Test rétro : bilan mois de novembre 2020

Des fois, pas besoin d’attendre Noël pour être gâté ! À ma grande surprise, le mois de novembre a été généreux en bons jeux, peu importe leur ancienneté. Qu’il s’agisse de rétro d’époque, de remaster ou de rétro « moderne », voici une poignée de softs qui valent la peine d’y toucher. C’est parti pour le test rétro du mois !

Ion Fury (Xbox One, 2018)

Test rétro pour jeu récent, puisque Ion Fury date de 2018. Il met en scène Shelly « Bombshell » Harrison, une bombasse en rogne qui a loupé l’école du charme, et qui multiplie les vannes aussi grosses que ses bastos. Tout ça pour empêcher le Docteur Heskel de conquérir la ville de Néo D.C. avec son armée de cyber cultistes.

Pour un rétro FPS, Ion Fury est beau, nerveux, bourré d’humour, et le shooting offre de bonnes sensations. Les niveaux sont blindés de zones secrètes et d’easter eggs dont la plupart sont très, très bien cachés. Les références volontairement datées à Commando, Tron, Terminator, etc. font illusion. On croirait jouer à un jeu build engine d’époque. Mais la technique a évolué : les environnements sont plus vastes et le jeu deux fois plus long que ses ancêtres.

Au rayon des critiques, vieux moteur oblige, ça rame sévère quand ça pète trop à l’écran, mais rarement. L’esthétique redondante donne aux niveaux la sensation de redite malgré quelques « innovations » (un passage en train ou un manoir). Les ennemis et l’armement sont variés, mais après la moitié du jeu, on a fait le tour, et le reste n’est que bim-bam-boum. Toutefois, le challenge et le plaisir sont là, grâce à un level design intelligent et une action stratégique.

De prime abord, les armes sont classiques (colt, pompeux auto, arbalète, etc.). Mais elles disposent toutes d’un tir secondaire changeant radicalement leur usage, et pouvant vous rendre l’avantage suivant la situation. Vous en aurez besoin. Ion Fury ne se joue pas aussi « rentre dedans » que Duke Nukem et Shadow Warrior. Si vous courez plus vite que vous ne pensez, vous allez crever. La difficulté normale (« Wanton Carnage ») est déjà assez corsée, alors commencez là. Dispo aussi sur PS4 et PC.

Turok 2 : Seeds of Evil (N64, 1998)

Joshua Fireseed doit mettre la misère à Oblivion. Pour ça, il faut traverser 6 niveaux à travers l’espace et le temps, pour récupérer des clés menant à ce planqué. Évidemment, son armée de Primagens et quelques dinosaures sont sur le chemin.

Le jeu est sorti en 1998 sur N64, mais a bénéficié d’un remaster en 2017 sur PC et Xbox One. À l’instar de Turok 1, le jeu est bien plus beau et fluide que sur la 64 bits de Nintendo. Les textures sont fines, la profondeur de champ est plus grande, et un déluge de couleurs vous explose les rétines. Le plus gros « plus » est la maniabilité. Avoir deux sticks analogiques assouplit grandement les combats et les phases de plate-forme, plus fun et réglo que dans l’original.

Pour un jeu console d’avant l’an 2000, Turok 2 est incroyablement « moderne ». Les niveaux sont immenses et labyrinthiques, avec beaucoup de backtracking. Pour accéder à certaines zones, il faut débloquer un pouvoir (sauter sur une grande distance, voler, etc.). Vous ne pouvez le faire qu’en trouvant une plume magique, puis en poussant un interrupteur, puis en dénichant le téléporteur qu’il active. Vous avez plusieurs objectifs à remplir, certains spécifiques à un niveau (libérer des prisonniers, détruire des machines), d’autres récurrents (trouver les pièces d’une arme nucléaire, protéger un totem). Heureusement que vous avez la carte en temps réel, ainsi que des marqueurs d’objectifs ajoutés pour ce remaster.

L’arsenal est pléthorique et toutes les armes ont la patate (mention spéciale au Cerebral bore, qui aspire le cerveau de sa victime avant d’exploser). Les animations des ennemis sont détaillées et souvent surprenantes, et la BO envoie toujours. Certes, tourner en rond (parfois) ne plaira pas à tout le monde. Mais depuis ce test rétro, Turok 2 fait partie de mes 5 FPS préférés.

Judge Dredd : Dredd vs Death (PS2, 2003)

Vous êtes la Loi. Les quatre juges de l’Apocalypse se sont enfuis de leurs confinements et sèment le chaos dans Méga City One. Retrouvez-les et coffrez-les. Si vous voulez, coffrez tous les punks que vous croisez. Ou flinguez-les. Après tout, la Loi, c’est vous.

Un FPS sur PS2 datant de 2003 avec Judge Dredd en vedette, ça rend sceptique. Mais le test rétro de Dredd vs Death a été extrêmement satisfaisant, pour trois raisons. Déjà, le jeu dégage une atmosphère comic pulp très justement rendue par ses graphismes, et surtout ses éclairages intenses baignant les décors. Ça va du rouge au vert, en passant par le violet, et même le feu de vos armes illumine les murs.

Ensuite, les guns sont fun. Vous ne pouvez pas vous séparer de votre arme de service, le Lawgiver, mais le bestiau dispose de six modes de tir : standard, rafale, explosif, perçant, incendiaire et rebond. Vous pouvez porter une seule autre arme, mais la plupart font un sacré barouf (perso, j’adore la mitrailleuse lourde).

Enfin, vous êtes Judge Dredd et vous pouvez rendre la justice comme vous l’entendez. Vous commencez par vous faire la main avec quelques manifestants contre les violences policières (vive la France !), puis le fauve est lâché. Abattre un voyou, c’est bien (euh…) mais le coffrer après avoir fait sauter sa pétoire des mains, c’est classe. Et si une tête ne vous revient pas parmi les civils, vous pouvez passer les bracelets à tout le monde. Le jeu a toujours une raison ridicule à afficher pour justifier votre initiative (résistance à agent, vagabondage, obésité, etc.). Et les sentences sont complètement à côté de la plaque. Mais qu’est-ce qu’ils vont vous dire ? La Loi, c’est vous. Existe aussi sur Xbox.

Inversion (Xbox 360, 2012)

Vous êtes un flic de Vanguard City en patrouille, quand soudain, la ville est attaquée par les Locustes les Lutadores, des hommes des cavernes surgis de terre pour tout casser. Un mois après avoir été capturé, vous vous évadez puis traversez la ville pour retrouver votre fille, en compagnie de votre partenaire. Les révélations tout au long de votre périple vont peu à peu vous faire regretter votre vie ignorante d’autrefois.

A priori, on a affaire au Gears of War du pauvre. À tel point que je n’ai croisé la boîte qu’une seule fois de ma vie, et avant ça, j’ignorais qu’il existait. Et Inversion démarre bel et bien comme la version discount des aventures de Marcus Fenix et Cie. Il s’agit d’un TPS qui n’a pas honte de débuter exactement sur la même base, avec ses néandertaliens grognons surgis des profondeurs, une ville en ruines, un fusil d’assaut muni d’une lame, un buddy system, etc.

On ne peut vraiment pas dire que la forme impressionne, sur Xbox 360 comme sur PS3. Pendant ce test rétro, ça ramait souvent, les textures et animations avaient cinq ans de retard sur Gears of War 3, et la maniabilité était des plus rigides. Pourtant, Inversion est un jeu qui nourrit peu à peu votre curiosité et votre plaisir, grâce à deux atouts singuliers.

Gears of War avec plus de gravité

Le premier, c’est l’histoire. Elle vous conduit progressivement sur des terres et vers des révélations loin, très loin de Gears. Ça va si loin qu’on est agréablement surpris, et qu’une fois la fin venue, on regrette que bien des questions demeurent sans réponses (la suite n’est pas près d’arriver, après le bide commercial du soft).

L’autre plus-value, c’est l’usage de la gravité. C’est tellement cool qu’on se demande pourquoi Gears of War n’a pas (encore ?) piqué et perfectionné l’idée. Car Inversion surprend en termes de level design. Des « puits de gravité » peuvent vous propulser au mur ou au plafond, et vous affrontez souvent des ennemis sur un plan différent du vôtre. Il y a aussi des zones en zéro gravité où vous devez planer et, en plus, affronter d’autres gus en train de voler (heureusement, c’est assez maniable).

Surtout, surtout, vous portez un harnais qui permet d’accentuer ou d’annuler la gravité. En gros, vous pouvez viser et rendre un objet/ennemi plus lourd ou plus léger. En combat, les possibilités sont énormes : générer un bouclier, immobiliser vos adversaires, les saisir pour les envoyer voler, balancer une voiture pour décimer les rangs ennemis… Et je ne parle que des trucs de base. Vous pouvez même saisir une bulle de pétrole ou de lave en fusion, pour la jeter sur vos assaillants ! Cela devient si fun qu’une fois fini mon test rétro (« déjà ?! »), j’avais envie de tout recommencer, maintenant que j’avais pigé.

Pour finir sur une (autre) bonne note

Pas de mauvais jeu, ce mois-ci ? C’est fou ! J’aurais bien parlé, en plus, du titre Extermination sur PS2 (2001), dont je n’ai pas encore fini le test rétro. Je vais donc dire tout le bien que j’en pense ici, malgré ses vingt ans d’âge. Dans ce survival horror, vous êtes Dennis, un soldat ricain envoyé au Pôle Sud dans une base prise d’assaut par un parasite mi-sangsue, mi-The Thing.

Comme tous les titres du genre, le doublage est risible, au moins autant que l’intrigue. S’il est difficile d’avoir « peur » devant un jeu si vieux, force est de reconnaître que c’est jouable et bien rythmé. Certaines mécaniques sont encore impressionnantes à leur juste valeur aujourd’hui, comme la lampe torche, la customisation de votre arme et la gestion de votre taux d’infection.

Pour le moment, Extermination est plus sympa à jouer que Cold Fear. Et, à bien des égards, son gameplay est en avance sur Resident Evil 4 qui ne sortira que quatre ans plus tard. À essayer, assurément.

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