Publié le Laisser un commentaire

Critique rétro : Le Diamant du Nil (1985) « Critique qui taille dans le diamant »

lediamantdunil-alaune

Six mois après avoir trouvé le « diamant vert » du film précédent, Joan Wilder (Kathleen Turner), auteure de romans à l’eau de rose, et son compagnon Jack T. Colton (Michael Douglas) font le tour du monde en voilier. Malheureusement, le syndrome de la page blanche frappe la romancière tandis que son copain préfère la délaisser pour les roulettes des casinos. Arrive le séduisant Omar (Spiros Focas), leader d’un trou perdu d’Afrique désirant confier à Joan l’écriture de sa biographie. Sautant sur l’occasion de vivre une nouvelle aventure, la belle rompt provisoirement avec Jack et s’envole pour le désert. Problème : sur place, le charmant prince bien aimé s’avère un charmant dictateur détesté par son peuple. Pire : selon les autochtones, Omar se serait approprié un mystérieux « Joyau » grâce auquel, dans trois jours, il se fera proclamer empereur et pourra débuter une guerre d’invasion du continent. C’est compter sans l’intervention de Jack, mais également Ralph (Danny DeVito). L’escroc laissé sur la touche à la fin du premier film est décidé cette fois à empocher le magot, ou plutôt le « Joyau »…

Un vent d’aventure souffle sur la Collection 120, et tel un génie sorti de sa lampe, il a exaucé mes souhaits d’exotisme et de soleil brûlant en me rappelant l’existence du film du jour. Suite improbable du succès surprise que fut À la poursuite du Diamant Vert un an plus tôt, Le Diamant du Nil est une espèce d’ersatz d’Indiana Jones et de James Bond. Pourtant ici, il n’y a point d’archéologue intrépide ni d’agent secret incassable, mais un couple incongru : celui d’une romancière en panne d’inspiration avec son ex-gredin de petit ami, embarqués malgré eux dans le désert d’Afrique pour déjouer les plans d’un odieux tyran à moustache.

La citation qui tue

 

 

(Omar : ) J’ai oublié de vous le dire : Jack est mort.
(Joan : ) Vous dites des sottises. Jack ne mourra jamais sans me prévenir.

le diamant du nil

Au commencement

Pour parler comme il convient du film de Lewis Teague, il est impératif d’évoquer d’abord À la poursuite du Diamant Vert (Romancing the stone, en VO) de Robert Zemeckis, sur un scénario novateur de la regrettée Diane Thomas. Dans celui-ci, une romancière casanière et naïve devait un jour partir contre son gré en Colombie, pour sauver sa sœur des griffes de receleurs et de guérilleros. La belle vivait alors une expédition exotique mais sans glamour, s’amourachait d’un aventurier vaurien et déterrait un fabuleux trésor (en l’occurrence, une grosse émeraude le bien nommé diamant vert).

Trente ans après, le film emballe toujours autant par son rythme et son humour. Romancing the stone ne tournait jamais en dérision son intrigue pourtant absurde, mais savait constamment détourner ou retourner contre elle-même une situation type du film d’aventure, pour en faire un instant de comédie non parodique. Les fantasmes fleur-bleue de Joan la romancière se heurtaient à une dure réalité, celle de la vie de Jack Colton, qu’elle finissait par embrasser au propre comme au figuré. Le cocktail marcha si bien que, dans la folie caractéristique des années 80, Michael Douglas producteur et toute sa bande récidivèrent illico, avec une suite censée retrouver les protagonistes là où nous les avions laissés (bien que Kathleen Turner fut très réticente à l’idée de rempiler).

Du pastiche à la parodie

Si les têtes d’affiche pointent à nouveau, Zemeckis est parti tourner Retour vers le Futur et laisse sa place au moins inspiré Lewis Teague (réalisateur de Cujo, adapté de Stephen King). La musique énergique d’Alan Silvestri se fait quant à elle la malle, remplacée par les compositions de Fred Nitzsche, lequel, à l’oreille, fait penser au fils illégitime de Vladimir Cosma. Le malaise se fait sentir dès les premières minutes de cette suite, s’ouvrant comme son prédécesseur par un fantasme de l’écrivaine. On ressent surtout ce qui faisait la force du Diamant Vert et fait cruellement défaut à ce Diamant du Nil : la sensibilité de son réalisateur. 

L’ouverture du premier volet était un pastiche (et non une parodie) de western spaghetti façon Sergio Leone, avec un sens de la mise en scène et une photographie démontrant la cinéphilie de Zemeckis. S’il s’agissait d’une farce, elle était néanmoins sérieusement racontée et respectueuse du genre détourné. Pour ce nouveau volet, Joan nous plonge cette fois-ci dans l’univers des pirates. Différences de taille : un second degré permanent, des décors en carton et des déguisements dignes d’un cosplay.

On pourrait tenter d’assimiler cela à la perte d’inspiration de l’héroïne, ou encore se dire que l’équipe du film, après le western, s’est mise en tête de rendre hommage aux swashbucklers (films de pirates de l’âge d’or). Malheureusement, le reste du film continuera sur cette lancée de spectacle bon marché et jamais inspiré visuellement, le réalisateur se contentant d’enchaîner ses scènes comme des perles en sucre sur un collier.

Un diamant du Nil brut, hélas mal dégrossi

Tout ceci confère une patte « téléfilm » plutôt fatale au métrage. C’est dommage, car sur le papier, Le Diamant du Nil a très peu de choses à se reprocher malgré sa genèse éclair. Cet opus deux se paie le luxe de poursuivre et clore la romance vécue par ses héros, tout en proposant une intrigue sans redite aucune et un twist mignon sur la véritable nature du « Joyau ».

Plus fort, il ose le retour du personnage de Danny DeVito, sorte de clown chanceux/malchanceux totalement inutile à l’intrigue (autant que dans le Diamant Vert), et qui amuse pourtant plus qu’un Joe Pesci dans l’Arme Fatale 3 & 4 réunis. Enfin, on peut saluer l’intelligence des scénaristes. Après avoir tiré Joan Wilder de ses fantaisies sirupeuses pour la jeter dans les mares d’eau boueuses d’Amérique du Sud, ils imposent cette fois-ci en bad guy Omar Sharif Khalifa, charmeur en turban sorti tout droit d’un conte de fée avec ses palais, ses chameaux et ses oasis. Cette fois, Joan ne vit pas une épopée à mille lieux de ses bouquins. Elle est carrément plongée dedans.

Dommage que la réalité ne rattrape jamais les protagonistes comme dans le film de Zemeckis. La faute en incombe à la platitude de la réalisation, et à une photographie et des décors dignes d’une carte postale, loin de la Colombie sordide du premier volet. Paradoxalement, tout ceci rend le film mignon puisque, pour le coup, nous sommes bien dans une pelloche d’aventures à l’eau de rose. Le Diamant du Nil est un spectacle familial à l’humour gentil, soutenu par un prophète à l’innocence enfantine, un DeVito déchaîné, et des acrobates en costumes en guise de rebelles. Enfin, nous devons à ce film cette BO mythique. Eh oui, c’était tout ça à la fois, les eighties.

La scène à voir

Pourtant, il existe au beau milieu du Diamant du Nil une scène d’évasion incroyable de dinguerie, dans l’esprit festif dont se réclamait cette suite bigger than life. Après avoir trouvé Ralph dans une benne à ordures, Jack Colton se rend à la pseudo Agrabah demander des comptes à Omar. Il y croise sa bien-aimée ainsi qu’un nouveau compagnon jovial, puis tous les trois fuient les sbires du tyran à bord du moins pratique des moyens de transport : un F-16. Bien qu’il n’y connaisse rien, Jack saisit le manche. Ce qui suit n’est qu’un minuscule extrait du carnage…

https://www.youtube.com/watch?v=dDQ0rUdj0KM

Une scène truculente portée par une paire de héros sympathiques. De quoi regretter que les producteurs n’aient pas tempéré leurs ardeurs et attendu une ou deux années de plus. Avec davantage de préparation et un artisan de la trempe de Robert Zemeckis, nul doute que Le Diamant du Nil aurait pu installer une franchise de films d’aventures parmi les références du genre. Mais dans un genre où les références sont finalement peu nombreuses, un bon divertissement fait toujours du bien (cf. Sahara, autre plaisir injustement oublié, ou Veines rouges, qui essaie de retrouver cet esprit léger).

Le Diamant du Nil est disponible sur Disney+, en DVD et Blu-ray chez Fox vidéo, et en pack 2 films Blu-ray avec À la poursuite du Diamant Vert.

Publié le Laisser un commentaire

Critique rétro : Halloween 4 (1988) « La haute définition pour un opus définitif »

halloween 4

Halloween 4 se déroule en 1988. Dix ans après les événements de Halloween et Halloween 2, Micheal Myers est une momie. Comateux perpétuel et brûlé au douzième degré, il gît sur un lit d’hôpital. Le hasard faisant bien les choses, le directeur des lieux organise enfin son retour à l’asile de Smith’s Grove, sous la surveillance de deux infirmiers et par une nuit pluvieuse de 30 octobre. Pendant le trajet, les nigauds trouvent le moyen d’évoquer la famille du tueur. Si sa sœur Laurie est décédée dans un accident de voiture, elle a laissé une toute jeune fille, Jamie (Danielle Harris). Michael revient subitement à lui et s’échappe avec sauvagerie, dans le but de retourner à Haddonfield et tuer sa nièce de six ans. Le docteur Loomis (Donald Pleasance) se lance une nouvelle fois à sa poursuite…

Halloween 2 et Halloween 3 : Le Sang du sorcier étaient sortis en combo bluray+dvd chez le Chat qui fume en début d’année. Les éditions étaient minimalistes (bandes-annonces et un seul documentaire pour chaque film, lesquels se trouvent facilement sur youtube), mais l’emballage était soigné et la copie très bien. Le premier clôturait l’épopée sanglante de Michael Myers, incinéré avec son psychiatre à la fin du film. Le second était une tentative de lancer une franchise de films fantastiques et d’horreur avec pour seul lien la fête d’Halloween. Malheureusement, malgré son charme et ses cojones, cet opus fut un flop. Entre autres raisons, la plus importante est que le public associait dorénavant la franchise à Michael Myers. Et sans le tueur ni une campagne de pub suffisamment claire, on se demandait à quoi rimait cette arnaque. À quoi bon vendre « Halloween 3 » et pas juste « Le Sang du sorcier » ?

halloween 4

Moustapha n’a qu’à !

Le producteur de la série, Moustapha Akkad (aujourd’hui disparu), le sait bien. Le public veut Myers ? Il va l’avoir ! John Carpenter, dépité par l’accueil de glace qu’a reçu Halloween 3 : Le Sang du sorcier, veut s’éloigner pour de bon de la franchise et du tueur. Ça tombe bien, Moumou veut ressusciter le Croque-mitaine, d’autant que ce sera bientôt les dix ans de l’opus séminal (sorti en 1978). Le producteur rachète donc les droits et lance la machine pour un nouveau chapitre, véritable retour aux sources et suite aux deux premiers films. Halloween 4 sera donc le « vrai » Halloween 3. Malgré une grosse explosion au gaz à la fin de Halloween 2, Myers est de retour, Loomis est de retour, et Haddonfield va célébrer ces dix ans dans la peur et le sang.

ESC éditions propose maintenant Halloween 4 et 5, dans un packaging soigné mais différent de ceux du Chat qui fume. Sur le présent film, on retrouve en bonus quelques bandes-annonces et un documentaire rétrospectif, soit rien de bien neuf si vous avez youtube et si vous êtes fan. Mais on a droit en plus à une interview de Christophe Foltzer relatant l’intégralité de l’histoire de la franchise. Ça donne presque une heure d’un type racontant face caméra des anecdotes sur la genèse de chaque film, depuis celui de Carpenter jusqu’à Halloween 2018. Avouons-le, Maître Foltzer distille quand même ici et là des anecdotes et points de vue qui intéressent. Enfin, les fans de goodies seront heureux de trouver en cadeau un petit poster du film.

halloween 4

Mais le gros argument de cette édition, c’est l’occasion de voir enfin en France Halloween 4 dans une copie des plus propres. Que ce soit une découverte ou une redécouverte, on voit mieux les défauts, mais aussi les qualités de cette suite dont, avant de la revoir, l’ado que je fus n’avais pas gardé une très haute opinion. Et pourtant…

Cette fois, c’est la guerre !

L’écriture de Halloween 4 : le Retour de Michael Myers fut confiée à Alan B. McElroy, un petit jeunot à l’époque, mais qui amène son lot d’idées bienvenues. McElroy étant évidemment fan de l’original, il cherche autant à payer son tribut qu’à amener la franchise dans une nouvelle direction. L’heureux résultat, c’est que le bonhomme sait ce qu’il fait au lieu de simplement céder aux sirènes du genre.

halloween 4

Halloween 4 est un brassage de plusieurs influences et obligations qu’il marie plutôt bien entre elles. D’un côté, on a le teen drama avec frotti-frotta occasionnel. De l’autre, la petite bourgade souffrant de stress post-traumatique, avec ses citoyens armés prêts à patrouiller et à faire la loi (quitte à surtout faire les cons). Quant à Michael Myers, il embrasse complètement la dimension mythologique et surnaturelle acquise depuis sa dernière apparition. Sa force et son esprit calculateur sont encore plus mis en avant que précédemment. Sans parler de la fin, excellente, sur laquelle je compte revenir plus bas.

Sur le papier, ce retour de Michael Myers est autant un thriller à suspense qu’un film de monstre et d’action. Toute proportion gardée, il équivaut au Aliens de la saga Halloween. Malheureusement, n’est pas James Cameron qui veut. Halloween 4, bien écrit ou non, est un film de commande devant obéir à un planning de production impossible, et à l’absence d’un réalisateur aussi talentueux que Big Jim.

halloween 4

C’est le résultat qui compte

Halloween 4 est réalisé par Dwight H. Little. Il porte bien son nom : ce n’est pas le dernier des manchots, mais quand même un artisan « petit bras » (aujourd’hui, sa carrière contient plus de télé que de cinéma). Et en plus, il a moins d’un an pour emballer Halloween 4, pour une sortie programmée en octobre 1988 ! Difficile de ne pas lui pardonner le résultat. On peut même dire qu’il s’en tire avec les honneurs, malgré les ratés visibles ici et là (dont un plan où Michael porte le mauvais masque, impossible à tourner à nouveau). De plus, esthétiquement, l’atmosphère du film est magnifiquement retranscrite, en particulier la nuit grâce à la photographie. Les bleus et jaunes souvent prononcés contrastent bien avec une obscurité qui m’a souvent parue solide.

Du côté du casting, c’est la toute petite Danielle Harris qui remporte le morceau. Jamie est constamment crédible dans sa fragilité tant physique que psychologique. La voir déambuler, perdue, en plein Haddonfield désertée alors que son oncle rôde, est crédible et réellement touchant. Le trio de vieux adolescents gravitant autour d’elle n’est pas aussi neuneu que ceux qu’on trouve dans les Vendredi 13, et ce sont surtout les adultes (dont le shérif et Loomis) qui prennent part à l’action et en subissent les conséquences.

halloween 4

Le vrai gros souci de Halloween 4, c’est hélas le tueur lui-même. L’interprète a changé, ça se voit à sa corpulence et dans sa gestuelle. Plus coincé que jamais, Michael est paradoxalement capable de se téléporter d’un bout à l’autre de Haddonfield, pour provoquer un blackout et nettoyer tout un commissariat de police. Il a beau avoir un balai entre les fesses et marcher à deux à l’heure, le psychopathe se déplace tel un ninja au point que c’en devient ridicule (haha, le passage de la jeep), et il arrache des gorges et empale des greluches avec une incroyable facilité. On sent que Jason Vorheese et Terminator sont passés par là. Le temps de l’opus fondateur de John Carpenter est révolu, et le public en veut plus. Halloween 4 multiplie le body count et les effets choc. Heureusement, même en HD, ils conservent une maîtrise technique et une efficacité redoutables.

Tri logique ?

Jusqu’à présent, je m’étais toujours borné à voir une seule et unique saga : la trilogie formée par les épisodes un et deux, puis l’opus anniversaire Halloween : 20 ans après sorti en 1998. Il y a deux raisons à cela, la présence de Jamie Lee Curtis et la mort définitive (si si, je vous jure) du Croque-mitaine. J’avais déjà évoqué combien les sagas capables de « boucler la boucle » me fascinaient (cf. cet article). Dans le cas de H20, l’héroïne emblématique affronte ses démons, Michael meurt et le film se conclut sur la respiration lourde de sa sœur, faisant miroir à la sienne sous le masque. Tiens ! « Miroir », voilà un mot intéressant.

Retour à la case départ ou miroir des origines, qu’est-ce qui marche le mieux pour conclure une saga ? Récemment, Rambo : Last Blood a remis ce questionnement en lumière. Le quatrième film, John Rambo, finissait par le vétéran s’éloignant sur une route menant chez lui. Le tout premier plan de l’épisode un était l’inverse : Rambo arrivait au loin, vagabond sur une route n’ayant ni début ni fin. La fin de Rambo 4 est ainsi éloquente, chargée d’émotion et pertinente, mais on ne revenait pas au point de départ. Or, c’est ce qui arrive à la fin de Rambo 5, où le personnage est condamné à repartir sans but sur les routes.

Autres exemples : avant ses suites des années 2000, Une Journée en Enfer finissait sur John McClane au téléphone pour se rabibocher encore avec sa femme, soit la même situation qu’avant Piège de Cristal. Quant à Jason Bourne, la fin de La Vengeance dans la peau le montre s’éloigner à la nage, dans des eaux sombres renvoyant à celles l’ayant vu « naître » au tout début de la série.

Halloween 3.2.2

Comme la plupart de ces franchises et d’autres, Halloween a continué par delà ces conclusions, accumulant les suites et reboot jusqu’à devenir exsangue de toute idée vraiment fraîche, nouvelle ou mémorable. Or, Halloween 4 a de vraies idées et aspirations, mais surtout, il propose la fin la plus définitive et cohérente. Michael Myers y meurt logiquement, et nous découvrons avec un nihilisme déprimant que le Mal est véritablement cyclique, transmissible et ne mourra jamais vraiment. La boucle est bouclée tout en faisant miroir au début de Halloween 1978. On ne peut être plus définitif que cela, et Halloween 4 remplace désormais H20 dans mon cœur comme vraie fin de la saga.

Bien sûr, le médiocre Halloween 5, torché à la va-vite l’année suivante, fichera tout en l’air. Mais je me rends compte avec effarement que, bien avant Halloween : 20 ans après, et 30 ans avant le très vain et opportuniste Halloween 2018, Halloween 4 était une vraie conclusion à l’aventure Myers. Certes, il n’est pas parfait. Mais il demeure hautement divertissant, bien ficelé et surtout très bien pensé, avec davantage de surprises et d’esprit d’initiative que tout le reste de la saga réunie. Exploser les compteurs et conclure en fanfare, n’est-ce pas ce que tout final d’une trilogie devrait faire ?

Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers est disponible depuis le 22 juillet 2020 chez ESC éditions, en Bluray et DVD.

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : bilan mois de juin 2020

Crysis2-alaune

En ce beau mois de déconfinement, entre deux parties de The Last of Us, Part II, on a plein de temps pour du test rétro. Au programme : des FPS, encore des FPS, et un peu de survival horror. En avant pour le bilan du mois de juin 2020 !

Black test retro

Black (Xbox, 2006)

Sorti sur PS2 et Xbox, Black tient du blockbuster hollywoodien. Les destructions d’environnement sont hallucinantes, même aujourd’hui. Les armes et explosions sont parmi les plus bourrines jamais entendues. Quant à la musique, on la doit à un jeune Michael Giacchino. Il s’était surtout illustré avec plusieurs Medal of Honor et Call of Duty, et on reconnaît la parenté de style. Il livre ici de l’orchestral ambitieux et grandiose, même quand il n’y a pas de quoi (ou disons, quand du métal serait plus approprié au chaos à l’écran).

Mais Black est surtout un vrai gun porn, une vitrine remplie d’armes extrêmement détaillées. On jurerait qu’il est destiné à faire vendre des caisses de Kalash à tous les fans d’autodéfense du globe. Le souci, c’est que cette fascination pour les flingues se ressent jusque dans les animations, fastidieuses. Oui, on n’a jamais autant eu l’impression de réellement recharger un AK-47 ou un Magnum. Mais ça n’aide pas quand vous êtes sous un feu nourri, et quand votre couverture peut voler en éclats à tout moment.

Black test retro

Rayon gameplay, Black est un peu rouillé aujourd’hui. On ne peut pas sauter, et vous êtes surtout plongé dans des couloirs ou arènes à devoir défourailler du Russe. Les ennemis sont très, très agressifs, et parfois, vous allez mourir d’injustice. Enfin, les cinématiques sont impossibles à zapper. C’est impardonnable, surtout quand l’histoire est un prétexte et qu’elle est aussi confusément racontée. On n’a qu’une envie : nous replonger dans l’action, tellement elle nous fait nous sentir puissant.

À noter que Black est rétrocompatible sur Xbox One. À vous de voir combien vous êtes prêt à payer, sachant qu’il coûte 9 € sur le store Microsoft, et pas beaucoup moins chez les revendeurs, frais de port inclus.

Cold Fear test retro

Cold Fear (PS2, 2005)

Vous êtes Tom Hansen, garde-côtes envoyé sur un baleinier russe en perdition. Vous arrivez après que les forces de sécurité du rafiot, puis un détachement d’élite se soient faits dégommer. Vous n’êtes même pas le plan B ou C, vous êtes le fond du panier ! Et en plus d’une tempête, l’invasion par des mutants énervés et autres sales bêtes rampantes va vous rendre la vie dure.

En 2005, le jeu de Darkworks a devancé Resident Evil 4 de quelques petits jours seulement. Mais si la représentation est la même (un TPS), le genre demeure le survival horror. La gestion de ressources et l’obscurité l’emportent sur l’action. Pas de CQC ni de roulades. Tom est un mec lambda, ne partageant avec Léon que le goût de la plaisanterie.

Cold Fear test retro

Ce test rétro de Cold Fear était bien, mais pas transcendant. Les équipes de Darkworks ont voulu faire évoluer la recette RE classique et, en un sens, ont réussi. Certaines pièces imposent leurs angles de caméras, mais vous pouvez viser par dessus l’épaule à tout moment. Les ennemis peuvent revivre si on ne leur explose pas la tête pour de bon. Le corps-à-corps est une TRÈS mauvaise idée, d’où la nécessité de savoir viser et exploiter l’environnement. Et l’atmosphère poisseuse est là, surtout grâce aux animations de l’eau. La pluie et les vagues impressionnent encore quinze ans après.

Mais Cold Fear est très court, malgré un changement de décor à mi-jeu. Il ne propose ni énigmes ni boss, en dehors d’un pathétique et frustrant combat final. Et l’armement est à l’image de l’histoire : pauvre et sans imagination. À recommander quand même aux fans du genre, ses propositions et son ambiance en faisant un jeu à part. Normalement, il ne devrait pas coûter très cher, sur PS2 comme sur Xbox.

Crysis 2 test retro

Crysis 2 (Xbox 360, 2011)

Les Cephs se sont réveillés dans le pire endroit possible : New York. Surgissant des entrailles de Central Park, les aliens plongent la Grosse pomme dans une guerre des mondes sous testostérone. Vous êtes Alcatraz, un marine repêché après la foirade de sa mission par Prophète, un personnage du précédent jeu. Mourant, il décide de vous revêtir de sa nanocombinaison avant de se faire sauter le caisson. À vous de poursuivre sa mission : retrouver et sauver un scientifique détenant la clé de la victoire sur les extraterrestres.

On continue à explorer la saga, après la frustration d’un gameplay exigeant et déséquilibré dans le test rétro de Crysis. Contrairement à ce dernier, Crysis 2 a été pensé pour une sortie parallèle sur console, d’où la relative simplification du gameplay (plus linéaire) et l’assouplissement de la prise en main. L’utilisation de vos différents pouvoirs est plus souvent justifiée, et vous pouvez vous acheter quelques spécialités. Quant à vos approches tactiques, elles sont très diverses malgré vos déplacements d’arène en arène, grâce à un excellent level design. Enfin, la difficulté est moins abusée qu’avant, même si les ennemis ont toujours une vue perçante.

Cyrsis 2 test retro

Il n’y a que deux problèmes. Premièrement, la distance d’affichage et le rendu. Certainement lié au moteur du jeu, le résultat sur ma Xbox One n’était pas folichon, même presque aussi moche que le portage du premier épisode. Deuxièmement, Crysis 2 ne m’a jamais emballé. C’était sûrement hallucinant à l’époque, mix improbable entre Call of Duty : Modern Warfare et Independence Day. Les scènes sont spectaculaires, l’environnement de New York en ruines est impressionnant… Mais l’histoire, confuse, ne m’a jamais impliqué.

Depuis sa sortie, Crysis 2 a engendré une suite (qu’il me reste à découvrir) et quelques émules qui s’avèrent plus diversifiés et fun que lui. Intéressant dans l’histoire du genre, donc, mais c’est tout.

Timeshift test retro

Timeshift (Xbox 360, 2007)

Le Dr Krone a volé une combinaison de manipulation temporelle. Il a remonté le temps et fait sauter le labo. Heureusement, vous avez pu enfiler le second prototype et vous enfuir à sa poursuite. Ce salaud ayant réécrit l’Histoire et érigé son propre état totalitaire, à vous de rétablir le cours du temps.

Donc, dans un monde uchronique à la Half Life 2, vous portez une armure façon Crysis et vous manipulez le temps comme dans Singularity. Sauf que Crysis est sorti la même année et Singularity trois ans après. On peut difficilement accuser Timeshift de plagiat total. En revanche, treize ans plus tard, il souffre de la comparaison. D’autant que ce qu’il fait, d’autres l’ont fait en mieux.

Timeshift test retro

De Half Life 2, Timeshift reprend l’environnement vaste mais linéaire, qu’on peut traverser en véhicule, ainsi que des puzzles basés sur la logique. Votre armure ne peut pas bénéficier d’upgrades. Ça ne change pas de Crysis, mais du coup, ça ne renouvelle pas le gameplay. Il est possible de ralentir, accélérer ou inverser le temps, mais vos compétences n’évoluent pas. On n’a aucun sentiment de progression comme dans Singularity plus tard. Quant à l’écriture, elle ne tient pas la distance. Les objectifs comme les niveaux sont oubliables. Et la confrontation finale est expédiée, suivie d’une balle dans la tête au méchant et dix secondes de cinématique. Emballez, c’est pesé !

Le test rétro de Timeshift était sympa, et le jeu tient encore la route techniquement. Mais il est à l’image de son prétexte scénaristique : c’est un univers parallèle à lui seul, le « et si » des FPS. «  Et si Half Life 2, Crysis et Singularity n’existaient pas ?  » Il n’est pas désagréable d’y jouer, mais on oublie Timeshift aussitôt regagnée notre dimension d’origine. Celle où ces autres jeux existent, et où ils nous ont laissé de bien meilleurs souvenirs.

Legendary test retro

Legendary (Xbox 360, 2008)

On touche le fond. Si, si, je vous jure. Pourtant, au dos de la boîte, Legendary fait saliver. Vous êtes un voleur professionnel qui a le malheur d’ouvrir la boîte de Pandore, et ainsi de lâcher des nuées d’horreurs mythologiques sur le monde (griffons, loups-garous, fées, Grumpy cat, etc.). Marquée par la boîte, votre main peut maintenant absorber l’énergie libérée par les monstres, pour vous guérir ou la projeter sur les ennemis. C’est beau, hein ? De loin, seulement.

Parce que les plus s’arrêtent là. Ça ne reste que des idées mal employées. Dans la pratique, presque tout est à jeter dans Legendary. Les graphismes et le framerate font mal à voir, la jouabilité est rigide, la musique est insipide et le gameplay est presque aussi basique que dans un Doom vintage : « avance, tire, avance, tire, utilise ta main magique (éventuellement), etc. » Quant aux cinématiques entre niveaux, elles se résument essentiellement à des… croquis, relativement jolis mais gâchés par la narration du jeu.

Legendary test retro

Parce que la VF est la plus catastrophique jamais entendue ! Elle n’est pas si nulle qu’elle en devient drôle, comme dans Max Payne ou Metal Gear Solid. Ici, personne ne s’amuse. Je devine même que la doubleuse en charge de la narration a été enlevée pour bosser sur ce jeu. Chacune de ses lignes sonne faux, à tel point qu’on dirait qu’elle nous supplie de l’achever. Super, l’ambiance… Du coup, je n’en ai même pas fait la moitié, tellement ce test rétro était pénible.

Legendary est l’exemple même du gâchis de concept. Je suis preum’s pour décapiter des loups-garous au pompeux (ça les empêche de ressusciter, ici) et pour traverser New York ravagée par des golems et griffons gigantesques. Mais même pour son année de sortie, le résultat est techniquement indéfendable.

Pour conclure sur une bonne note

En dehors de ces expériences très variables, j’ai aussi (enfin !) découvert la saga Wolfenstein. Return to Castle Wolfentein, Wolfenstein cuvée 2009, The New Order (et son excellent DLC Old Blood), le très – voire trop – psychédélique New Colossus, et le petit dernier Youngblood sont autant de défouloirs explosifs et violents qui ne déçoivent pas. De quoi nourrir, peut-être, un nouveau test rétro bientôt.

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : bilan mois de mai 2020

Comme je consacre les gros articles aux jeux récents et/ou qui m’ont le plus impressionné, j’ai peu de temps pour parler de tout le reste. Or, je découvre une quantité de titres passés, récents ou anciens, qui mériteraient que j’en touche deux mots, histoire de les recommander ou de vous mettre en garde. On commence cette nouvelle rubrique dédiée au test rétro avec ce que j’ai eu le temps de me goinfrer en ce mois de mai.

Test retro REVII End of Zoe

Resident Evil VII : End of Zoe (PS4, 2017)

Le second DLC « histoire » de Resident Evil VII était payant, ce qui explique que je ne me suis permis qu’une fois que je l’ai trouvé en promotion sur le Playstation store. Et vu la médiocrité du reste du contenu payant, je suis content de n’avoir pas raqué pour l’édition Deluxe à l’époque.

Dans End of Zoe, vous jouez Joe, l’oncle éloigné de la famille Baker, les « méchants » du jeu principal. Vivant coupé du monde dans son bayou, il ne sait visiblement pas que depuis trois ans, ses proches sont devenus des monstres. Le jour où sa nièce Zoe débarque mal en point chez lui, il part en quête d’un remède.

End of Zoe est certes court (environ 2h) mais son gameplay est plutôt réjouissant. Entre les poings de Joe (il terrasse des monstres à mains nues !), des armes sympas (comme un javelot ou un fulguro-poing) et un affrontement de boss technique, End of Zoe prolonge agréablement l’aventure RE VII en apportant sa touche. Bon, pour quinze balles, ça fait cher la balade, mais si vous êtes fan et vous pouvez le payer moitié prix, essayez donc. Pour moi, Joe est l’un des protagonistes les plus badass de l’univers RE, ne serait-ce que pour la puissance de ses poings. Et son QI limité n’a d’égal que sa détermination. Joe ne se pose pas de questions, Joe n’a pas peur. Joe ose, et ça, c’est classe.

Test retro Crysis

Crysis (Xbox 360, 2011)

Dans Crysis, vous portez une super combinaison qui vous fait courir super vite, frapper super fort, devenir super résistant ou même carrément invisible. Dans Crysis, vous êtes un super soldat US, largué sur une île pour secourir des archéologues détenus par un bataillon de l’armée nord-coréenne. Mais surtout, dans Crysis, vous rejouez la formule Far Cry 1, avec les mêmes défauts non résolus. Ça veut dire que les mecs vous voient à un kilomètre de distance, même à travers un trou de souris ou une broussaille, qu’ils ont 20/10 à chaque œil et des armes miraculeusement plus précises entre leurs mains que les vôtres.

Pas de panique ! Vous avez votre combinaison et sa pile affreusement énergivore. Si elle se restaure en quelques secondes, elle consomme par contre beaucoup plus vite quand vous bougez, peu importe la capacité employée. Et il va falloir bouger si on vous voit ! Comme Far Cry 1, Crysis est un jeu au gameplay cassé, et complètement coupé en deux moitiés distinctes. Dans la première, vous vous servez presque exclusivement de l’invisibilité pour infiltrer les camps militaires. Oubliez la nano-armure, elle est nulle face au pilonnage d’un bataillon de coréens.

Et dans la deuxième partie, vous rencontrez les Cephs, des saletés alien qui tirent vite, et contre lesquelles vous avez surtout besoin du bouclier. Pourquoi avoir autant de capacités, alors qu’on n’a pas tellement le choix pour s’en servir ? À sa sortie, Crysis a fait parler de lui parce qu’il était beau à tuer… sur PC. Ce portage Xbox 360 est hideux (si si, croyez-moi), ce qui fait d’autant plus regretter l’achat. Comme il n’est disponible que sur le Xbox Live pour 20 €, l’affaire est réglée. Passez.

Test retro Resistance Fall of Man

Resistance : Fall of Man (PS3, 2006)

J’ai enfin pu faire l’intégralité de la saga Resistance, à part pour l’épisode PSP, mais c’est un TPS que j’avais déjà fait il y a longtemps. Je me suis donc concentré sur la série de FPS exclusifs à Sony, initiée par Insomniac Games. Le contexte est simple à résumer : à la fin des années 40, des aliens connus sous le nom de Chimères commencent à envahir le monde depuis le fin fond de la Russie. C’est donc la Seconde guerre mondiale, mais contre un ennemi commun pour l’Humanité.

Fer de lance de la PS3, Resistance : Fall of Man a vieilli. Aujourd’hui, il ressemble à un titre PS2 upscalé, heureusement sans baisse de framerate. Mais son gameplay, lui, est préhistorique. Les Chimères sont des kamikazes suicidaires ultra précis au tir, et qui vous considèrent (évidemment) comme l’homme le plus intéressant du monde, malgré le chaos général. Quant au level design, il est affreusement linéaire.

L’état de grâce provient de deux choses : l’univers atypique mêlant Seconde guerre mondiale et invasion alien, et un armement inventif et fun. Le Nettoyeur verrouille et mitraille les ennemis, le Perforateur tire à travers les murs, etc. Et vous pouvez tout porter en même temps. Vous êtes donc puissant et vous avez le choix des armes. Resistance : Fall of Man est un jeu parfois frustrant mais souvent divertissant.

Test retro Resistance 2

Resistance 2 & 3 (PS3, 2008 & 2011)

Resistance 2 est sorti après que Call of Duty 4 ait un peu secoué le monde du FPS. Il change donc la formule, et pas pour le meilleur. Vous ne pouvez plus porter que deux armes à la fois, et votre vie est régénérative. Par contre, les ennemis sont plus nombreux et agressifs, donc « youpi ! ». Aimants à balles, les boss ont au moins le bon goût d’être variés et spectaculaires. Mais si on se souvient de Resistance 2, c’est moins pour le plaisir de jeu que pour des environnements plus beaux et diversifiés qu’avant. L’histoire, par contre, est tellement bateau et décousue que je ne m’en souviens pas (à part sa fin, que je ne vous spoilerai pas).

Resistance 3 corrige les travers de son prédécesseur, en commençant par réintégrer une roue de sélection des armes. Les ennemis sont toujours à tête chercheuse, mais la variété des flingues est salutaire (le cryo-fusil est diablement fun). Et les missions ne se ressemblent jamais, tant dans leurs objectifs que dans leurs environnements (mention spéciale aux effets climatiques, brouillard ou blizzard, qui sont magnifiques). Pourtant, l’ennui pointe le bout de son nez. Resistance 3 est le plus complet et le plus équilibré des trois, mais il n’emballe pas pour autant. Peut-être parce que, depuis le départ, l’histoire de la série est trop anecdotique, simple prétexte à enchaîner les niveaux sans donner au joueur de quoi s’attacher aux protagonistes et à leur cause.

Resistance PS Vita

Resistance : Burning Skies (PSVITA, 2012)

Enfin, Resistance : Burning Skies, sorti sur PSVITA, est peut-être celui qui m’a le plus séduit de la série. Un FPS anecdotique sur console devient un vrai bon jeu sur portable, surtout en bénéficiant des fonctionnalités tactiles de la VITA. Les tirs secondaires des armes, ainsi que les grenades, ont besoin que vous balayiez du doigt le pavé tactile avant ou arrière. Cela rend encore plus fun l’arsenal déjà inventif de la saga.

Bien sûr, Burning Skies est moins beau que ses grands frères consoles (ou que Killzone : Mercenary sur la même machine), mais ne boudons pas notre plaisir. Le manque d’histoire palpitante et de textures bluffantes handicapaient les jeux PS3, mais le problème est secondaire ici. C’est un jeu sur portable, à dégainer partout quand on s’ennuie.

Sur une machine où les FPS ne sont déjà pas nombreux, Resistance : Burning Skies est un indispensable. Encore plus dans le contexte d’une franchise sympa mais mineure dans l’histoire du genre.

Goldeneye Reloaded

Goldeneye Reloaded (Xbox 360, 2011)

Je ne l’ai pas fini. Je n’ai pas pu. Vous êtes fan de James Bond ? Vous êtes fan de FPS en général ? Sauvez-vous. Goldeneye Reloaded est un portage du jeu Wii sorti l’année d’avant. Il s’agissait déjà d’un remake dispensable, et même carrément d’un demake comparé au jeu N64 original. Mais au moins, on se servait des wiimotes pour jouer, ce qui ajoutait à l’immersion et faisait illusion. Activision a dû confier ce portage à ses équipes de nuit, car il n’en reste plus qu’un clone ennuyeux de Call of Duty.

Le jeu étant originaire d’une machine moins puissante, les textures et animations sont à l’amende. Mais les vrais problèmes sont plus profonds. Vous avancez dans des niveaux horizontaux et pire que linéaires. Bond ne peut ni sauter ni lancer de grenades, et encore moins user de gadgets rigolos. Et vous tirez sur des ennemis stupides, que le soft multiplie dans ses passages les plus tendus pour donner l’illusion du challenge. J’ai renoncé vers la fin, à cause d’un passage où le jeu vous balance des soldats à la chaîne, mais en plus, vous aveugle pour rendre les choses plus corsées ! Cheap et nul, comme tout ce qui a précédé, mais là, c’était trop.

Goldeneye Reloaded sur Xbox 360 est un jeu où le fun va mourir quand il n’a plus la force de continuer. Tous ceux qui ont participé à son développement méritent que j’entre chez eux par effraction la nuit pour leur vomir sur la tête pendant qu’ils dorment. Et ce n’est pas le seul jeu Bond de l’ère Craig à posséder cette « qualité ». Copiez-collez ce qui précède sur le jeu de votre choix, et vous verrez que ça marche automatiquement.

Pour conclure sur une bonne note

Tout n’a pas été aussi médiocre que James Bond, récemment. J’ai pu aussi découvrir le remake de Resident Evil 3 et nettoyer des rues mal famées avec Streets of Rage 4. Finalement, mai 2020 n’aura pas été un mauvais mois.

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : top 5 FPS d’action, pour s’éclater à la maison

Durant le confinement, je ne suis pas enfermé chez moi, c’est vous qui êtes coincés chez vous ! Et il faut bien s’occuper, non ? Alors pourquoi ne pas jouer à des FPS d’action ?

Une fois fini Doom Eternal, j’étais en manque de FPS d’action. Je me suis posé la question : « est-ce que j’ai déjà ressenti ça avant ? » Cette puissance, cette mobilité, ces combats stratégiques où ma vie est en jeu, ou encore ce plaisir de l’exploration et de la découverte ? Ça tombe bien, j’ai eu la chance de découvrir BEAUCOUP de titres durant les derniers mois, et de rattraper mon retard sur plusieurs machines et pas mal d’années.

C’est donc l’esprit frais que je me suis souvenu que, oui, certains FPS d’action / plate-forme m’avaient procuré ces sensations, au point d’avoir eu envie de les refaire immédiatement ou d’avoir leur souvenir durablement inscrit en tête. Puisqu’on est cloîtrés chez nous pendant un moment, c’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir cinq FPS d’action et excellentes alternatives à Doom Eternal. Si vous n’êtes pas rétro-gamer ni consoleux, pas de soucis : ils sont tous disponibles sur PC. Moteur… Action !

Turok top 5 FPS d'actionTurok (1997)

J’ai mis la date de sortie de la version originale sur Nintendo 64. Mais Turok : Dinosaur Hunter est revenu faire coucou dans un remaster en 2015, disponible sur PC et Xbox One. Certes, le jeu a visuellement vieilli, mais cela n’a en rien impacté son charme, son level design, ou encore l’attrait de son armement. Son passage à l’ère moderne l’a même rendu meilleur, à commencer par une profondeur de champ plus grande (bye-bye le brouillard à la Silent Hill).

Mais surtout, le contrôleur de la 64 bits de Nintendo était un peu particulier, puisqu’il n’avait qu’un seul stick ! Vingt ans plus tard, avec la démocratisation du pad analogique et deux sticks à disposition, la maniabilité a été repensée pour une manette moderne, à laquelle nous sommes dorénavant habitués. On se meut donc tout de suite avec l’aisance du Doom Slayer, surtout avec une fluidité rehaussée. C’est tant mieux, car les passages de plate-forme sont nombreux. Turok est autant, sinon plus, un jeu d’exploration qu’un FPS d’action. Pour déverrouiller l’accès aux niveaux les plus avancés, vous devez rassembler des clés éparpillées dans les premiers stages. Même chose pour les pièces d’une méga arme, le Chrono-sceptre, sans laquelle le boss final vous fera bien pédaler.

Une petite pensée enfin pour l’armement jubilatoire, à la puissance accentuée par un gore excessif. Sacrément varié et satisfaisant, votre stock alterne entre traditions du FPS d’action (shotgun, Gatlin, etc.), innovation (un arc et des flèches explosives) et pur délire alien. Éclater des raptors laser n’a pas de prix, et gueuler « I AM TUROK ! » à chaque vie supplémentaire, y a pas à dire, c’est classe. Si vous en voulez plus, Turok 2 : Seeds of Evil est également disponible en remaster.

Fear top 5 FPS d'actionFEAR (2006)

Contrairement à ses deux suites, le premier FEAR est beaucoup plus un FPS d’action qu’un jeu d’horreur. Il se situe à la croisée de Matrix, Piège de Cristal et The Ring, rien que ça ! Dans la peau de Point Man, un flingueur de première, vous traversez des environnements industriels, en construction ou de bureaux, à la poursuite des Replicas. Il s’agit de soldats génétiquement modifiés pour répondre aux ordres télépathiques de Paxton Fettel, passé de cobaye dérangé à fou cannibale. Sur votre route, les déclarations obscures du suspect et les apparitions glaçantes d’une petite fille en robe rouge accentuent le malaise. Mais elles n’entravent pas les gunfights, qui sont spectaculaires !

FEAR enrobe dans une atmosphère anxiogène un pur FPS d’action, sans fard ni réflexion. Vous avancez de couloirs en arènes, gun en main, et les seuls temps de pause consistent à appuyer sur des boutons ou tourner des valves. Ce sont les combats qui font le sel de cette aventure certes linéaire, mais où chaque fusillade exige de réagir vite. Heureusement, le mode « réflexe » (ralenti) est là pour vous aider… et pour admirer les étincelles, destructions en temps réel et autres dégâts sur les corps. Vous vous sentez puissant du fait de votre armement, mais aussi vulnérable, puisque les mecs communiquent et se séparent pour tenter de vous prendre en tenaille. Seule la mobilité laisse un peu à désirer, surtout sur console (réussir une glissade est un exploit), mais le level design compense cela.

Vos armes préférées risquent d’être le fusil à pompe (à bout portant) et le laser de Type-7. Si vous jouez sur console, privilégiez la version Xbox 360, plus léchée et fluide que sur PS3. D’autant que les extensions, Extraction Point et Perseus Mandate, sont sorties sur ce support, regroupées sous le titre FEAR Files.

Bulletstorm top 5 FPS d'actionBulletstorm (2011)

Vous aimez les FPS d’action débiles, les répliques aussi nulles qu’hilarantes, la violence over-the-top, la SF spectaculaire, mais surtout botter des culs ? Trouvez Bulletstorm. Vous incarnez Gray Hunt, un mercenaire en cavale avec sa team de bras cassés, après avoir découvert que vous tuiez en fait des innocents pour couvrir les fesses du patron, le général Sarrano. Quand ils sont finalement retrouvés, Gray (qui est bourré !) pète un câble et attaque. Les deux vaisseaux se crashent alors sur la planète Stygia, repaire d’ex-taulards cannibales et de mutants énervés. Hélas, il vous faut l’aide du général pour vous barrer, son cul étant le seul à avoir de la valeur. Pour choper cet empaffé, vous ferez équipe avec votre pote Ishi, à moitié mort depuis le crash (l’autre moitié étant maintenant robotisée), mais aussi Trishka, la femme soldat la plus badass du monde.

Bulletstorm est un pied total. Vous êtes équipé d’un lasso qui tire les ennemis vers vous, et de bottes anti-gravité qui les envoient voler, au ralenti et avec style. Et vous êtes récompensé selon les mises à mort. Plus vous êtes créatif, plus vous gagnez des points, utilisables pour les améliorations et les munitions. Et Bulletstorm a une bonne excuse in-game pour cette mécanique débile. Empalez, brûlez, jetez dans le vide, faites-vous plaisir, les combos comptent double ! Les armes sont toutes diablement fun, avec des tirs secondaires jouissifs. Et l’aventure est rythmée par des niveaux inventifs.

Bulletstorm est ressorti en 2017 et est dispo sur PS4 et Xbox One. En prime, cette édition permet de remplacer Gray par Duke Nukem ! Entièrement redoublé par son interprète original, le gaillard passe son temps à rappeler à tous qu’il n’a rien à faire là. C’est débile et gratuit, mais c’est drôle et ça marche, comme tout le reste dans ce FPS d’action.

Bulletstorm top 5 FPS d'actionDuke Nukem en perso jouable, ou la blague méta étalée sur un jeu entier.

Bioshock infinite top 5 FPS d'actionBioshock Infinite (2013)

1912. Vous êtes un privé, Booker Dewitt. Mission : « retrouver la fille pour effacer la dette ». C’est tout. A priori, vous n’avez pas la tête sur les épaules. Quelques minutes plus tard, vous embarquez dans une capsule vers les nuages, direction Columbia, une cité tentaculaire flottant dans le ciel. La vie y est belle, hormis son racisme malsain et le culte du père Comstock, son fondateur. Dommage, c’est lui qui détient « la fille ». Vite réuni avec Elizabeth, puisque c’est son nom, le reste de l’aventure consiste à fuir Columbia avec la belle. Vous le ferez grâce à vos armes, mais aussi à des pouvoirs inattendus, au fil de révélations de plus en plus vertigineuses.

Bioshock Infinite est un troisième volet controversé, mais pas pour l’efficacité de son gameplay ni sa beauté artistique. C’est pourquoi il se trouve dans cette liste. On peut légitimement préférer les visites atmosphériques à Rapture (la ville sous-marine de Bioshock 1 et 2), mais Infinite est un FPS d’action au style de jeu acrobatique, riche et rentre-dedans, auquel on s’habitue rapidement.

Vous avez une arme dans une main et des « vigors » (pouvoirs surnaturels manufacturés) dans l’autre. Les uns comme les autres sont améliorables et diablement réjouissants à manier. Après quelques temps d’adaptation, vous enchaînez les combos à distance ou au corps-à-corps avec une déroutante facilité. À vous de choisir entre faire léviter, brûler ou désorienter vos ennemis, avant de les plomber, de les exploser ou de leur atterrir dessus depuis un tram aérien.

J’avoue que je fais partie de ceux qui adorent l’histoire, confuse en apparence mais simple dans le fond, et bourrée d’idées folles qui sont rares dans un FPS d’action. Et si tout ceci n’a a priori pas de sens, multipliant paradoxes et autres incohérences, tout est justifié dans le titre. Cette virée à Columbia ouvre vraiment des possibilités infinies. Peu importe le sac de nœuds dimensionnels et temporels auquel aboutit l’intrigue, les expliquer à coups de mondes parallèles illimités tient du génie libérateur. Tout est permis et le jeu ne se prive pas.

Bioshock infinite top 5 FPS d'action

Dommage que, paradoxalement, Bioshock Infinite oriente beaucoup plus le joueur. L’issue est désormais une fatalité (une fin unique) et non plus, ironiquement, une possibilité (bonne ou mauvaise) comme dans les jeux précédents. Excitant pour la suite car tout est désormais possible, l’accueil mi-figue mi-raisin de Bioshock Inifinite a remis la saga en question pendant quelques années, et c’est bien dommage.

La trilogie upscalée est ressortie en 2016 sur PS4 et Xbox One. Cette compil’ n’est pas parfaite techniquement. Mais c’est votre meilleure chance de découvrir pour un prix correct les excellents DLC de Bioshock 2 et Bioshock Infinite.

Titanfall 2 top 5 FPS d'actionTitanfall 2 (2016)

Titanfall premier du nom ne proposait que du multijoueur. Avec Titanfall 2 (disponible sur PS4, Xbox One et PC), on innove : il y a une campagne solo. Ouah ! Même si ce FPS d’action est court, c’est un des meilleurs sur le marché en terme de gameplay. Vous êtes un « pilote », l’élite des soldats de l’espace. Vos compétences n’ont d’égale que votre synchronisation avec un « Titan », un gros mécha doté d’une IA poussée. Dans le jeu, vous n’êtes pas encore un pilote, mais votre mentor casse sa pipe devant vous. Dans son dernier souffle, il ordonne à BT, son Titan, de vous reconnaître comme son nouveau maître. Commence alors votre combat à deux pour la survie.

Titanfall permettait de jouer sur deux niveaux. Soit à hauteur d’homme, en quittant votre titan pour bondir partout, soit à l’abri à l’intérieur pour user d’artillerie lourde. Idem dans Titanfall 2, mais avec une campagne tenant constamment la carotte au joueur. L’histoire est solide. Vos interactions avec BT sont pleines de profondeur et d’humour. Et il marie efficacement nouveaux environnements et idées de gameplay. Je me souviendrai longtemps de cette usine d’assemblage de maisons préfabriquées, de ce niveau de dingue à base d’allers-retours spatio-temporels, ou encore de cet assaut aérien sur un vaisseau ennemi. D’autant que Titanfall 2 est un FPS d’action fluide et magnifique. Il n’y a que les antagonistes principaux qui manquent d’identité, simples mercenaires voués à se faire éclater

Titanfall 2 top 5 FPS d'action

Les combats sont diablement instinctifs et réactifs. En mécha, vous êtes lent mais bénéficiez d’un armement conséquent et dévastateur. À pied, vous êtes la combinaison entre le Doom Slayer, le Point Man et le prince de Perse. Glisser, planer en jetpack, courir sur les murs, attaquer au corps-à-corps, etc. Un pilote peut tout faire les doigts dans le nez. Mais c’est vous qui le pilotez, alors à vous d’assurer.

Que pensez-vous de ce top 5 FPS d’action ? Connaissiez-vous ces titres, ou certains vous donnent-ils envie de vous y frotter ? Vous estimez que certaines mentions honorables méritaient d’y figurer (comme Prey 2006, Crysis 2 ou encore Shadow Warrior) ? Dites-vous qu’il me reste encore beaucoup à explorer. Peut-être pour un prochain top…

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : la saga Halo (Xbox, Xbox 360 et Xbox One) 2e partie : « L’anneau sans fin »

Vous connaissez ces jeux sur lesquels vous avez bavé petit et n’aviez pas pu jouer ? Il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Aujourd’hui, on poursuit ma découverte tardive de la saga Halo. D’abord, en s’écartant temporairement des aventures du Master Chief, pour finalement revenir et tomber en disgrâce. Deuxième et dernière partie de cette rétro, depuis un spin-off réussi jusqu’à un dernier opus calamiteux.

Halo 3 ODSTHalo 3 ODST : on a loupé la guerre

Dans Halo 3 ODST, Master Chief n’est pas là. Ou plutôt, il est en chemin. ODST se déroule pendant Halo 2. Les Covenants mettent à feu et à sang la ville de New Mombasa, et on envoie les fameux ODST, pour « Orbital Drop Shock Trooper », des paras du futur largués depuis la haute atmosphère. Vous êtes « le Bleu », un muet séparé de sa team au moment du largage. Réveillé des heures plus tard, vous vous mettez à la recherche de vos coéquipiers, reconstituant les événements à mesure que vous progressez.

Halo 3 ODST est un spinoff sorti en 2009. On peut ne pas aimer ce qu’il propose, mais difficile de le lui reprocher ou de prétendre qu’il fait mal son truc. Globalement, « le Bleu » traverse le centre de New Mombasa, un gigantesque HUB, d’un objectif à un autre. Vous croisez des ennemis, mais aussi des indices sur le sort de vos camarades, ce qui lance des missions « flashback » dans la peau du disparu. Chaque mission est différente, évitant toute forme de monotonie. Entre deux, par contre, il faut zigzaguer dans New Mombasa en évitant de caner.

Vous n’êtes pas un Spartan, vous êtes donc plus fragile, et votre arsenal est différent de celui du Chef (un fusil avec silencieux, une vision de nuit à la place de la lampe torche, etc.). Cela inspire une stratégie plus discrète et mesurée. Le centre ville cache des fichiers audio très immersifs et bien menés sur une intrigue secondaire. À vous de les chercher si vous êtes patient et/ou curieux. Pour finir, les personnages croisés ont tous une personnalité et une singularité suffisamment développées pour s’y attacher, notamment Buck, incarné en VO par le très sympathique Nathan Fillion (Castle, Firefly).

Halo ReachHalo Reach : on a perdu la guerre

L’intrigue se déroule juste avant Halo : Combat Evolved. La planète Reach est attaquée par les Covenants, et on a très peu de temps pour évacuer. Vous êtes membre de l’équipe Noble, des Spartans, six têtes brûlées aux compétences particulières et aux caractères bien trempés. Missions : retenir les Covenants, évacuer les civils, et finalement rejoindre le vaisseau Pillar of Autumn, pour lui livrer un artefact susceptible de changer le cours de la guerre. A priori, pas de quoi baliser. Sauf que l’attaque de Reach est le Pearl Harbor de la saga. C’est la dérouillée qui nous a fait fuir comme des rats, et prier pour une dernière chance de victoire sur Halo. Et comme on n’a jamais parlé des Noble avant, vous vous doutez que ça sent le renard pour votre équipe…

Halo Reach est sorti en 2010 sur Xbox 360. Il a été le champ du cygne pour Bungie, le développeur historique de la saga. À ce titre, ils ont mis tout ce qu’ils avaient pour faire de ce jeu un vrai départ en fanfare. Vous disposez de plusieurs capacités non cumulables héritées directement d’un gameplay de jeu multi, comme un bouclier temporaire, la possibilité de courir (NON ?!), etc. Cela donne un plus grand aspect stratégique aux échauffourées.

Les missions sont variées, les maps sont grandes, dans la lignée de CE et Halo 3. Les véhicules, les armes, les environnements, évidemment la musique, tout est grandiose et captivant. Et l’histoire est un prequel réussi à Halo : CE. Cela donne furieusement envie de replonger dans l’original, pour reprendre et achever ce combat nous ayant mis dans une position si difficile. Parce que Reach, c’est la guerre. Vous allez en ch*** et vous allez perdre. C’est écrit.

Halo 4Halo 4 : un goût de renouveau ?

Quatre ans après avoir sauvé la galaxie, Master Chief est réveillé par Cortana. Une armada Covenant les a retrouvés, mais c’est le cadet de leurs soucis. Une planète Forerunner domine le paysage et ni une ni deux, elle avale tout ce qui traîne. Fidèle à ses habitudes, John-117 s’écrase à l’intérieur mais s’en tire sans un bleu. Il faut maintenant déguerpir fissa de cette étoile de la mort : Cortana commence à bugger, et l’endroit s’avère la prison d’un redoutable ennemi très impatient de s’échapper…

Halo 4 sortit en 2012 sur Xbox 360. Il marquait le retour de Master Chief et le premier FPS canonique issu d’un autre studio que Bungie (343 Industries). Au final, Halo 4 a déçu, pour des raisons faciles à comprendre, mais ce n’est certainement pas un mauvais jeu. Et il en met plein la vue dès le début. Retrouver Chief, Cortana et leur univers botoxés comme ça fait plaisir à voir. 343 a mis les petits plats dans les grands. La technique embellit, la mise en scène développe et l’histoire étend la mythologie Halo sans perdre encore le joueur occasionnel dans un océan de références cross média.

Halo 4

Mais en terme de gameplay, 343 joue la sécurité. Halo 4 est plus linéaire, et vos missions suivent un pattern coutumier. Rayon surprises, les nouveaux véhicules sont réussis, et les nouveaux ennemis sont à l’appréciation de chacun. Mais les nouvelles armes sont piteuses, simple mix déguisé entre armements humain et Covenant. Enfin, le jeu abandonne curieusement des éléments de gameplay introduits dans Halo Reach. Pas de panique : vous pouvez toujours courir et user de spécialités.

Bref, Halo 4 est très chouette et propose son lot de scènes marquantes (l’introduction, le réveil du Didacte, l’attaque de l’installation 03). C’est une belle promesse, hélas non tenue par la suite.

Halo 5Halo 5, Guardians : un goût de cendres

Master Chief continue sa guéguerre galactique en compagnie de sa fidèle Blue Team (qui ?). De son côté, le Spartan Locke (euh ?) part avec l’équipe Osiris (la quoi ?), dont l’ex-ODST Buck (hein ?!). Mission : sauver le Dr Halsey des griffes du leader Élite Juul M’dama (c’est qui ?!). Pendant ce temps, les aberrations Forerunners prolifèrent. Qui les contrôle ? Hanté par des visions de Cortana, John-117 part en quête de réponses. Osiris est envoyée sur ses traces.

Je sais que faire un jeu est exigeant et compliqué. Mais j’ai joué à tous les Halo d’affilée. Je sais ce qui m’a plu, y compris dans le quatrième opus contesté. Alors pour comprendre mon ressenti en finissant ce dernier épisode « canonique », voilà : si je pouvais ch*** des jeux, ma m**** ressemblerait à Halo 5 : Guardians.

Parce que l’histoire et les personnages n’ont aucun sens sans lire les bouquins ni éplucher les wiki. Parce que le gameplay bourrin de la campagne est pensé pour du multi à quatre, quitte à être accompagné d’IA attardées en solo. Aussi, parce que les niveaux ne sont toujours que des maps multi déguisées. Parce qu’en « difficile », la meilleure stratégie est toujours de sniper ses adversaires à 1 km de distance. Parce que le même boss revient toujours. Et parce que, pour la première fois dans l’histoire de la série, pas de coop en écran splitté. Bref, ça fait ch***.

Halo 5

Je comprends que les fans inconditionnels de « l’univers » Halo regrettent les campagnes précédentes, malgré les clins d’œil à leur licence favorite. Et je compatis avec les amateurs des « jeux » d’avant, mis à la porte par un opus qui se prétend pour les fans, mais ne vise que des clients. Si vous êtes féru de multi et d’e-sport, quelle chance, ce titre n’est pensé que pour vous. Mais bon, le marché étant déjà saturé…

Vers l’infini, mais au-delà ?

Ce qui me rassure après enquête, c’est que 343 Industrises se serait fait taper sur les doigts par à peu près tout le monde pour les mêmes raisons. Je ne suis donc pas fou. Ils ont alors promis, évidemment, de revenir aux fondamentaux de la série pour le futur 6e opus, Halo Infinite, censé accompagner le lancement de la prochaine Xbox Series X. A priori, on va retourner sur un Halo, à explorer en monde quasi ouvert, cette fois. Honnêtement, si la promesse est tenue, je prends.

Mais attention à ne pas rester fidèles à vos habitudes, chez 343. Halo 4 était trop linéaire, Halo 5 était trop multi… Faites gaffe à ne pas transformer Halo Infinite en une déclinaison futuristico-kitsch de Far Cry. La chasse aux cerfs et la prise d’avant-postes, ça fait illusion pendant trente heures, mais ça finit par gaver. Personnellement, je n’ai pas besoin d’un clone de Far Cry. Mais c’est vrai que je n’ai pas non plus envie d’un autre Halo 5.

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : Red Faction (PS2) « Si tu te casses sur Mars, tu te fais casser ! »

Vous connaissez ces jeux sur lesquels vous avez bavé petit et n’aviez pas pu jouer ? Il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Aujourd’hui, on repart sur Mars pour mener la révolte dans Red Faction, sur PS2. Du plaisir et des regrets, des sourires et des larmes, au gré d’une partie qui ne m’a laissé aucun répit.

Red Faction Décidément, la planète rouge a la cote en ce moment, après mon test de Doom 3 quelques mois plus tôt. Sauf que cette fois, on n’y va pas pour flipper, mais pour flinguer du nazi de l’espace dans la pure tradition du FPS d’époque. À ce titre, Red Faction impressionne pas mal pour son année de sortie (2001), tant au niveau de la narration que du gameplay. Mais même s’il apprend des meilleurs, le jeu de Volition Inc. se heurte malheureusement à des écueils qui lui sont propres. Mais ne brûlons pas les étapes.

Tu casses tout sur Mars

Dans Red Faction, vous jouez Parker. Ce couillon s’est dit qu’aller bosser dans les mines martiennes avait quelque chose de « mystérieux et romantique », dixit son intro en voix-off. Manque de bol, sur place, les choses tiennent du cauchemar. Les mineurs se font tabasser et humilier par les gardes d’Ultor, la compagnie qui tient les rênes. Et pour ne rien arranger, une peste d’origine inconnue décime les rangs des travailleurs opprimés.

Red Faction

C’est une nouvelle journée qui commence quand le mineur faisant la queue devant vous se prend la tête avec le garde du point de contrôle. Ils s’entre-tuent et, malheureusement, les autres fachos tirent dans le tas, vous forçant à vous défendre avec ce que vous trouvez. Ça commence avec un bâton électrique et un flingue, puis rapidement, du C4 et un lance-roquettes ! Ainsi, vous pouvez vous creuser littéralement un chemin à travers les murs de la mine.

Il ne se passe pas cinq minutes quand Eos vous contacte. Elle est la leader des rebelles, la fameuse Red Faction. Puisque vous semblez si doué pour shooter des soldats armés en masse, elle requiert votre aide. Sans vouloir vous stresser, vous êtes visiblement le seul gars compétent pour contrecarrer Ultor, trouver un remède à la peste et sauver Mars…

Red Faction

On se marre sur Mars

Red Faction, c’est un peu comme si on adaptait le film Total Recall à la manière de Half Life. Déjà, comme dans le film avec Schwarzenegger, buter des salauds devient rapidement fun, grâce à un armement pléthorique à la puissance parfaitement rendue. Designs et sons traduisent bien la particularité de chaque arme : flingue, fusil à pompe, mitraillette, mitrailleuse, mitrailleuse lourde, sniper basique, sniper militaire, rail gun, C4, lance-roquettes et méga lance-roquettes, vous avez le choix ! En plus, chacun dispose d’un tir secondaire. Il faut voir l’animation des gardes soufflés à bout portant par la double rafale du pompeux…

À cela s’ajoute le « Géo mode », permettant des destructions en temps réel de l’environnement. Il s’agit davantage d’une esbroufe révélant rapidement ses limites. On ne peut démolir que des piliers ou des murs prévus pour l’être. Pas grave, car ledit mode fait très bien son numéro. Le premier niveau dans les mines vous permet de percer des galeries partout. Et fréquemment, la solution pour avancer consiste à péter le mur à côté d’une porte ou vous séparant d’un poste de contrôle. Assez trippant.

Red Faction

Enfin, la progression du héros de Red Faction partage des similitudes avec celle du célèbre Gordon Freeman. D’une part, vous suivez la narration en continu, simplement freinée par de fréquents temps de chargement (mais c’est l’époque qui veut ça). D’autre part, vous êtes équipé d’une combinaison rouge-orangé, à l’instar du héros de Half Life. Mais si la « HEV suit » augmentait l’endurance et la force de Freeman, ici, Parker bénéficie d’un casque étanche lui permettant de respirer sous l’eau et à la surface de Mars. Logique et pratique.

Mars vous éclate

Les sensations de tir sont très bonnes. Toutes les armes de Red Faction sont un plaisir à manier, et l’imprécision de la visée au pad est compensée par un lock semi-automatique. Les déplacements sont remarquablement fluides, tant à pieds que lorsque vous contrôlez un submersible ou un aéronef. Quant à la technique, les environnements sont basiques et fermés (galeries, labos, hangars, etc.) mais ils sont très bien modélisés. Enfin, les éclairages sont excellents, et confèrent souvent leur identité à chaque secteur. Certes, le doublage français est plutôt bof et l’écran de sauvegarde affiche une faute d’ortho impardonnable. Mais sinon, l’expérience est assez géniale.

Red Faction

Red Faction a beau être linéaire et avoir vieilli techniquement, selon moi, il est aussi mémorable, fun et bien rythmé que les cadors de l’époque… jusqu’à son point de rupture. Pendant un moment, la progression est confortable sans être facilitée, malgré deux séquences d’infiltration gavantes. Mais le jeu devient rapidement et effroyablement punitif une fois que vous pénétrez son troisième et dernier acte. En plus, il propose des phases de jeu beaucoup moins plaisantes à jouer.

Cette fois, vous affrontez des soldats surblindés, surarmés et aux réflexes surhumains. Donnez-leur en plus une acuité visuelle de 20/10 et un rail gun entre les mains, et vous comprenez ma douleur. One-shoté à chaque détour de couloir. Sans parler des tanks rouillés qu’on vous donne à manier ou des cinquante couloirs de la mort que le jeu vous sert pour rehausser sa difficulté. Après m’avoir fait les yeux doux pendant ses deux premiers tiers, Red Faction me montre ses fesses. De plus, on ne peut sauvegarder que manuellement, ce qui implique de sortir de l’action toutes les deux secondes pour espérer en voir le bout. Grrrrrrr…

Red Faction

Red Faction, ou Mars pour les maso

Peut-être que mon ressenti est renforcé par le fait que j’ai dû me taper Red Faction trois fois, oui, TROIS. La première sur ma PS2 standard, avec une carte mémoire trop pleine et un seul emplacement de sauvegarde. Arrivé à un cinquième du jeu environ, il me fallait des explosifs pour faire péter une cloison. Sauf que je n’en avais plus, que le jeu ne m’en donnait pas, et que la porte derrière moi était définitivement fermée. Grrrrr, pas grave. On recommence. Deuxième tentative. Ce coup-ci, tout va bien pendant plus des deux tiers du jeu. Je sauvegarde, je vais manger, je reviens, et là, PAF ! Sauvegarde corrompue et chargement impossible. Gnééééééé….

Troisième tentative. On ne rigole plus. Je déballe la Playstation 3 Fat rétrocompatible (objet sacré que je ne sors que pour les grandes occasions). Je re-recommence, curieusement avec autant de plaisir que les deux fois précédentes, surtout avec une définition rehaussée qui me fait me dire que oui, le jeu est resté beau. Cette fois, je fais quinze mille sauvegardes, et je passe le jalon critique.

Red Faction

C’est après le point de ma sauvegarde corrompue que les choses se gâtent sérieusement. Je maudis ma mère de m’avoir mis au monde, et je brandis un marteau au-dessus de ma console de collection. Malgré ces soucis inattendus de maniabilité et de difficulté, je persiste et j’arrive au boss final. Je parviens à le tuer à l’aide… d’un bug l’immobilisant. Mais le jeu n’arrête pas là. Tu voulais respirer ? Va ch***. Il reste une trentaine de secondes pour désamorcer une bombe sans explications. Le temps de piger ce qu’il faut faire, boum ! Gaaaah, Maman, j’ai pas sauvegardé après le boss. Raaaaaaaaah !

Il y a donc un vrai souci d’équilibrage de la difficulté dans Red Faction. Malgré tout, je le recommande vraiment pour sa première partie très réussie, son shooting immersif, le charme de sa direction artistique, et surtout pour le prix ridicule où vous le dégoterez. Mais soyez averti : si vous y jouez, avant la ligne d’arrivée, Mars va vous casser.

Publié le Laisser un commentaire

Test rétro : la trilogie FEAR (PS3) « Il faut battre la peur quand le plomb est chaud »

fear-alaune

Vous connaissez ces jeux sur lesquels vous avez bavé petit et n’aviez pas pu jouer ? Il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Aujourd’hui, je fais connaissance avec la trilogie FEAR sur PS3. Une série qui, à sa manière, a redéfini le genre du FPS horrifique avant de lentement sombrer dans un impardonnable oubli. Il est temps de corriger cela.

FEAR Avec FEAR, Piège de Cristal rencontre Matrix dans une ambiance à la The Ring. Tout commence dans la peau de « Point Man », un membre d’une unité spéciale du gouvernement (la First Encounter Assault Recon team). Vous devez enquêter sur la rébellion d’un bataillon entier de soldats génétiquement améliorés, les Réplicas, contrôlés télépathiquement par un cobaye du gouvernement, Paxton Fettel. Les forces de ce dernier ont subitement mené l’assaut contre Armacham, la boîte qui les a créés pour le compte de l’armée. À vous de faire le ménage dans les installations de la corporation, en usant de vos réflexes mais aussi de stratégie, jusqu’à votre découverte d’un horrible et terrifiant secret.

L’action la plus pure

FEAR a vieilli, ça se voit à ses textures simples et souvent ternes. Mais à mesure que je jouai, je me rendis compte que cette épure est essentielle pour plusieurs choses. La première, ce sont les effets employés par le jeu. Ses textures ont peut-être l’air pauvres aujourd’hui, mais en contrepartie, les effets de lumière sont saisissants. Les coups de feu illuminent les couloirs, les étincelles pleuvent, et votre ombre se projette sur tous les murs en temps réel. Très immersif.

FEAR

Quant au ralenti, il est encore plus spectaculaire que dans Max Payne. Les balles désagrègent presque tous les éléments du décor. Les débris volent. Les explosions provoquent de superbes distorsions. Vos tirs laissent souvent des cratères dans les murs. Vous pouvez couper les Réplicas en deux d’un coup de shotgun, ou accidentellement les démembrer. Il n’est pas rare non plus qu’une grenade les transforme en exposition d’art contemporain sur les murs.

La gestion du slow motion vous donne un sentiment de puissance inédit, accentué par les bonus de vie et d’endurance que vous trouvez sur votre chemin. L’armement est aussi simple qu’efficace : pistolet (qu’on peut porter en double), mitraillette, fusil mitrailleur, pompeux, lance-roquettes, laser, fusil longue portée, lance-pieux, et grenades simples, de proximité ou à déclencheur. Vous ne pouvez porter que trois pétoires à la fois, mais vous êtes certain de trouver rapidement vos favoris.

FEAR

Un jeu qui vous « bot »

La stratégie n’est pas en reste. Les terroristes sont redoutablement bien organisés pour un jeu vidéo sorti initialement en 2005. Ils communiquent (en gueulant, ce qui vous aide à anticiper leurs gestes), se mettent à couvert, et vous prennent à revers. Ils ne font presque jamais deux fois la même chose, ce qui les rend imprévisibles. Les arènes sont très bien conçues, offrant une grande mobilité. Elles vous permettent à vous aussi d’arriver dans le dos d’un type pour le surprendre. Ça plus la manière dont vous jonglez avec vos armes décidera si oui ou non vous remporterez la manche.

C’est dans ces moments que le côté Piège de Cristal ressort. Vous jouez à cache-cache et décimez des grappes de quatre à douze adversaires (dépendant de la taille de la zone), dans des environnements de bureau ou en travaux renvoyant au chef d’œuvre de John McTiernan. Et comme John McClane, vous vous sentez souvent dépassé et obligé de battre en retraite, surtout dans les modes de difficulté les plus chauds. D’autant que vous avez évidemment affaire aux habituelles castes d’adversaires. En plus des troufions de base, il faut plomber des ninjas invisibles « à la Predator », des bourrins en armures, et même des méchas, chacun ayant son propre mode opératoire.

FEAR

Fear the haunting girl

L’antagoniste et principal élément de mystère est censé être Fettel. Mais très vite, vous allez voir que quelque chose d’autre est impliqué. Le jeu vous le fait comprendre de la plus délicieuse et glaçante des manières. FEAR est une aventure d’action horrifique comme Doom 3, même si la façon de procéder diffère complètement. Dans le jeu d’Id Software, vous étiez constamment oppressé par une ambiance de science-fiction et d’horreur, où vous êtes assailli par des monstres sortant littéralement d’un placard. Efficace mais classique.

Or, FEAR est un pur jeu d’action contemporain émaillé ici et là d’apparitions spectrales, qui souvent ne s’annoncent même pas. L’horreur infecte le quotidien. Fettel vous attend au détour d’un couloir avant de s’évaporer juste quand vous l’avez remarqué. Une silhouette marche lentement derrière un mur en verre opaque. Une petite fille vous attend de l’autre côté d’une vitre, mais le temps de faire le tour, elle a disparu. Sans parler des hallucinations bien gores qui assaillent sans prévenir votre avatar. Ces événements surviennent de manière espacée, le suivant arrivant toujours quand vous avez oublié que, oui, il y a bien une part de surnaturel dans FEAR. Elle explose d’ailleurs littéralement dans la dernière ligne droite. Pour finir, la musique est une des plus pénétrantes que j’ai entendues de mémoire dans un FPS, voire dans un jeu d’horreur tout court. Elle est tour à tour envoûtante ou glaçante, tout en sachant accompagner l’action quand elle se présente.

FEAR

Pour résumer, FEAR est un jeu d’action exceptionnel, mais aussi une plongée dans l’horreur immersive et rafraîchissante, à tel point qu’il m’a furieusement donné envie de le recommencer sitôt terminé. Mais l’aventure ne s’arrêtait pas là. Il m’a donc fallu poursuivre avec FEAR 2 : Project Origin.

FEAR 2FEAR 2 : plus d’horreur, moins d’honneurs

Sorti en 2009, l’introduction de FEAR 2 chevauche la fin du premier. Vous jouez un soldat d’une unité spéciale envoyée sécuriser une grosse tête d’Armacham. Mais arrivé sur place, la boîte est déjà là pour nettoyer, et la fusillade s’achève avec votre personnage assommé. Vous vous réveillez dans un hôpital ravagé par les hommes d’Armacham, mais aussi par « autre chose ». Quelque chose vous suit. Quelque chose vous veut. Il faut vous enfuir, retrouver votre unité et comprendre ce qu’il s’est passé.

FEAR 2 est un excellent FPS et jeu d’horreur. Mais il lui manque ce qui rendait le premier unique. Sa simplicité de l’esthétique et des effets, son action carrée, ainsi qu’un rythme ininterrompu. Tout ceci a été changé ou mis de coté au profit d’un développement de la mythologie. Ce qu’on y perd, c’est l’impact réaliste des effets de lumière et de particule, et des arènes moins linéaires. Ce qu’on y gagne, ce sont des environnements travaillés et variés, et une horreur et un gore plus prononcés.

FEAR 2

Les effets de mise en scène sont toujours efficaces, et l’atmosphère est plus proche d’un Resident Evil sous amphètes. Dommage qu’au lieu d’écouter des messages vocaux comme avant, on soit obligé de lire des documents. FEAR 2 est un shooter tantôt nerveux, tantôt stressant. S’arrêter pour lire nous sort trop fréquemment du bain. Enfin, les soldats ne sont pas moins cons, mais plus nombreux. On a aussi droit à de nouveaux ennemis plus mobiles et rentre-dedans, ainsi qu’à deux-trois phases en tourelle ou en mécha. Au final, s’il n’est pas aussi « pur » que son prédécesseur, FEAR 2 est un must de l’action-horreur. Mais il se rapproche un peu d’un Call of Duty horrifique, une approche dans laquelle FEAR 3 va pleinement se vautrer.

FEAR 3F3AR : Gore of Duty

FEAR 3 est sorti en 2011 des fours d’un autre développeur. Vous jouez le héros du premier faisant équipe avec le fantôme de Paxton Fettel. Vous retournez sur place quelques mois après les événements de FEAR 1 & 2 pour mettre un terme au cauchemar. Mais le mal s’est étendu en ville, et Armacham n’a pas chômé pour tenter de le contenir.

Ça commence par une évasion de prison musclée, suivie d’un mitraillage dans des favelas. Sommes-nous encore dans FEAR ? Le ralenti est toujours présent et l’histoire tente de raccrocher les wagons, mais c’est une nouvelle expérience. Vous avez cette fois un vrai « cover system » qui vous permet de flinguer en restant à l’abri. Les ennemis sont plus nombreux et bourrins. L’action et l’horreur sont over-the-top. L’effet « suite » a fini par annihiler ce qui rendait FEAR unique. Cela fait-il de FEAR 3 un mauvais jeu ?

FEAR 3

Car cet opus est vraiment beau, l’action fluide (malgré que vous affrontiez essentiellement des hordes), et de nouveaux ennemis renouvellent l’approche des combats. Les décors sont plus linéaires, mais parfaitement mis en scène et jonglent constamment avec les ambiances. Enfin, vous avez la possibilité de jouer en coop, le deuxième joueur contrôlant Paxton, dont les pouvoirs changent le gameplay (notamment la possession). Et le jeu vous évalue. À l’arrivée, celui qui a fait le meilleur score déclenche la fin qui lui est associée (mais dans votre premier run en solo, vous ne pouvez jouer que Point Man, ce qui est absurde). On dit aussi que les modes multi inédits pensés pour ce jeu étaient tous très sympas. FEAR 3 n’est donc pas mauvais. La franchise a seulement sacrifié son « cœur » pour toucher un plus grand monde.

En résumé : une série à fear

FEAR demeure une expérience franchement inédite, FEAR 2 est toujours un FPS d’horreur incontournable, et FEAR 3 une curiosité non dénuée de challenge. Si la franchise semble avoir lentement perdu de sa magie, chaque épisode a exploité différemment ses deux ingrédients de base, l’action et l’horreur. C’est juste que plus on s’approche de la fin, plus la saga verse dans des lieux communs du genre, tant au niveau de l’histoire que des codes et des décors empruntés (interminables couloirs jonchés de cadavres, et murs redécorés avec du sang).

FEAR 3

Qu’importe, il nous reste une trilogie d’action solide, sacrifiant peu à peu la stratégie au bourrinage, mais jamais son efficacité. Pour ma part, je me souviendrai toujours des apparitions de cette petite fille dans les bureaux d’Armacham dans FEAR. Je me rappellerai de l’école primaire de Fairport et des installations souterraines infestées de rampants de FEAR 2. Et je me remémorerai aussi de ma traversée du supermarché ou de l’aéroport de FEAR 3. Mais surtout, je resterai hanté par leurs fins, presque toutes plus pessimistes les unes que les autres, en particulier le deuxième épisode.

Bref, FEAR, c’est l’éternel coup de la grandeur et de la décadence d’une série. Mais ce sont trois jeux tous très bons à leur manière, toujours capables de combler les appétits des fans d’action et d’horreur. Personnellement, j’ai la gâchette qui me démange encore.

ADDENDUM 19/03/2020 : Ces jeux m’ont tellement plu que je les ai refaits sur Xbox 360. Si vous n’avez pas de PC et si vous devez y jouer sur console, ce sont les versions à privilégier. Surtout le premier FEAR, carrément plus beau et plus fluide sur la console de Microsoft.

ADDENDUM 25/08/2022 : Les jeux sont désormais tous rétrocompatibles sur Xbox One et Xbox Series ! Plus fluides, plus rapides et plus beaux, alors sautez dessus !