Critique : X-Men Apocalypse “L’Alpha et l’Omega”

X-Men ApocalypseJe n’ai pas trouvé deux avis qui se ressemblent à propos de X-Men Apocalypse, en particulier du côté des détracteurs. Destruction porn douteux empruntant à Roland Emmerich pour les uns, comic book movie sans âme dédié au seul fan service pour les autres. Tous s’accordent quand même à y voir une conclusion plate à la saga, laquelle y perd en plus sa sympathique touche historique. A mi film, l’un des protagonistes lance que « le troisième épisode est toujours le plus mauvais. » Une phrase trop maligne peut-être adressée au film de la première trilogie (réalisé par Brett Ratner), que les détracteurs ont facilement retourné contre celui-ci sur la base de leurs attentes déçues.

Au commencement, X-Men Apocalypse…

Pour commencer, ce n’est pas l’histoire humaine qui est réécrite cette fois. Oubliez le rapport à l’Histoire telle que nous la connaissons, si proche de nous, et faites place aux mythes et légendes. En témoigne une introduction craignos en Egypte antique, théâtre d’une cérémonie bien kitsch. Avec des événements fantasmés et des faits lointains difficiles à étayer, on nage en pleine mythologie (cf. le rituel quasi magique employé). Un générique de rigueur nous conduit ensuite jusqu’à la fin du XXème siècle, avec une laideur et une énormité risibles (Singer choisit pour jalons historiques Jésus, Léonard De Vinci, le nazisme et la Guerre Froide. Ça va bien ensemble…).

Bienvenue en 1983 ! Le Retour du Jedi vient de sortir et la Guerre Froide chauffe encore, mais pour une fois, après Cuba et les Accords de Paris, l’Histoire, on s’en moque. La vraie guerre qui se joue n’est pas entre humains, ni entre humains et mutants, mais bien entre les mutants eux-mêmes, suite au réveil d’En Sabbah Nur, aka Apocalypse dans la bédé, alias Dieu dans sa tête. Une guerre d’idéologie entre deux prophètes, lui et le professeur Xavier, le fanatique et l’humaniste (ne cherchez pas plus d’analogie avec notre époque).

Jadis trahi par les humains ayant provoqué son sommeil, En Sabbah Nur est écœuré par le capitalisme auquel nous nous sommes adonnés et décide de faire le ménage, en recrutant entre autre ce bon vieux Magnéto. Selon certains, c’est l’occasion de nous resservir un spectacle réchauffé (Jean, Cyclope, Diablo et bien d’autres sont de retour), pour d’autres, c’est celle d’aller à l’essentiel (pas besoin de présenter longuement des persos que nous connaissons déjà).

Pas une catastrophe, mais un film catastrophe

X-Men Apocalypse ne veut pas copier le genre ni la narration de ses prédécesseurs, ce qui est une qualité, sauf pour qui n’aime pas le déchaînement généreux et… apocalyptique du dernier acte. Aux accusations de destruction porn, répondons que chez Roland Emmerich (réalisateur de 2012 et du prochain Independence Day : Resurgence), le sadisme le dispute à un humour douteux quand des millions de gens sont littéralement montrés en train de mourir dans des circonstances vraiment gratuites, puisque naturelles.

Ici, Apocalypse est la personnification du Fléau, une entité cruelle (il faut voir comment il châtie les malheureux sur son chemin) sur laquelle le spectateur peut rejeter la faute. Il faut bien sûr passer outre son costume d’Halloween, mais reconnaissons qu’Oscar Isaac se défend bien dans la peau caoutchouteuse de ce personnage, opposant au grotesque de son allure un tempérament glacial (à l’inverse de la bédé qui le montre exubérant et mégalo).

Enfin, c’est probablement la première fois depuis le début de l’ère comics au cinéma que l’on voit un antagoniste si puissant qu’il oblige tous les héros à l’attaquer en même temps, comme dans les plus épiques récits sur papier. Après Ultron et en attendant Darkseid et Thanos, Apocalypse est donc le premier titan digne de ce nom à apparaître sur nos toiles.

Une histoire comic

Un vrai bad guy à la puissance effrayante, une psychologie et un débat moral clairs, des enjeux simples (la fin du monde) et des personnages déjà tous bien établis… X-Men Apocalypse est un divertissement tout à fait convenu lorsqu’on le considère à part. Mais quand on prend en compte le bagage qu’il traîne (cinq films officiels), il est en réalité le bouquet final de la saga entière, un combat de titans généreux aux airs de best-of de la franchise (incluant un nouveau morceau de bravoure de Quick Silver).

Après avoir utilisé l’Histoire pour y ancrer la réalité de ses êtres doués de pouvoirs, c’est l’histoire des X-Men qui se développe et s’enracine définitivement avec X-Men Apocalypse, le combat difficile contre le méchant éponyme servant de prétexte à réinstaller leur canon (nous sommes à l’époque de la fondation de l’école Xavier) tout en le remodelant (certaines choses ont changé dans cette nouvelle timeline).

X-Men Apocalypse, c’est la fin ?

Hélas, on ne se refait pas. Comme tout ne saurait être parfait, avouons que certains passages ou dialogues sont si faciles ou pauvrement écrits qu’ils en deviennent embarrassants (mention spéciale au ixième traumatisme de Magnéto), et que la franchise continue par petites touches à violer sa continuité. Le twist excitant des dernières secondes de Days of Future Past est ainsi complètement ignoré, et une énième scène post-générique tease déjà une future suite, fichant immédiatement en l’air l’impression satisfaisante d’avoir bouclé la boucle.

LES + :

  • Un méchant vraiment balèze…
  • Une histoire simple et efficace…
  • Un best-of de la franchise…
  • Une impression de vraie finalité…

LES – :

  • Un méchant un peu kitch.
  • Une histoire gâchée par des moments ou dialogues un peu gros (la scène de la rechute de Magnéto vers le côté obscur prouve que le ridicule tue).
  • Un best of pas loin du pur fan service.
  • L’impression de finalité est sabordée par l’inévitable scène post-générique.

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