Action, thriller, science-fiction, horreur ou aventure : le cinéma possède son propre langage narratif, repris par la Collection 120 au service du rythme, de l’immersion et de la tension dramatique. Cette rubrique rassemble critiques de cinéma, analyses et réflexions autour des films nourrissant l’univers de nos romans.
Darcy (Jennifer Lopez) et Tom (Josh Duhamel) s’aiment tellement qu’ils vont se marier sur une micro île des Philippines. Leurs familles sont de parfaits opposés. Le père de la mariée (Cheech Marin) est riche. La mère du futur mari (Jennifer Coolidge) est une vraie bouseuse. Forcément, les répétitions la veille font des étincelles. Ça se passe si mal que le jour J, les tourtereaux renoncent à s’unir. Les convives n’auront pas le temps d’être déçus, car une troupe de pirates déboule pour prendre tout le monde en otage. Ils veulent que le père de Darcy crache des millions, sinon, ils la tueront. Oui, mais où est-elle ?! Le couple s’étant disputé à l’écart, il ne reste qu’eux pour agir. Ironiquement, ils vont devoir apprendre à travailler ensemble, tuer en état de légitime défense, et peut-être, sauver leur mariage.
On n’a pas grand chose à dire sur Shotgun Wedding, en fait. Il est tout à fait typique des productions d’action/comédie auxquelles les plateformes de streaming, et l’industrie en général, nous abreuvent ces dix dernières années. Si vous avez vu Hitman & Bodyguard ou Le Secret de la Cité Perdue, on retrouve la même configuration. Ce film a le cul entre deux chaises. Ni grand film d’action, ni comédie aboutie, il ne se vend que sur son concept et ses têtes d’affiche, sans l’imagination ni les moyens pour en tirer vraiment profit.
Shotgun Wedding ne compte que sur son concept
Eh oui, dans Shotgun Wedding, à l’instar des suscités, tout se résume au titre. Le reste ne tient que sur les improvisations de ses comédiens, au charisme variable et à l’alchimie toute relative.
Si J-Lo fait sourire en se transformant en mariée badass, Josh Duhamel épouse trop bien, du début à la fin, le rôle du mâle des années 2020, sensible, fade et futur mari lambda. Quand on ne se focalise pas sur eux, le film repose uniquement sur des sketchs mettant en vedette les rôles secondaires, entre des pirates incapables et des invités crétins, trop souvent obsédés par leur nombril (voire même, ce qu’ils ont plus bas). La moitié du temps, on en rit franchement, grâce à des interprètes à l’aise dans leur partition, Jennifer Coolidge et D’Arcy Carden en tête. Le reste du temps, c’est embarrassant.
L’action se passe autour d’un hôtel de luxe sur une île paradisiaque. À l’image d’un bon vieux Die Hard-like, le concept permet d’exploiter les clichés associés au lieu et à ses activités de plaisance. L’inventivité se limite à ça, mais c’est déjà pas mal. Cuisines, tyrolienne, ou encore kitesurf nous sortent des sentiers battus. Ils servent de prétexte à une action qui prête à sourire, à défaut de vraiment emballer.
CG-Aïe
Il faut dire que la qualité technique ne sort pas des standards auxquels on s’est habitués. Outre les chamailleries de ses héros, parfois interminables (car improvisées ?), Shotgun Wedding distille un faux parfum d’aventure, à cause de CGI bien visibles. Ils ne le sont pas plus qu’ailleurs, mais seulement moins jolis à voir.
Au final, Shotgun Wedding est un passe-temps ni génial ni honteux. Puisqu’il n’a que son idée de départ à nous vendre, il le fait en s’embarrassant du minimum, que ce soit le jeu d’acteurs, la réalisation, la qualité technique ou la qualité d’écriture.
Ce film, vous l’avez déjà vu avant. Si vous aimez la formule, pas de raison de refuser l’invitation. Mais comme un vrai mariage auquel vos cousins au troisième degré vous auraient invité, vous n’en garderez sans doute aucun souvenir.
LES + :
Le film a au moins la gentillesse d’exploiter les spécificités de son terrain de jeu.
Un humour qui marche 50 % du temps quand même.
Il faut reconnaître, J-Lo ici, et une mariée vénère en général, ça a toujours la classe dans n’importe quel film.
Brodie Torrence (Gerard Butler) est commandant de bord pour une compagnie aérienne. La nuit du nouvel an, il embarque une quinzaine de passagers, dont le prisonnier Louis Gaspare (Mike Colter), au-dessus de la mer des Philippines. À cause d’une tempête, l’avion se pose en catastrophe sur une île paumée. Pas si paumée que ça, mais disons que même l’armée l’évite comme la peste. C’est le repaire de séparatistes, des pirates et des tortionnaires qui adorent les touristes étrangers. Avec eux, ils peuvent toujours demander une plus grosse rançon. Et si ça ne marche pas, et bien, tuer ne les dérange pas. (Mais si ça marche, on se doute que c’est kif-kif.) Quand les passagers de Brodie sont faits prisonniers, il ne reste que lui et Gaspare pour sauver la situation. Ça tombe bien, ils en ont dans le pantalon…
Simplicité n’est pas synonyme de bêtise. Pourtant, on pouvait craindre le pire rien qu’à l’affiche, arborant en VO le titre plus nul du monde : « Plane », soit « Avion » en français, le comble de la flemme. Imaginez si « Piège en Haute Mer » s’intitulait « Bateau », ou si « Speed » s’appelait « Bus ». Bien sûr, ça ne fait pas tout. Mais il y avait aussi cette bonne trogne de Gerard Butler, dont la carrière demeure toujours à mi distance entre le film d’action aux petits oignons et le nanar volontaire. Pourtant…
L’effet Ri(co)chet
Pourtant, Mayday a plusieurs atouts dans sa manche. La première, c’est un réalisateur qui sait y faire, et surtout, pas trop en faire. Jean-François Richet, français, a un beau palmarès à son actif. Mais le grand public se souvient davantage de ses pélloches d’action carrées et un peu rugueuses sur les angles : Assaut sur le central 13 (remake du film de John Carpenter), Mesrine, ou plus récemment, Blood Father avec Mel Gibson.
Au vu des frasques de Butler dans la peau de Mike Banning (La Chute du Président), on pouvait craindre que Mayday soit un ersatz de Commando, avec un duo de gros bras à la vanne facile. Finalement, non. Richet prend son temps à planter des personnages crédibles, puis la situation, et enfin, le décor… Avant que les choses sérieuses ne commencent.
Mayday !
Autant prévenir. Si on ne s’ennuie pas, Mayday préfère faire monter la pression plutôt que faire tout péter à un rythme de métronome. Il faut attendre la moitié du film pour que la confrontation avec les pirates ne fasse ses premières victimes. Des pirates qui n’ont de cliché que leurs foulards et coupes de cheveux, puisque ce sont de beaux salauds sans morale ni pitié. On est donc soulagé de les voir crever. Dommage que les méthodes employées ne soient pas si cathartiques que dans les derniers Rambo.
On apprécie toutefois quelques fulgurances. La première empoignade de Butler, en plan séquence exténuant. La mort du chef des pirates, aussi méritée que cartoonesque. Et surtout, cette brute de Luke Cage fracassant des crânes à coups de masse, comme s’il était Serious Sam. Et quitte à faire la comparaison avec les jeux vidéo, l’intrigue rappelle plus d’une fois le cultissime Far Cry 3. Il ne manque qu’un antagoniste digne de Vaas Montenegro pour faire monter l’angoisse d’un cran.
Bovin d’origine contrôlée
Il faut reconnaître au film sa paire de défauts. D’une part, ça fait plaisir de voir les gérants d’une compagnie aérienne faire des pieds et des mains en salle de crise, espérant retrouver rapidement les victimes. Mais on les voit un peu trop souvent. Cela donne l’impression d’artificialiser légèrement le rythme du film. Si l’odyssée de Brodie et Gaspare était intense comme un marathon, ça tomberait davantage sous le sens. Cette distraction de l’action principale sur l’île nous permettrait de souffler, tout en casant un peu d’exposition.
Mais les choses ont besoin d’un moment pour vraiment remuer. On a alors plutôt l’impression qu’on nous éloigne de ce qu’on est vraiment venu voir : un survival d’action avec des brutes épaisses. Allez, ce serait dommage de râler, parce que c’est justement une bonne surprise de la part de Jean-François Richet. Oui, ses personnages sont pétris de clichés (le gentil capitaine courageux, le prisonnier pas si méchant que ça, le British antipathique, etc.). Mais ils ont le droit d’exister, et donc, il leur en laisse le temps. On aime bien Brodie et Gaspare, et on se soucie vaguement du sort d’un ou plusieurs passagers et membres d’équipage.
L’autre défaut, qui tombe un peu sous le sens de nos jours, ce sont des CGI parfois un peu trop évidents. Surtout lors d’un abus de plans virevoltants autour de l’appareil en vol dans la première partie. Mais si même Marvel, malgré des centaines de millions de dollars, continue à bâcler les siens, j’imagine qu’on n’y peut rien.
« Avion », euh, Mayday, en conclusion
Quoique sans surprise, Mayday demeure décent à regarder, et parfois franchement marrant. C’est là la seule promesse qu’un amateur espère voir tenue, quand il se rend en salle assister à la projection d’un film appelé « Avion » (arf) mettant en scène Léonidas et Luke Cage sur une île infestée de vauriens.
Pélloche humble appartenant à un genre des plus populaires, Mayday est une vraie bonne série B, ni plus ni moins. Comme les films de Jaume-Collet Serra avec Liam Neeson (Night Run, Non-Stop, The Passenger), c’est un bon petit film, pensé comme un divertissement passager, bien fait, honnête et sans prise de tête.
LES + :
Léonidas et Luke Cage font équipe ? J’achète.
Série B bien troussée, ni plus ni moins.
Des personnages certes clichés, mais plus humanisés et attachants qu’on ne s’y attend.
LES – :
Forcément, ça ne réinvente pas la roue.
Une action peut -être un peu trop mesurée et retenue.
Mikhail Rostov (Richard Lynch) est un ancien agent du KGB, extrêmement en colère contre tout et tout le monde. Il hait les Etats-Unis, leur capitalisme à deux balles, leur étalage de bons sentiments et leurs sapins de Noël. Il échafaude donc un plan pour ysemer la terreur. Après avoir récolté des fonds par le trafic de drogue, il fournit en armes un bataillon constituédes pires représentants du Mal. Russes, Allemands, Mexicains, ils sont tous là ! Les terroristes ne chôment pas. Ils perpétuent des massacres sur la population en assumant l’identité des forces de l’ordre. Ils plastiquent des églises et menacent des bus scolaires. Un seul homme semble pouvoir les arrêter : Matt Hunter (Chuck Norris), ex-agent de la CIA taciturne et balèze. Il l’est tellement qu’il donne des cauchemars à Rostov, au sens littéral. Persuadé que Hunter sera un obstacle, Rostov met tout en œuvre pour l’éliminer, et réciproquement...
Chuck Norris armé de deux pétoires, dominant une foule de soldats en furie devant le Capitole en feu, surplombés d’une accroche monumentale ?! Bien sûr que j’achète ! Estampillé « gros nanar » depuis trente ans, Invasion USA arrive enfin en box collector chez ESC. Était-ce nécessaire ? Pas du tout. Mais qu’est-ce que c’est marrant !
La citation qui tue
(Hunter : ) Si tu te pointes encore, tu peux être sûr que tu repars avec la b*** dans un tupperware.
Un film canon, euh, Cannon
Invasion USA est une production de la Cannon, firme qui a connu ses heures de gloire dans les années 1980. Au départ, il s’agissait d’une société américaine spécialisée dans des productions bas de gamme. Les choses ont décollé après son rachat en 1979 par deux producteurs d’origine israélienne, Menahem Golan et Yoram Globus. Si vous avez déjà vu au générique d’un film « une production Golan-Globus », vous savez maintenant de qui il s’agit.
On leur doit de vraies perles d’opportunisme et de ringardise. Soit des rip-off de succès populaires, comme Indiana Jones, avec Allan Quatermain et les Mines du roi Salomon et sa suite fauchée, ou encore Le Temple d’Or (Firewalker en VO).Soit avec des franchises rachetées, comme avec le Justicier 2, 3 & 4 ou l’infâme Superman IV.
La Cannon a ainsi ouvert les portes de la notoriété à Jean-Claude Van Damme (Bloodsport), Chuck Norris (Portés Disparus) et Dolph Lundgren (Les Maîtres de l’Univers), sans parler d’autres stars de vidéo clubs. En gros, Mémé et Yoyo étaient au film d’action bon marché ce qu’est devenu Blumhouse au film d’horreur aujourd’hui (Insidious et ses suites et spin-off, Paranormal Activity,Halloween Ends, etc.). Mais après quelques budgets plus gros dont les films se sont plantés, la boîte commença à péricliter. Les années 1990 ont sonné le glas du groupe, absorbé par la MGM.
C’est en 1985, au milieu de leurs années fastes, et vers la fin de la Guerre froide, que sortit Invasion USA.
Chronique invasive
Réalisé par Joseph Zito, Invasion USA est mémorable, pour quelques bonnes raisons, surtout drôles. Pourtant, l’espace d’un instant, on pense tenir quelque chose de sérieux.
Malgré un titre qui vous explose à la tronche sans prévenir, et un canardage bisseux de bungalow en plein bayou, le début du film arrive à distiller le malaise. C’est notamment grâce à son méchant, si puant qu’on peut le sentir depuis Pékin. En plus de sa gueule malsaine, Rostov réussirait à flanquer la pétoche avec ses répliques, chargées de haine et de cynisme. « Ils sont victimes de leur propre décadence », « ils sont leur pire ennemi et ils l’ignorent », « demain, l’Amérique aura changé de visage », etc. Mazette ! Ça c’est du teasing.
Et là, ça dérape
On attend tellement la suite que le soufflé retombe une fois qu’on a compris l’orientation du film. S’il a le sujet et le potentiel pour un grand thriller d’action, Invasion USA se réclame moins du sérieux de L’Aube Rouge (réalisé par John Milius), et plus de l’absurdité d’un cartoon de Tex Avery.
En 1984, le film suscité montrait déjà les troupes d’assaut de la Mère-Patrie et de Cuba atterrir en parachute dans une cour d’école, avant d’y mitrailler femmes et enfants. Un an après, l’opus de Zito ressert la formule d’une invasion au sens propre. Sauf que cette fois, il s’agit d’une armée de terroristes débarqués sur les plages de Floride comme à Omaha Beach !
Un passage aussi spectaculaire que débile, qui confirme à quoi on va avoir affaire. À partir de là, tout le deuxième tiers du métrage n’est qu’une version live d’un épisode des Looney Tunes. Tel ce poissard de Vile Coyote, les méchants exécutent un plan frappadingue pour tuer un max d’innocents, avant que Matt Hunter ne passe par hasard dans le quartier, façon Droopy, pour leur renvoyer leurs bombes à la figure.
Ce gimmick, véritable gag de répétition, rend chaque scène du deuxième acte automatiquement drôle. Surtout que ce bon Chuck pousse loin le curseur du héros stoïque, insensible et surpuissant. À n’en pas douter, Invasion USA est le point de départ de la tendance aux « Chuck Norris facts ». Certaines répliques ont même fini sur nanarland.com.
– Turbans… Moustaches… Nazis… Tout le monde est là. – M’enfin, Mikhail… C’est pas un peu raciste ?
Précurseur… mais quand même bête
Plutôt que d’être véritablement raté, Invasion USA tient davantage du film d’action farfelu qui s’assume. Ce qui donne un intérêt estimable à la chose, c’est son caractère précurseur dans cette vision du terrorisme à grande échelle. Certes, cette vue est simplifiée par des ambitions de pure castagne. Mais cela n’a pas empêché de la reprendre vingt ans plus tard dans un autre contexte avec la respectable série 24 heures chrono.
Dans la saison 6, des kamikazes explosaient partout depuis des semaines. Alors que le pays était terrorisé et au bord du gouffre, un seul homme pouvait sauver la situation : Jack Bauer, avec qui le grand méchant avait précisément un compte à régler. Jack flanquait alors la pâtée aux ennemis de la Liberté, des Arabes fournis par des Russes, eux-mêmes espionnés par les Chinois. Ça faisait beaucoup de monde à tuer, souvent seul et sauvagement. Aucun doute, les producteurs de la série adorent la perle de Joe Zito. Dommage qu’ils en traitèrent le sujet avec la même maladresse.
(Plus près de nous, on peut aussi citer La Chute de Londres en 2016, tout aussi bête. Mais il était moins ouvert à la globalisation, puisque les méchants venaient tous de la même région du monde.)
Cellules grises mortes
L’argument est plus débile qu’invraisemblable, puisqu’il fait vraiment peur (la raison pour laquelle Guerre Intérieure m’a tant obsédé jadis). Entre la Guerre froide des années 1980 et la Guerre sainte des années 2000, seule l’immigration dans le pays a donné à réfléchir aux terroristes.
Le concept de cellule dormante étant encore vague en 1985, Invasion USA joue la carte de la surenchère grotesque. Nos russes à casquettes débarquaient à l’époque à cinq cents sur la plage comme en Normandie, et fonçaient sur une rangée de camions destinés à les emmener à Chicago, Denver, Philadelphie, New York, partout où ça devait péter. Plus crédible et plus fort, les fouteurs de merde prenaient l’apparence de flics et soldats en uniforme pour répandre la terreur. Ils flinguaient des civils innocents devant témoins pour diminuer la crédibilité des forces de l’ordre.
Mais le sérieux s’arrête là. Chuck Norris est un ancien de la CIA qui ne fait paradoxalement rien pour rester discret. Le méchant fait des cauchemars sur lui et jure de le trucider. Et puis, on rigole des saynètes burlesques façonnant le deuxième acte. Rien que l’attaque du bus et son retour à l’envoyeur sont restés dans les annales.
Invasion USA, ou la guerre chez soi
Mais tout ça n’est qu’un hors-d’œuvre. Le morceau de bravoure du film est un final explosif en plein cœur d’Atlanta. (SPOILER : ) Piégés par Hunter, tous les homme de Rostov se retrouvent cernés par la Garde nationale. Fantassins, chars, hélicoptères, il ne reste plus le moindre centimètre carré praticable sur terre et dans les airs ! La fusillade est statique, mais dantesque. On se demande par quel miracle les soldats américains ont réussi à ne pas se dégommer entre eux.
On finit avec un duel hommage à Clint Eastwood et Charles Bronson. L’ami Chuck repompe les troisièmes épisodes de l’Inspecteur Harry et du Justicier, en explosant le méchant d’un coup de lance-roquette, brandi comme une carabine dans un western. À savourer en VF, pour profiter d’un effet d’écho inédit sur la dernière réplique du film. (FIN DU SPOILER)
Une scène démente, censée surpasser les attentes du fan de film d’action et d’ambiances de fin du monde. Bien sûr, Michael Bay et Marvel ont réussi à la surpasser, depuis. Dommage que le film de Zito soit une perle de ringardise, le pinacle de l’actioner réac des années 1980 avec Rambo III. Il pousse le bouchon si loin qu’il est impossible, surtout aujourd’hui, de prendre au sérieux ses clichés racistes, son patriotisme neuneu et son héros monolithique. Un immanquable, donc.
L’invasion de l’édition
Au même titre que Street Fighter, aussi culte soit-il, on peut se demander si Invasion USA méritait un collector. Mais la pilule passe quand on la vend dans un écrin de la trempe des boxes VHS « made in ESC ». Bien sûr, niveau image et son, il ne faut pas rêver. Vu son âge et sa réputation, la copie ne vaut pas les éditions 4K du dernier Michael Bay. Mais nulle doute que c’est l’une des meilleures façons de (re)découvrir le film. Et puis, quand il s’agit d’un plaisir coupable de vidéo club de mon enfance, j’aime bien le revoir avec un minimum de grain et (à l’occasion) ses petits défauts de pellicule.
Comme d’habitude, on est plus gâté en goodies qu’en bonus. Les disques proposent deux interventions plutôt courtes. L’une par l’inévitable Arthur Cauras, l’autre, en compagnie d’un chroniqueur de nanarland.com. Pour les plaisirs matériels, on a droit à un double mini-poster, dix photos de production et un magnet à l’effigie de Chuck. Enfin, on trouve un nouveau numéro du mini magazine « KO Mag ». Très instructif, retraçant notamment le parcours de Chuck Norris sous l’ère de la Cannon. On n’en demandait pas tant.
Difficile d’imaginer que les plus jeunes, élevés avec Jason Bourne et les derniers Fast and Furious, y voient un intérêt. De toute façon, cette sortie n’est pas pour eux. Elle est destinée à nous, les vieux, alors que nous devenons comme nos parents. En dépit du bon sens, on radote, assénant à qui veut l’entendre que c’était mieux avant.
Certaines choses, oui. Mais pas Invasion USA, tellement bête et abusé qu’il synthétise parfaitement tout ce qui marchait et clochait dans le cinéma américain d’exploitation, en particulier avec la Cannon. C’est la raison pour laquelle il faut s’en souvenir, et aussi, pourquoi il vaut mieux en rire.
Invasion USA est disponible depuis le 4 janvier 2023 chez ESC éditions en boîtier collector VHS, et en combo Blu-ray + DVD.
58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 se passe la veille de Noël. Washington et sa région subissent un blizzard sans précédent. Pas de chance pour John McClane (Bruce Willis), c’est le jour où il vient accueillir sa femme à l’aéroport. Puisque Dieu le déteste vraiment, au même moment, des soldats renégats piratent à distance la tour de contrôle, prenant en otage les appareils en vol. Les centaines de passagers n’auront le droit d’atterrir qu’en échange de la libération du général Esperanza (Franco Nero), baron de la drogue censé arriver dans cinquante-huit minutes. Les contrôleurs du ciel sont incapacités, le chef de la police incapable, et la tempête fait rage. McClane va donc tenter de débusquer lui-même les terroristes, avant que l’avion de sa femme ne s’écrase…
58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 est considéré par beaucoup comme le moins bon des quatre films. (Le cinquième, Belle Journée pour Mourir, est si mauvais qu’il n’existe pas.) Quand on voit le quatrième, faut pas déconner, mais admettons… Pourtant, avec du recul, ce second opus opportuniste, au parfum trop évident de redite, est cohérent artistiquement et scénaristiquement. Il est autant une extension des thèmes du film original qu’un contrepoids parfait à ses intentions. Enfin, oubliez la théorie contestée comme quoi Piège de Cristal serait ou non un film de Noël. Le prix revient sans conteste à sa suite.
La citation qui tue
(Général Esperanza, quittant son avion d’un air triomphal : ) Liberté !
(McClane, surgi de nulle part pour lui coller un marron : ) Pas encore !
58 Minutes pour Vivre… et pour écrire la suite
Quand donc est né 58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 ? Dès les résultats du premier weekend d’exploitation de Piège de Cristal. Voyant le succès du film, le producteur Lawrence Gordon commande un scénario pour une suite, en secret. Il sent que les costards-cravates vont demander à poursuivre la franchise. Il sera prêt à lancer la machine.
Un scénariste débutant, Doug Richardson, a pour instruction d’adapter comme une suite le roman 58 Minutes de Walter Wager. Seuls les noms des personnages changeront, le temps que le projet devienne officiellement Die Hard 2. Sa copie sera révisée par Steven de Souza, déjà à l’œuvre sur le premier, et habitué de l’écurie Silver (Commando).
Dans le roman, le policier Frank Malone pourchassait un maître-chanteur ayant déréglé les instruments de l’aéroport JFK de New York, un soir de tempête de neige. Ce sociopathe exigeait la libération de prisonniers en échange des appareils bloqués en vol. Malone devait réussir en moins de cinquante-huit minutes, avant que l’avion de sa fille ne s’écrase, à court de carburant.
58 Minutes pour Vivre, Die hard 2 ne conserve que l’aéroport sous la neige et les avions en sursis (ainsi que l’échéance donnant son titre au livre, ici anecdotique). Blockbuster oblige, il y aura plus de méchants, de cascades et d’explosions. Hélas, John McTiernan ne put revenir derrière la caméra, occupé par À la poursuite d’Octobre Rouge. C’est au finlandais Renny Harlin de prendre la relève, quittant le projet Alien 3 pour la suite des aventures de McClane.
Une suite plus grande
Harlin n’est pas manchot, mais pas un intello non plus. Il n’y a qu’à voir ses plus grandes réussites (Prison et Freddy 4 avant, Cliffhanger après). Elles tirent leur efficacité d’une réalisation et d’un découpage « cash », mais aussi dans les tripes et le sang. Puisqu’une partie de l’équipe technique rempile, il est moins distrait par l’esthétique générale.
Renny ne cherche jamais non plus à singer la réalisation de McTiernan. Pas bête, il a conscience de réaliser une commande, un actioner américain, blockbuster d’exploitation, de surcroît. Il porte donc un regard « extérieur » sur ce que le divertissement yankee a fait de mieux avant son arrivée… et celle de Piège de Cristal. Il s’applique en bon élève, réalisant un film d’action typique de sa patrie d’accueil, empruntant même quelques ralentis au cinéma hongkongais.
Le scénario lui donne matière dans ce sens. McClane n’affronte plus quelques eurofripouilles classes et cultivées, mais une armée de militaires bas du front. 58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 abandonne le huis-clos vertical pour une course-poursuite dans des espaces horizontaux, où la neige est un personnage à part entière. Enfin, gros budget aidant, il jouit de décors et maquettes d’une démesure incroyable. Il suffit de voir l’intérieur de la tour de contrôle, ou l’explosion finale, parfaitement réglée et mise en scène.
« Et en plus, c’est Noël ! » pour citer le héros dès sa première minute à l’écran. Du coup, est-ce qu’on n’en fait pas un peu trop ?
Une suite abusée ?
Des terroristes, un lieu délimité, Noël… « Comment la même chose peut-elle m’arriver deux fois ? » s’interroge notre anti-héros. Effectivement, c’est gros. Le marketing se focalise donc sur l’invraisemblance de la situation. Elle est adressée frontalement dans les bandes annonces et les dialogues du film. C’est en partie ce qui vaut au métrage sa réputation de remake, de copier-coller honteux. Rien n’est plus faux. Dans les faits, 58 Minutes pour Vivre suit un scénario original servi dans le même écrin que Die Hard, sur un budget assurant le spectacle.
En revanche, cette modernité de façade cache une formule datée depuis son prédécesseur. Piège de Cristal ouvrait l’avenir du genre, presque tous les films d’action des années 90 adaptant son idée à leur sauce (Mort Subite, Piège à Grande Vitesse, etc.). Sa suite fait deux pas en arrière, préférant faire le bilan d’une ère fraîchement passée. Cette fois, l’originalité se limite à s’enfermer de nouveau dans un lieu spécifique. Le reste recycle les codes et les travers du film d’action musclé des années 80.
John McClane, « l’homme normal » du premier film, devient un macho à grande gueule, rentre-dedans et parfois odieux. Les facilités au nom de l’efficacité sont légion, et pour les besoins du scénario, l’aéroport ressemble à un parc d’attractions. Le terrain de jeu est exploité à fond, même en dépit du bon sens, du moment que les morts et les explosions se renouvellent. McClane en visite les moindres recoins, dont certains qui n’existent pas. À ce titre, il use de raccourcis dignes d’un jeu vidéo, permettant de traverser des kilomètres en quelques minutes.
L’art de la bêtise intelligente
58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 est un film bête. Toutefois, contrairement aux suites des années 2000 ou aux derniers Fast and Furious, c’est un film bête conçu intelligemment. On l’a vu, toute l’équipe, du scénariste au réalisateur, sait ce qu’elle doit livrer et comment. Le savoir-faire est évident.
Surtout, toutes les absurdités et entorses à la réalité sont justifiées dans la diégèse. « Des warp zones dignes de Super Mario ? Un siège éjectable sur un C-130 ?! Des avions qui ne peuvent atterrir qu’à Dulles, alors qu’ils sont à portée d’une dizaine d’autres sur toute la côte ?!? » Pourquoi pas, s’il y a toujours une ligne de dialogue ou un plan de coupe pour expliquer ce qui doit l’être.
Quant aux erreurs factuelles, elles se pardonnent aisément avec l’époque de sortie. En 1990, Google n’existait pas. Un aéroport était encore un lieu fascinant et mystérieux. Puisqu’on n’en connaissait pas facilement les rouages, il était plus ouvert à l’imagination. La suspension d’incrédulité est relativement préservée. L’aérogare et ses avions deviennent un microcosme et des outils, dont la réalité se tord au service du film. Du moment que cet « autre espace-temps » est explicité d’une façon ou d’une autre.
Qu’importe si McClane débouche le réservoir d’un Boeing à mains nues, et si le kérosène s’enflamme plus vite que Dwayne Johnson sur Twitter. Dans la vraie vie, c’est impossible, comme beaucoup d’autres choses au cinéma. Dans le film, c’est la fin la plus spectaculaire et logique, l’un des moments les plus mémorables de la franchise, et l’occasion de sacraliser la célèbre catchphrase : « Yippee-ki-yay ».
Si c’est pas logique, c’est logique
Par contre, il faut éviter de trop réfléchir au plan des terroristes, de peur de mettre en lumière ses absurdités logistiques. Tous s’installent à l’hôtel de l’aéroport, alors que leur QG se trouve en banlieue. Ils planquent des micros dans la tour, mais l’enregistreur en zone de fret. Ils tendent une embuscade pour empêcher qu’on atteigne une antenne, qu’ils ont de toute façon prévu de saboter. Etc. Et puis, évidemment, rien ne serait possible si le transfert du général n’avait pas lieu pendant la tempête du siècle. Mais tout est bon pour justifier l’action.
Les méchants font une chose et son contraire dans le seul but d’entraîner un rebondissement ou une fusillade. Curieusement, c’est une belle analogie au film justifiant son existence. Non seulement en tant que suite au métrage qui a révolutionné le genre à l’époque, mais également comme jalon du genre en question.
58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2 est une suite décevante. Pourtant, suivant des standards pas si vieux que ça, c’est vraiment un bon film. Il suffit de le prendre pour ce qu’il est : le chant du cygne de l’actioner bovin des années 80. Piège de Cristal annonçait ce qui allait suivre. Avec un pied-de-nez formidable, sa suite, justement, fait le bilan de ce qui a précédé : c’est violent, excessif et tire toutes les ficelles pour garantir le spectacle.
Dans un monde normal, le rejeton ultime de L’Arme Fatale et Rambo aurait dû sortir avant Piège de Cristal, pour ensuite permettre la révolution. Mais comme personne n’attendait ce dernier, John McTiernan a pu le tourner avec une relative liberté et offrir quelque chose de neuf. Le succès étant ce qu’il est, une suite commerciale et plus convenue a vu le jour. Pourtant, elle ressemble toujours au premier et en conserve des ingrédients. C’est juste une autre recette.
Un vrai film de Noël
Piège de Cristal est-il un film de réveillon ? À vous de voir. Mais 58 Minutes pour Vivre l’est assurément, un beau cadeau autant qu’un conte de Noël. Non, ce n’est pas une blague.
Déjà, il y a la générosité de cette suite. C’est normal, quand on dispose d’un plus gros budget, d’enjeux plus importants et d’un terrain de chasse ouvert aux possibilités. Ensuite, il y a le contexte. Qu’on aime ou non, c’est re-Noël, et en plus, sous la neige ! Cette fois, on est davantage dans le ton des fêtes de fin d’année que sous la moiteur californienne. Par ailleurs, ce climat polaire n’est pas purement gratuit. C’est un élément clé de l’intrigue, paralysant l’aéroport et permettant le chantage des terroristes.
Enfin, volontairement ou non, 58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2offre à son personnage central un arc d’évolution/rédemption. Ici, McClane débute sans gêne, frimeur et méprisant, croisement bâtard de Scrooge avec l’inspecteur Harry. On est plus proche de Bruce Willis, mais loin de l’homme normal du précédent film. Cela ne fait qu’un an depuis la prise d’otages au Nakatomi Plaza, et ses « quinze minutes de gloire » ne sont pas encore oubliées. Du coup, Johnny surfe sur une notoriété qui lui est montée à la tête. Il ne se prend pas pour de la m***, prend tout le monde de haut, et vanne à tour de bras ceux ayant l’audace de lui répondre.
Il aurait pu continuer comme ça… Si son ingérence n’avait pas, malgré sa bonne foi, provoqué le crash d’un avion en représailles. À partir de ce moment charnière, notre héros redevient fragile, est choqué et pleure face à son impuissance. Il ouvre alors les yeux sur son arrogance. Sa conduite ne change pas, mais sa motivation à trouver les coupables prend un nouveau sens. Il ne s’agit plus seulement de sauver sa femme, et encore moins de se faire mousser. Il a quelque chose à se reprocher, et il est prêt à tout pour se racheter. On a eu chaud. Remis à sa place, le personnage a abandonné cette nonchalance toxique, qui ressurgira vingt ans plus tard dans Belle Journée pour Mourir (sans rédemption, cette fois).
La magie des fêtes
Dans 58 Minutes pour Vivre, Die Hard 2, magie du cinéma et magie de Noël se confondent vraiment, de la façon la plus saugrenue qui soit. Exit Al Powell en tant que soutien moral par radio. Cette fois, John est aidé en personne par Marvin le concierge (Tom Bower). Il rencontre le bonhomme dans les sous-sols de l’aéroport, où il crèche manifestement, ce qui est même clairement dit dans une scène coupée.
Mais puisque la vie est bien faite, Marvin assiste le héros de façon providentielle. Il connaît tous les raccourcis à travers l’aéroport (logique ?), et il a même trouvé une radio égarée par un méchant (pratique !). Ajoutons qu’il est aussi sympa que zélé, et qu’il a l’esprit clairement resté prisonnier du passé, en l’occurrence, la guerre du Pacifique.
Si l’on résume bien, on a un autochtone zinzin rencontré dans un monde souterrain, que le bon Dieu a placé sur le chemin du héros pour l’aider dans sa quête, avec des conseils et des artefacts. C’est pas un lutin du Père Noël, mais cette rencontre a tout de même quelque chose de magique.
Pour enfoncer le clou, les cinq dernières minutes sont complètement miraculeuses, absurdement commodes et extrêmement joyeuses. La superbe explosion du 747 au décollage est digne d’une étoile de Noël. Les avions atterrissent à la queue-leu-leu en suivant sa lumière (sans se rentrer dedans !). Puis, tout le casting se retrouve sur les pistes pour les embrassades et sourires de rigueur. Le générique de fin défile alors, accompagné de l’inévitable chanson de fête. « Let it snow, let it snow, let it snoooow… »
Joyeux Noël !
Ils ont raison de se réjouir. Il vaut mieux ne pas penser aux trois cents personnes tuées, ni aux dizaines de millions de dollars de dégâts. On va surtout faire l’impasse sur le procès à rallonge que le gouvernement intentera sûrement à John McClane. Il a tout de même éparpillé un prisonnier politique et ses barbouzes dans le ciel de Washington, la capitale du pays des droits et de la liberté. Pas d’inquiétude, l’esprit de Noël va tout effacer.
Si Piège de Cristal a révolutionné le cinéma d’action, il n’est pas réellement le film idéal pour les célébrations de fin d’année. En revanche, sa suite enneigée est un actioner nostalgique et généreux, dont le contexte et les facilités renvoient beaucoup plus au merveilleux d’un conte de Noël. Un conte R-rated, gore, explosif et sans concessions.
Davantage qu’avec les épisodes suivants, le diptyque Die Hard/Die Hard 2 constitue les deux faces d’une même pièce. L’une n’existerait pas sans l’autre. Alors arrêtons d’hésiter. Quitte à se caler dans son fauteuil, autant mater les deux d’affilée.
Ho – Ho – Ho ! Joyeux Noël à tous !
58 Minutes pour vivre, Die Hard 2 est disponible en dvd et bluray chez 20th Century Studios.
2017. Le monde va mal. Trump devient président, l’art est censuré, la téléréalité fait la loi, et un État policier tyrannise les masses tout en leur faisant gober les pires couleuvres. Curieusement, c’est aussi le point de départ du film. Ben Richards (Schwarzenegger) est un flic envoyé en prison pour avoir refusé de tuer des manifestants désarmés. Huit mois plus tard, il s’évade mais se fait reprendre comme un bleu par la police. Cette fois, il est contraint de participer à l’émission de Damon Killian (Richard Dawson). Ce méprisable enf**ré est le visage préféré de l’Amérique, présentateur de l’émission la plus regardée du pays, « Running Man ». Dans cette espèce de « Fort Boyard » sanglant, Richards va devoir courir d’un point A à un point B, poursuivi par des tueurs bovins surarmés. S’il gagne, il sera libre. Dommage pour Killian, Richards se montre bien plus fort que prévu à ce jeu. Au point de risquer de faire réfléchir le peuple, lancer une révolution et menacer le système…
Running Man fait tout à la fois. Certes, c’est un pur produit des années 1980 et un plaisir coupable. Mais c’est aussi une véritable anticipation des dérives de notre société, où divertissement et politique font bon ménage. Trente-cinq ans après, on est bluffé de voir que, à part la résolution de nos télés, pas grand chose n’a changé.
La (double) citation qui tue
(Richards, sur le départ : ) Killian… Je reviendrai !
(Killian, narquois : ) Alors dans une rediffusion.
À vos marques !
Initialement, Running Man est un roman de Richard Bachman publié en 1982. Sauf qu’il s’agit en réalité du pseudonyme d’un certain Stephen King. Tout de suite, quand les producteurs l’ont su, ça leur a plu.
Dans le livre, « Running Man » est un jeu à l’ampleur nationale, qui dure trente jours. Trente jours pendant lesquels le participant doit fuir et se cacher de tout et tout le monde : l’intégralité des médias (télé, radio, journaux) mais aussi le peuple américain (celui qui dénonce Richards gagne un prix). Aujourd’hui, on se dit que la conception du jeu par King serait encore plus pertinente, et flippante, depuis l’émergence des réseaux sociaux.
Dommage qu’en 1987, date de sortie du métrage, la technologie (et l’imagination) se limitait aux écrans cathodiques et aux bandes magnétiques. Pourtant, il y a d’autres choses sur lesquelles cet actioner d’anticipation avait vu juste, mais nous y reviendrons.
En attendant, il faut tourner le film. Il fut d’abord confié à Andrew Davis, futur réalisateur de Piège en Haute Mer et du Fugitif. Mais à cause de retards de planning, il fut dégagé et remplacé par… Paul Michael Glaser, alias Starsky dans la série Starsky et Hutch ! Ce n’est pas franchement pertinent de le savoir, mais Running Man est sans conteste son meilleur film (quand on sait qu’on lui devra plus tard Kazaam avec Shaquille O’Neil).
Prêt ? Partez !
Dans la forme, Running Man ne casse pas des briques. Il jouit portant d’un rythme impeccable, dû à un scénario et un découpage sans temps mort. On le doit à Steven de Souza, qui a retravaillé le roman de Bachman/King au point que, finalement, le scénario n’en conserve plus grand chose. Sur le papier, Richards était un type banal, candidat par désespoir, traqué par tout le monde dans les rues et les campagnes d’une Amérique pervertie. À l’écran, il devient un ex-flic joué par M. Univers, candidat à contrecœur, poursuivi par des GrosBill dans une aire de jeu délimitée, les ruines du vieux Los Angeles.
Pas grave. On devait déjà au scénariste 48 heures et Commando, et plus tard, Piège de Cristal (avant de réaliser le médiocrement drôle Street Fighter). L’action pour hommes, les jeux de mots pourris et les facilités scénaristiques, c’est sa spécialité. Running Man a donc l’esprit de déconnade typique de son époque. Comme Total Recall un peu plus tard, il traite de thématiques sérieuses qui font réfléchir, mais les enrobe d’une violence et d’une dérision efficaces.
« C’était la mode, à l’époque ! »
Comme c’est commode de découvrir que les résistants (des musiciens/chanteurs dans leur propre rôle) ont leur QG en pleine zone de jeu. Qu’il est drôle de voir la sécurité dérisoire mise en place à l’aéroport de Los Angeles. Et forcément, toutes les infos sensibles (vidéos non retouchées, codes du satellite de la chaîne) sont faciles à atteindre, voire carrément libres d’accès ! Sans parler des blagues de Richards, dignes de James Bond, lâchées systématiquement à chaque nouvelle exécution adulée par les foules (« Eh, Sexe à piles ! », « Il fallait qu’il s’arrache. », « Quelle tête brûlée ! », etc.).
Et bien sûr, il suffit d’une seule émission et de Schwarzenegger pour révéler la perversion du système et mettre tout le monde d’accord. Paradoxalement, le réveil des masses se fait autour de l’exécution en direct du méchant présentateur… Quel message hilarant, aussi rentre-dedans que contradictoire !
Mais le Diable se cache aussi dans les détails. Il n’y a qu’à voir les affiches ornant les murs de la chaîne, détournant des titres célèbres (« The Hate Boat »). Ou encore, le générique de fin de « Running Man », l’émission, déroulé sur une télé en arrière-plan, dont les crédits ne sont qu’un énorme gag. Sans parler du Coca à 6$, qui nous fait encore relativiser le problème de l’inflation… mais pour combien de temps ? « Mieux vaut en rire qu’en pleurer » aurait pu être l’accroche du film.
Schwarzy contre le monde
En 1987, on avait déjà vu Terminator et Commando. On sait déjà que Schwarzenegger survit aux tirs d’un commissariat entier et arrache des cabines téléphoniques à mains nus. C’est pourquoi on lui colle au train des adversaires à sa taille, littéralement.
Les « Traqueurs » à sa recherche sont des bœufs au moins aussi balèzes, sinon plus que le Chêne autrichien. Ils sont les véritables stars du film, non seulement armés et attifés comme des boss de jeux vidéo, mais en plus, incarnés par de vraies vedettes du sport (lutteur, « power lifter », catcheur ou joueur de football américain). Bref, que du sensationnel.
Quiconque a vu le film de souvient de la carrure et des prestations de Sub-Zero (Pr. Toru Tanaka), Buzzsaw (Gus Rethwisch) et l’inénarrable Dynamo (Erland van Lidth). Si Richards est un 4×4, ces types sont des tanks, armés en plus de tronçonneuses ou de canons électriques ! Et ce que certains perdent en tour de taille, ils le gagnent en humour (Captain Freedom/Jesse Ventura) ou en puissance de feu (Fireball/Jim Brown).
En fait, la même année que Predator, Running Man amorce la tendance au « versus » dans la carrière de l’acteur, amené régulièrement à trouver un opposant à sa mesure (ledit Predator, le T-1000, le T-X, Satan, etc.). Mais rarement il en aura retrouvé d’aussi impressionnants et savoureux.
Que cela ne nous empêche pas de tirer notre chapeau à Killian, celui qui tient réellement les rênes. Richard Dawson, qui fut un vrai présentateur, compose un formidable sac à m****, aussi mielleux que méprisant en VO. Son doubleur VF (Serge Bourrier) accomplit l’exploit de le rendre encore plus détestable, aboyant systématiquement à chacune de ses répliques, ce qui contraste avec son flegme permanent.
Running Man : futur d’hier, réalité d’aujourd’hui
Spectacle fun et esthétiquement daté (merci aux écrans à tubes cathodiques), Running Man demeure férocement d’actualité trente-cinq ans plus tard. En tant que film d’anticipation, il faisait mouche sur bien des points et, honnêtement, ça fait un peu peur.
On commence par le plus évident : le rapport entre télévision et contrôle politique, alors que le monde est régi par un État policier qui ne dit pas son nom, mais fait tout pour qu’on le sache. Les manifestations anti-régime contrées à coups de violences policières, en raid aérien !, ont aujourd’hui une résonnance internationale (aux USA comme à Hong Kong, et récemment en Chine… pour ne citer que ceux dont les médias parlent le plus, justement).
Il y a ensuite le show lui-même, « Running Man », tout à fait crédible dans sa représentation. Entre le jeu fictif d’hier et les émissions d’aujourd’hui, on aurait du mal à faire la distinction. Le plateau et l’aire de jeu, la musique et les danseuses, la présentation des « Traqueurs », sans parler des drames en coulisse…
On se croirait vraiment en train de regarder la dernière variété de TF1 en deuxième partie de soirée, juste après « The Voice » (où on enverrait se faire tuer les perdants, pourquoi pas…). Pour l’anecdote, deux ans après le film, la télé américaine monta un show, « American Gladiators », lequel, de l’aveu des producteurs, était exactement « Running Man », le meurtre en moins.
L’anticipation, la vraie
Enfin, stupeur, effarement et ravissement, pour une fois, la SF au cinéma a eu raison en anticipant les années 2010. Non, pas avec l’avènement des Réplicants, mais avec celui du… Deepfake !
On était quand même 30 ans avant que les IA ne permettent de coller la tête de n’importe qui n’importe comment, ou de rajeunir les acteurs (dont bientôt Harrison Ford dans Indiana Jones 5). (SPOIL : ) Or, puisque Killian ne parvient pas à se débarrasser de Richards dans les règles, il filme un combat truqué avec une doublure « portant » son masque numérique. (FIN DU SPOIL) La technologie n’existant absolument pas à l’époque, il fallait oser l’imaginer.
On est quand même au niveau de l’anticipation de la tablette tactile dans 2001 : l’Odyssée de l’Espace. Très peu de films de SF, surtout les plus connus, sont allés plus loin que de simplement transposer la technologie de l’époque dans le futur, au lieu d’imaginer à quoi elle ressemblerait vraiment. Les Alien originaux, par exemple, regorgent de boutons gros comme le poing, d’écrans cathodiques et de bandes magnétiques. C’est aussi le cas de Running Man, puisqu’hormis ce coup de génie, et éventuellement, un écran plasma gigantesque érigé dans la banlieue, on utilise toujours les K7 audio et vidéo.
Ce qu’il faut retenir
Tout film de science-fiction et d’anticipation finit un jour par se dater lui-même. Running Man n’en souffre qu’un peu. En dehors de détails surtout cosmétiques, il demeure toujours aussi fun et pertinent grâce à ses qualités.
Sachant que l’action prend place après 2017, on est d’autant plus choqué que tous ces éléments se soient montrés si prémonitoires. À quand les exécutions sommaires dans « Koh-Lanta » ou « Ninja Warrior » ? Le pire, c’est que je crois que je serais assez curieux et sadique pour regarder… Pas vous ?
Running Man est disponible en plusieurs éditions en DVD et Blu-ray. Il est disponible depuis le 8 novembre en Blu-ray 4K Ultra HD chez Paramount (VF et STF inclus, sans restriction de zone… et sans bonus non plus).
Quatre ans après Halloween Kills, Michael Myers s’est évaporé dans la nature. Pas de panique, les péquenots ont trouvé une nouvelle tête de turc l’année suivante : Corey (Rohan Campbell), un babysitter dont le sale môme qu’il gardait a mal fini. Depuis, Coco est sorti de l’asile, mais on le regarde de travers. La seule qui soit gentille avec lui est Allyson (Andi Matichak), la petite fille de Laurie Strode (Jamie Lee Curtis). Au début, cela ne déplaît pas à Laurie, qui a tourné la page et commencé à écrire ses mémoires. Mais l’ex-final girl sent petit à petit le mal grandir en Corey. On a envie de dire qu’elle psychote un peu, mais non. Le gosse est clairement instable, il en a marre d’être un punching ball, et il rencontre fortuitement Myers, planqué depuis tout ce temps dans les égouts. Parce que « Tête-de-plâtre » le laisse vivre, Corey développe une affinité avec lui. Le croque-mitaine devient alors muse, mentor et complice du garçon, qui a besoin de déchaîner ses pulsions meurtrières. Cette fois, c’est sûr, « Halloween ends ».
Halloween Ends clôt la trilogie initiée par David Gordon Green avec son opus de 2018. Mais ce n’est pas « vraiment » la fin d’une trilogie. Le présent film se situe à cheval entre suite directe et « legacyquel ». Si trilogie il y a, elle est constituée du film original de John Carpenter, puis Halloween 2018, et enfin, Halloween Kills. Halloween Ends est un autre bestiau. On dirait un épisode +1 faisant office « d’après Halloween », l’équivalent pour les férus de Myers à ce qu’a été, quelque part, Indiana Jones 4 aux fans de l’archéologue. C’est bien une suite, mais la tonalité, les thématiques, ainsi que l’approche détonent par rapport à ce qui a précédé, jusque dans la police de titre du générique d’ouverture.
Halloween back
Les trois films de David Grodon Green manquent de liant et de focus. On dirait que le réalisateur a improvisé et expérimenté au fil des épisodes, au lieu de planifier une succession vraiment cohérente. Certes, la continuité n’a jamais été le point fort de la saga. On en est tout de même à la quatrième ou cinquième timeline, à ce stade, avec Laurie Strode revenant pour la troisième fois dans l’équation ! Mais justement, pour une fois, on aurait pu s’attendre à une vraie continuité et conclusion (temporaire, parce que les remake et les reboot sont éternels).
Au lieu de cela, chaque épisode a fait son propre truc, au risque d’en faire trop. Halloween 2018 se voulait une suite directe à l’œuvre séminale et donc, il refaisait souvent le même film. Mêmes personnages ou types de personnages, mêmes plans, mêmes citations, etc. Le second exploitait le stress post traumatique d’Haddonfield et condamnait l’hystérie collective. Sauf qu’il se focalisait sur des personnages creux et la bêtise scénaristique. On ne compte plus les guignols qui décident de confronter Myers seuls au lieu d’appeler la police ou de l’achever au shotgun. Même si, pour ça, il faudrait savoir viser. D’ailleurs, une victime se flingue carrément elle-même !
Halloween Kills répète sans honte le drame d’Alien Covenant. À savoir, l’abus de ficelles usées du slasher bas de gamme, où la bêtise des protagonistes le dispute à l’incompétence. Sur le seul argument que « sinon, il n’y aurait pas de film » !
Halloween claque
Autre point qui fâche : soi-disant, la confrontation entre Michael et Laurie était le point central de cette nouvelle série de films. Pipeau. Si Laurie a passé 40 ans à se transformer en Sarah Connor, Michael s’en battait volontiers le cocotier dans Halloween 2018. Il a fallu littéralement l’intervention d’un fan pour le conduire chez elle tel un Uber, parce que comme nous, il voulait voir ce qui allait se passer. On ne fait pas plus méta quant à la raison d’être de ce « requel ». Mais on ne fait pas plus creux non plus. Si les figures de proue de la franchise n’ont aucun cheminement ni effort à fournir, où va le monde ?
C’était encore pire dans Halloween Kills. Ce festival de violence à la gloire de Myers a ravi bien des fans (même Bibi, par moment). Mais encore une fois, la proie supposée du tueur tournait en rond à l’hôpital sans qu’il ne cherche à la retrouver (il a cependant droit à un lot de consolation dans les dernières minutes) . Pendant ce temps, Grand-mère soliloquait sur la nature transcendantale du meurtre chez le monstre masqué… sur la base d’une seule rencontre, une nuit, il y a 40 ans ! Ne paraît-il pas un peu incongru de disserter autant sur la force et la résistance surnaturelles du personnage, même son rapport fusionnel au masque, quand Thanos Blumhouse a effacé les dix œuvres précédentes de l’existence ?
Ici, tout le monde craint Myers avec la même terreur que s’il avait quarante ans de tueries à son actif, alors qu’elles ne sont plus canoniques. (C’est dommage pour le sous-estimé Halloween 4.) C’est la vraie faiblesse des épisodes réalisés par David Gordon Green. Ce sont des fan fictions, réalisées avec un regard de fan pour parler aux fans. Peu importe si cela contredit la logique. Le fan service « in the nose » court-circuite donc souvent l’intention, aussi opportuniste que géniale, de refaire et conclure la série.
Arrive Halloween Ends, qui surprend enfin. Pas toujours en bien, mais il a quelques bonnes idées. Et il fait un pari unique qui, pour une fois, est tenu.
Attention, une proposition !
Ce n’est plus un spoiler. Dans ce nouvel épisode, le tueur au masque occupe l’arrière-plan. Le vrai anti-héros de l’histoire est Corey, et le film se concentre grandement sur sa transformation d’une victime frustrée à un bourreau inventif. Le jeunot reprend le flambeau d’un Myers amoindri, vieux et faible, une momie que le meurtre revigore l’espace de quelques escapades sanglantes. L’idée que le mal est transmissible, et même « bénéfique » pour le corps, est d’ailleurs suggérée sans être lourdement évoquée comme dans le film précédent.
Ce twist arrive cependant bien trop tard dans les reboot de David Gordon Green. On en ressent d’autant plus le manque de planification de ces suites. Le basculement de Corey aurait eu plus d’impact et de sens si le personnage avait été présent plus tôt dans les films, subissant progressivement l’influence toxique de la ville et du tueur qui l’obsède. Au lieu de cela, il est introduit dans le prologue, certes diablement efficace.
Tant pis. Au moins, Halloween Ends se tient, mieux que ses prédécesseurs, en équilibre sur le fil mince séparant ce qu’il réussit de ce qu’il manque. Ou plutôt, de ce qu’il choisit de ne pas faire. Sur le plan de la réussite, on retient la métamorphose de Corey. Elle est certes simple et jalonnée de clichés (les jeunes cons qui le chahutent, le DJ arrogant, le flic qui le harcèle, etc.). Mais elle est acceptable et facile à comprendre. Plus, en tout cas, que les décisions des trois quarts du casting des films précédents.
Et puis, globalement, le film fleure bon les années 80 (photographie, mise en scène, et même la musique, produite par Carpenter himself). On a l’impression de retourner dans le passé, à l’époque typique de ce genre de productions, où ces poncifs étaient mieux à leur place. Sans parler des mises à mort, où le petit jeune rivalise de sadisme avec les meilleurs tubes de son modèle.
Halloween ends, my only friend
Dommage que ce qu’on retienne vraiment de Halloween Ends, au final, ce soit la déception. On gagne en intérêt pour Corey ce qu’on perd en fascination pour le « tueur au masque ». Il est intéressant de voir un homme devenir monstre (une thématique qui fascine toujours, cf. Joker). Pendant ce temps, Myers, qui a toujours été un monstre à forme humaine, est démasqué. Ce n’est finalement qu’un vieil homme (dixit Laurie), rincé et tabassé. Il est même littéralement saigné, soit vidé symboliquement de sa substance. La fascination s’est envolée.
Au terme de ce bref passage de flambeau, l’aventure se termine bel et bien, mais pas de la manière attendue. Il faut dire qu’on nous avait vendu un « 1 contre 1 » entre Laurie et Myers, et que jusqu’au bout, on y a cru. Mais leur affrontement arrive dans les dernières minutes, comme un cheveu sur la soupe, expédié et nullement mémorable. Halloween s’achève dans un chuchotement plutôt qu’avec un cri.
Il fallait bien que ça arrive un jour. Les légendes meurent. « Halloween Ends », mais qu’on se rassure. Le mal ne disparaît jamais vraiment. Il change juste de forme. Même si, on s’en doute, « The Shape » reviendra en personne dans un nouveau reboot ou remake.
LES + :
Une direction différente des précédents.
Des clichés de slasher movies moins frappants et plus à leur place.
Une ambiance délicieusement nostalgique des années 80.
LES – :
Le focus sur un nouveau personnage intéressant, mais qui arrive trop tard dans l’équation.
La fin d’une trilogie qui nous a vendu du vent, avec une confrontation Laurie/Myers qui n’en valait pas la peine.
On sait très bien que ce n’est pas la fin et que tel James Bond, « Halloween » reviendra…
Jack Mimoun (Malik Bentalha), c’est le Bear Grylls du pauvre. Devenu célèbre après avoir survécu seul sur l’île de Val Verde, il est aujourd’hui la star d’une émission de survie où il mouille à peine la chemise. Il se voit alors proposer une expédition par une belle historienne, Aurélie (Joséphine Japy). Problème : à son insu, elle le ramène sur l’île maudite. Grâce au talent de Jack pour la survie et à sa connaissance des lieux, la miss espère retrouver la trace de son père disparu des années plus tôt, à la recherche du trésor du pirate La Buse. Jack a beau être un bras cassé, il n’a pas le choix. Il va devoir guider la demoiselle, entrainant dans son sillage son manager (Jérôme Commandeur), ainsi que le mercenaire Bastos (François Damiens). Mais les secrets de Val Verde cachent de nombreux dangers…
On y croyait, quand Malik Bentalha annonçait vouloir rendre hommage à tous ces films ayant bercé notre enfance. Ses inspirations vont des Goonies aux jeux Uncharted, en passant par Indiana Jones et À la poursuite du Diamant Vert, pour ne citer que les plus évidents. (Notons au passage que le Val Verde est à la base un pays fictif, patrie des méchants de Commando et 58 Minutes pour vivre. Je suis forcément sensible à une si douce attention.)
Il faut reconnaître que le comédien/co-réalisateur et ses scénaristes sont bons élèves. Jack Mimoun et les secrets de Val Verde sent bon la nostalgie, mêlée à un humour de stand-up plutôt bien intégré… la moitié du temps. Au moins, on évite le piège de la simple comédie française prenant place dans un cadre exotique. Mais au lieu d’une comédie d’aventure dans la lignée des modèles américains du genre, le mélange a encore du mal à prendre. Le film alterne plus souvent comédie et aventure, au lieu de mixer efficacement les deux au fil de son intrigue.
On est là pour rire
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est humble, sincère et ne se prend pas la tête. Il ne nous vend rien de plus que ce qu’il promettait. Le casting en dit long sur ce qui nous attend. Dans leurs registres respectifs, on ne s’étonne pas que celui qui tire le mieux son épingle du jeu soit François Damiens. Jean-Marc Bastos est aussi bas du front que son nom le laisse supposer. Ses réflexions, ses maladresses et son attitude transpirent la bêtise avec un naturel bluffant.
Joséphine Japy est également très convaincante en idéaliste volontaire. Commandeur fait son numéro, ce qui n’est pas une critique, et j’avoue avoir eu du mal à reconnaître Malik Bantalha (« pourquoi t’es gros ? » lui balance un gosse dans les premières minutes). N’en oublions pas Benoît Magimel, lui aussi crédible en aventurier arriviste.
Dommage que Jack Mimoun et les secrets de Val Verde ait surtout les moyens de faire dans la comédie. Il est moins convaincant dans le registre du cinéma d’aventure.
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde : chacun de son côté
Pour le côté « comédie française », on est bien servi, surtout en Bastos. Par contre, les vraies bastos manquent parfois un peu. Dès que la troupe arrive sur l’île de Val Verde, leurs aventures se résument à un trek en pleine nature, sans véritable antagoniste, ponctué de saynètes se voulant drôles mais peu passionnantes.
Le rythme du film en pâtit sévèrement dans son deuxième tiers. Pendant que la comédie se taille la part du lion, l’aventure se fait petite. On a souvent tantôt l’aventure, tantôt la comédie, mais rarement la combinaison harmonieuse des deux (contrairement à À la poursuite du Diamant Vert, par exemple). On rigole quand même vraiment, parfois, comme lors de la scène des champignons, ou la chute de celle avec l’avion.
Mais ceux qui veulent des galions pirates et des courses-poursuites démentielles, revoyez vos ambitions à la baisse. Ici, on a surtout un pont suspendu en polystyrène, et une grotte en plâtre décorée comme un escape game. Malgré cela, on peut éprouver un plaisir enfantin à découvrir (enfin !) le repaire du pirate La Buse, d’autant que tout le monde joue ce moment avec une sincérité et un plaisir communicatifs.
Redite, pour voir ?
Enfin, il y a le piège de l’hommage appuyé. Quand on disait que Bantalha était bon élève, il n’est pas seulement cela. Les érudits remarqueront que chaque scène n’est pas juste empruntée, mais réellement reprise de telle ou telle œuvre majeure du genre (Jurassic Park, Benjamin Gates, encore les jeux Uncharted, etc.).
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est si gorgé de références qu’il menace toujours de perdre son charme, pour se résumer à un jeu de devinettes filmiques. Cela dépend probablement de la cinéphilie de chacun, et de votre degré de tolérance à la redite. Le piège est de finir par tourner le genre en dérision au lieu de lui rendre hommage. Votre serviteur trouve que ça passe de justesse.
Tout de même, l’esprit bon enfant et l’envie de bien faire m’ont procuré du plaisir. Regarder Jack Mimoun et les secrets de Val Verde m’a davantage intéressé que Le Secret de la Cité Perdue ou Uncharted. Au point d’être assez curieux pour voir une suite, teasée à la fin de l’aventure. Espérons-la plus ambitieuse. À supposer qu’elle arrive vraiment un jour…
LES + :
Une comédie d’aventure française qui fait des efforts dans l’aventure.
Un casting qui fait plaisir.
Des gags qui marchent souvent.
LES – :
Comédie et aventure préfèrent souvent faire chambre à part.
Sans surprise, rayon aventure, le film n’a pas (encore ?) les moyens de ses ambitions. Peut-être dans une suite ?
Casey Ryback (Steven Seagal), le spécialiste en coulis de vertèbres, monte à bord du train Grand Continental avec sa nièce rebelle, Sarah (Katherine Heigl). La pauvre n’a plus que lui pour seule famille, après la mort de ses parents. Malheureusement, elle en veut à Tonton parce que son père et lui se sont brouillés il y a longtemps. C’est alors que le train est attaqué par l’armée privée de Penn (Everett McGill), pour le compte de Dane (Eric Bogosian). Le plan de ce dernier ? Détourner Grazer-One, un satellite pouvant provoquer des tremblements de terre. Le Grand Continental est devenu une forteresse mobile totalement indétectable, le temps de mettre en vente Grazer au marché noir, et en prime, de « rayer Washington de la galaxie ». Si Ryback veut faire la paix avec sa nièce, il va devoir sauver les otages de ce piège à grande vitesse…
« Pourquoi ? »
Après Bullet Train, j’ai eu envie de revoir des films prenant place à bord de trains, en partie ou totalement. Il faut dire que j’adore ça (cf. Deadline,Guerre intérieure). Certaines des plus grandes scènes d’action et de suspense prennent place à bord d’un train. Les prudents citeront la scène mythique de L’Orient Express dans Bons Baisers de Russie. Moi, j’avoue être un inconditionnel du final barjo de Mission : Impossible par Brian De Palma.
En revoyant Piège à Grande Vitesse, supposé nanar, il s’est produit quelque chose de curieux. Je l’ai remis dans mon lecteur une dizaine de fois en cinq jours. Pourtant, quand je l’avais vu ado, je l’avais trouvé mal fait. Quand je l’ai revu jeune adulte, je l’ai bien aimé. En le revoyant aujourd’hui, désormais érudit en films d’action, je le trouve génial. Mais pourquoi ?!
La citation qui tue
(Ryback, après avoir déboité la tête d’un méchant dans le wagon restaurant : )
Je suis imbattable dans une cuisine !
Au creux de la vague
Rejeton de la vague des « Die Hard-like », la suite de Piège en Haute Mer sort en 1995. Elle ne casse pas des briques au box office. C’est déjà la fin de l’âge d’or pour ce sous-genre, qui ne compte souvent que sur son contexte pour innover. La même année, la saga à l’origine de cette vague avait pourtant elle-même évolué dans Une Journée en Enfer – Die Hard 3. De son côté, Van Damme raclait les fonds de gamelle avec l’improbable Mort Subite, son Piège de Cristal dans une patinoire.
Certes, Rock de Michael Bay sortira l’année suivante pour le succès que l’on sait. Mais on peut dire que la hype mourra en 1997, avec les sorties peu enthousiasmantes de Air Force One et surtout, de Speed 2. Depuis, la flamme perdure occasionnellement, mais il faut voir le résultat (Skyscraper, La Chute de la Maison Blanche).
Pas Seagal que ça
Au milieu des années 1990, on en avait soupé des émules de Die Hard. Mais Steven Seagal était aussi sur le déclin. Si Piège en Haute Mer a été son plus gros succès en 1992, sa suite représente la véritable apogée de sa carrière. La star ne refera plus jamais de si gros film, hormis Ultime Décision en 1997, dans lequel il n’occupe qu’un second rôle. Il n’en fera plus non plus d’aussi fun, ou en tout cas, de ceux dont on ne se moque pas.
Les connaisseurs disent souvent que Piège en Haute Mer est le meilleur des deux. Il faut rétablir la vérité sur le premier film, même si on trouve à la barre Andrew Davis, futur réalisateur du Fugitif. Under Siege, en VO, regorge de facilités, de prétextes et de trous scénaristiques. En plus, il est monté à la truelle, à tel point que les faux raccords se multiplient et qu’on ne sait jamais qui est où sur ce satané bateau, y compris pendant les échauffourées. La BO est particulièrement insipide, et le tout se prend plutôt au sérieux malgré deux méchants en totale roue libre (Tommy Lee Jones et Gary Busey, inoubliables). À cause de son exécution, le plus gros carton de Seagal est finalement plutôt mou et assez quelconque.
Ce n’est pas le pire film d’action du monde, mais on a déjà vu mieux. À commencer par sa suite, malgré tout ce qu’on lui envoie dans la tronche. C’est peut-être à cause du pédigrée peu flatteur du réalisateur remplaçant, Geoff Murphy (coupable plus tard du terrible Fortress 2). Piège à Grande Vitesse est considéré comme un nanar, au point qu’il a droit à sa rubrique dans les pages de nanarland.com. Il y a des raisons à cela, mais sont-elles suffisantes ?
Les bas qui blessent
Au début des 90s, Seagal est comme Stallone ou Van Damme, il est une marque. Mais en plus, il est une parodie de lui-même. Ce ne sont pas ses qualités d’acteur qu’on retient. C’est le personnage public : son inexpressivité, sa voix chuchotante, sa pratique de l’aïkido et sa philosophie à deux sous. Et depuis Terrain Miné l’année précédente, il vient juste de s’engager sur la pente qui en fera une caution nanardesque à lui seul.
S’il n’y avait que ça ! Parce que Monsieur s’est fait une réputation de feignasse mégalo, adepte d’en faire le moins. Et ça se voit dans Piège à Grande Vitesse. Il n’apparaît presque toujours qu’en gros plans ou en plans rapprochés, parfois seul devant une projection. On voit donc souvent sa doublure, quitte à ce que ce soit d’un peu trop près, crapahuter sur les toits ou filer des coups de latte à sa place.
Piège à Grande Vitesse coche aussi toutes les cases de l’actioner post-Piège de Cristal. Ryback doit sauver sa nièce au lieu de sa femme, passe par des conduits d’aération qui n’existent pas, et se coltine un sidekick afro à grande gueule. (On rigole aussi, dans un décor si linéaire, qu’il ne se fasse jamais remarquer en courant sur les toits, ni quand il prépare un cocktail explosif au wagon bar, pourtant juste en dessous du QG des méchants.) Et forcément, les autorités sont nulles ou impuissantes parce que Kamoulox !
Parlons enfin des effets « spéciaux ». Leur qualité faisait déjà débat en 1995. Il y en a pour tout le monde : stockshots de la NASA et de l’US Air Force, projections évidentes (parfois, ne défilant pas à la bonne vitesse), images de l’espace et de Grazer indignes d’une cinématique sur PS One, maquettes aux filins voyants, accélérés fâcheux sur les clés de bras de Sa Feignasse sérénissime, ou encore, mannequins et prothèses bien visibles.
Pourtant, on est sur de bons rails
Malgré tout cela, Piège à Grande Vitesse est authentiquement fun. Comment ça se fait ?
D’abord, en le remettant à nouveau dans son contexte, à savoir, le milieu des années 90. On dirait un fantasme de geek ultime, une fan fiction dégénérée qui ne s’autorise aucune limite. Les terroristes sont inutilement si nombreux qu’on croirait qu’il y en a plus que de passagers. Avec leurs looks respectifs, Dane et Penn forment un duo improbable, l’association de Patrick Bruel avec Nikolaï du jeu Resident Evil 3.
Dans les faits, nous avons un pirate informatique bien plus efficace à l’écran que dans les futurs Die Hard 4 et Speed 2, et son chien de garde psychopathe, absolument sans pitié mais doté de quelques traits d’humour bienvenus. Quant à leurs mercenaires, ils ont sûrement été embauchés sur la seule base de leur photo de CV. On a un borgne, un balafré, une femme fatale, un sosie de Gerard Jugnot, Zed de Pulp Fiction, etc. N’oublions pas le plan de détourner un méga satellite de la mort, qui renvoie au plus kitsch des James Bond.
Quand il nous gratifie de sa réelle présence à l’écran, Steven Seagal est plus sadique et violent que jamais. Le sang gicle, les os pètent, les mecs hurlent, et lui, il plie à peine les genoux et fronce constamment les sourcils. Ryback était déjà redoutable dans le premier film. Il devient une force inexorabe, une machine à tuer impitoyable et insensible à la douleur (il se prend une balle dans le bras sans jamais qu’il n’en reparle). C’est à tel point que, lorsque les méchants apprennent qu’il est à bord, ils déglutissent tous de trouille, convaincus qu’ils vont y passer. Seagal joue sa propre version de John Matrix dans Commando, le film bourrin par excellence, soit l’antithèse de John McClane.
Piège à Grande Vitesse est fun
Et là, ça fait clic. Si Piège à Grande Vitesse reprend l’enveloppe d’un Die Hard, il fait l’inverse de ce qu’on attend logiquement. Il joue avec ses faiblesses, la première étant qu’il ne parviendra jamais à recréer la tension nécessaire. Alors autant se lâcher :
Au lieu d’être terre-à-terre et crédible, la prise d’otages et ses enjeux sont surréalistes. On a tout de même cinquante terroristes à bord, et le détournement d’un satellite qui, rappelons-le, provoque des tremblements de terre !
Le rapport de force est inversé. Seagal fait moins penser à John McClane qu’à Jason Vorheese, prêt à choper un à un les terroristes impuissants.
Le sidekick rigolo devrait mériter des baffes. Pourtant, il se rend plus utile que prévu, et même que nécessaire.
Enfin, puisque les effets visuels piquent un peu les yeux, le film contrebalance avec une musique exceptionnelle, composée par le génial Basil Poledouris (Conan le Barbare, RoboCop).
Piège à Grande Vitesse jouit d’une BO comme on n’en fait plus : un thème héroïque dont on ne se lasse pas, des sonorités électroniques magnifiques, et des percussions rythmées comme le « taka-taka » d’un train filant sur ses rails. Thématique et emphatique, autrement dit, du grand art et un gros kiff. Elle accompagne superbement chaque passage, que ce soit une scène de torture psychologique, l’assaut de la locomotive, ou encore le combat final, dans lequel Penn se fait assaisonner puis bouffer sans avoir le temps de piger.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui plus que jamais, Piège à Grande Vitesse est un film d’artisan qui mérite d’être réévalué. Il aurait pu mille fois se planter, entre son sujet crétin, les caprices d’une star éphémère, un tournage compliqué et des effets ratés.
Pourtant, les talents en présence sont évidents. L’histoire en fait tellement, en mixant Die Hard, James Bond et Commando, que le film y trouve une identité propre, ce qui manquait à son prédécesseur. La réalisation est carrée (l’arrivée des hélicoptères, la scène d’interrogatoire). Le montage donne du rythme. La musique file la patate. Hormis Seagal, tout le monde essaie de faire le meilleur divertissement possible avec ce qu’ils ont. Mention spéciale à McGill et Bogosian, composant une paire de bad guys aussi antinomique que savoureuse.
Un tel lâcher-prise et cette envie de bien faire, on n’en voit plus tellement aujourd’hui. Même s’il s’agit d’un film « d’exploitation » surfant sur une formule qui marche, trois décennies plus tard, on ne trouve plus tant d’audace et d’inventivité. Les nouvelles normes sont l’absence de risque (Uncharted), des moyens réduits (Interceptor) et/ou un déni de créativité.
En conclusion
Forcément daté aujourd’hui, Piège à Grande Vitesse est un spectacle déconnant, généreux et sans complexe, qui mérite qu’on le revoie et qu’on l’apprécie comme tel.
Pour l’anecdote, à la fin des années 2010, Seagal avait exprimé son souhait de faire un troisième volet. Heureusement que c’étaient des paroles en l’air. Aujourd’hui, il ressemble moins à un saumon agile, et beaucoup plus à Kung Fu Panda. Toutefois, le web parle sérieusement d’un remake de Piège en Haute Mer censé sortir en streaming l’année prochaine… Qu’est-ce qu’on disait, à propos des nouvelles normes ?
LES + :
La formule Steven Seagal au top de sa gloire.
Doux Jésus, que de violence !
Un duo de grands méchants franchement savoureux.
L’équilibre improbable entre Piège de Cristal, James Bond et Commando. Il y a plus d’un « Die Hard dans un train », mais Piège à Grande Vitesse est unique.
LES – :
L’homme Steven Seagal au top de sa flemme.
La plupart des effets spéciaux sont franchement foireux, même pour 1995.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.