Auto-édition : comment écrire un roman d’action ?

La ligne éditoriale de la Collection 120 est la même depuis 2014 : proposer une divertissement typique du cinéma, pour quasiment autant de temps, mais au format littéraire. À l’avenir, il est prévu que la collection s’élargisse à d’autres genres populaires comme la science-fiction et l’horreur, mais pour l’heure, il s’agit surtout de romans d’espionnage, d’aventures et d’action dans la veine de L’Arme Fatale, Die Hard ou Mission : Impossible, pour ne citer qu’eux. On pourrait croire que si c’est vite lu, c’est vite couché sur le papier. En fait, non. Si vous envisagez de vous y mettre également, voici comment écrire un roman d’action.

1) L’idée

Ça ne se contrôle pas, ça ne s’attend pas et ça ne s’explique pas. On a l’esprit qui part dans tous les sens, et souvent, on voit quelque chose qui fait « tilt ! ». On ne s’empêche alors plus de dériver mentalement à partir de cette image ou de cette idée, parfois pendant des années.

Par exemple, mon obsession pour Deadline, « Die Hard dans un Eurostar », remonte à 1996 après avoir vu la fin de Mission : Impossible, le film. Le roman étant sorti en 2014, il m’en a fallu du temps et de la réflexion, mais aussi de la recherche pour savoir ce que je pouvais me permettre ou non. Autre exemple avec Opération Deucalion, le prochain 120, dont les prémices (on en parle bientôt) m’ont été inspirées par une angoisse quotidienne du temps où j’étais parisien. C’était en 2010, alors que le roman est censé sortir en cette année 2021. Encore une fois, il a fallu beaucoup de documentation entre-temps.

Bref, le point de départ, la graine, vient de tout et n’importe quoi. Et dans mon cas, ça prend racines dans ma tête sans que je ne puisse plus l’oublier, à moins d’écrire un roman d’action.

écrire un roman d'action

2) Le synopsis

Il faut tracer les grandes lignes de l’histoire. On peut écrire un roman d’action en totale impro, mais rien ne garantit que ce sera beau. Il faut savoir d’où on vient et où cela finit. Dans mon cas, je sais souvent très tôt comment j’ai envie de finir, et le jeu consiste à savoir comment en arriver là. C’était le cas avec la fin de Guerre intérieure ou encore celle de Veines Rouges.

J’aime créer des motifs ou exploiter à fond un contexte, une idée, un environnement. Ils constituent le point d’articulation central de l’histoire, ce qui crée naturellement des situations et des rebondissements. Dans Veines Rouges, l’idée de départ était : transformer un banal roman de gare en carte au trésor. Comment exploiter les spécificités d’un roman, son contenu, sa couverture, pour contenir des indications qui feront avancer la narration ? Ce fut également un travail d’illustration chronophage pour obtenir tous les visuels nécessaires.

Il faut aussi compter avec ce qu’on peut se permettre. Écrire un roman d’action, c’est créer un enchaînement de situations ayant un lien et des conséquences entre elles. Quand elles ne sont pas « logiques » ni nécessaires, il faut au moins qu’elles soient « acceptables » (j’appelle ça la règle du « pourquoi, pourquoi pas »). Même quand les scènes d’action sont excessives, exubérantes ou farfelues, la suspension d’incrédulité ne doit pas être ignorée.

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3) Les dialogues

En plein milieu d’écrire un roman d’action, c’est mon petit plaisir à moi. Quand j’ai rédigé le synopsis, j’estime en être à 60 % du travail. De gros passages sont surlignés en jaune, avec généralement une instruction pour moi-même : « développe ceci », « décris le lieu », « renseigne-toi sur cela », etc. Aussi, il manque encore des explications sur comment passer d’une situation à une autre, ou comment naturellement amener un sujet dans une scène. Écrire des dialogues m’aide alors beaucoup à avancer.

Des fois, ce sont des réparties que j’avais déjà en tête (j’en avais beaucoup pour Max Force, par exemple). D’autres fois, écrire une conversation entière et sans chichi me permet de mieux situer les choses. Ensuite, comme au cinéma, on taille dans le gras. Et comme on n’est pas au cinéma, idéalement, autant ne garder dans les dialogues que ce qui doit être dit, et se servir du format littéraire pour amener autrement le reste des informations.

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4) Écrire un roman d’action pour de bon

Il est temps d’écrire les 40 % restants. C’est contraignant, et parfois même, ce n’est pas amusant. Mais c’est là qu’on ressent qu’écrire un roman d’action est un vrai « travail ».

J’écris alors beaucoup et sans réfléchir pour combler les manques indiqués en jaune dans le synopsis. Très souvent, de nouvelles idées me viennent, parfois même, les meilleures. Ensuite, c’est un travail de lecture, de re-lecture, de re-re-lecture pour affiner, pour être sûr qu’un paragraphe, une ligne, un mot n’a pas besoin de changer ou de sauter pour des raisons de rythme. C’est la Collection 120, après tout (pour 120 minutes de lecture… plus ou moins ^^). C’est un défi d’écrire un roman d’action allant à l’essentiel sans qu’il ne paraisse pour autant « rushé ».

Bien sûr, il y les étapes inévitables que sont la correction, la mise en page, l’illustration de couverture, les visuels divers, etc. Mais pour ce qui est d’écrire un roman d’action, voilà comment les choses se passent ici. Verra-t-on prochainement d’autres auteurs et d’autres genres dans la Collection 120 ? Je l’espère, en tout cas. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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