Jack Mimoun (Malik Bentalha), c’est le Bear Grylls du pauvre. Devenu célèbre après avoir survécu seul sur l’île de Val Verde, il est aujourd’hui la star d’une émission de survie où il mouille à peine la chemise. Il se voit alors proposer une expédition par une belle historienne, Aurélie (Joséphine Japy). Problème : à son insu, elle le ramène sur l’île maudite. Grâce au talent de Jack pour la survie et à sa connaissance des lieux, la miss espère retrouver la trace de son père disparu des années plus tôt, à la recherche du trésor du pirate La Buse. Jack a beau être un bras cassé, il n’a pas le choix. Il va devoir guider la demoiselle, entrainant dans son sillage son manager (Jérôme Commandeur), ainsi que le mercenaire Bastos (François Damiens). Mais les secrets de Val Verde cachent de nombreux dangers…
On y croyait, quand Malik Bentalha annonçait vouloir rendre hommage à tous ces films ayant bercé notre enfance. Ses inspirations vont des Goonies aux jeux Uncharted, en passant par Indiana Jones et À la poursuite du Diamant Vert, pour ne citer que les plus évidents. (Notons au passage que le Val Verde est à la base un pays fictif, patrie des méchants de Commando et 58 Minutes pour vivre. Je suis forcément sensible à une si douce attention.)
Il faut reconnaître que le comédien/co-réalisateur et ses scénaristes sont bons élèves. Jack Mimoun et les secrets de Val Verde sent bon la nostalgie, mêlée à un humour de stand-up plutôt bien intégré… la moitié du temps. Au moins, on évite le piège de la simple comédie française prenant place dans un cadre exotique. Mais au lieu d’une comédie d’aventure dans la lignée des modèles américains du genre, le mélange a encore du mal à prendre. Le film alterne plus souvent comédie et aventure, au lieu de mixer efficacement les deux au fil de son intrigue.
On est là pour rire
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est humble, sincère et ne se prend pas la tête. Il ne nous vend rien de plus que ce qu’il promettait. Le casting en dit long sur ce qui nous attend. Dans leurs registres respectifs, on ne s’étonne pas que celui qui tire le mieux son épingle du jeu soit François Damiens. Jean-Marc Bastos est aussi bas du front que son nom le laisse supposer. Ses réflexions, ses maladresses et son attitude transpirent la bêtise avec un naturel bluffant.
Joséphine Japy est également très convaincante en idéaliste volontaire. Commandeur fait son numéro, ce qui n’est pas une critique, et j’avoue avoir eu du mal à reconnaître Malik Bantalha (« pourquoi t’es gros ? » lui balance un gosse dans les premières minutes). N’en oublions pas Benoît Magimel, lui aussi crédible en aventurier arriviste.
Dommage que Jack Mimoun et les secrets de Val Verde ait surtout les moyens de faire dans la comédie. Il est moins convaincant dans le registre du cinéma d’aventure.
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde : chacun de son côté
Pour le côté « comédie française », on est bien servi, surtout en Bastos. Par contre, les vraies bastos manquent parfois un peu. Dès que la troupe arrive sur l’île de Val Verde, leurs aventures se résument à un trek en pleine nature, sans véritable antagoniste, ponctué de saynètes se voulant drôles mais peu passionnantes.
Le rythme du film en pâtit sévèrement dans son deuxième tiers. Pendant que la comédie se taille la part du lion, l’aventure se fait petite. On a souvent tantôt l’aventure, tantôt la comédie, mais rarement la combinaison harmonieuse des deux (contrairement à À la poursuite du Diamant Vert, par exemple). On rigole quand même vraiment, parfois, comme lors de la scène des champignons, ou la chute de celle avec l’avion.
Mais ceux qui veulent des galions pirates et des courses-poursuites démentielles, revoyez vos ambitions à la baisse. Ici, on a surtout un pont suspendu en polystyrène, et une grotte en plâtre décorée comme un escape game. Malgré cela, on peut éprouver un plaisir enfantin à découvrir (enfin !) le repaire du pirate La Buse, d’autant que tout le monde joue ce moment avec une sincérité et un plaisir communicatifs.
Redite, pour voir ?
Enfin, il y a le piège de l’hommage appuyé. Quand on disait que Bantalha était bon élève, il n’est pas seulement cela. Les érudits remarqueront que chaque scène n’est pas juste empruntée, mais réellement reprise de telle ou telle œuvre majeure du genre (Jurassic Park, Benjamin Gates, encore les jeux Uncharted, etc.).
Jack Mimoun et les secrets de Val Verde est si gorgé de références qu’il menace toujours de perdre son charme, pour se résumer à un jeu de devinettes filmiques. Cela dépend probablement de la cinéphilie de chacun, et de votre degré de tolérance à la redite. Le piège est de finir par tourner le genre en dérision au lieu de lui rendre hommage. Votre serviteur trouve que ça passe de justesse.
Tout de même, l’esprit bon enfant et l’envie de bien faire m’ont procuré du plaisir. Regarder Jack Mimoun et les secrets de Val Verde m’a davantage intéressé que Le Secret de la Cité Perdue ou Uncharted. Au point d’être assez curieux pour voir une suite, teasée à la fin de l’aventure. Espérons-la plus ambitieuse. À supposer qu’elle arrive vraiment un jour…
LES + :
Une comédie d’aventure française qui fait des efforts dans l’aventure.
Un casting qui fait plaisir.
Des gags qui marchent souvent.
LES – :
Comédie et aventure préfèrent souvent faire chambre à part.
Sans surprise, rayon aventure, le film n’a pas (encore ?) les moyens de ses ambitions. Peut-être dans une suite ?
Casey Ryback (Steven Seagal), le spécialiste en coulis de vertèbres, monte à bord du train Grand Continental avec sa nièce rebelle, Sarah (Katherine Heigl). La pauvre n’a plus que lui pour seule famille, après la mort de ses parents. Malheureusement, elle en veut à Tonton parce que son père et lui se sont brouillés il y a longtemps. C’est alors que le train est attaqué par l’armée privée de Penn (Everett McGill), pour le compte de Dane (Eric Bogosian). Le plan de ce dernier ? Détourner Grazer-One, un satellite pouvant provoquer des tremblements de terre. Le Grand Continental est devenu une forteresse mobile totalement indétectable, le temps de mettre en vente Grazer au marché noir, et en prime, de « rayer Washington de la galaxie ». Si Ryback veut faire la paix avec sa nièce, il va devoir sauver les otages de ce piège à grande vitesse…
« Pourquoi ? »
Après Bullet Train, j’ai eu envie de revoir des films prenant place à bord de trains, en partie ou totalement. Il faut dire que j’adore ça (cf. Deadline,Guerre intérieure). Certaines des plus grandes scènes d’action et de suspense prennent place à bord d’un train. Les prudents citeront la scène mythique de L’Orient Express dans Bons Baisers de Russie. Moi, j’avoue être un inconditionnel du final barjo de Mission : Impossible par Brian De Palma.
En revoyant Piège à Grande Vitesse, supposé nanar, il s’est produit quelque chose de curieux. Je l’ai remis dans mon lecteur une dizaine de fois en cinq jours. Pourtant, quand je l’avais vu ado, je l’avais trouvé mal fait. Quand je l’ai revu jeune adulte, je l’ai bien aimé. En le revoyant aujourd’hui, désormais érudit en films d’action, je le trouve génial. Mais pourquoi ?!
La citation qui tue
(Ryback, après avoir déboité la tête d’un méchant dans le wagon restaurant : )
Je suis imbattable dans une cuisine !
Au creux de la vague
Rejeton de la vague des « Die Hard-like », la suite de Piège en Haute Mer sort en 1995. Elle ne casse pas des briques au box office. C’est déjà la fin de l’âge d’or pour ce sous-genre, qui ne compte souvent que sur son contexte pour innover. La même année, la saga à l’origine de cette vague avait pourtant elle-même évolué dans Une Journée en Enfer – Die Hard 3. De son côté, Van Damme raclait les fonds de gamelle avec l’improbable Mort Subite, son Piège de Cristal dans une patinoire.
Certes, Rock de Michael Bay sortira l’année suivante pour le succès que l’on sait. Mais on peut dire que la hype mourra en 1997, avec les sorties peu enthousiasmantes de Air Force One et surtout, de Speed 2. Depuis, la flamme perdure occasionnellement, mais il faut voir le résultat (Skyscraper, La Chute de la Maison Blanche).
Pas Seagal que ça
Au milieu des années 1990, on en avait soupé des émules de Die Hard. Mais Steven Seagal était aussi sur le déclin. Si Piège en Haute Mer a été son plus gros succès en 1992, sa suite représente la véritable apogée de sa carrière. La star ne refera plus jamais de si gros film, hormis Ultime Décision en 1997, dans lequel il n’occupe qu’un second rôle. Il n’en fera plus non plus d’aussi fun, ou en tout cas, de ceux dont on ne se moque pas.
Les connaisseurs disent souvent que Piège en Haute Mer est le meilleur des deux. Il faut rétablir la vérité sur le premier film, même si on trouve à la barre Andrew Davis, futur réalisateur du Fugitif. Under Siege, en VO, regorge de facilités, de prétextes et de trous scénaristiques. En plus, il est monté à la truelle, à tel point que les faux raccords se multiplient et qu’on ne sait jamais qui est où sur ce satané bateau, y compris pendant les échauffourées. La BO est particulièrement insipide, et le tout se prend plutôt au sérieux malgré deux méchants en totale roue libre (Tommy Lee Jones et Gary Busey, inoubliables). À cause de son exécution, le plus gros carton de Seagal est finalement plutôt mou et assez quelconque.
Ce n’est pas le pire film d’action du monde, mais on a déjà vu mieux. À commencer par sa suite, malgré tout ce qu’on lui envoie dans la tronche. C’est peut-être à cause du pédigrée peu flatteur du réalisateur remplaçant, Geoff Murphy (coupable plus tard du terrible Fortress 2). Piège à Grande Vitesse est considéré comme un nanar, au point qu’il a droit à sa rubrique dans les pages de nanarland.com. Il y a des raisons à cela, mais sont-elles suffisantes ?
Les bas qui blessent
Au début des 90s, Seagal est comme Stallone ou Van Damme, il est une marque. Mais en plus, il est une parodie de lui-même. Ce ne sont pas ses qualités d’acteur qu’on retient. C’est le personnage public : son inexpressivité, sa voix chuchotante, sa pratique de l’aïkido et sa philosophie à deux sous. Et depuis Terrain Miné l’année précédente, il vient juste de s’engager sur la pente qui en fera une caution nanardesque à lui seul.
S’il n’y avait que ça ! Parce que Monsieur s’est fait une réputation de feignasse mégalo, adepte d’en faire le moins. Et ça se voit dans Piège à Grande Vitesse. Il n’apparaît presque toujours qu’en gros plans ou en plans rapprochés, parfois seul devant une projection. On voit donc souvent sa doublure, quitte à ce que ce soit d’un peu trop près, crapahuter sur les toits ou filer des coups de latte à sa place.
Piège à Grande Vitesse coche aussi toutes les cases de l’actioner post-Piège de Cristal. Ryback doit sauver sa nièce au lieu de sa femme, passe par des conduits d’aération qui n’existent pas, et se coltine un sidekick afro à grande gueule. (On rigole aussi, dans un décor si linéaire, qu’il ne se fasse jamais remarquer en courant sur les toits, ni quand il prépare un cocktail explosif au wagon bar, pourtant juste en dessous du QG des méchants.) Et forcément, les autorités sont nulles ou impuissantes parce que Kamoulox !
Parlons enfin des effets « spéciaux ». Leur qualité faisait déjà débat en 1995. Il y en a pour tout le monde : stockshots de la NASA et de l’US Air Force, projections évidentes (parfois, ne défilant pas à la bonne vitesse), images de l’espace et de Grazer indignes d’une cinématique sur PS One, maquettes aux filins voyants, accélérés fâcheux sur les clés de bras de Sa Feignasse sérénissime, ou encore, mannequins et prothèses bien visibles.
Pourtant, on est sur de bons rails
Malgré tout cela, Piège à Grande Vitesse est authentiquement fun. Comment ça se fait ?
D’abord, en le remettant à nouveau dans son contexte, à savoir, le milieu des années 90. On dirait un fantasme de geek ultime, une fan fiction dégénérée qui ne s’autorise aucune limite. Les terroristes sont inutilement si nombreux qu’on croirait qu’il y en a plus que de passagers. Avec leurs looks respectifs, Dane et Penn forment un duo improbable, l’association de Patrick Bruel avec Nikolaï du jeu Resident Evil 3.
Dans les faits, nous avons un pirate informatique bien plus efficace à l’écran que dans les futurs Die Hard 4 et Speed 2, et son chien de garde psychopathe, absolument sans pitié mais doté de quelques traits d’humour bienvenus. Quant à leurs mercenaires, ils ont sûrement été embauchés sur la seule base de leur photo de CV. On a un borgne, un balafré, une femme fatale, un sosie de Gerard Jugnot, Zed de Pulp Fiction, etc. N’oublions pas le plan de détourner un méga satellite de la mort, qui renvoie au plus kitsch des James Bond.
Quand il nous gratifie de sa réelle présence à l’écran, Steven Seagal est plus sadique et violent que jamais. Le sang gicle, les os pètent, les mecs hurlent, et lui, il plie à peine les genoux et fronce constamment les sourcils. Ryback était déjà redoutable dans le premier film. Il devient une force inexorabe, une machine à tuer impitoyable et insensible à la douleur (il se prend une balle dans le bras sans jamais qu’il n’en reparle). C’est à tel point que, lorsque les méchants apprennent qu’il est à bord, ils déglutissent tous de trouille, convaincus qu’ils vont y passer. Seagal joue sa propre version de John Matrix dans Commando, le film bourrin par excellence, soit l’antithèse de John McClane.
Piège à Grande Vitesse est fun
Et là, ça fait clic. Si Piège à Grande Vitesse reprend l’enveloppe d’un Die Hard, il fait l’inverse de ce qu’on attend logiquement. Il joue avec ses faiblesses, la première étant qu’il ne parviendra jamais à recréer la tension nécessaire. Alors autant se lâcher :
Au lieu d’être terre-à-terre et crédible, la prise d’otages et ses enjeux sont surréalistes. On a tout de même cinquante terroristes à bord, et le détournement d’un satellite qui, rappelons-le, provoque des tremblements de terre !
Le rapport de force est inversé. Seagal fait moins penser à John McClane qu’à Jason Vorheese, prêt à choper un à un les terroristes impuissants.
Le sidekick rigolo devrait mériter des baffes. Pourtant, il se rend plus utile que prévu, et même que nécessaire.
Enfin, puisque les effets visuels piquent un peu les yeux, le film contrebalance avec une musique exceptionnelle, composée par le génial Basil Poledouris (Conan le Barbare, RoboCop).
Piège à Grande Vitesse jouit d’une BO comme on n’en fait plus : un thème héroïque dont on ne se lasse pas, des sonorités électroniques magnifiques, et des percussions rythmées comme le « taka-taka » d’un train filant sur ses rails. Thématique et emphatique, autrement dit, du grand art et un gros kiff. Elle accompagne superbement chaque passage, que ce soit une scène de torture psychologique, l’assaut de la locomotive, ou encore le combat final, dans lequel Penn se fait assaisonner puis bouffer sans avoir le temps de piger.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui plus que jamais, Piège à Grande Vitesse est un film d’artisan qui mérite d’être réévalué. Il aurait pu mille fois se planter, entre son sujet crétin, les caprices d’une star éphémère, un tournage compliqué et des effets ratés.
Pourtant, les talents en présence sont évidents. L’histoire en fait tellement, en mixant Die Hard, James Bond et Commando, que le film y trouve une identité propre, ce qui manquait à son prédécesseur. La réalisation est carrée (l’arrivée des hélicoptères, la scène d’interrogatoire). Le montage donne du rythme. La musique file la patate. Hormis Seagal, tout le monde essaie de faire le meilleur divertissement possible avec ce qu’ils ont. Mention spéciale à McGill et Bogosian, composant une paire de bad guys aussi antinomique que savoureuse.
Un tel lâcher-prise et cette envie de bien faire, on n’en voit plus tellement aujourd’hui. Même s’il s’agit d’un film « d’exploitation » surfant sur une formule qui marche, trois décennies plus tard, on ne trouve plus tant d’audace et d’inventivité. Les nouvelles normes sont l’absence de risque (Uncharted), des moyens réduits (Interceptor) et/ou un déni de créativité.
En conclusion
Forcément daté aujourd’hui, Piège à Grande Vitesse est un spectacle déconnant, généreux et sans complexe, qui mérite qu’on le revoie et qu’on l’apprécie comme tel.
Pour l’anecdote, à la fin des années 2010, Seagal avait exprimé son souhait de faire un troisième volet. Heureusement que c’étaient des paroles en l’air. Aujourd’hui, il ressemble moins à un saumon agile, et beaucoup plus à Kung Fu Panda. Toutefois, le web parle sérieusement d’un remake de Piège en Haute Mer censé sortir en streaming l’année prochaine… Qu’est-ce qu’on disait, à propos des nouvelles normes ?
LES + :
La formule Steven Seagal au top de sa gloire.
Doux Jésus, que de violence !
Un duo de grands méchants franchement savoureux.
L’équilibre improbable entre Piège de Cristal, James Bond et Commando. Il y a plus d’un « Die Hard dans un train », mais Piège à Grande Vitesse est unique.
LES – :
L’homme Steven Seagal au top de sa flemme.
La plupart des effets spéciaux sont franchement foireux, même pour 1995.
Evelyn Wang (Michelle Yeoh) tient une blanchisserie en compagnie de son gentil mari Waymond (Ke Huy Quan), sa fille Joy (Stephanie Hsu) et son irascible père (James Hong). Son quotidien pas formidable va basculer quand elle découvre que le multivers, c’est pas des blagues. Dans un autre monde, elle aurait pu devenir maître queux ou super star de films d’action, au lieu de s’enterrer dans cette vie à la c**. Encore pire, une entité maléfique aux pouvoirs absolus, Jobu Tupaki, traverse les univers à la recherche de « LA » Evelyn. Cette Evelyn hypothétique serait capable d’obtenir les mêmes capacités qu’elle, et de la contrecarrer avant qu’elle ne détruise le multivers. Guidée par une version de son mari venue d’ailleurs, Evelyn va apprendre à l’arrache comment voyager dans la peau de ses alter egos, ou leur piquer leurs dons au gré de rebondissements toujours plus rocambolesques…
Cette critique va être très courte. Impossible de parler de Everything Everywhere All At Once sans spoiler tout ce qui le rend extraordinaire, spectaculaire, fou, hilarant, touchant et bouleversant. Parfois, tout ça dans une même scène !
Tout, tout de suite et maintenant
Durant le visionnage de cet ovni, on ne peut que penser à d’autres métrages tarés devenus cultes avec le temps, comme au hasard Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la Huitième Dimension (trailer d’époque), ou celles de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. Mais si l’esprit timbré est bien là, Everything Everywhere All At Once n’est pas que pour de rire. L’émotion atteint une tout autre ampleur dans le film de Dan Kwan et Daniel Scheinert.
Les péripéties de Buckaroo étaient sans queue ni tête. Jack Burton entretenait une distance permanente avec les élucubrations de cinéma hongkongais secouant le film de Carpenter. Ici, Evelyn est le cœur du récit, tantôt dur, tantôt tendre. Elle traverse une crise personnelle qui s’étend sur l’ensemble des univers. Elle a l’occasion de remettre en perspective sa vie, ses choix et leurs conséquences. (Quel a été l’impact de son mariage, son job, l’éducation de sa fille, l’influence de son père ?) Le tout dans un enchevêtrement de situations tout bonnement incroyables. Ajoutez-y un humour absurde lorgnant parfois sur le trash, sans franchir la limite. Fans de Rick et Morty, vous serez servis.
Mais la cinéphilie des réalisateurs s’exprime aussi largement à travers des séquences entières. Les textures et les formats changent pour accompagner les sauts fréquents d’un univers à un autre. Quant auxdits univers, ils citent brillamment et pêle-mêle Matrix, les films de Pixar, le cinéma de Wong Kar-wai ou celui de Tarantino. Sans parler des comédies fantastiques citées plus haut.
C’est à tel point que la frontière entre fiction et réalité peut être remise en question. Evelyn ne délire-t-elle pas, tout simplement ? Est-ce qu’elle ne craque pas sous la pression d’une vie trop exigeante ? Ses « aventures » ne seraient influencées que par ses rêves brisés, nourris d’une overdose médiatique déformée par sa subjectivité (« Ratontouille » !). Exit, alors, l’imminence d’une destruction cosmique, et bonjour la camisole ! Qu’importe, à vrai dire. Réalité ou folie, cela ne change rien. Le spectacle est fun, la quête de l’héroïne est forte, et sa résolution émouvante.
Everything Everywhere All At Once : à voir absolument
Le casting compte aussi beaucoup dans cette réussite. Michelle Yeoh est tour à tour hilarante et touchante, dans un rôle pourtant si casse-gueule. Coincée entre un business en danger, un mari fatigué et sa fille frustrée, elle fait tout pour garder la tête hors de l’eau. Son drame familial ne se noie jamais dans les délires à base de multivers, mais leur sert au contraire de fil rouge.
Stéphanie Hsu n’est pas en reste, et il est impossible de ne pas se laisser gagner par la nostalgie, avec les retours de visages bien connus des amateurs de cinéma de genre (l’ancien membre des Goonies Ke Huy Quan, mais aussi James Hong et Jamie Lee Curtis). Everything Everywhere All At Once est une comédie fantastique zinzin autant qu’une tragédie qui fonctionne.
Que ce soit pour se marrer, pour être épaté ou pour être touché, Everything Everywhere All At Once vaut le coup d’être vu et vécu. Après la taylorisation et la vulgarisation du multivers par Marvel, ça fait du bien de voir un film ambitieux, maîtrisé et complètement fou… et en plus, produit pour dix fois moins cher.
LES + :
Dingue et cohérent à la fois. C’est trop rare pour ne pas le saluer.
Un humour efficace parfaitement assorti à son histoire, jamais bouffon ni trop trash.
Des têtes d’affiche qui s’éclatent, qui surprennent et/ou qui font plaisir à (re)voir.
Oui, oui, il y a bien de l’émotion dans ce foutoir.
LES – :
Cela reste un film très idiot dans sa forme, et partiellement idiot dans le fond, malgré sa sincérité. Les plus cartésiens risquent de râler.
Coccinelle (Brad Pitt) est un voleur à la tire. On l’a engagé pour monter à bord du Shinkansen, le bullet train japonais reliant Tokyo à Osaka, et dérober une mallette pleine de flouze. Le pauvre traverse déjà une crise existentielle, mais le trajet va carrément lui faire regretter d’être né. Il y a plus d’un tueur à bord du train, chacun avec une mission précise. Que ce soient les jumeaux Citron et Clémentine (Aaron Taylor-Johnson et Brian Tyree Henry), le mystérieux Frelon, le Loup (Bad Bunny), ou encore la gamine qui se surnomme Le Prince (Joey King), ce joli monde va constamment se croiser, se doubler et s’étriper. Mais tout ceci arrive-t-il vraiment par hasard ?
Bullet Train est un blockbuster parfaitement équilibré entre les bons côtés et les mauvais. Ou disons plutôt qu’il fait très bien tout ce qu’il y a de mal chez les autres gros films d’action du XXIème siècle. Mais au moins, il compense par une énergie et de l’humour qui fonctionnent souvent. Explications.
La « bullet » de Leitch
Il s’en est fallu de peu que BulletTrain ressemble à Uncharted, à savoir lisse et fade, sans être « mauvais » à proprement parler. Heureusement, David Leitch n’est pas Ruben Fleischer. Sauf qu’après Deadpool 2, puis Hobbs & Shaw, on a compris où se situe le bonhomme. On n’a pas affaire au nouveau pape du film d’action, ni même à son comparse Chad Stahelski (auteur du très fun John Wick 3). Il s’agit plutôt du successeur de Robert Rodriguez (Desperado, Une Nuit en Enfer, Spy Kids, Alita). Il se croit cool, aime les films cons et en fait des caisses, mais ça lui suffit.
La bonne nouvelle, c’est que le coupable d’Atomic Blonde a cette fois un casting plus doué, plus divers et moins égocentrique que sur le spinoff de Fast and Furious. Il peut aussi compter sur un scénario hystérique mais efficace. S’il ne révolutionne pas vraiment le genre, on a ponctuellement droit à une bonne dose de peps et d’incongruité. Entre les états d’âmes de Coccinelle et la courte vie d’une bouteille d’eau, Bullet Train nous sort des fois de nulle part de vraies surprises bienvenues.
Là où ça déraille
Les vraies faiblesses de Bullet Train se situent à deux niveaux : son réalisateur et les influences qu’il subit.
Déjà, David Leitch n’est ni Chad Stahelski (pour une action inventive) ni John McTiernan (pour se repérer dans l’espace). Heureusement qu’un train est un décor linéaire avec des « niveaux » facilement identifiables. Mais quand il s’agit de s’y retrouver ou de s’y taper au corps-à-corps, caméra et monteur se mettent ensemble pour nous paumer complètement. Et lorsque c’est lisible, c’est souvent au détriment d’un concept pourtant excitant. Comme, par exemple, une baston dans une voiture où le silence est exigé. La discrétion devrait être l’enjeu premier, mais ça, le chorégraphe et le sound designer s’en fichent complètement.
L’occasion de glisser un petit mot sur le montage. Bullet Train, malgré sa violence, veut être un spectacle enfantin (et infantile). On a ainsi droit à des tonnes de flashbacks, et même des flashbacks dans des flashbacks, pour illustrer ce qu’a dit untel ou ce dont se souvient machin. Tantôt, ça sert à des fins de comédie, tantôt, c’est pour nous prendre par la main. Si vous décrochez à un moment ou à un autre, c’est pas grave. Un petit rappel vous ramènera aussitôt dans la course. Le procédé n’est pas honteux, mais parfois, c’est bien de ne pas en abuser autant. Il faut faire confiance à son public, des fois…
Mes yeux !
L’autre problème, ce sont les influences. David Leitch est un sale môme. Difficile de dire s’il fait ce qu’il aime ou ce qu’on lui dit de faire. Esthétiquement parlant, Bullet Train sent le néon et les CGI à tous les étages, à peu près comme 80 % des films d’action depuis John Wick. On a donc droit à moult travellings rapides en images de synthèse tape-à-l’œil, et plus d’un exploit sur fond vert tellement abusés qu’ils en sont cartoonesques.
Le film garde évidemment le « meilleur » pour son climax, un bordel général à bord du train, où tous nos repères se brouillent. Il se conclut par une bouillie de CGI qui, à ce stade, est aussi réaliste que le crash d’Air Force One dans le film éponyme (pour voir combien je suis méchant, cliquez ici).
Et pourtant, Bullet Train file droit
Pourtant, hélas, Bullet Train assure le service… comme une œuvre de Robert Rodriguez. C’est un film bouffon, bouffi et facile, s’autorisant par ailleurs plus d’un caméo de la part de stars copines avec le réal. Toutefois, tout ceci repose sur des bases solides.
Son scénario est carré et réserve son lot de surprises, malgré des dialogues confondant parfois génie comique et bêtise profonde. Le casting fait plaisir, et la sympathie qu’on éprouve déjà pour telle ou telle tête permet de mieux apprécier les caricateuuuh, les personnages qu’ils incarnent (l’interprète de la Mort Blanche était une vraie bonne surprise, pour moi). Enfin, on a tout de même un artisan qui assure le taf, même si ça fait déjà quelques films qu’il préfère tourner des cartoons live plutôt que de nous ancrer dans une action un tantinet crédible. Dommage. À cause de ça, Bullet Train nous amuse, alors qu’il aurait pu nous décoiffer.
Ce que j’essaie de dire, c’est qu’en définitive, Bullet Train est marrant. J’ai passé un bon moment, et honnêtement, c’est déjà important. Mais c’est peut-être pour tout un tas de mauvaises raisons. À vous de juger. :-p
LES + :
Tour à tour intriguant, décapant et amusant. Parfois les trois en même temps.
Un casting qui inspire la sympathie.
LES – :
David Leitch prouve un peu plus qu’il tient davantage de Robert Rodriguez que d’un maître du film d’action.
Le scénario fournit des pistes ou des idées ludiques que la mise en scène et le montage (même le montage son) n’exploitent presque jamais.
Aïe ! Mes yeux ! Les couleurs criardes ! Les CGI dégueu ! Ça brûle ! Y en a partout !
Six (Ryan Gosling) est un super assassin d’une branche archi secrète de la CIA. Vient le jour où il élimine Quatre, sans savoir que c’était un collègue. Ce dernier, avant de mourir, lui remet la preuve que l’Agence est corrompue – quelle surprise ! – et qu’elle est prête à éliminer n’importe qui pour faire du profit et couvrir ses fesses. Naturellement, avec cette preuve en poche, Six est le suivant sur la liste. Ses patrons ripoux décident alors d’envoyer Lloyd Hansen (Chris Evans), un sociopathe, à sa poursuite…
The Gray Man n’est pas à proprement parler un mauvais film d’action-espionnage. Mais cette nouvelle production tape-à-l’oeil fait véritablement du surplace dans le contexte actuel. On parle ici autant du système de production de Netflix que de l’avancée du genre en général.
Gros yeux, gros bras, petite b*** ?
Puisque je n’ai pas lu le livre, on évitera de juger de la qualité du matériau de base, ou de la fidélité de son adaptation. Ce qui compte, ici, c’est notre impression. Et le mot qui la résume le mieux est… « générique ».
The Gray Man est l’histoire du meilleur de sa profession, traqué par tous les autres (moins bons, donc) pour lui faire la peau, afin de protéger les fesses du patron. « Bateau » ne voulant pas dire « piteux », on s’attendait quand même à ce que ça dépote. Et c’est le cas, mais… Sur le papier, The Gray Man ressemble à Jason Bourne, à défaut d’être original. À l’écran, ses influences stylistiques crèvent les yeux, et ce n’est pas forcément une bonne chose.
Malgré sa maîtrise totale, ou à cause d’elle, le film crie « sécurité » à tous les niveaux. Le résultat a l’air de sortir d’un superordinateur, qui aurait calculé les proportions nécessaires de telle et telle recette populaire pour l’intégrer au dernier projet de Netflix. The Gray Man rejoint ainsi Red Notice dans la catégorie « cher payé, vite vu, vite zappé ». C’est dommage, et aussi un peu inquiétant.
Le Gray Man de Frankenstein
On avait un budget de 200M$, entre les mains des réalisateurs des meilleures scènes d’action de films Marvel. Ajoutez par-dessus un casting trois étoiles, et on avait hâte de voir ça : Gosling et Evans, mais aussi Ana de Armas, Billy Bob Thornton, Regé-Jean Page et Jessica Henwick.
Au visionnage, le film des frères Russo passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les boîtes de nuit, châteaux et costumes colorés rappellentJohn Wick. Idem pour les chorégraphies classes et énervées d’une précision chirurgicale. On a droit à deux, puis trois scènes de destruction massive, dont une à bord d’un tram, dont l’excès de CGI et les cascades bien fake renvoient à Fast & Furious, une autre recette qui cartonne (hélas).
Et que dire des dizaines de plans aériens pris depuis des drones. C’est tantôt gracieux et immersif, tantôt gratuit et saugrenu. Mais ce n’est jamais aussi impressionnant que les plongées et contre-plongées totalement folles aperçues cette année dans Ambulance de Michael Bay.
On s’amuse avant tout
Pour finir, le casting est sans surprise. Tout le monde est impeccable, mais fait ce qui est attendu. Gosling tire la gueule, Evans s’éclate comme un fou (dans la continuité de À couteaux tirés), Billy Bob et Ana font surtout de la figu à rallonge, etc.
The Gray Man a suffisamment de maîtrise et de patate pour ne pas ennuyer. Mais il n’a pas l’envergure ni la plastique des derniers Mission : Impossible. Il faut croire qu’il manquera toujours quelque chose aux productions Netflix pour avoir vraiment l’impression d’être au cinéma chez soi.
Ce film est évidemment conçu comme un passe-temps, pour occuper ses soirées avant d’aller se coucher. Mais pour ce qui est de marquer durablement son audience, il faudra repasser. Or, l’addition commence à devenir salée pour la firme au N rouge. Même si ça ne nous ruine pas, je trouve que 200M$, c’est quand même cher payé rien que pour nous faire cliquer…
LES + :
On ne s’ennuie jamais vraiment.
Les têtes d’affiche s’éclatent et c’est communicatif.
Les frères Russo ont appris à filmer l’action en s’inspirant des meilleurs.
LES – :
Le casting est fidèle à lui-même, Gosling en tête.
On a l’impression de voir le multivers du film d’action se clasher méchamment : ça commence comme John Wick, ça continue comme Jason Bourne puis Fast & Furious, pour finir carrément comme Commando. Et tout ça filmé parfois avec des drones piqués à Michael Bay. Marrant, mais difficile de trouver au film une identité propre.
Les scènes d’action les plus spectaculaires sont aussi les plus dégoulinantes d’images de synthèse bien voyantes.
Le capitaine Winfield (Andrew Divoff) s’est crashé lors du vol de test d’un F-117 expérimental, équipé d’une technologie de réalité augmentée. Afin d’expliquer cette foirade à ses supérieurs, on le flanque dans un avion cargo pour Washington, accompagné des deux derniers prototypes de l’engin. Manque de pot, l’ignoble Phillips (Jürgen Prochnow) a prévu de voler la cargaison. Avec son gang, il s’infiltre à bord de l’appareil en plein vol et prend le poste de pilotage. Mais Winfield n’a pas l’intention de le laisser dérober une technologie si dangereuse…
Comme son homologue de 2022, Interceptor de Michael Cohn est bête et c’est un Die Hard-like. Mais c’est un vrai film du genre qui coche toutes les cases, et qui sait se montrer marrant et généreux. Pour l’anecdote, sa première diffusion date du 15 octobre 1992, alors que Passager 57 (avec Wesley Snipes dans un avion de ligne) ne sortait que le 6 novembre de la même année. Ça veut dire qu’Interceptor se paie le luxe, à ma connaissance, d’être le premier « Die Hard dans un avion ».
Note : qu’on aime ou pas 58 Minutes pour vivre, la « vraie » suite à Piège de Cristal, il faut reconnaître qu’elle battait déjà en 1990 tous ses futurs plagiaires. Les méchants n’y détournaient pas un avion, mais carrément tout un aéroport !
Premier de la classe
Malgré son âge et un budget limité, on peut pardonner à Interceptor sa primeur, puisqu’il n’est sorti que quatre ans après Piège de Cristal. Mais dans ces circonstances, sa générosité et son inventivité méritent le respect. En plus de cela, il ne dure que quatre-vingt minutes. On ne risque pas de trouver le temps long.
Au rayon des bonnes idées, citons notamment celles-ci :
Les terroristes veulent voler deux appareils furtifs équipés d’un casque VR du futur. Rappelons qu’on était en 1992. Aujourd’hui, la réalité augmentée fait presque partie du quotidien. Interceptor peut donc se vanter d’être vraiment visionnaire.
Cette sale gueule de Jürgen Prochnow nous fait l’honneur d’une scène de torture psychologique de choix, se concluant par un twist malsain.
L’abordage par les méchants d’un avion à un autre est improbable, voire carrément impossible. Mais il est au moins aussi classe que dans Cliffhanger, sorti un an plus tard.
Enfin, si le film se déroule surtout à bord d’un gros transporteur, il se conclut par un duel aérien où, fort judicieusement, la technologie convoitée par les méchants se retourne ultimement contre eux.
Sur le papier, Interceptor n’a donc rien à se reprocher. Quelqu’un, quelque part, de nos jours, pourrait sûrement lui reprocher de ne défendre aucune cause. Il ne s’agit que d’un film d’action reposant sur un concept enrobé de clichés (des gentils et des méchants dans un avion). Michael Cohn ne nous sert qu’un divertissement, mais il le fait bien.
Casting de haute volée
À l’écran non plus, le film n’a pas à rougir avec son casting impeccable. Andrew Divoff, abonné aux rôles de méchant (Wishmaster, Air Force One, 48h de plus) campe ici un héros sympathique. Jürgen Prochnow joue un salaud délicieux, et Elisabeth Morehead, la cheffe de bord, garde toujours la tête haute. Quant aux seconds couteaux, ils n’ont vraiment pas des gueules de porte-bonheur. La preuve, ils se les font bien démonter, et pas deux fois de la même manière. On retiendra surtout « M. Elliot », un nerd absolument tordant avec les culs de bouteilles montés sur son nez.
Pour finir, petit film oblige, les effets spéciaux sont plutôt voyants. On hésite sur ce qu’il y a de plus drôle, entre la 3D préhistorique, les incrustations dégueu, les maquettes d’avion qui font « fshiouuuu », les lunettes de M. Elliot (décidément !) et les stocks shots de l’US Air Force. Mais si on rit, c’est plutôt de bon cœur, les limites techniques étant ce qu’elles sont. En 1992, pour le prix d’un Big Mac, on ne pouvait pas concurrencer Terminator 2.
En résumé, bien que daté, Interceptor 1992 est un must pour les fans de Die Hard-like qui ont tout vu, tout fait, et qui désespèrent de se mettre autre chose sous la dent. Pas convaincu ? Voilà le trailer.
Interceptor : cherche pas, t’as tort !
Interceptor 2022 est lent, mou, vu et revu, et sa modernité se sent surtout dans ses décors cheap et une overdose de CGI dégueu. Tout le contraire d’Interceptor 1992, si l’on excepte les maquettes remplaçant les images de synthèse. À part ça, le casting, les idées et les motifs du film de Michael Cohn font encore mouche trente ans plus tard. Pas mal pour le tout premier « Die Hard dans un avion ». Enfin, rappelons que sa durée n’excède pas 1h20. Ce n’est ni trop, ni trop peu pour exploiter son concept avec justesse et sans débordement.
LES + :
Le tout premier « Die Hard dans un avion ».
Des idées plein les poches.
Un casting sympathique.
Aussi court qu’efficace.
Ce qui est réussi est aussi rigolo que ce qui est raté.
LES – :
Des effets spéciaux vraiment datés (maquettes, 3D, incrustations).
Pas de bluray remasterisé ?! On se demande pourquoi…
JJ (Elsa Pataky) est une soldate ricaine qui a défendu son honneur et ses droits face aux avances d’un général pervers, soutenu par une hiérarchie sexiste. C’est donc tout naturellement qu’elle est mutée au fin fond de l’océan Pacifique. Il s’y trouve l’une des deux seules bases d’interception de missiles ballistiques US. Si elles ne fonctionnent pas, en cas d’attaque nucléaire, kaboum ! Comme c’est un film, le premier jour de JJ coïncide avec une attaque simultanée sur les deux bases Interceptor. Tandis qu’on apprend la chute du complexe situé en Alaska, les agents d’entretien de la base dégainent des flingues et prennent le PC d’assaut. JJ s’enferme juste à temps à l’intérieur. Si ses ennemis parviennent à entrer, ils saboteront la station, permettant à des terroristes russes de raser entièrement l’Amérique…
Interceptor de Matthew Reilly appartient à un genre essoré depuis vingt ans, auxquels reviennent ponctuellement certaines productions anachroniques : le « Die Hard-like ». Si vous vous demandez ce que c’est, voilà le topo. Des terroristes ou pseudo terroristes prennent en otage ou investissent un lieu clairement délimité, clos ou non, dont l’isolement empêche les autorités d’y pénétrer et/ou d’y appliquer la loi. Il revient à un ou plusieurs héros de serrer ce qu’il a entre les jambes et de foncer dans le tas, l’objectif étant de sauver sa vie/sa femme/sa famille/ses amis/le pays/le monde/tout ça à la fois. Si en chemin, il peut se montrer inventif dans le démastiquage de truands, c’est tout bénef’.
« Die Hard dans (remplir le blanc) »
Tout a commencé en 1988 avec Piège de Cristal (Die Hard en VO). Les suites officielles ont eu la bonne idée d’innover en ouvrant toujours plus le terrain de chasse. Mais dans les années 1990, tous les petits malins du business ont voulu surfer sur le succès d’un film au concept simplissime. Pour être original, il suffisait de changer de décor (même si le succès de Die Hard venait autant de son pitch que d’une réalisation efficace et d’un casting impeccable).
Note : à chaque époque son modèle. Dans les années 2000, on a copié n’importe comment la réalisation de Paul Greengrass après le second film sur Jason Bourne. Et aujourd’hui, depuis l’émergence de John Wick, on voit surtout se multiplier les actioners colorés et stylés.
Pendant dix ans, on a donc eu droit notamment à Passager 57 (dans un avion), Piège en Haute Mer (sur un navire de guerre), Piège à Grande Vitesse (dans un train), Cliffhanger (à la montagne), Broken Arrow (dans le désert), The Rock (à Alcatraz), Mort Subite (dans une patinoire), ou encore Air Force One (dans le gros avion du président). On ne cite ici que les films cinéma les plus fidèles à la définition. Speed (un bus), Speed 2 (un bateau de croisière) et Ultime Décision (encore un gros avion) sont des déclinaisons intéressantes.
Des années plus tard, quelques retardataires prennent régulièrement la température, probablement parce que nous vivons à une époque aussi nostalgique que dénuée d’imagination : La Chute de la Maison Blanche (dans la maison du président), White House Down (idem) ou encore Skyscraper (dans un immeuble… haha). Puisqu’on parle de Netflix, La Terre et le Sang appartient bien à la définition, ainsi que SAS : Rise of the Black Swan sorti l’année dernière.
Interceptor, ou la mort du genre
Depuis Piège de Cristal, on en a vu des navetons, particulièrement en DTV. À bien des égards, Interceptor rappelle un autre nanar d’époque, Etat d’urgence avec Dolph Lundgren (1997). On y passait toute la deuxième partie en huis-clos dans un simulacre bon marché d’abri anti-atomique. Mais bien qu’Etat d’Urgence affiche 15 ans au compteur, il est plus dynamique, ambitieux et amusant que le nouvel actioner de Netflix.
Interceptor s’enferme presque tout le temps dans une salle de contrôle en plastique ? Etat d’Urgence commençait sur les chapeaux de roue, avec une course en voiture frappadinque (et hors propos) sur les toits de la ville ! Interceptor met en vedette Elsa Pataky, que le grand public connaît surtout pour être la femme de Thor ? Dans Etat d’Urgence, la tête d’affiche était quand même la légende Dolph Lundgren. Un acteur limité, certes, mais qui retient l’attention quand cette tare est associée à son écrasante présence physique. (« Est-ce que ce type existe ?! » est une question qui revient fréquemment à l’esprit.)
Qu’on ne s’y trompe pas, les deux films sont miteux. Mais Interceptor a perdu ce qui faisait le sel des productions auxquelles il rend hommage. Dans les années 1990, on était capable de filmer une dinguerie presque je-m’enfoutiste, s’autorisant les pires excès et blagues débiles. Regardez Etat d’Urgence aujourd’hui, il provoquera toujours moult éclats de rire, moqueurs ou complices.
En 2022, la façon de faire a changé, et surtout, la mentalité de toutes les parties impliquées. Le film de Matthew Reilly reprend peut-être un concept vieux de trente ans. Mais il s’agit bien d’un film des années 2020, avec les normes artistiques et qualitatives, et un peu de la charge politique auxquelles il faut s’attendre.
Ouvertement opportuniste et un peu malsain
JJ est une femme combattant pour son droit à être un soldat avant tout, alors qu’elle a lourdement subi le harcèlement et les violences psychologiques d’un entourage masculin, militaire de surcroît, extrêmement toxique. Oui, ces choses existent. Oui, elles sont dégueulasses, et elles ne touchent pas que l’armée et la politique. Ce qui est également vrai, c’est qu’en 2022, pointer ces problèmes du doigt revient à enfoncer une porte ouverte. Une thématique de moins en moins contestataire et de plus en plus opportuniste à Hollywood. Et le faire sans subtilité, ça craint. C’est sans doute pourquoi Matthew Reilly, réalisateur/scénariste, va plus loin. Il dégonde la porte et surfe carrément avec, sur une vague de complaisance.
Avoir quelqu’un à défendre, à protéger ou à sauver, ça facilite toujours l’identification. C’est peut-être cousu de fil blanc, mais c’est un truc qui marche. Pour JJ, la sécurité de son père, sa seule famille, est rapidement écartée après une scène expédiée. Puisque ça, c’est fait, il reste logiquement le devoir pour la motiver. Mais le film insiste particulièrement sur le traumatisme et les mauvais traitements de l’héroïne (et elle en a bien bavé). Son parcours ressemble alors à une vengeance, une thérapie de fortune doublée d’un ego trip malsain. La miss énervée a l’air de vouloir prouver aux autres qu’elle vaut bien un mec, et qu’elle est une héroïne, une vraie. Le plan final lui donnera raison.
Honnêtement, s’ériger contre la masculinité toxique, c’est bien. Mais ce n’est pas le message que j’en ai tiré. Curieusement, j’ai surtout eu l’impression qu’Interceptor m’a crié dans l’oreille qu’égocentrisme et autosatisfaction étaient les valeurs à défendre en 2022. Je suppose que ça passe, puisque le message est glissé sous couvert d’une cause juste, même si très souvent enfoncée dans la gorge du spectateur (comme dans un autre film).
Faisons fi de ces déductions absurdes. On regarde surtout Interceptor pour le spectacle et pour se marrer. On va bien en profiter, non ? Non ?!
Interceptor, une production au rabais
C’est vrai qu’Interceptor est con. On a droit à tout : premices absurdes, rebondissements faciles, exploits physiques parodiques, compte-à-rebours stoppés à la dernière seconde et non-sens complètement assumés. Les méchants sont pressés d’entrer dans le PC pour le détruire ? Aux trois quarts du film, ils décident de couler la base par défaut… Ce qu’ils pouvaient faire depuis le début, puisqu’on découvre qu’ils ont un bouton pour ça ! On pourrait écrire un poème, mais je ne suis pas Boileau.
La c#nnerie n’est pas le vrai problème. Un film bête, ça se savoure toujours, surtout que l’auteur s’y connaît. Il s’agit du premier film de Matthew Reilly, écrivain australien à succès, spécialisé dans les romans de genre façon blockbuster (oh merde, un collègue !). Sauf que le monsieur donne souvent dans le détournement farfelu et opportuniste. Par exemple, son roman The Great Zoo of China est un décalque de Jurassic Park… avec des dragons.
Fan de gros films hollywoodiens, Reilly a visiblement une affection naturelle pour le B tendance Z. Certains de ses romans avaient d’ailleurs été optionnés par des studios, mais sans jamais qu’un projet se concrétise. Aujourd’hui, grâce à Netflix, il peut enfin voir une de ses histoires à l’écran. D’une part, il a écrit un scénario « original » pour l’occasion. D’autre part, il réalise en personne. Il faut bien commencer un jour, mais…
Interceptor ne cache pas sa misère. Décors en toc, action molle surdécoupée et overdose de CGI évidents sont de la fête. Mais surtout, ce manque de moyens trahit l’une des règles fondamentales du « Die Hard-like » : exploiter l’environnement. On a une plateforme entière comme lieu de l’action, mais on s’enferme dans un PC de vingt mètres carrés pendant les trois quarts du film. Et quand on sort à l’air libre, on ne va pas bien loin. Appelons un chat un chat : Interceptor est fauché. C’est sûrement ce qui lui a permis de trouver son financement. Mais c’est aussi comme ça qu’il se tire une balle dans le pied.
Casting à la mer
Pour qu’Interceptor soit vraiment marrant, il faudrait au moins que la croisière s’amuse. Pourtant, rayon casting, ça ricane plus que ça ne rigole.
Elsa Pataky se serait entraînée des mois pour avoir l’air badass, et on veut bien le croire. Elle ne fait pas tache quand il s’agit de bander les muscles. Mais l’action est très souvent mollassonne. La belle balance bien quelques punchlines dignes d’Arnold et Willis, mais curieusement pas drôles, tellement elles sont convenues.
Et les méchants, alors ? Parmi les représentants du genre, les plus mémorables le sont grâce à des bad guys bien caractérisés, joués par une gueule qui s’amuse un max. On se souvient d’Alan Rickman dans Piège de Cristal, John Lithgow dans Cliffhanger, Powers Boothe dans Mort Subite, Gary Oldman dans Air Force One, Dennis Hopper dans Speed…
Quid de Luke Bracey, alias Kessel dans Interceptor ? Le personnage est aussi fade que son interprète. Il est motivé par des raisons que le film s’amuse à rendre confuses ou contradictoires, pour masquer des révélations forcément banales. Monsieur fait semblant d’être motivé politiquement, alors qu’in fine, tout s’avère être une question de pognon (coucou, Piège de Cristal). Et pour ce qui est du charisme et de l’énergie, il représente autant une menace dans le film qu’une moule le serait pour une mouette. Comble de l’arnaque : il est tellement indigne que ce n’est même pas l’héroïne qui l’achève !
Ses hommes de main sont au diapason. Certains prennent la pose, d’autres passent leur temps à chouiner avec un accent redneck. À cause de tout cela, ils ont surtout l’air ridicule et incompétent. Pour achever le tout, rappelons que Chris Hemsworth fait un caméo à répétition pour soutenir sa chérie. Sa présence nous rappelle d’autres productions pas plus subtiles, mais mieux réglées, comme Tyler Rake dont il était la vedette.
Intercepté et abattu en vol
Interceptor pue le bricolage, l’opportunisme et l’indifférence. Si le film jouait sur la bêtise archaïque de son scénario, et s’il n’était pas si fauché, on passerait un bon moment. Ce n’est même pas du bon cinéma d’artisan, et d’ailleurs, ce n’est même pas du cinéma. C’est bel et bien du contenu. Son ambition à ras de pâquerettes, sa propreté clinique et ses décors en toc donnent souvent l’impression de voir un épisode filler de Star Trek.
C’est peut-être moi qui suis vieux et con. Si ça se trouve, ces pépites valent en fait de l’or, alors que ma bouche ne sent que le goût du charbon… Si vous voulez voir un Die Hard-like titré « Interceptor », regardez donc celui sorti en 1992. Ça n’a l’air de rien, mais vous aurez l’exact contraire : aucune promesse, et pourtant, elles sont toutes tenues.
LES + :
Si Matthew Reilly écrit des trucs pareils et peut finir par réaliser des films Netflix, rien n’est perdu pour Bibi. :p
Dans Le Secret de la Cité Perdue, Loretta Sage (Sandra Bullock) est une romancière à l’eau de rose, fortement déprimée depuis la mort de son mari archéologue. Alan (Channing Tatum) est un modèle aussi beau gosse que niais, figurant sur toutes les couvertures des romans de Loretta. Elle ne peut pas le sentir. Il n’aime pas la voir triste. Après avoir fait foirer leur dernière tournée promo, l’autrice est kidnappée par le richissime Abigail Fairfax (Daniel Radcliffe). Il a flashé sur le dernier livre de la belle, en particulier ses références à la Cité perdue et à son trésor, une alléchante « couronne de feu ». Manifestement, la romancière sait des choses, et puisqu’il est prêt à tout, il l’emmène sur une île pour déchiffrer des parchemins. Alan y voit l’occasion de briller, part la secourir, et bien sûr, le sauvetage dérape. Tous deux se retrouvent perdus dans la jungle, coincés entre un trésor hypothétique et les mercenaires d’Abigail…
Est-il nécessaire de parler du Secret de la Cité Perdue ? Franchement, non, tant on devine tout ce qu’il y à en dire. Mais un film d’aventure « vieille école », ça me tentait, bon ou mauvais. Et il y avait la parenté possible avec Veines Rouges, qui m’inquiétait un peu (un romancier kidnappé sur la base d’un livre, pour finir en poursuite dans la jungle, hmmmmm…).
Finalement, s’il était impératif de le voir, il sera aussi facile de l’oublier. Dans sa médiocrité, tout est bon à jeter. Mais il est possible, paradoxalement, que sa médiocrité soit une qualité.
Bullock s’en ballec
Le Secret de la Cité Perdue sort au cinéma deux mois après Uncharted. Les aventures de Nathan Drake avaient l’air de faire du surplace, puisque recopiant sans vergogne des jeux vidéo encore frais dans les mémoires. Celles de Loretta et Alan ont l’air de revenir quarante ans en arrière, puisque repompant dans les grandes lignes le bien meilleur À la poursuite du Diamant vert (1984). Mais pas seulement.
Vous vous souvenez de Bienvenue dans la Jungle (2003), où the Rock et Sean William Scott, deux stars aux registres spécifiques, n’étaient là que pour faire leur numéro et cachetonner ? Check. (D’ailleurs, les deux films partagent un humour souvent à ras de braguette.) Vous voyez la réalisation fadasse typique de la comédie américaine des années 2010, avec plans et photographie en pilotage automatique ? Check. Vous vous souvenez du récent Jungle Cruise, avec 50 % de jungle sous cloche et 50 % de fonds numériques pas toujours joyeux ? Check.
Vous connaissez le syndrome du méchant richissime et mégalo sans charisme et complètement interchangeable ? Double check, avec ici Daniel Radcliffe dont on pense que ç’aurait été plus drôle et méta s’il avait kidnappé J.K. Rowling pour lui apprendre la magie. Et n’oubliez pas d’emballer le tout avec une musique insipide. La fois dernière, je critiquais Uncharted en disant qu’il aurait fait meilleur effet sur Netflix. J’aurais dû garder cette réflexion pour le présent objet filmique.
Le Secret de la Cité Perdue, c’est le rire retrouvé ?
Le Secret de la Cité perdue est tout sauf original. Il n’est jamais novateur dans ce qu’il propose ni inspiré dans ce qu’il reprend. De plus, le rythme est souvent plombé. Tantôt, c’est à cause de la sous-intrigue de l’agente littéraire cherchant désespérément un avion. Sinon, c’est la faute à des saillies verbales dignes de Marvel. Nos héros ont souvent tendance à perdre du temps à se chamailler posément lors de moments de « réelle » tension ou de danger imminent, désamorçant des scènes pourtant prometteuses. On se croirait plus en visite guidée aux Maldives ou en balade à Disneyland que perdus dans une forêt tropicale avec des tueurs aux fesses.
Pourtant, je me suis souvent retrouvé à sourire. J’ai même parfois ri franchement devant une situation incongrue, ou suite à une réplique nulle (« Mais c’est Ken en pétrolette ! »). C’est dû à tout une palette d’émotions souvent contradictoires. On rit complice des bêtises de Channing Tatum, qui ne surprend pas dans un registre qu’il maîtrise toutefois parfaitement (le M. Muscles benêt au cœur d’or). À l’opposé, on ricane de gêne face à Sandra Bullock, refaite et la peau sur les os, exhibant les trois quarts du temps un décolleté plongeant sur sa cage thoracique.
On exulte le temps d’un caméo de luxe (spoilé par la bande-annonce). Mais on soupire face à son absence le reste du métrage, en réalisant ce que cette énergie aurait apporté au film. Et bien sûr, on rit au nez d’une inutile scène post-credits. Même si, clairement, l’idée est de se moquer du procédé, elle nous rappelle tout de même l’époque miteuse dans laquelle nous vivons.
Juste pour rire
Le Secret de la Cité Perdue n’est pas plus sincère ni plus original que la concurrence, mais il n’en a pas la prétention. Quelque part, cela le sauve. Est-ce que ce film est navrant ? Oui. Est-ce que c’est marrant ? Ça lui arrive aussi, plus souvent que je ne l’aurais souhaité. C’est pour ça que sa médiocrité mérite d’être autant critiquée qu’appréciée.
Le Secret de la Cité Perdue est anachronique, un gros trip régressif. Il fera marrer les gosses, ainsi que certains parents ayant connu les belles heures de la série B fauchée « made in Cannon Group ». Des productions opportunistes et sans prise de tête, où la nullité côtoie l’insouciance. Or, de nos jours, un peu d’insouciance ne peut pas faire de mal. Cela peut même nous faire du bien.
LES + :
Channing Tatum, toujours à sa place.
Un caméo de luxe qui fait bien marrer.
Un film « original » qui n’est ni un Marvel ni une suite tardive, ni une tentative minable de lancer un univers étendu ? Chic.
LES – :
Sandra Bullock semble bien fatiguée.
Un caméo qui fâche après avoir été dégagé de l’histoire (mais pourquoi ?!).
Un film « original » qui n’a aucun os ni aucun organe frais sous la peau.
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