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Critique expresse : Jack Reacher – Never Go Back « I am the (new) low… »

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064731_43c0e6cdf3604bd494ffc5cc1a41fd71-mv2Jack Reacher (Tom Cruise), le SDF le plus beau gosse du monde, est de passage à Washington pour rencontrer en personne la belle major Turner (Cobie Smulders) avec qui il flirte par téléphone depuis pas mal de temps déjà. Sur place, il est accueilli par un colonel tête-de-con qui lui annonce que sa copine est aux arrêts pour trahison. Sauf que Reacher, l’ex-enquêteur vedette, la légende militaire face à qui tout le monde se prosterne (les femmes) ou se signe (les hommes) flaire l’arnaque. Il décide alors seul contre tous de faire évader Turner, menacée par une poignée de tueurs ineptes. Dans sa fuite en avant, le duo va également embarquer la jeune Sam, une ado tout aussi en danger pour la bonne raison qu’elle est soupçonnée d’être… la fille de Jack. 

You know Jack

Jack Reacher premier du nom, adapté d’un des innombrables romans de Lee Child, avait été une excellente surprise grâce à son statut de petit film aux ambitions en apparence ridicules. En vérité, ce véhicule pour Tom Cruise n’était pas qu’un simple opus pépère et bouche-trou pour l’agenda de la star mais – et on ne s’y attendait pas ! – un vrai polar noir, racé, dans la pure tradition des 70s.

Ah !, la décennie bénie des flics hard boiled et autres vigilantes qui ne croyaient qu’en une seule justice : la leur, heureusement basée sur un sens moral et une implacabilité partagée par le point de vue du spectateur. Jack Reacher vu à travers l’œil avisé de Christopher McQuarrie (depuis consacré artisan de génie avec Mission : Impossible 5), c’était une atmosphère rugueuse et froide, une intro choc et un rythme posé mais soutenu jusqu’à un climax sans excès. Bref, un film juste et sans débordements.

Jack Reacher 2

You know nothing, Jack

Le succès appelant une franchise (but avoué), on se disait que viendrait l’heure de la surenchère. Après le repompage des codes des années soixante-dix, Jack Reacher 2 ne pouvait que sauter à pieds joints dans les réjouissantes années quatre-vingt, avec leurs héros machos, leurs péripéties rocambolesques et leurs punchlines débiles.

Manque de bol, Never Go Back zappe carrément une décennie pourtant taillée pour son héros badass, et plonge tête la première dans la décade suivante. Les nineties sont bien connues pour leur aseptisation plutôt que leur innovation et là, autant dire qu’on est gâtés. Tout, absolument TOUT dans cet opus est l’antithèse de ce qui fonctionnait dans le précédent : intro plate (alors que parmi tous les bouquins de l’auteur, certaines prémices sont beaucoup plus intrigantes), format télévisuel et rythme en dents de scie, pour un final encore moins spectaculaire et prenant que son prédécesseur, déjà vachement minimaliste.

Jack Reacher – Never Go Back : le pire des années 90

Pour ne rien gâcher, des restes mal régurgités des années 90 lui collent encore aux dents : adjonction d’une teenager potentiellement fille du héros, violence PG-13 pour pouvoir emmener ton petit frère, et méchants purement fonctionnels sans caractérisation ni profondeur (sinon que l’homme d’affaires tire la gueule et l’homme de main affirme son kif de torturer et tuer). L’artisan nostalgique et érudit a été remplacé par un yes-man lambda (Edward Zwyck), et ça se voit ! C’est pas absolument médiocre, mais ça n’a rien de transcendant non plus. Interchangez les histoires, et il vaut bien le dernier Jason Bourne.

Jack Reacher 1 était un retour aux sources du genre dans lequel il s’inscrivait, en plus de l’amorce prometteuse d’un nouveau label d’exploitation. Hélas, Jack Reacher – Never Go Back est justement un pur thriller d’exploitation, paresseux et tourné à pas cher, dans la lignée de ce qui se faisait le plus dans le genre il y a un quart de siècle. De fait, et c’est un record, il flingue encore plus vite sa franchise artistiquement parlant que ne l’ont fait Die Hard 4 ou Fast and Furious 7. Mais bon, vu tous les bouquins qu’il reste à adapter, Tom Cruise a au moins trouvé sa voie de garage pour les vingt prochaines années. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Mais en avait-il vraiment besoin ?

LES + :

  • Ça me rappelle les films d’action de mon enfance.

LES – :

  • J’AI GRANDI.
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Critique expresse : Radin « Donner, c’est se faire voler. »

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RadinSurtout connu pour des polars énergiques et carrés (Pour Elle, A Bout Portant, Mea Culpa), Fred Cavayé nous revient avec une comédie bien franchouillarde. Le genre populaire par excellence + Danny Boon + un argument se résumant à son titre : voilà de quoi nous faire légitimement craindre le pire. Le meilleur (le seul) réalisateur de bons films d’action français se retrouvait-il dans une impasse ou avait-il vraiment envie de faire ce film ?

De son propre aveu, démarcher pour faire ses trois précédents opus n’était pas de tout repos, on ne lui en voudra donc pas, pour une fois, de choisir une apparente « facilité » avec Radin. Facilité de choix à tout le moins, car la comédie est en réalité un genre plus casse-gueule qu’il n’y paraît. Mais l’on connait l’application de Cavayé et son amour d’un cinéma certes de pur divertissement, mais pas con pour autant (il avait refusé Die Hard 5 parce qu’il préfère un cinéma « plus près de ses personnages »).

Radin, pas j’menfoutiste

On ne reconnaît pas trop la patte du réalisateur, malgré quelques touches de style et références ciné (cf. la scène au restaurant). Radin fonctionne selon le canevas attendu : après un ch’ti et un hypercondriaque, Danny Boon incarne à nouveau un complexé grimaçant, François Gautier, dont la radinerie pathologique lui vaut d’être haï par tous. L’arrivée de sa fille biologique insoupçonnée et naïve (elle croit qu’il économise pour une cause humanitaire), ainsi qu’une série de quiproquos qui n’arrivent qu’au cinéma, vont chambouler les habitudes de cet émule de Picsou, et trèèèèèèès légèrement ses convictions. Même si c’est douloureux, François va entrevoir que donner, ça fait parfois du bien.

Le cahier des charges de Radin est rempli, qu’il s’agisse des mimiques du comédien principal comme des rebondissements exploitant à outrance le sujet. Les fourberies et les angoisses de Gautier (il faut le voir confondre son gentil banquier avec un psy), ainsi que les méprises lui sauvant bien souvent la mise, font preuve d’une belle inventivité. A l’inverse, certains dialogues et rebondissements sont forcés et tireront un peu trop la corde de la sensiblerie dans la dernière demi-heure. Mais si notre héros n’était « que » un connard, quel serait l’intérêt ?

Une comédie qui ne se paie pas le public

Si l’on imagine le contexte actuel inspirer son scénario (crise économique, tout ça), Radin ne milite pour aucune cause, n’a pas de vocation ni portée quelconque. A l’image de son réalisateur, il veut juste divertir efficacement son public, sans le prendre pour un imbécile ou une vache à lait. Le produit a du style, l’écriture carrée, l’humour jamais gras ni forcé, le casting motivé (Laurence Arné en tête)… Danny Boon trouve même l’occasion de se montrer plus émouvant que de coutume, notamment lors d’un discours forcé pour un gala de bienfaisance.

C’est bon Fred, la récré est terminée, on s’est bien amusés. Tu reviens jouer avec des flingues, s’il te plaît ?

LES – :

  • Radin est une comédie à thème comme on en a fait (et raté) des paquets.
  • Tout le monde n’aime pas Danny Boon.
  • Je préfère « l’autre » Fred Cavayé.

LES + :

  • Une comédie sauvée par une réalisation nickel et un humour jamais forcé.
  • Si ça remet le pied à l’étrier de Cavayé, je lui pardonne.
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Critique expresse : Suicide Squad « NON. »

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Les pires criminels du monde, dont Harley Quinn (Margot Robbie) et Deadshot (Will Smith), s’associent pour forcer le siège de Midway City et empêcher une sorcière surpuissante de détruire le monde. Et y a aussi le Joker quelque part et… oh, et puis zut. J’ai déjà pas envie de continuer.

Je dis « non » car ce n’est pas possible d’en arriver là. Je dis « non » car je suis un cinéphile mécontent. Je dis « non » car je suis un consommateur mécontent. Je dis « non » car je suis un être humain doué de sensibilité mécontent. Ce film ne devrait pas exister. Avant l’écriture de son scénario, l’idée de son existence était pourtant excitante et parfaite avec la progression désirée pour le DCEU (trancher avec Marvel et se montrer plus mature, en phase avec notre époque trouble).

Oubliez

C’est oublier que c’est une grosse machine de studios et que les studios sont des couilles molles. Oublier que les retours sur Batman v Superman avaient été terriblement douloureux pour eux, alors qu’une liberté artistique presque totale avait été accordée Dieu sait pourquoi à son réalisateur. Une leçon sur la non-supervision que DC Warner a apprise à ses dépens, et qu’elle n’allait pas laisser se reproduire si près de la sortie de son deuxième blockbuster, Suicide Squad, rien moins que le rassemblement de la pire chienlit de l’univers DC comics. Surtout qu’après Zack Snyder, le scénariste-réalisateur David Ayer était un choix aussi suicidaire que le responsable de Sucker Punch.

Quand un studio lâche autant d’argent pour une machine pareille, puis presque autant pendant un an pour sa promo schizophrène, puis encore un peu plus pour en retourner des scènes et effectuer deux montages différents, rien ne va plus. Ni dans l’industrie ni dans « l’art » de faire du cinéma, ou même de raconter des histoires. Les histoires de qui ? Sur quels personnages ? Dans quel but ? Avec quels moyens ?

Rincez

On avait l’espoir insensé de suivre le parcours d’une véritable team de salopards, un mix entre New York 1997 (qu’il pille effrontément) et Les Douze Salopards, justement. Puis Batman v Superman sortit et la donne fut changée.

Si Suicide Squad avait été un film indé ou même une moyenne production, probablement que Deadshot n’aurait pas été Will Smith en train de faire du Will Smith, mais le genre de mec à tuer sa fille pour arriver à ses fins. Sûrement que Killer Croc aurait mordu quelques jugulaires ou que Boomerang ne trimbalerait pas une licorne en peluche sous son manteau. Probablement encore que Harley Quinn ne vivrait pas une amourette aussi « meugnonne » avec sa racaille de Joker (par ailleurs complètement sous exploité).

La squad ne combattrait pas des armées de zombies en CGI à têtes de fientes et n’échangerait pas des blagues a priori incompatibles avec le contexte. On nous épargnerait aussi des tirades sur la famille et l’amitié complètement à côté de la plaque. Le montage du film aurait sûrement été moins bordélique, le final ne se transformerait pas en une parodie à peine déguisée du climax de S.O.S. Fantômes (l’original de 1984), et la scène post-générique avec Batfleck ne nous vendrait pas inutilement Justice League, alors que tout le monde l’attend déjà. Tout juste peut-on réagir à un sexisme appuyé, mais malheureusement pas assumé, le traitement des personnages féminins (Harley Quinn en tête) semblant tenir davantage de la maladresse ou du mauvais goût que d’autre chose.

La Suicide squad : un nom approprié

Quant à prendre la défense de David Ayer, depuis l’ignoble Sabotage avec Schwarzy, j’ai tendance à me méfier du monsieur. On lui doit sans doute l’idée d’un Joker pimp, façon « racaille des banlieues + Scarface + Priscilla, folle du désert ». Mais vu les courtes apparitions de Jared Leto tout au long de l’histoire, on imagine que c’est tout ce qui reste de sa vision initiale. De fait, après Batman v Superman, dont la version longue approuvée par Zack Snyder vient de sortir en bluray, beaucoup fantasment ou prient déjà pour voir Suicide Squad remonté tel qu’il était conçu à l’origine (avec bien des scènes oubliées impliquant le Joker d’ailleurs). Oubliez déjà.

A l’instar de BvS, on imagine que les défauts de raisonnement et de conception ne seraient toujours pas corrigés. Et même si c’était le cas, je ne sais pas pour vous, mais Bibi en a marre de payer sa place au prix coûtant pour un produit même pas fini, pour lequel il devra repayer six mois plus tard la mise jour. Apple, Sony, et maintenant DC Warner… Perso, les grosses compagnies aujourd’hui me paraissent bien plus malfaisantes que les méchants de pacotille et rincés à l’eau tiède de Suicide Squad.

LES + :

  • Si on aime, y a Will Smith qui fait du Will Smith.
  • Pour les pervers, voir Margot Robbie en mode p***, peut-être ?
  • Un Joker différent.
  • Une BO « best-of » qui n’arrête jamais d’enchaîner des tubes des cinquante dernières années. Suicide Squad est peut-être le premier blockbuster vous invitant de lui-même à l’apprécier les yeux fermés.

LES – :

  • Will Smith n’est pas Deadshot. C’est Will Smith.
  • Un sexisme embarrassant.
  • Un Joker trop différent et très absent.
  • Un montage foutraque.
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Critique expresse : Warcraft, Le Commencement « Des orcs et des hommes »

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Warcraft Le CommencementPas besoin d’être un fan (je ne le suis pas) pour voir que Warcraft, Le Commencement fait honneur à son jeu sans faire honte au Cinéma. Pour le premier, il faut tout de même être à fond sur le sujet pour percer les écarts avec le canon de cet univers débuté en 1992. Pour le second, il faut se rappeler les fresques d’heroic fantasy bien plus kitsch et mal torchées vues sur grand écran par le passé. Mais les références sont aujourd’hui plus télé que ciné, et Game of Thrones viendra plus volontiers à l’esprit que Donjons et Dragons.

Une mythologie respectée

On sent dès l’introduction la sincérité du réalisateur Duncan Jones (Moon, Source Code) remplaçant Sam Raimi à la barre et joueur de WOW avéré (aidé par le studio Blizzard, créateur du jeu). Warcraft n’est pas qu’un jeu mais une mythologie qu’il connaît et aime, au contraire d’autres mercenaires n’entendant rien aux codes vidéoludiques ni cinématographiques (cf. Uwe Boll ou John Moore). Les références ne sont pas gratuites, mais intégrées à un univers qui « vit » Warcraft.

Les gimmicks visuels des jeux sont repris avec une vraie intelligence, comme une poignée de plans façon RTS servant à indiquer la progression de l’invasion orque. Le film est en plus pensé comme un complément plutôt qu’un simple produit dérivé, nous contant les origines de la guerre entre hommes et envahisseurs. Le passé et la psychologie de ces derniers sont d’ailleurs plus développés que ceux des humains, ces derniers semblant tous réduits à des fonctions (le roi, le guerrier, le mage… vivent les PNJ !) au lieu de personnages. Du coup, l’attachement pour eux s’étiole à mesure que la trame avance. Un travers commun à plus d’une adaptation de JV, que Warcraft, Le Commencement n’a donc pas su éviter.

Fantasy pas cher

En plus de cela, le film jouit hélas d’un budget modeste (pour un blockbuster d’aujourd’hui), de peu de temps et de beaucoup d’impératifs de studio pour raconter son histoire. Lieux et personnages emblématiques s’enchaînent à grande vitesse sans avoir le temps de construire quelque chose sur la durée. Le rythme régulier fait que que si le spectacle est épique, il ne va jamais crescendo, armées en marche, combats violents et plans aériens saisissants se suivant sans se surpasser. Au final, le film se regarde un peu trop comme le best-of d’une saison de série télé de fantasy (avec lesquelles le casting partage d’ailleurs quelques liens de parentés).

Une impression renforcée par la plus grande qualité du film, qui devient paradoxalement sa plus grande faiblesse : sa fidélité exemplaire au matériau de base. Le design général très « cartoon » est si bien retranscrit que tout paraît trop artificiel, cf. la gueule des elfes, et ce second degré visuel n’est pas aidé par le ton beaucoup trop sérieux de l’ensemble. A l’instar du Hobbit de Peter Jackson (mais dans une proportion moindre), il manque à ce Warcraft une légèreté et un humour pourtant présents dans le média d’origine. Blizzard ou le réalisateur semblent s’être interdits toute forme de recul ou de mise en abîme, sinon au travers de répliques trop plates pour faire mouche. Dommage car cela aurait pu distinguer l’entreprise du Seigneur des Anneaux.

Warcraft, Le Commencement : un bon « petit » film

Pour résumer, le métrage se hisse sans peine dans le haut du panier des adaptations de jeux vidéo réussies. Le résultat satisfera le plus grand nombre, et avant tout les fans, mais il lui manque un peu plus de cachet pour convaincre. Trop ciblé (design et références), trop expédié (ça va vite) et trop condensé (le film ne construit rien lui-même), le spectateur lambda ne verra dans Warcraft, Le Commencemant qu’un succédané coloré des films de Peter Jackson. Dommage, compte tenu de toutes les qualités dont il a su hériter.

LES + :

  • C’est un vrai film, pas un simple produit dérivé.
  • De la fantasy épique et généreuse.

LES – :

  • Un design trop second degré.
  • Un récit trop premier degré.
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Critique expresse : The Nice Guys « Kiffe Kiffe Bang Bang »

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The Nice GuysIl y a beaucoup à dire sur The Nice Guys, le dernier effort de Shane Black, revenu à ses premières amours après avoir flirté avec le hors sujet chez Marvel (pour Iron Man 3, pas mauvais en tant que tel mais singeant son travail plus qu’autre chose). Pour ceux que le parallèle avec l’actualité américaine ennuie, on va se permettre de zapper et aller à l’essentiel : on se fend bien la pêche.

A plus d’un égard, The Nice Guys est un pot-pourri de la formule Shane Black. L’auteur verse tour à tour dans l’auto citation (avec son duo de losers magnifiques dans la lignée du Dernier Samaritain), le détournement (le plongeon dans la piscine de L’Arme Fatale 2 est délicieusement parodié) et la simple régurgitation (enquête sinueuse avec narration de film noir, pimentée par des dialogues hilarants). Changement de contexte mis à part (le film se déroule à la fin des seventies), on retrouve le plaisir jubilatoire qu’on avait à suivre le duo de Kiss Kiss Bang Bang, à l’époque Robert Downey Jr et Val Kilmer, et pour cause : c’est la même formule. Hollywood, le milieu du cinéma (ici porno), un trio improbable (un détective privé, un aspirant au titre et une jeune fille liée à l’un d’eux), le meurtre mystérieux d’une demoiselle, un duo de tueurs atypiques, des soirées coke, des situations absurdement drôles… Seule la conclusion moins magique que celle de KKBB fera preuve d’un cynisme surprenant mais pas tant dérangeant.

The Nice Guys, c’est… nice

Il faut avouer aussi que, au même titre que les chefs-d’œuvre précédents attribués au réalisateur d’Iron Man 3, le casting de The Nice Guys envoie du bois, surtout ses deux formidables contre-emplois : Ryan Gosling, qui malgré son éternelle paralysie faciale semble plus expressif que jamais, et Russell Crowe, énorme au sens propre comme au figuré (rassurez-moi : c’est une prothèse, hein ?). Si vous aimez les comédies noires et les duos imparables, foncez. En ces temps moroses de super héros en pleine crise existentielle, l’espace d’un film hors du temps, ça fait du bien de rire de tout.

LES + :

  • Casting impayable.
  • Ambiance groovy.

LES – :

  • Un léger sentiment de redite dans la filmo de Shane Black.
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Critique expresse : Les Visiteurs 3, La Révolution « Hourra ! C’est encore plus merdique ! »

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Après un gros cliffhanger à la fin des Visiteurs 2 – Les Couloirs du Temps en 1998 (Les Visiteurs en Amérique n’étant qu’un gros sketch à part), on aurait pu s’attendre à ce que la franchise évolue rapidement et de manière intéressante, nos deux compères Godefroy et Jacquouille ayant atterri par erreur en pleine révolution française. Au lieu de cela, il nous fallut attendre vingt ans, ou plutôt revenir de plus de deux cents ans en arrière (surtout en matière de cinéma). Malgré ce gros bond dans le temps, Les Visiteurs 3, La Révolution débute directement après les événements du précédent. Pas d’inquiétude : le vieillissement sinistre des héros est rapidement expliqué par une malédiction due à leur voyage prolongé.

Cette fierté nationale a eu bien raison de ne pas se montrer à la presse ! Les dix premières minutes accumulent toutes les erreurs possibles en termes de mise en place (lents textes déroulants ou fixes résumant l’intrigue et le contexte de l’époque), de mise en scène (transitions et coupes douteuses) et de continuité (d’un coup, l’Enchanteur a une fille qui peut parler à nos héros à travers le temps). Nos régions ont du talent, mais ce serait bien de le montrer, des fois ! Rien ne fonctionne.

Les Visiteurs 3 La Revolution

Le casting ?

Malgré les stars invitées (Dubosc, Lutz…) et de bonnes têtes injustement traitées (Pascal Nzonzi et la polémique de l’affiche), Clavier rejoue un gros Jacquouille demeuré et sans nuance, tandis que Jean Reno traverse le film avec l’œil éteint et la répartie limitée (« Certes… »).

Les décors ?

Ben, c’est la révolution. Le film d’époque. Nos chaines télé ne manquent pas d’ustensiles. Et à l’écran, ça donne quoi ? Mise en scène statique, montage à la serpe… Pas de doute, on regarde la télé. Celle d’il y a vingt ans.

L’intrigue de Les Visiteurs 3, La Révolution ?

On avait l’occasion de revenir sur une période décisive, intéressante et trouble de notre histoire, faire la mise en abîme du présent, évoquer l’évolution des préjugés… mais tout ça on s’en tape. Les figures historiques ? Des caricatures sans relief. Les enjeux ? Du vent. Godefroy jure de remettre le roi sur le trône (Montjoie !), mais laisse béton complètement à mi-film (imaginez Les Dents de la Mer, si aux trois quarts, quelqu’un disait : « On laisse tomber le requin et on va boire une mousse ? »). Les Visiteurs n’ont fait que passer dans le passé sans que rien ne se soit passé.

L’humour ?

Si vous aimez la merde, vous allez être servi. Robespierre fait caca, Jacquouille pète, Godefroy pue de la gueule et le boudin constipe. Voilà pour l’essentiel.

On veut bien croire que l’envie a été le seul moteur pour faire Les Visiteurs 3, La Révolution (surtout celle de se faire du fric), mais l’indécence a vraiment des limites ! C’est d’autant plus dommage que le périple s’achève au moment où cela devient curieusement intéressant et prometteur : Godefroy enfin réveillé jure de reprendre Montmirail des mains de… l’envahisseur nazi. Si cette fois, il tient ses promesses (ainsi que l’équipe du film), peut-être oubliera-t-on volontiers cette catastrophe qu’a été la révolution…

LES + :

  • Euuuuuuuuuuuuuuuuh… Sylvie Testud, qui s’en sort mieux que les autres, peut-être ?

LES – :

  • TOUT !
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Critique expresse : Gods of Egypt « God of War IV »

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Gods of EgyptSi on a du mal à croire qu’il s’agit d’un film d’Alex Proyas (The Crow, Dark City), Gods of Egypt ne vaut pourtant pas tant de haine. Avec ses personnages et son récit archi balisés, sa niaiserie dépassée quasi écœurante, et ses délires mythologiques premier degré totalement assumés, j’ai eu le sentiment de voir un dessin animé Disney tourné en live (et non un de ces films adaptés de classiques dont la firme aux oreilles nous abreuve ces derniers temps). On a jamais vu ça et on ne l’a que trop vu à la fois.

D’autant que « balisé » signifie du coup « compréhensible », beaucoup plus en tout cas qu’un Batman v Superman quant à lui sinistre, beaucoup plus cher, incohérent et je-m’en-foutiste de bout en bout. Et si l’on cherche la comparaison « mythologie moderne contre ancienne : laquelle est la plus massacrée ? », on constate que dans le film de Proyas, les défauts de logique du récit étaient déjà présents dans l’antiquité (quelqu’un m’explique comment emporter du cash dans l’au-delà ?) à l’inverse de ceux du film de Zack Snyder.

En bref, dans Gods of Egypt, les blagues datées niveau CE2 le disputent aux moments de pur WTF (le palais du dieu Râ, la séance de chirurgie de Set ou encore son char volant tiré par des scarabées géants !). De quoi provoquer chez le plus indulgent un sourire continu pendant les deux heures de projection. Le film étant sous distribué dans nos salles, dites-vous que c’est un privilège de pouvoir le mater. Alors pourquoi ne pas essayer ?

LES + :

  • La prestation d’un Gerard Butler en méchant mais fidèle à lui-même, constamment à cheval entre grotesque et charisme.
  • Un univers somme toute fabuleux (décors et CGI).
  • La mythologie égyptienne revisitée.

LES – :

  • L’humour de Gods of Egypt peine à être drôle.
  • Des combats entre méchas humanoïdes volants illisibles, autant à cause de CGI craignos que de cadrages sous cocaïne.
  • La mythologie égyptienne massacrée.
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Critique expresse : Braqueurs « Deal with it »

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Les polars français, ce n’est pas ça qui manque. Les bons polars, c’est un peu plus délicat. Quant aux polars qui ont vocation de distraire et d’être efficaces à la fois, eh bien c’est encore plus difficile sans tomber dans le ridicule (heureusement qu’il y a Fred Cavayé pour ça). Braqueurs y arrive sans toutefois casser des briques. Il jouit d’une sécheresse de style efficace et d’une intrigue directe, bien structurée mais très peu développée, afin de fournir à l’ensemble sa pleine puissance d’impact en à peine 1h20.

Le revers, c’est que le métrage est vendu par ses affiches comme un actioner qui débourre, et il n’est bien sûr pas cela. Avec une histoire qui se résume à peu de choses (les braqueurs, suite à une maladresse, sont forcés à voler pour des dealers), celui qui sera venu se repaître de fusillades bruyantes et de rebondissements excitants se contentera de quelques échanges de coups de feu en caméra portée avec des dealers de banlieue. De ce côté-là, Antigang sorti l’année dernière faisait mieux. Toutefois, le film de Julien Leclercq n’est pas fait pour déconner, et on apprécie qu’il ne tombe pas dans le piège du film facilement divertissant ou au contraire tellement thésard qu’il en devient gonflant. Braqueurs ne cherche en plus jamais à porter un jugement sur le style de vie de ses protagonistes, cela dit tous affublés de tronches bien exploitées (Sami Bouajila, ou la tête de l’emploi).

Points noirs hélas, la prévisibilité des rebondissements et la difficulté de quelques acteurs à articuler durant leurs scènes. Allez, les gars ! Je sais que dans la vraie vie, on a parfois du mal, mais c’est du cinéma ! Vous pourriez parler plus fort, des fois.

LES + :

  • Un casting avec des gueules qui font « vrai ».
  • Quand ça tire, ça fait du bruit…
  • Une intrigue qui ne filoute pas.

LES – :

  • Un casting qui devrait parfois articuler davantage.
  • … mais ça ne tire pas beaucoup.
  • Une intrigue qui ne surprend pas.