
Jack Reacher (Tom Cruise), le SDF le plus beau gosse du monde, est de passage à Washington pour rencontrer en personne la belle major Turner (Cobie Smulders) avec qui il flirte par téléphone depuis pas mal de temps déjà. Sur place, il est accueilli par un colonel tête-de-con qui lui annonce que sa copine est aux arrêts pour trahison. Sauf que Reacher, l’ex-enquêteur vedette, la légende militaire face à qui tout le monde se prosterne (les femmes) ou se signe (les hommes) flaire l’arnaque. Il décide alors seul contre tous de faire évader Turner, menacée par une poignée de tueurs ineptes. Dans sa fuite en avant, le duo va également embarquer la jeune Sam, une ado tout aussi en danger pour la bonne raison qu’elle est soupçonnée d’être… la fille de Jack.
You know Jack
Jack Reacher premier du nom, adapté d’un des innombrables romans de Lee Child, avait été une excellente surprise grâce à son statut de petit film aux ambitions en apparence ridicules. En vérité, ce véhicule pour Tom Cruise n’était pas qu’un simple opus pépère et bouche-trou pour l’agenda de la star mais – et on ne s’y attendait pas ! – un vrai polar noir, racé, dans la pure tradition des 70s.
Ah !, la décennie bénie des flics hard boiled et autres vigilantes qui ne croyaient qu’en une seule justice : la leur, heureusement basée sur un sens moral et une implacabilité partagée par le point de vue du spectateur. Jack Reacher vu à travers l’œil avisé de Christopher McQuarrie (depuis consacré artisan de génie avec Mission : Impossible 5), c’était une atmosphère rugueuse et froide, une intro choc et un rythme posé mais soutenu jusqu’à un climax sans excès. Bref, un film juste et sans débordements.

You know nothing, Jack
Le succès appelant une franchise (but avoué), on se disait que viendrait l’heure de la surenchère. Après le repompage des codes des années soixante-dix, Jack Reacher 2 ne pouvait que sauter à pieds joints dans les réjouissantes années quatre-vingt, avec leurs héros machos, leurs péripéties rocambolesques et leurs punchlines débiles.
Manque de bol, Never Go Back zappe carrément une décennie pourtant taillée pour son héros badass, et plonge tête la première dans la décade suivante. Les nineties sont bien connues pour leur aseptisation plutôt que leur innovation et là, autant dire qu’on est gâtés. Tout, absolument TOUT dans cet opus est l’antithèse de ce qui fonctionnait dans le précédent : intro plate (alors que parmi tous les bouquins de l’auteur, certaines prémices sont beaucoup plus intrigantes), format télévisuel et rythme en dents de scie, pour un final encore moins spectaculaire et prenant que son prédécesseur, déjà vachement minimaliste.
Jack Reacher – Never Go Back : le pire des années 90
Pour ne rien gâcher, des restes mal régurgités des années 90 lui collent encore aux dents : adjonction d’une teenager potentiellement fille du héros, violence PG-13 pour pouvoir emmener ton petit frère, et méchants purement fonctionnels sans caractérisation ni profondeur (sinon que l’homme d’affaires tire la gueule et l’homme de main affirme son kif de torturer et tuer). L’artisan nostalgique et érudit a été remplacé par un yes-man lambda (Edward Zwyck), et ça se voit ! C’est pas absolument médiocre, mais ça n’a rien de transcendant non plus. Interchangez les histoires, et il vaut bien le dernier Jason Bourne.
Jack Reacher 1 était un retour aux sources du genre dans lequel il s’inscrivait, en plus de l’amorce prometteuse d’un nouveau label d’exploitation. Hélas, Jack Reacher – Never Go Back est justement un pur thriller d’exploitation, paresseux et tourné à pas cher, dans la lignée de ce qui se faisait le plus dans le genre il y a un quart de siècle. De fait, et c’est un record, il flingue encore plus vite sa franchise artistiquement parlant que ne l’ont fait Die Hard 4 ou Fast and Furious 7. Mais bon, vu tous les bouquins qu’il reste à adapter, Tom Cruise a au moins trouvé sa voie de garage pour les vingt prochaines années. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Mais en avait-il vraiment besoin ?
LES + :
- Ça me rappelle les films d’action de mon enfance.
LES – :
- J’AI GRANDI.





Pas besoin d’être un fan (je ne le suis pas) pour voir que Warcraft, Le Commencement fait honneur à son jeu sans faire honte au Cinéma. Pour le premier, il faut tout de même être à fond sur le sujet pour percer les écarts avec le canon de cet univers débuté en 1992. Pour le second, il faut se rappeler les fresques d’heroic fantasy bien plus kitsch et mal torchées vues sur grand écran par le passé. Mais les références sont aujourd’hui plus télé que ciné, et Game of Thrones viendra plus volontiers à l’esprit que Donjons et Dragons.
Il y a beaucoup à dire sur The Nice Guys, le dernier effort de Shane Black, revenu à ses premières amours après avoir flirté avec le hors sujet chez Marvel (pour Iron Man 3, pas mauvais en tant que tel mais singeant son travail plus qu’autre chose). Pour ceux que le parallèle avec l’actualité américaine ennuie, on va se permettre de zapper et aller à l’essentiel : on se fend bien la pêche.


Si on a du mal à croire qu’il s’agit d’un film d’Alex Proyas (The Crow, Dark City), Gods of Egypt ne vaut pourtant pas tant de haine. Avec ses personnages et son récit archi balisés, sa niaiserie dépassée quasi écœurante, et ses délires mythologiques premier degré totalement assumés, j’ai eu le sentiment de voir un dessin animé Disney tourné en live (et non un de ces films adaptés de classiques dont la firme aux oreilles nous abreuve ces derniers temps). On a jamais vu ça et on ne l’a que trop vu à la fois.




