Publié le Laisser un commentaire

Critique : John Wick 3, Parabellum « Si tu veux la paix, ne cherche pas John Wick. »

johnwick3-alaune

john wick 3

Après avoir vengé la mort de son chien et réglé une dette de sang, John Wick (Keanu Reeves) court pour sauver sa tête mise à prix. Malgré sa réputation de Baba Yaga (croque-mitaine) et les cadavres qu’il a semés tout au long de la semaine, les opportunistes vont quand même faire la queue pour se faire tuer, depuis New York jusqu’à Casablanca. 

Je ne suis pas fan fou dingue des deux premiers John Wick, toutefois l’engouement général pour eux me fascine. Il faut reconnaître leur esthétique soignée, leur ambiance « branchée » (quelque part entre Tony Scott et les frères Wachowsky), mais surtout leurs scènes d’action irréprochables. C’est simple : imaginez les bastons de Jason Bourne, et rendez-les lisibles et appréciables pour ce qu’elles sont. John Wick 1 a été un micro événement, un succès surprise perçu comme le nouveau cap formel du cinéma d’action. C’était une assimilation réussie des codes de représentation du genre des vingt dernières années, un excellent élève qui ne prétendait à rien d’autre qu’à nous donner ce qu’on est venu voir. Et heureusement parce que du point de vue de l’histoire, les scénaristes inventent clairement au fur et à mesure. Mais c’est ce décalage permanent entre sérieux et second degré qui m’a fait aimer un petit peu les deux premiers volets.

Chapitre 1 : chienne de vie

Quand on résume John Wick 1, impossible de ne pas se marrer. Ils ont tué son chien, il va se venger, point barre. C’est l’histoire d’un tueur retraité, fraîchement veuf, à qui on a piqué sa caisse et tué son clebs. Ce n’est pas une parodie, mais un pastiche de ces bons vieux rape and revenge movie. Car s’il est constamment surréaliste, tout le monde prend l’affaire au sérieux dans le film de Chad Stahelski. Il faut voir les mafieux blêmir en entendant parler de John Wick…

Dans ces circonstances, non seulement on adhère à l’envie de John de partir en croisade, mais en plus, on découvre le plus sérieusement du monde une « dimension parallèle » du crime qui ne semble pas évoluer en marge de la société mais carrément à la place, avec même son propre système monétaire ! On a beau être à New York, ce n’est qu’un joli décor où les gens normaux n’existent pas. Les forces de l’ordre se résument à un flic en patrouille indifférent aux frasques de John. Un hôtel de luxe à la vue de tous est entièrement réservé aux mafieux et tueurs de tous horizons. Etc. WTF ?!

À côté de ça, l’action de John Wick parvient à faire illusion grâce aux chorés joliment emballées des gunfights (et parfois même un peu de voiture-kung fu). Dommage qu’elles reposent un peu trop sur l’enchaînement de headshots énervés, portés aux nues par les pros de Call of Duty. Tant pis, ce sera peut-être pour le prochain épisode.

john-wick-3

Chapitre 2 : John Wicker

Assez logiquement, John Wick 2 en remet une couche. Le monde criminel est davantage développé, et notre société fait de plus en plus office de joli fond d’écran. On découvre le principe de la dette de sang impossible à effacer. Le fameux hôtel mafieux et ses règles sont une franchise internationale. Il existe une hiérarchie et des luttes de pouvoir dans lesquels John va devoir s’incruster au nom d’un vieux compte à solder.

Mais les deux premiers tiers de John Wick 2 pâtissent d’un investissement non personnel du héros, et donc du spectateur, car John n’agit que sous la menace sans possibilité de se rebeller. Ceci bien sûr avant qu’il se retourne enfin contre le salaud qui l’a forcé à remettre sa veste pare-balles… Face à cela, les gunfights sont encore plus nerveux, et Lawrence Fishburne nous régale de sa présence. Mais l’action de John Wick 2 ressemble déjà un peu trop à celle du premier. La faute au héros, tellement efficace qu’il se contente de tirer dans la tête de tous les guignols qui le croisent. Le film ne varie pas vraiment les plaisirs. Mais la fin est porteuse d’une grande promesse : John Wick contre le reste du monde.

Chapitre 3 : baston générale !

Si John Wick 1 & 2 étaient des films sympathiques pour Bibi, il n’y a pas d’hésitation avec John Wick 3 : Parabellum. C’est juste génial. C’est génial car ce fameux côté « WTF ultra sérieux » est multiplié par dix ici. Et les plus gros défauts des précédents opus ont été corrigés. Fini le manque de variété des scènes d’action, et les enjeux au mieux ridicules, au pire inexistants.

John Wick 3 s’ouvre directement sur la fin de John Wick 2. On suit la course effrénée du personnage à travers la Grosse Pomme, avec une prime de 14 millions de dollars sur sa pomme à lui. Bienvenue dans une accumulation d’adversaires, combats, poursuites et mises à mort inventives. On constate enfin que John peut tuer tout le monde avec n’importe quoi, d’un vieux Colt rouillé à un cheval. Mais il faut voir comment pour le croire !

Et ça ne s’arrête pas là. Ce festival de connerie géniale (je vous jure que c’est un compliment) se poursuit hors New York, étendant toujours plus cette mythologie absurde. Il y a des assassins avides de fric à tous les carrefours. Toutes les gargotes sont tenues par des assassins-ninjas dangereux et hilarants à la fois (Marc Dacascos a la chance de tenir ce rôle en or). La fameuse monnaie en pièces d’or est fondue à l’ancienne à Casablanca. Les habitants de New York ne sont que des PNJ ne bronchant pas le moins du monde quand un gus se fait égorger et abandonner en plein hall de gare bondé. Est-ce que ce monde est sérieux ?!

john-wick-3

John Wick 3 pousse tous les curseurs à fond

Même les tirades les plus absurdes, que n’importe qui prendrait pour de la grosse blague dans la vraie vie, sont en réalité des informations précieuses qui mériteraient qu’on vous tue pour les avoir entendues. Un mec dit : « va dans le désert et suis l’étoile polaire. Quand tu n’en peux plus de marcher, marche encore » ?  John lui, il y va, dans le désert ! Et je ne vous dis que ça, car il faut voir la suite pour le croire ! Il faut vraiment vivre dans ce monde de cinglés pour penser une seule seconde que ces indications n’étaient pas une plaisanterie.

Et il y a plus qu’un pèlerinage digne de Lawrence d’Arabie (ou de Jesus II : le retour) pour nous donner des yeux ronds. Cette débilité prise au premier degré finit par payer. John Wick 3 est un vrai film d’action décomplexé, franc-du-collier et bien réalisé comme on n’en fait plus. On est agréablement surpris, et on rigole complice face à ces moments de pure stupidité impeccablement exécutés et assumés (comme le délire entre Halle Berry et ses chiens).

C’est simple : il n’y a quasiment aucun moment où on s’ennuie. Il y a presque toujours une idée pour donner de l’intérêt à un dialogue ou à une scène. En particulier, les scènes d’action passent enfin la troisième ! John Wick 3 ressemble ainsi plus que jamais à un jeu vidéo relançant constamment son gameplay par petites touches ici et là. Les gunfights ne se limitent plus à des clés de bras et des tirs à la tête, mais se permettent des invités canins, ou trouvent le moyen de priver John de son finish move favori.

Poing final

Voilà une franchise qui a fini par m’avoir. Après deux opus intéressants mais pas forcément formidables, John Wick 3 : Parabellum pète les plombs et lâche les chiens (littéralement !). Le résultat est un film propre et fun, dont les enjeux et l’intérêt s’élèvent enfin. Inventif, il est incontestablement l’un des meilleurs films d’action de ces dernières années. En revanche, si l’ami des chiens revient pour un quatrième opus, je lui souhaite bien du courage pour nous surprendre à nouveau. La barre est placée haut.

LES + :

  • Un délire, une absurdité, une connerie parfaitement assumées et qui renvoient à l’âge d’or du film d’action fendard et décontract’.
  • Une implication, un talent technique et une inventivité réjouissants.

LES – :

  • Comme Mission : Impossible 6 récemment, certains gunfights de John Wick 3 s’étirent peut-être un peu trop en longueur malgré leurs bonnes idées. Attention à ne pas trop tirer sur l’élastique de peur qu’il ne pète…
Publié le Laisser un commentaire

Critique : Avengers Endgame « La fin de TOUT »

avengers_endgame_alaune

avengers_endgameDans Avengers Endgame, c’est la fin du monde. Enfin, ça l’est à moitié, étant donné que Thanos a fait disparaître en un claquement de doigts la moitié des êtres vivants de l’univers, avant de partir planter des choux comme un papy. Rien à faire ? Certains Avengers refusent d’y croire, en particulier lorsqu’un certain Ant-Man refait surface avec une idée. Une idée tellement frappée que même Tony Stark, pas moins pépère que Thanos maintenant, refuse d’y participer. Et puis… Et puis finalement si, parce que, hé, chez Iron Man, quand on peut, on veut. La plus périlleuse mission commence alors pour nos héros : récupérer les pierres d’Infinité pour inverser le vœu destructeur de Thanos…

Il fallait s’y attendre : Avengers Endgame déçoit. Mais pas parce qu’il est mal calibré, mal pensé, mal écrit ou encore mal orienté par les choix de ses producteurs/dieux tout puissants, qui sont trop désireux de lancer des pistes pour la Phase 4 du MCU (ah, la blague Captain Marvel…). Non. Le film déçoit car il dépose le bilan de 10 ans d’aventures cinématographiques tantôt prévues, tantôt improvisées, et qui, bien que partant parfois dans tous les sens, parviennent à trouver une conclusion globale tout à fait satisfaisante et cohérente à cette entreprise démesurément ambitieuse, au moins autant que cette phrase d’une longueur abusive censée vous faire ressentir combien une personne normalement constituée est à la fois frustrée de l’avoir endurée aussi longtemps sans raison, mais tout de même soulagée d’arriver enfin au point final. Avengers Endgame déçoit comme ça. Il déçoit car on se dit « ça y est, on y est, ouf », et finalement, on n’a eu droit « qu’à ça ».

Alors qu’en terme d’ampleur (des moyens, de l’attente), Avengers Endgame se pose là, et sa maîtrise globale (technique et scénaristique) impose le respect. Les frères Russo confirment qu’ils savent ce qu’ils font et, en même temps, parviennent à surmonter la pression d’une fanbase à fond dans le délire, d’un univers immense et d’un studio tout puissant. C’est en fait à cause de cette pression que le film « déçoit » alors que, honnêtement, il est aussi bon que possible dans ces circonstances.

Avengers Endgame

Prépare-toi au retour des critiques dans 3… 2… 1…

« Let’s get this son of a b**** ! »

Avengers Infinity War finissait sur un cliffhanger spectaculaire et sinistre. Aller de l’avant ou inverser la machine, comment les Avengers survivants allaient-ils réagir ? Réponse sibylline : revenir en arrière pour aller de l’avant. Pour rendre honneur à ses 22 prédécesseurs justifiant son existence même, Avengers Endgame joue la carte de la redite et du fan service à fond, mais jamais stupidement ni n’importe comment. On vous laisse voir comment.

Mais caresser les fans dans le sens du poil comme pour les remercier est susceptible de décevoir, justement. Car même si son prétexte scénaristique est ma foi fort bien traité, et s’il ne manque pas de vraies bonnes surprises et blagues, Avengers Endgame souffre de défauts qui n’ont cessé de toujours plus ressortir dans les films précédents.

Avengers Endgame

Captain Marvel, aussi utile dans le film qu’un « ç » dans le mot surf…

Avengers Endgame, ou la routine habituelle

Pour commencer, le dernier acte du métrage n’est qu’un gloubiboulga de CGI aussi impressionnant qu’incompréhensible. TOUT LE MONDE s’en fout sur la gueule n’importe comment, dans un impressionnant dénouement guerrier, qui est sans doute bien découpé et monté, mais dont les points de vue et plans s’enchaînent brutalement. C’est impressionnant d’avoir toujours plus de monde et toujours plus d’effets, mais on a déjà donné. On a déjà eu Avengers 1, L’Ere d’Ultron et Infinity War. Une armée grouillante en images de synthèse et un Thanos qui, pour le coup, rétro-pédale niveau puissance, ça ne fait pas monter l’adrénaline. Heureusement que les frères Russo se sont concentrés sur tout le reste, à savoir les personnages et la mise en scène, mais pas sans risquer quelques régressions ou raccourcis faciles (si vous êtes fan de Thor, par contre, attention les yeux, ça pique ^^).

Captain Marvel…

Au niveau des personnages, il fallait déjà jongler avec pas mal de monde dans Infinity War, et heureusement que certains ont dégagé momentanément. En revanche, on agite un gros carton rouge sous le nez de Captain Marvel, véritable deus ex machina dont la seule utilité (et faible temps de présence !) se résume à ça. Elle aurait été intégrée au chausse-pieds sous la pression du studio, contre l’avis des frères Russo, et cela se sent. Sa présence franchement gratuite enterre les promesses de Marvel de la voir jouer « un grand rôle » dans la lutte finale contre le Titan fou.

Fin de saison

Par contre, si on s’est attaché aux personnages et à leur cheminement, notamment les « vieux de la vieille », alors les réalisateurs ont surmonté avec talent un défi compliqué : offrir à certains une porte de sortie (ENFIN !) en concluant des arcs (romance, obsession, quête de soi) lancés depuis leurs premiers films respectifs. Ce qui déçoit finalement le plus avec Avengers Endgame, c’est qu’il ressemble bien à ce qu’il serait à la télé : la deuxième partie du final d’un show de 22 épisodes, quand le soufflé retombe après la baffe de fin de l’épisode 1 sur 2. Quand on en arrive là, qu’il y ait eu des hauts comme des bas, si on a aimé, on regrette que ce soit finalement terminé.

Avengers Endgame

« Je suis inévitable ! » On en reparle après le film, vieux…

Le début de la fin

Malgré son roster hallucinant et sa préparation sur onze ans, Avengers Endgame ne fait pas date dans l’histoire du cinéma. Mais c’est l’entreprise tout entière qui l’a précédé, et à laquelle il met un point final, qui restera un bel exploit dans l’INDUSTRIE du cinéma. Il y a du bon, du moins bon, et des rendez-vous auxquels nous nous sommes habitués. Il y avait de quoi laisser de bons souvenirs à tout un chacun et des leçons à tirer. Personnellement, cela m’aurait très bien convenu que cela s’arrête là.

Dommage que Marvel ne se sente plus, et qu’ils ont décidé de nous inonder pendant encore 10 ans de productions toujours plus « avant-gardistes » (comme d’annoncer « le premier super héros LGBT », comme si cela prévalait sur une bonne histoire, un bon réal ou même un bon personnage de base). Mais la formule et la fabrication, elles, ne nous surprennent plus depuis déjà un bail.

Bilan inévitable

Avengers Endgame, c’est bien la fin de TOUT. La fin d’un cycle appelé « Infinity Saga », qui a compté pour deux ou trois générations de spectateurs. Elle aura eu son moment, sa hype et son impact. Malheureusement, c’est aussi la fin de tout, dans le sens où Marvel ne va pas s’arrêter là. À moins qu’on ne s’en lasse au point que le studio lâche l’affaire rapidement, la suite pourrait bien ternir l’empreinte laissée par cette « première saison ». Tant pis, on s’en souviendra comme d’un très bon moment.

LES + :

  • Les frères Russo assurent toujours.
  • L’accent mis sur les personnages au détriment du spectacle (devenu routinier).
  • C’est finiiii ! Ouaiiiiis !

LES – :

  • Captain Marvel ne sert franchement à rien.
  • « Ouaiiiiiis ! Encore PLUS de monde contre encore PLUS d’images de synthèse ! » La bataille finale habituelle des Marvel, quoi.
  • C’est pas fini ?! Noooooooon !
Publié le Laisser un commentaire

Critique : Millénium, Ce qui ne me tue pas « La fille qui rêvait d’être Jason Bourne »

Lisbeth Salander, c’est un peu devenu le Batman du mouvement #MeToo à Stockholm. Dès qu’un mec abuse de sa femme, elle lui refait la face et nique sa vie. Parce qu’elle accepte aussi les boulots payés, elle hacke la NSA et vole le programme « Firefall » pour le compte de son créateur, un ex-employé de l’agence repenti. Ledit programme permet à qui peut s’en servir (en l’occurrence, un enfant autiste !) de prendre le contrôle de tous les systèmes d’armement nucléaire du monde. Malheureusement, une mafia connue sous le nom des « Araignées » va rapidement la piéger et la dépouiller de Firefall…

Avant de parler de Ce qui ne me tue pas, le film, j’avoue n’être ni connaisseur, ni particulièrement fan des livres originaux, et pas davantage du très mercantile opus 4 écrit par David Lagertcrantz et sorti en 2015. On va donc se concentrer sur les qualités du présent titre en tant que film à part entière.

Réalisé par Fede Alvarez (Evil Dead 2013, La Maison des Ténèbres), Ce qui ne me tue pas est un soft reboot de l’univers initié par la saga littéraire Millennium. Nouveau casting (pas formid’), nouvelle ambition (rameuter du monde), il tente cependant curieusement de s’insérer dans la continuité de David Fincher. Il y parvient plus ou moins, grâce à son esthétique glaciale plutôt bien travaillée, ainsi que son générique jamesbondesque malheureusement moins percutant que chez le papa de Se7en.

Ce qui ne me tue pas

Ce qui ne me tue pas me rend plus Bond

Et de James Bond justement (ou Jason Bourne), Lisbeth tente de devenir le pendant féminin. Du moins, c’est ce que Sony essaie visiblement de faire. Il faut dire que le personnage se prête bien au jeu, avec son caractère asocial, son charisme et ses talents de hackeuse sur-développés. En plus, l’histoire implique la NSA et une espèce de sous-Spectre surnommé les Araignées (ç’a autant d’appendices qu’une pieuvre, ça tombe bien) ! Il fallait s’attendre à des facilités et à des libertés dès l’annonce d’adapter l’opus « non original » de Lagercrantz. La première bande-annonce fortement orientée action (nervosité que le film ne délivre pas tant que ça) nous l’a ensuite confirmé. Ce qui ne me tue pas n’avait de grandes ambitions qu’en apparence.

Après l’accueil mitigé du très bel exercice de style de Fincher, Sony a mis deux fois moins d’argent dans Ce qui ne me tue pas (et son casting) afin de doucement rentabiliser. Si Claire Foy n’a pas à avoir honte, elle fait pâle figure face à Noomi Rapace (la primeur) et Rooney Mara (la flippe). Le reste n’a jamais autant de temps de présence malgré l’importance supposée de leurs personnages. Le nouveau Mickael Blomkvist (Sverrir Gudnason) a le mérite d’être là, même si on ne sait pas pourquoi, vu le peu d’importance qu’il a. Quant à Camilla (Sylvia Hoeks), rien moins que la sœur de Lisbeth, son manteau rouge vif en dit plus sur son personnage que son interprétation si brève.

Ce qui ne me tue pas

La fille qui brassait de l’air

Mais à part ça, Ce qui ne me tue pas est-il aussi mal confectionné qu’opportuniste ? Non. Pas dans son optique de pur divertissement du week-end. Il fait exactement ce qu’on attend de lui : c’est un polar dans l’air du temps. Du piratage informatique « finger in the nose » à la prescience de l’héroïne, en passant par ses rebondissements téléphonés ou un bon gros surfing sur la vague du MeToo… Le nouveau film de Fede Alvarez est exactement ce qu’on lui a demandé. C’est aussi un tout petit peu plus que ce qu’on en attendait, grâce au talent d’artisan du monsieur, confirmé ici après ses deux premiers efforts. Il émaille ainsi son film de quelques morceaux de bravoure ni trop brefs ni too much, qui auront au moins le mérite de ne pas disparaître de nos mémoires aussi vite que l’interprète de Blomkvist.

A voir avec le temps si Ce qui ne me tue pas initie la nouvelle franchise espérée par le studio. Mais bon, vu le résultat, pourquoi pas, à condition de se fouler pour transformer l’essai.

LES + :

  • Belle photographie et ambiance.
  • Quelques scènes mémorables.

LES – :

  • Dur de passer après Fincher.
  • Un scénario convenu et prévisible.
Publié le Laisser un commentaire

Test PS4 : Shadow of the Tomb Raider « For shadowing only »

shadow-of-the-tomb-raider-alaune

Shadow of the Tomb Raider

Dans Shadow of the Tomb Raider, Lara Croft part en Amérique du Sud pour retrouver une boîte en argent (dont on ne saura rien de plus, vraiment). L’artefact est convoité par la sinistre organisation Trinity, parce qu’il aurait dit-on le pouvoir de changer le monde (comment, on ne le saura jamais non plus). Prouvant dans le prologue qu’elle est plus une touriste suicidaire qu’une exploratrice, Lara déclenche l’Apocalypse maya, en piquant un couteau mystique là où il ne fallait pas. Après avoir provoqué quelques milliers de morts, dont elle ne se remet pas si mal que ça, la gourde se rend au Pérou pour trouver la fameuse boîte maudite. Sinon, ce sera vraiment la fin du monde, à moins qu’elle ou Trinity ne mette la main dessus en premier et refaçonne le monde selon sa volonté…

Sa formule rebootée en 2013, puis affinée en 2015, la franchise Tomb Raider revient pour l’ultime épisode de cette nouvelle trilogie. Excitant ? Ça devrait, mais non. Décevant alors ? Pas complètement mais quand même. Comme avec l’épisode Underworld en son temps, cette nouvelle conclusion à la saga s’embourbe dans une histoire simple et confuse à la fois. Quant au gameplay, il n’exploite proprement aucune de ses nouveautés.

Shadow of the Tomb Raider

Laisse tomb-raid-er…

Shadow of the Tomb Raider nous vient de Eidos Montréal plutôt que l’équipe d’origine. On a donc naturellement tiré à boulet rouge sur les « boulets » de développeurs. C’est vrai, quoi. Ils se sont forcément reposés sur les acquis de la franchise au lieu de chercher à proposer du neuf. C’est vrai et faux en même temps. Ou disons plutôt qu’on sent l’ambition et les talents en présence, mais que le jeu affiche un surprenant manque de finition.

Il ne faut pas s’égarer : techniquement, le jeu est sublime, et le monde proposé est très travaillé. A tel point qu’un carton au début nous avertit que de vrais experts en culture sud-américaine ont travaillé dessus. Quant à l’équipe de développement, elle est « pluriethnique, issue de plusieurs religions, etc. ». Ce n’est pas le nouvel Assassin’s Creed, et pourtant, on nous prévient tout de suite qu’il y a de la recherche et du talent. Et cela se voit dans les multiples notes trouvées sur votre chemin, les langues locales parlées par les autochtones ou encore la beauté et le réalisme renversant des cités perdues traversées. Deux pouces levés, les gars.

Amer d’alors…

Le souci ne vient pas du côté du moteur ni de l’esthétique du jeu. Et ce même si, honnêtement, les animations de Lara ne sont parfois pas aussi bien décomposées que celle de Nathan Drake dans Uncharted. J’ai pu aussi remarquer avoir été confronté une seule fois de tout le jeu au même temps de chargement étrange, ceci toujours en arrivant via un « couloir » en pleine jungle, en l’empruntant uniquement dans un sens et pas dans l’autre ! Boarf, pas de quoi suer, le reste est parfaitement maîtrisé.

Non. Ce qui rend amer, ce sont deux choses. D’une part, un scénario qui recycle toutes les ficelles et rebondissements de Rise…, déjà lui-même complètement calqué sur le premier volet de 2013. A l’époque (test ici), Rise of the Tomb Raider donnait l’impression de faire la même mais en mieux (plus équilibré, plus beau, plus grand et plus varié). Aujourd’hui, Shadow… nous refait strictement la même, mais cette fois, ça le fait moins bien.

Shadow of the Tomb Raider

Histoire (pas) drôle

Rayon scénario, c’est traité par dessus la jambe. On comprend que dans un jeu vidéo, l’histoire est très souvent sujette à raccourcis ou incohérences, tant qu’elles profitent au gameplay. Mais dans Shadow of the Tomb Raider, tout sent le monté vite fait façon Ikea. Déjà le fait qu’on se retrouve en Amérique du Sud, le plus routinier de tous les décors, ce qui nous donne un sentiment de régression depuis les très surprenants royaumes de Yamatai et Kitej.

Mais en plus, sa trame scénaristique ressemble à un beau bordel assemblé à l’envie, depuis le prologue in medias res, qui nous perd sans raison, jusqu’aux méchants de cet opus. C’était bien la peine d’introduire les Trinitaires, mais à la fin de Shadow of Tomb Raider, on a l’impression qu’on avait pas besoin d’eux : que ce soit leur chef aux origines et intentions contradictoires, ou la tension construite autour du gars qui a tué le père de Lara, tout finit de façon anticlimactique et/ou anonyme (j’avais même pas remarqué que le fameux homme de main avait été tué au cours d’une cinématique!). Faire monter la sauce pour rien, c’est nouveau, je connaissais pas.

Quant au final, il copie-colle celui des précédents jeux, mais il s’expédie encore plus vite qu’avant. D’ailleurs, sorti des innombrables quêtes secondaires et autres tombeaux, l’histoire sera la plus courte à finir de toute la trilogie. Et puis comme pour la Source de l’épisode précédent, hein, attendez-vous à ne jamais savoir d’où vient cette foutue boîte ayant le pouvoir de refaire le monde… Bref, si vous jouez pour l’histoire, vous serez peiné.

Shadow of the Tomb Raider : des sensations pas assez extrêmes

S’il fallait résumer l’impression générale ressortant des deux opus précédents, ce serait ça : Tomb Raider 2013 en faisait trop (trop d’action over-the-top, trop de gore, trop de kills etc.), et Rise of the Tomb Raider arrondissait les angles (le même mais en mieux équilibré). Le problème de Shadow of the Tomb Raider, c’est qu’il n’en fait JAMAIS trop. Or, il n’offre déjà pas grand chose de plus.

Shadow… était annoncé comme un épisode noir et un peu plus porté sur la furtivité et l’action. Lara y gagnait clairement des compétences de Rambo et de Predator, capable de s’enduire de boue et de suspendre ses adversaires aux arbres. Mais le côté grisant d’un Splinter Cell ou de la série Batman Arkham ne se retrouve jamais ici. La faute en incombe à des affrontements finalement trop peu fréquents pour pouvoir vraiment s’éclater avec ces nouvelles possibilités, et des ennemis qui vous feront rapidement saigner des gencives dans les modes les plus difficiles.

Shadow of the Tomb Raider

Ça dé-méninge

Concluons au moins sur une note positive : l’exploration et les énigmes. Le cœur de la franchise depuis sa création est heureusement plus travaillé que jamais. J’ai personnellement pris beaucoup de plaisir à arpenter la jungle à la recherche de tous les trésors et tombeaux possibles. Ils vous feront encore plus tourner en rond en mode difficile.

Quant aux énigmes, un mode de difficulté leur est soi-disant dédié. Mais globalement, leur complexité ne vous fera pas trop-trop gamberger. Si vous aimez looter et soulever des leviers, tuer des jaguars (hem) et creuser dans la boue, etc. Shadow of the Tomb Raider est probablement le jeu pour vous.

Shadow of the Tomb Raider

For shadowing only

Shadow of the Tomb Raider n’est pas un mauvais jeu, vous vous en doutez. J’ai même l’impression de tirer dans le dos d’un homme à terre en en parlant de façon aussi négative. Mais la vérité est ce qu’elle est : le jeu a fait des promesses. Et il avait les ingrédients pour être une sombre et flamboyante conclusion à la nouvelle trilogie centrée sur Lara Croft. Malheureusement, il a trop mis l’accent sur son monde et son contexte (magnifiques et travaillés). En conséquence, il n’approfondit pas le contenu et la jouabilité déjà existants.

La saga Tomb Raider est vieille de plus de vingt ans. Or, ce dernier épisode se contente de singer les reboots sans vraies nouvelles idées. Il y avait pourtant de quoi piocher dans les jeux sortis depuis 1996 (j’hallucine : toujours pas de véhicules !? O_o). Comme on dit : « trompe-moi une fois, c’est ma faute, mais trompe-moi deux fois… »

LES + :

  • Les nouvelles compétences de Lara…
  • Une impression de retour aux origines…
  • C’est super beau.
  • Le jeu pousse l’exploration à fond.

LES – :

  • … mais des compétences que le jeu n’exploite pas assez.
  • … mais aussi l’impression de manquer d’imagination.
  • Des méchants en carton.
  • L’histoire tourne en rond.
Publié le Laisser un commentaire

Test PS4 : A Way Out « You’re out ! »

a way outLes seventies, l’époque des pantalons patte d’ef, des coupes afro, et de Vincent et Léo. Tous deux se retrouvent en taule pour deux motifs complètement différents, mais après une rencontre forcée, ils sympathisent. L’un comme l’autre ayant une dent contre un type appelé Harvey, un Scarface à la manque, ils décident de s’évader, puis de tout faire pour dénicher et dessouder ce fumier…

Je n’attendais pas spécialement ce jeu, et c’est pour ça que je n’en parle que maintenant. Je me le suis procuré en occasion, quand je n’avais rien de mieux à me mettre sous la dent. Si son pitch à deux sous laissait augurer une sympathique série B (comme « burnée »), les annonces consultées rétrospectivement m’avaient tout de même intrigué. A Way Out devait se jouer obligatoirement à deux et offrait soi-disant plusieurs façons de remplir des objectifs (à la Hitman). Dans les faits, c’est une autre histoire. C’est même carrément une autre époque.

 « On m’aurait menti ? »

Déjà, A Way Out a l’air vieux. Heureusement qu’il se déroule dans les années 70, car son esthétique vintage camoufle un peu sa technique datée. Mais animations, graphismes, effets (de lumière ou autre), rien ne sauve le soft d’une impression de jeu PS3 upscalé. Encore une fois, vu qu’il ne valait pas cher (j’ai cru comprendre qu’il ne coûtait que 30 € à sa sortie), en qualité de « petit » jeu, on peut lui pardonner. Ce qu’on lui pardonne moins par contre, c’est de ne PAS tenir l’une de ses deux promesses : proposer différents parcours.

a way out

C’est que l’intelligence artificielle est très limitée là-dedans, et les chemins très balisés. Que Léo et Vincent fassent une chose ou inversent les rôles, franchement, avec mon partenaire de jeu, nous n’avons constaté aucun chamboulement. A certains moments, vous aurez certes l’occasion de voter quelle approche adopter. Mais encore plus rarement ces choix vous laisseront réellement réfléchir à leurs conséquences (exemple : traverser un pont blindé de flics ou trouver un autre chemin ?). A part ça, le gameplay est quasi inexistant. L’aventure suit des indices et dialogues si gros que la réflexion ou la tension ne seront jamais présents, sauf dans la dernière ligne droite où les joueurs auront le SEUL choix déterminant à faire de toute l’histoire. Le jeu est si scripté et accessible que des défis, vous n’en aurez jamais. Dommage.

Le split screen, procédé qui a au moins le mérite d’être lisible en plein jeu.

A Way Out, un film avorté ?

Mais on sent dès le départ que l’ambition des concepteurs était de faire du cinéma jouable. Bon courage face à Uncharted ou au dernier Quantic Dreams, les mecs. C’est sans doute pourquoi la communication s’était essentiellement axée sur le « deux-joueurs obligatoire » et la pluralité des parcours (insignifiante, donc). Et puis oui, pad en mains, A Way Out est bien ce qu’il promet : une bisserie au concept sympa mais qui n’apporte rien.

a way out

Sur le plan de la mise en scène au moins, A Way Out n’a rien à se reprocher. Le découpage des phases de jeu via split screens n’y est souvent qu’un coup de bluff (voir la très bonne intro dès l’arrivée à la prison) mais l’action par ce biais reste toujours lisible et bien cadrée. Les courses-poursuites nous réservent quant à elles quelques beaux chassés-croisés aux influences évidentes. Sans parler du dénouement, qui rejoue Michael Mann avec la subtilité d’un Michael Bay.

a way out

Ghost writer

Donc, A Way Out en gros : technique vieillotte mais style sympa. Il ne restait plus que l’écriture pour espérer relever tout ça. Malheureusement, l’intrigue se perd dans un monde de clichés hérités du ciné des seventies, et non des vraies années soixante-dix. Léo et Vincent sont réduits à des caricatures tant dans leurs looks que leurs attitudes.

Il en va de même pour l’ensemble de leurs relations et univers. L’un a une femme enceinte qui lui en veut, l’autre essaie de se reconnecter avec son rejeton. L’infâme Harvey (antagoniste en carton) est le plus pourri de tous les pourris du monde des pourris. Les hommes de main comme la police visent comme des stormtroopers. Les trahisons et retournements sont tous plus prévisibles les uns que les autres, y compris la fin qui, rappelons-le, propose le SEUL choix influant de l’histoire.

a way out

En fait, vous savez à quoi j’ai songé durant tout le jeu ? A un autre jeu, bien plus vieux celui-là. Ressortez donc votre PS2 et rejouez à Obscure (I ou II). Je n’ai pas arrêté d’y repenser tout du long, et il y a une raison. Ces survival horror inspirés de Buffy et des teenage movies horrifiques des 90s sont tout aussi cliché que A Way Out. Mais ils étaient déjà jouables à deux, et la découverte, le fun qu’ils procurent sont toujours bien réels, et totalement en phase avec le genre abordé. Bref, même là, les aventures de Vincent et Léo n’ont pas inventé l’eau tiède.

a way out

A way out : the wrong way ?

A Way Out est un bon plan si vous l’achetez cinq balles pour jouer une poignée de soirées à deux, encore plus si votre chérie n’a jamais tenu un pad de sa vie. A part ça, il ressemble au fantasme d’un cinéphile uniquement motivé par l’idée de refaire sans valeur ajoutée ce qu’il a connu et aimé (Tango & Cash, Scarface, Old Boy, Heat…). Il aurait mieux valu soigner ses personnages, son histoire, ses enjeux, l’attachement du joueur… Ce que font très bien Uncharted ou Detroit en fait, tout clichés soient-ils.

a way out

Mais si A Way Out est dirigiste, facile, peu original, rappelons qu’il s’agit d’un petit budget. Et il est plus amusant à jouer pour un cinéphage, qui verra plus d’un faux raccord gênant et des problèmes de continuité. Le plus drôle pour ma part restera une course-poursuite apocalyptique à mi jeu avec toute la police des USA. Après un crash, nos héros finissent d’y échapper… en barque, en ramant ! Et ils y arrivent car, euh, la police a peur de l’eau, il faut croire. Comme quoi, la suspension d’incrédulité, c’est pour les diplômés.

LES + :

  • Un langage cinématographique maîtrisé.
  • L’obligation de jouer à deux permet de rigoler avec ses potes ou sa moitié, une bière à la main.
  • Les références, on ne peut pas les louper, encore moins quand on aime le ciné.
  • Le jeu ne coûtait pas cher en sortant, et il coûte encore moins cher maintenant.

LES – :

  • Techniquement dépassé.
  • Publicité mensongère. Du coup…
  • Il n’y a presque aucun embranchement déterminant. Du coup…
  • Rejouabilité zéro. Du coup…
  • Préférez-lui la concurrence : Uncharted pour le côté serial, Detroit ou Until Dawn pour leurs intrigues aux choix vraiment importants, ou même Obscure I & II (sur PS2 !) pour le fun du jeu en coop.

Sinon, dans le pire des cas, faites une partie de Pong ou un puissance 4…

Publié le Laisser un commentaire

Test PS4 : God of War « Prendre de l’âge ne rend pas plus sage… »

God of War 2018

Des années ont passé depuis God of War et la chute de l’Olympe. Dans les lointaines contrées nordiques de Midgard, Kratos, le demi-dieu génocidaire, brandit sa hache pour… couper du bois. Il en a besoin pour brûler le corps de sa compagne récemment décédée, et sur l’autel de laquelle prie Atreus, leur fils chétif et déboussolé. Les restes n’ont pas le temps de refroidir qu’un hipster tatoué et tout sec vient tambouriner à la porte. Pas très stable mentalement, le mec réclame au spartiate « ce que tu sais ». Parce que les non-dits, c’est énervant, surtout un jour de deuil, Kratos le désosse malgré ses vieux os. Comme si de rien n’était, il part ensuite avec son fils en pèlerinage. Leur but : atteindre le plus haut sommet du royaume pour y répandre les cendres de la défunte, ainsi qu’elle le voulait. Bien sûr, la visite du teigneux n’était que le premier obstacle d’une quête père-fils qui va passer de tumultueuse à barbare. Les Neuf Royaumes vont trembler…

Il fallait laisser le soufflé retomber un peu avant d’aborder God of War 2018. La presse s’était montrée exagérément dithyrambique, et on sait qu’il faut toujours se méfier d’un excès d’enthousiasme par rapport à un jeu sorti tout chaud du four. Et puis voilà, deux mois après, la hype est retombée. Alors que faut-il conclure du retour du fantôme de Sparte ?

God of War_2018_0C’est loin, mais c’est beau !

God of War : une histoire de vieux

C’est intéressant de voir le jeu vidéo se pencher de plus en plus sur le vieillissement de ses icônes. Le monde du cinéma nous a déjà fait le coup dans la première moitié des années 2000, avec un retour de vieilles gloires pour des résultats plus ou moins discutables (Rambo 4, Rocky 6, Indiana Jones 4) ou détestables (Terminator 5, Die Hard 4 & 5). Si les jeux vidéo ont créé des franchises populaires à la peau dure, comme God of War donc, c’est en puisant dans ce même cinéma de genre. Mais ils étaient parvenus à développer leurs propres mythologies et univers.

Mais ce faisant, ils allaient devoir se heurter à la douloureuse question de l’évolution. « Et après ? » peut-on se demander après dix ou vingt ans de bons et loyaux services. Avec la maturité vient l’épineuse question du vieillissement, de la fin des choses. Une fin que les producteurs de films comme les éditeurs de jeux repoussent toujours, de crainte de tuer la poule aux œufs d’or. C’est d’ailleurs pourquoi trois épisodes sur six avaient préféré revenir en arrière (des prequels) plutôt que raconter la suite des aventures de Kratos.

God of War_2018_1Tu oublies qui tient la hache, pépère…

Les héros de Resident Evil sont encore relativement jeunes dans le canon officiel, mais pour combien de temps encore ? S’il faut rendre nos héros humains, s’il faut nous attacher à eux, il faut également, un jour, leur dire adieu. Nathan Drake (Uncharted) n’est pas Mario, il vit dans un monde certes pas réaliste mais plus en phase avec notre monde, celui des vivants, que celui de la fantaisie. Et vieillir est dans l’ordre naturel des choses.

De plus en plus ces dix dernières années, les cas se sont multipliés : Solid Snake (Metal Gear Solid 4), Sam Fisher (Splinter Cell Black List, et plus récemment dans un DLC du dernier Ghost Recon), Marcus Fenix (Gears of War 4) etc. Beaucoup de nos héros ont eu l’occasion de vieillir, pour le meilleur comme pour le pire, avec l’idée de passer le flambeau ou de conclure leur épopée (avant un reboot ?).

God of War 2018_2Dans cet épisode, Kratos est usé, rincé, lessivé… et ça se voit.

La saga God of War leur emboîte le pas, flanquant Kratos d’un garçon dont on ne sait rien, puisque de l’eau a coulé sous le ponts depuis God of War III. Et le premier choc est là : on sent le poids des ans écraser ce « pauvre » fantôme de Sparte. Dès les premières secondes, sa trogne furieuse et ses yeux plissés ont laissé la place à une mine fatiguée, une barbe sale et un regard de cocker.

On jurerait qu’il porte le malheur du monde sur ses épaules. Avec une femme décédée et un fils distant sur les bras, on peut le comprendre. Mais en connaissant en plus le bagage du personnage (il a détruit l’autre hémisphère et massacré sa lignée), la disparition de sa hargne au profit d’une telle fatigue nous touche.


« Euh… Salut… »

Dans God of War 2018, Kratos nous fait le même effet que de voir la légende Clint Eastwood diminuée et affaiblie dans le film Impitoyable (1992 et 4 oscars). Une lassitude qui se ressent jusque dans les déplacements lourds mais toujours agiles du demi-dieu, et son incapacité dorénavant à sauter autrement qu’en action contextuelle.

Fort heureusement, Kratos retrouvera le feu sacré à mi-jeu, au détour d’une longue séquence hallucinatoire au monologue rappelant Rambo 4, soit un autre papy qui envoie du bois. Pour en finir avec la comparaison ciné, ce dernier opus se paie l’audace de se dérouler intégralement en plan séquence, pour ne rien manquer des difficultés du pépé à soulever, cogner et gérer sa paternité.

God of War 2018_3Ce petit teigneux va bien vous agacer…

Une vieille histoire

Concernant le déroulement du jeu, oui, le nouveau God of War reprend ce qu’il y a de mieux. Il n’a rien inventé mais tout ce qu’il fait, il le fait très bien. Sa narration et son binôme (cliché, mais ce n’est pas une surprise) reprend totalement The Last of Us. Sa vue bloquée par-dessus l’épaule et ses QTE rappellent les derniers survival horror (The Evil Within, Resident Evil) et son système de combat emprunte aux beat em all récents (Darksouls, Bloodbourne). Quant à son système de craft des compétences et équipements, il a de quoi donner le tournis.

Grâce à des nains forgerons rencontrés à intervalles réguliers, Kratos et Atreus peuvent dépenser leur argent et XP en nouvelles magies, pièces d’armures, renforcement etc. C’est riche, très riche… peut-être trop par rapport aux anciens jeux. Il paraît que dès le day one, les développeurs ont sorti un patch pour moins se perdre dans les menus. Même deux mois après, votre serviteur trouve que c’est encore bien fouillis !

Un duo qui tabasse

Question plaisir de jeu, les décors de God of War sont hallucinants de beauté, et les combats font ressentir à chaque coup la puissance du dernier spartiate. Le jeu est maigre rayon armes (seulement deux), mais le maniement de la hache de Léviathan et sa personnalisation vous permettront de tester moult façons de combattre. Sans parler des combinaisons avec votre fils Atreus, dont les attaques à l’arc s’agrémenteront très rapidement de magie ou de prises au corps à corps, pour empêcher de vous retrouver submergé.

Bref : tout est violent, souple et bien pensé. On regrette juste des finish moves moins diversifiés qu’avant. Enfin, le monde, s’il est grand, n’est pas exactement ouvert ni capable de rivaliser avec des références comme Horizon Zero Dawn. Il en a quand même à revendre niveau quêtes annexes. Prenez votre temps et faites-en la plupart, afin de bien booster votre équipement, de profiter des dialogues archinombreux entre Papa et fiston, et bien sûr de vous régaler les yeux.

Affronter les Valkyries : une quête annexe qui vous en fait voir de toutes les couleurs.

Par contre, rayon boss, c’est la diète ! Si les derniers God of War tournaient un peu en rond, ils proposaient à intervalles réguliers des affrontements contre des monstres ou personnages mythologiques affolants de classe ou de gigantisme.

Ici, des machins énormes, il y en a pourtant une pelletée, mais vos Némésis se résument à un barbu maigrichon, un duo de culturistes au QI d’huître, quelques dragons de ci de là, et une douzaine de Valkyries si vous avez des tendances suicidaires. Le reste du jeu se bornera à recycler les mêmes adversaires, en variantes de feu, de glace ou de poison. Un « minimum » sans doute justifié par l’intention évidente de ne pas en rester là…

L’histoire sans fin

Parce que God of War 2018 en garde volontairement sous le coude pour lancer une nouvelle série de jeux ! A tel point que le rythme de celui-ci vous fera fréquemment craindre qu’il va brutalement se terminer. Une révélation, un lieu secret, un rebondissement et vous pouvez vous dire « oh non, pitié, n’arrêtez pas comme ça ! ». Tout est fait dans la progression pour laisser planer un doute constant sur la « vraie » conclusion de votre quête :

  • L’absence de boss vraiment monstrueux ou mémorables, donc.
  • Votre incapacité à accéder à l’intégralité des Neuf Royaumes d’Yggdrasil. L’action ne se passe pas qu’à Midgard (monde des hommes), grâce à un chouette portail dimensionnel. Pourtant plusieurs dimensions comme Asgard resteront verrouillées, même après la fin de l’aventure. Frustrant.
  • Un final lent, beau et merveilleux, mais également un bel appât à suite.
  • Le final après le final ! Si vous n’en avez pas eu assez d’être pris pour un pigeon, rentrez chez Kratos pour vous reposer. Vous profiterez alors d’une visite surprise. Cette dernière cinématique « made in salopard » a deux effets. Un : elle accentue votre impatience de voir la suite. Deux : elle vous déçoit davantage de n’avoir pas vécu ce moment dans le jeu que vous venez de terminer.

God of War 2018_7L’une des nombreuses portes vers les royaumes d’Yggdrasil.

Prochainement, dans God of War…

God of War 2018 est bien un titre d’excellence. Sa puissance évocatrice, ses images sublimes, sa musique fabuleuse (je n’ai rien entendu de tel depuis Conan le Barbare), son gameplay rodé ainsi que la richesse de la mythologie nordique en font un digne renouveau de la licence. C’est juste dommage qu’il n’ait rien inventé. Pire, tout ce qu’il a d’épique et de grandiose est entravé, retenu par cette nécessité commerciale de pondre une suite.

Le jeu aurait pu proposer une aventure gargantuesque et définitive. Mais avec l’impression grandissante de jouer à un préambule, j’avais encore plus peur de me rapprocher de la fin. Et ce car je savais que j’en voudrais plus. C’est une qualité, non ? Vu le savoir-faire étalé, ma déception est justifiée et un peu pardonnée. Maintenant, dépêchez-vous de sortir la suite, s’il vous plaît !

LES + :

  • La direction artistique est à tuer.
  • La musique est divine.
  • Kratos est vivant et cogne encore plus fort qu’avant. Et l’ajout de son fils a une réelle importance, tant pour l’évolution du personnage que pour le gameplay.
  • La mythologie nordique est bien (ré)utilisée.
  • L’univers s’ouvrant aux autres cultures, les possibilités pour l’avenir font saliver.

LES – :

  • Pas assez de boss marquants.
  • Finish moves peu variés.
  • La retenue du jeu déçoit (alors qu’il est déjà très spectaculaire).
  • Le menu de personnalisation est trop riche. Prenez une boussole avant d’essayer d’associer un pouvoir au charme couplé à l’avant-bras de votre armure… (Atreus est heureusement moins compliqué à gérer.)
  • Je veux la suite !

God of War 2018_12« Un jour, fils. Un jour… »

Publié le Laisser un commentaire

Critique : Skyscraper « Dans les pompes de The Rock ! »

SkyscraperWill Sawyer (The Rock) est un ancien agent du FBI amputé de sa jambe gauche suite à une opération qui a foiré il y a dix ans. Devenu depuis papa et consultant, son pote Ben (Pablo Shreiber) lui décroche la mission de contrôler les systèmes de sécurité du Pearl, un immeuble super méga géant récemment terminé au cœur de Hong Kong. Problème : tandis que sa famille se trouve à l’intérieur, des terroristes aux accents hilarants prennent la tour et y mettent le feu. Leur objectif : coincer dans son penthouse Han (Zhao Long Ji), grand patron des lieux, afin de lui extorquer un précieux McGuffin. Pénétrer dans l’immeuble en flammes ne sera pas facile pour Will. En sortir avec les siens encore moins…

Attention au piège, avec Skyscraper

Cette année sonne les 30 ans de Die Hard/Piège de Cristal, le meilleur film d’action de tous les temps. On n’a donc rien trouvé de mieux que sortir Skyscraper, un film avec The Rock (!?) racontant de prime abord la même histoire : un mec dans une tour affronte des terroristes, avec une famille à sauver. Mais si Piège de cristal était une variation de La Tour Infernale, l’incendie remplacé par des terroristes, Skyscraper ne s’embête pas : il mélange les deux à la fois ! Pour enfoncer le clou, un mythe tenace avance que Piège de Cristal devait d’abord devenir la suite de Commando avec Arnold Schwarzenegger (spoiler = en fait non). Finalement, la star fut Bruce Willis et le film lança une nouvelle ère de héros d’action plus crédible et réaliste. Aujourd’hui, le cycle revient donc aux origines avec Dwayne Johnson dans la peau de « l’everyday man » censé sauver le situation. Absurde ou bien… ?

SkyscraperLe Pearl, gigantesque bordel numérique tenant lieu de décor principal.

Dans son exécution, Skyscraper ressemble à la combinaison improbable entre le sympathique White House Down, Die Hard à la Maison Blanche réalisé par Roland Emmerich, et le regrettable Independence Day 2, pour son côté catastrophe et la mise en avant d’un casting d’ascendance asiatique. Ajoutez la surabondance d’effets et décors numériques à cause d’un building futuriste qui n’existe pas, et on tient le blockbuster moderne dans toute sa splendeur : creux, synthétique, vain et sans surprise. Sauf que…

Surprise !

Je m’attendais à basher le bousin et à l’appeler Skycrapper, tout en espérant quand même avoir mon quota de « Rockattitude ». Parce que oui, j’adore The Rock, peu importe dans quel machin il apparaît. Je dirais même que sa présence peut limiter la casse si on veut au moins passer un bon moment. Doom, Jumanji 2 ou encore Fast and Furious 8 ont beaucoup emprunté au mojo du gaillard malgré leurs gros défauts. Et là, surprise : The Rock est… crédible toute proportion gardée. S’il est physiquement l’anti-John McClane, l’ancienne star du catch arrive à rendre sympathique son personnage et à lui donner des réactions à l’opposé de son show habituel de Terminator à punchlines.

SkyscraperThe Rock en « M. Tout-le-monde » est l’une des étonnantes surprises du film…

Encore plus fort : les moments les plus over the top vendus dans la bande-annonce sont probablement les plus tendus du film. Si les circonstances sont exagérées, le personnage de Sawyer est comme celui de McClane. Il est débrouillard et fait les trucs les plus dangereux car n’ayant pas le choix ou étant pressé par l’urgence. Will ne veut pas sauter d’une grue à un immeuble parce qu’il le peut, ni pasticher Mission : Impossible 4 en bandant ses mains de chatterton (hahaha). Mais dans les circonstances (ou excuses) données par le film, il n’a pas le choix et craint pour sa vie. Ayant personnellement peur du vide, ces moments m’ont mis la pression malgré moi, en plus de mettre en scène un type sympathique. Pas parce qu’il s’agit de The Rock, mais parce que pour une fois, aussi balisé soit-il, son personnage a des failles, des peurs et des objectifs auxquels s’identifier.

Par ailleurs, si l’on croit que le film va nous vendre le type de héros habituel hanté par son erreur passée (cf. la fameuse intervention qui lui a coûté sa jambe), le film retourne ce cliché. Sans cet accident, Sawyer avoue lui-même qu’il n’aurait jamais rencontré sa femme ni eu ses enfants. Un discours optimiste inhabituel sorti de la bouche même du héros. On aimerait peut-être l’entendre plus souvent à une époque où se culpabiliser et s’enliser dans la noirceur devient courant.

SkyscraperNeve Campbell (plus connue pour Scream) joue la femme de Will.

Pour la chute

Il ne faut pas non plus croire aux miracles : Skyscraper est un hymne aux films débiles des eighties avec la production value grotesque des blockbusters modernes. Il reste dans la veine d’un White House Down : nostalgique et pété de thunes, il a l’air synthétique à 85%. Ses rebondissements sont soit clichés soit empruntés, non sans humour. Certaines idées sont même totalement absurdes ou hors propos, comme la confrontation finale dont le décor n’a aucune justification à part être cool.

Et comme d’autres gros projets coproduits par la Chine, il met bien en avant les acteurs (et le public !) asiatiques. J’hésite à dire « chinois » car on demeure à Hong Kong, terrain soit neutre soit trouble pour dire que justement, on n’y est pas tout à fait mais quand même. Quoi qu’il en soit, Skyscraper accomplit déjà deux prouesses : m’avoir procuré quelques frayeurs et m’avoir fait croire que The Rock pouvait être un gars comme moi.

LES + :

  • The Rock est crédible.
  • Certaines notions de base (et essentielles) du genre refont surface après dix ans de coma.
  • Certaines scènes m’ont fait frissonner malgré moi.

LES – :

  • C’est bête.
  • Beaucoup, beaucoup de numérique.
  • Ça reste un spectacle terriblement commun pour un blockbuster de la fin des années 2010.
Publié le Laisser un commentaire

Critique expresse : Sans un bruit « On se tait, s’il vous plaît ! »

sansunbruit-alaune

sans-un-bruit_poster.jpgDans un futur proche, un météore s’est écrasé sur Terre, amenant avec lui une nuée de sales bêtes très agressives. Le point fort de ces vacheries ? Elles sont ultra sensibles au bruit, et foncent sur tout ce qui crie, parle, couine, gémit, soupire, etc. Avec une société comme la nôtre, normal qu’on se soit fait exterminer en deux mois, à part quelques survivants bien organisés vivant à la campagne. C’est le cas des Abbott, couple avec trois deux enfants dont la vie maintenant dépend du moins de bruit qu’ils peuvent faire. Pas facile quand Madame est en cloque et que le premier incident malheureux attire l’attention des prédateurs de la région…

Sans un bruit n’est pas absolument parfait, mais il s’approprie les codes du film d’horreur et déroule son cahier des charges avec une minutie louable et un talent sans faille. Il s’agit du second long métrage réalisé par John Krasinski, M. Abbott dans le film et véritable mari d’Emily Blunt à la ville. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son précédent film, La Famille Hollar (comédie dramatique sortie en 2016) n’avait strictement rien à voir ! Chance du débutant ou non, la réussite du monsieur mérite d’être saluée.

Sans un bruit s’autorise un peu

A cause de son concept un peu trop exigeant, Sans un bruit semble parfois faire entorse à ce dernier (par exemple en faisant tantôt attention de marcher sur des feuilles mortes, puis plus tard non). Et dans les moments de tension, si les bestioles sont à ce point sensibles au bruit, il arrive des fois où le spectateur se dit que les héros ont trop de pot, à moins que leurs prédateurs soient finalement sourds… comme des pots. Mais le genre horreur est très permissif du moment que l’efficacité est là. Et elle est là, « mais ».

Sans un bruit

Tout appliqué soit-il, le seul vrai défaut de Sans un bruit réside dans son impeccable déroulé. En excellent élève, John Krasinski emprunte aux meilleurs, Shyamalan (celui des débuts) et Spielberg en tête (les saloperies à l’ouïe fine rappellent autant les raptors que Gremlins). En revanche, hormis un ou deux jump scares efficaces, le film ne parviendra jamais (après ses dix premières minutes du moins) à vraiment surprendre ni à faire grimper à fond le trouillomètre. Et c’est la faute de ces règles correctement assimilées et suivies, qui ne sauraient duper un spectateur habitué du genre.

Une série B méritante mais pas transcendante

Sans un bruit mérite le coup d’œil pour être un excellent divertissement, grâce à sa mise en scène, son concept et ses personnages. Mais aussi, c’est une interrogation sur les difficultés, les responsabilités voire la nécessité d’être parents dans un monde de moins en moins accueillant pour les prochaines générations, avec lesquelles il est devenu presque aussi difficile de communiquer que pour les personnages du film.

Certes, notre Terre n’est pas un tel cauchemar à vivre que dans le film, mais beaucoup de problèmes liés au rapport parents-enfants demeurent pertinents une fois déplacés dans la réalité (le deuil, l’autorité remise en question, la difficulté à échanger, etc.). C’est une autre habitude que Sans un bruit reprend très bien à son compte : transposer en les simplifiant (et en amplifiant leur évidence) les problèmes ou questionnements de notre temps.

LES + :

  • Une intro efficace.
  • Le film est un excellent élève, qui sait ce qu’il fait et le fait très bien.

LES – :

  • Une intro rarement égalée ensuite.
  • Le film ne surprendra presque jamais les spectateurs les plus habitués du genre.