la préparation en amont, BvS donnait le sentiment d’avoir été pensé et écrit un peu n’importe comment, la faute à tout ce qui manquait encore dans son montage « ultimate ». Le Justice League de Joss Whedon avait un air de produit de consommation courante digne des années 90. C’était bête et inoffensif, quoiqu’un peu offensant. Quelle surprise, donc, que Zack Snyder’s Justice League soit si cohérent et droit dans son écriture. Certes, la bête est plus longue qu’une adaptation en film du regretté catalogue de La Redoute. Mais il n’omet aucun détail, aucune scène ni information livrée au détour d’un dialogue, pour justifier telle ou telle évolution dans son intrigue.

Bref, les ambitions sont visibles, sous nos yeux. Même si, forcément, il y a des défauts.

Personne n’est parfait

Au rayon « peut mieux faire, quand même », il y a ce qui était prévisible. On commence par les effets spéciaux finalisés sur certaines scènes ou remplacés sur d’autres. C’est parfois bluffant (comme le lifting de Steppenwolf), parfois moins convaincant (Luthor pataugeant dans l’eau au tout début du film). Ensuite, Snyder reste Snyder, et sa balourdise ou l’incongruité de sa sensibilité ressurgissent par endroits. Que ce soit le chant nordique d’une blonde sniffant le pull d’Aquaman, les rituels ancestraux des Amazones ou la saucisse de Barry, il y a beaucoup de trucs a priori saugrenus ou inutiles dans ce montage, par rapport à la progression de son histoire. Et ne parlons pas de la nouvelle scène tournée pour l’occasion. Cette incursion dans le « Knightmare » est visuellement cheap, trop longue et dénuée d’enjeux.

Il y a aussi la présence superflue de Martian Manhunter l’espace de deux scènes très brèves. On déplore enfin l’absence très, très prolongée de Martha et Loïs et, par extension logique, de Superman, encore moins présent que dans le cut de Whedon. Le film parfait n’existe pas, et malgré sa maniaquerie, Zack Snyder n’y arrivera jamais. Cependant, sur quatre heures, ces remarques s’apparentent à des sorties de route ne gâchant pas le spectacle général.

Une durée à double tranchant

Justice League est délivré de l’obligation de sortir en salle et de rentabiliser sur le nombre de séances par jour. Il a le droit de durer quatre heures, et de les justifier ou presque. Ce n’est pas une première dans l’histoire du Cinéma, alors pas besoin de se formaliser uniquement sur ça. Le Cléopâtre de Joseph Mankiewicz durait tout aussi longtemps.

Mais on comprend mieux pourquoi Snyder n’a pas pu faire deux films de deux heures. Malgré sa richesse et deux cent quarante minutes, Justice League reste structuré comme un récit classique en trois actes. Difficile de conclure une première partie après deux heures d’exposition et l’absence de vrai cliffhanger ! Une nouvelle preuve, hélas, que ce projet était trop ambitieux, voire insensé, dès le départ.

Avoir six parties de quarante minutes ressemble autant à l’ambition d’une saga opératique qu’à un reliquat de l’idée de série en six épisodes. Le format 4:3 ferait pencher en faveur de la seconde option, mais… Snyder avait en tête les séances en Imax, et il faut reconnaître que le cadre est souvent correctement rempli et exploité, et l’analogie avec une case de bédé se fait facilement. Tout ceci n’est peut-être qu’un vaste compromis dû au contexte mondial actuel, la majorité des spectateurs ne pouvant pas découvrir le film en grand, même s’ils le voulaient. Qu’on le voie d’une traite ou en « épisodes », la forme se prête sans souci aux deux exercices.

Zack Snyder's Justice League

Conclusion : Justice League, meilleur film de Snyder ?

Au final, toutes ces choses donnent plus de caractère et de singularité à l’ensemble. D’une part, dans la filmographie de Zack Snyder, en tant qu’œuvre la plus légère, la plus lumineuse visuellement, mais aussi la plus ambitieuse et aboutie du réalisateur. D’autre part, en tant que film de super-héros dans un paysage complètement dominé par Marvel, à la formule répétée ad nauseam. Ici, chaque scène ou presque a son caractère, son but, son identité, bref, son sens, même minuscule, dans ce grand tout et fourre-tout qu’est Justice League cuvée 2021.

Et il y a le fait que ce film met en place une suite qui ne viendra jamais… ou pas ? Tout est possible maintenant que Zack Snyder a obtenu gain de cause. Toutefois, en ce qui me concerne, cela me va très bien. Je préfère des promesses sans lendemain à des promesses non-tenues.

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Critique expresse : Sentinelle « Je l’ai senti venir »

sentinelle-alaune

La soldate Klara (Olga Kurylenko) revient à Nice dans sa famille, après avoir quitté une région chaude du Moyen-Orient. Désormais assignée à une patrouille du plan Vigipirate (d’où « Sentinelle »), elle a du mal à contenir sa déprime et son envie de cogner. Quand sa sœur se fait tabasser et violer après une sortie en boîte, Klara ne voit plus de raison de se retenir. Lentement mais sûrement, elle va se mettre en tête de punir le coupable. Mais quelqu’un dans sa position peut-il se permettre de céder à la vengeance aveugle ?

C’est dur de parler de Sentinelle pour moi, car j’aime chez lui ce que je déteste tout autant chez Netflix et dans le contexte mondial actuel. Il appartient tout à fait au genre que j’apprécie, il met en scène Olga Kurylenko, que j’apprécie aussi, et c’est un film de Julien Leclercq, avec qui je partage pas mal le point de vue et les goûts. La Terre et le Sang m’avait bien plu (déjà sur Netflix) ainsi que Braqueurs, il y a un peu plus longtemps.

Sentinelle sent la routine

Ce qui m’attriste, c’est la routine et l’absence de surprises, totalement assumées par la plateforme de streaming, qui a besoin de fréquemment nourrir ses programmes. Sentinelle a beau sentir l’envie et l’amour, c’est littéralement un Taken petit bras n’excèdant pas les 1h20. Le jeu d’acteurs y est souvent poussif (bravo au méchant russe vilain comme il faut). L’action est carrée mais peu enthousiasmante lorsqu’il y en a. Et le reste du métrage fait ponctuellement le grand écart entre développement et remplissage.

Sentinelle

Tout ceci se retrouve coincé entre un générique sentant malgré lui (?) la propagande pour l’armée française, et une fin carrément précipitée. Même si ce n’est pas un si grand crime, on y subit une ellipse GIGANTESQUE passant sous silence comment Klara s’est sortie de la panade, après un assaut sauvage à la Jack Bauer, pour insinuer dans les dernières minutes qu’elle s’est muée en ersatz du Punisher et de Batman.

Ce qui est fatal à la pertinence et la pérennité de Sentinelle, c’est que nous avons ici une idée de départ posant beaucoup de fascinantes questions, mais jamais vraiment abordées. Une protectrice assermentée a-t-elle le droit de faire justice elle-même ? « Qu’est-ce qu’on s’en fiche ! Fais-la courir après des dealers et péter des mâchoires ! Ses états d’âme, on s’en tape ! » Non content d’être court, le film ne s’embarrasse d’aucune vraie progression dans l’évolution de Klara. Déjà qu’elle n’aime pas le calme de son nouveau poste, mais elle ne semble jamais douter du bien fondé de son raisonnement et de sa démarche. Elle veut casser des maris violents et des ripoux, sans jamais sembler vraiment en conflit avec son rôle au quotidien. Dommage. Un Justicier dans la Ville aurait été une référence plus louable que de simplement refaire Taken.

Jusqu’au prochain « événement » Netflix

Tout ceci est bien et beau, et honnêtement, je prends. J’aurais juste voulu qu’on me le vende un peu mieux et avec plus de contenu (des idées, des scènes, de l’action, ce que vous voulez). Tel quel, et paradoxalement, j’ai senti passer ces quatre-vingts minutes.

Sentinelle

Honnêtement, j’ai du mal à rejeter la faute sur Julien Leclercq. Il aime bosser et il est content de bosser, ce qu’il dit lui-même en interview. Cela se respecte. Quant à Olga Kurylenko, ça fait plaisir de la voir (surtout de la voir cogner). Mais Sentinelle est, comme d’habitude, un produit de consommation courante. Malgré l’envie et le savoir-faire, il lui manque ce qui rendait La Terre et le Sang un peu plus amusant et original (pour savoir quoi, c’est par ici). Pas sûr qu’un Sentinelle 2 soit dans les tuyaux, ni que j’en ai particulièrement envie.

Certes, je suis content que les films français comme celui-ci ou Balle Perdue cartonnent à leur sortie sur la plateforme. Mais français ou non, après Tyler Rake ou The Old Guard pour ne citer qu’eux, il faut relativiser l’impact et la pertinence des « événements » Netflix. Ces films à la patine beaucoup moins « ciné » n’auraient pas valu la peine qu’on se déplace en salle, plutôt que de les lancer en un clic sans bouger de son canapé. Ce n’est que mon humble avis, mais cette envergure de production destinée aux salles obscures, elle me manque de plus en plus. Ceux qui y trouvent leur compte peuvent l’ignorer sans souci, et de toute façon, Netflix est loin d’avoir fini.

LES + :

  • On reconnaît la patte de Julien Leclercq. Si on aimait avant, on aimera maintenant.
  • Ça fait toujours plaisir de voir Olga Kurylenko en mode « action ».
  • Un concept de départ vraiment fascinant…

LES – :

  • Un concept qui reste un point de départ, et jamais une piste à explorer, pourtant fascinante et vraiment pertinente ces jours-ci.
  • Encore un petit film sans honte aucune, mais sans rien de marquant non plus. Comme quoi, Netflix signe bien le renouveau du vidéo club à l’ancienne.