Test PS4 : Control “L’action psychédélique à la finlandaise”

Control ps4Control est enfin là, après une communication assez retenue, loin de la folie entourant le prochain Hideo Kojima (Death Standing) ou le remake de Final Fantasy VII. Le dernier-né du studio Remedy (Max Payne, Quantum Break) découle totalement des efforts et aspirations des précédentes licences du studio, au point qu’on dirait que tout ce qui a précédé avait pour seul but d’en arriver là.

Faden to opening

Vous commencez direct dans la peau de Jesse Faden. Vous ne savez pas ce qu’elle fait là ? Elle non plus. La belle se contente de parler toute seule, à l’intention d’une entité mystérieuse dont vous ne saurez rien pendant encore une bonne partie de Control. C’est elle qui a conduite la jeune femme ici, dans le hall d’un immeuble de béton en plein cœur de New York, dont personne ne remarque la présence. Il est pourtant là depuis un sacré bout de temps.

Le Bureau Fédéral de Contrôle est un organisme qui travaille sur les EAM, les événements d’altération du monde. Pour simplifier, ces sortes de failles dimensionnelles provoquent de ci de là des phénomènes étranges induisant disparition de personnes ou transmission de pouvoir à des objets du quotidien. Bien sûr, ce n’est que le début. Très, très vite, vous comprenez que le bâtiment entier est lui-même un EAM, investi de forces mystérieuses au sein desquelles – et même POUR lesquelles – travaille l’agence.

Control ps4

Avant cela, vous aurez déjà trouvé le bureau du patron, pris possession de son Arme de Pouvoir (un flingue protéiforme), et été intronisée malgré vous nouvelle directrice. À vous de rassembler les troupes, d’enquêter sur les forces ayant corrompu l’immeuble et ses employés, et bien sûr de faire le ménage.

Another Break

Quantum Break, précédente IP du studio et exclu Xbox, avait divisé. Son gameplay était ultra simple, entièrement axé sur le shoot avec super-pouvoirs. En contrepartie, la progression était linéaire et sans réflexion. De plus, le studio expérimentait l’utilisation d’épisodes live de 10-15 mn insérés entre les chapitres, et dont le contenu variait sensiblement selon vos choix dans le jeu. Imaginez-vous mater Jurassic Park, puis être obligé à mi-film de lire les vingt pages explicatives du bouquin sur le clonage des dinosaures ! On regrette vite les trente secondes d’intervention de M. ADN…

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Heureusement, Control a abandonné ce concept. Déjà, fini la lecture d’interminables fils de discussion par e-mails. Cette fois, chaque document trouvé ne contient pas plus d’une page d’infos, ce qui est plus rapide à lire et brise beaucoup moins le rythme. N’hésitez pas à chercher, vous trouverez des liens très intéressants avec d’autres jeux du studio…

Ensuite, on suit toujours une trame scénarisée, avec quête personnelle de l’héroïne (elle cherche quelqu’un) et combat à rebondissements contre le Hiss, l’entité négative désireuse de se répandre hors du Bureau. Mais la progression est bien plus libre. Le BFC est un immense donjon à l’architecture changeante. Vous êtes libre d’y déverrouiller ou non certaines portions, où des quêtes annexes vous permettent de débloquer des récompenses (tenues, matières premières pour vos améliorations, etc.). Il vous suffit de survivre à des arènes chargées et/ou à des boss coriaces.

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Peine max pour Jesse

Control est un TPS qui déchire. Si les premiers affrontements sont laborieux, le maniement du flingue-Transformer de Jesse est rapidement maîtrisé. Vous ne pouvez « porter » que deux formes avec vous, pouvant passer de l’une à l’autre d’une simple pression sur un bouton. Rien que du traditionnel mais efficace : semi-auto, rafale, pompeux, lance-roquettes et charge. Au fil du jeu, vous pouvez ajouter jusqu’à trois modes par apparence, une bonne vingtaine en tout (plus de munitions, de puissance, etc.). À vous de jongler pour gagner en efficacité.

En mettant la main sur des objets dits « altérés », vous allez pouvoir également booster vos capacités (télékinésie, dash ou encore lévitation). Et là, c’est festival ! Vous devenez une combattante surpuissante pas si différente du Jack Joyce de Quantum Break. Votre avatar se manie comme si vous étiez né ainsi. Le gameplay déjà jouissif du précédent effort du studio trouve ici son prolongement logique, avec toujours plus de maniabilité et de naturel.

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Pour le reste, à vous d’améliorer vos jauges de vie et d’endurance, et d’alterner entre vos différentes aptitudes face à des ennemis variés. Ils ne sont pas forcément originaux (troufions armés, grosses brutes, saletés volantes, soigneurs, et j’en passe) mais ils sont bien organisés et/ou infatigables. Ils vous donneront du fil à retordre. Sans parler des « boss de donjons », des plaies qu’il vaut mieux affronter bien préparé. Cerise sur le gâteau, l’environnement est complètement destructible, et il n’est pas rare que Jessie arrache carrément un morceau de béton du sol pour l’envoyer à la gueule de l’ennemi.

Beau à en donner le tournis

La vraie star de Control n’est pas Jessie, malgré le charme de son interprète Courtney Hope. La belle est aussi fade que l’était le héros de Quantum Break. La véritable fascination vient de l’exploration du BFC. Il va falloir fouiller pour dénicher des coffres cachés et accéder aux zones spéciales (merci la lévitation). Malgré l’absence de fenêtres et la dominance écrasante du béton, les différentes sections du Bureau sont très travaillées, autant esthétiquement que techniquement, et profitant d’un sens de la déco so swedish. Quand vous entrez dans un hall cyclopéen baigné de lumière blanche, où trône un séquoia massif, et aux murs recouverts de murales végétales, vous dites « wow ! ».

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Mais les réarrangements de l’espace quand vous libérez une zone, façon rubik’s cube, sont le plus impressionnant. Sans parlez des tours vicelards joués par des entités facétieuses, qui vont aimer jouer avec votre perception des distances ou de l’espace pour vous ralentir dans votre quête. Mais toutes ces performances ont un prix, qui semble bien lourd parfois. Des difficultés purement techniques peuvent entacher l’enthousiasme suscité par l’expérience.

« Ta console est déjà morte ! »

Ma PS4 est une première génération. Elle est lourde, elle fait du bruit, mais ça, j’ai l’habitude. Sauf que Control lui en demande vraiment beaucoup. Tellement que lorsque j’ai mis la pause, reprendre la partie a toujours causé des ralentissements ou « freeze » intempestifs pendant de longues secondes. Sans parler des affichages tardifs de textures. Ils n’arrivaient parfois jamais, même une fois le nez collé à un panneau pourtant gros comme ça.

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Les affrontements ont beau être dynamiques et jouissifs, s’ils sont beaucoup à se disputer à l’écran pour vous choper, ça rame. Vous êtes obligé de faire pause parce que votre chérie insiste pour sortir les poubelles ? Alors vous pouvez faire une croix sur la victoire. Quand vous reprendrez, vous ne pourrez rien faire d’autre que vous regarder vous faire dégommer en image par image.

Terminons sur les temps de chargement, affreusement longs. Cela faisait longtemps que je n’avais pas attendu entre vingt à trente secondes pour ressusciter. Surtout que vous réapparaissez au dernier point de contrôle croisé, quoi qu’il advienne. Si vous mourez dix fois contre un même boss, vous devrez vous retaper dix fois le même chemin et endurer dix fois les mêmes répliques de Jessie. Pour ces cas exceptionnels, un checkpoint auto n’aurait pas été de trop. Bref, j’ai cru que ma Playstation allait mourir du cancer, et moi de rage. Surtout qu’elle a planté deux fois, après avoir chauffé à blanc pendant mes longues heures d’exploration.

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Allô, Control ? Voici les faits

Je ne peux pas parler pour les possesseurs d’une PS4 récente. Mais soit les difficultés rencontrées sont strictement matérielles, soit elles devraient être rapidement corrigées par des patches délivrés par l’éditeur. Malgré ces déconvenues, Control est une expérience enthousiasmante, qui m’a greffé un pad à la main pendant trois jours. Pour résumer, le dernier exploit de Remedy ressemble à Quantum Break dans la Matrice, s’il avait été réalisé par Nicolas Winding Refn (Only God Forgives, Valhalla Rising, Neon Demon). Nerveux et fascinant à la fois.

La découverte et l’émerveillement suscités n’ont pas souffert en même temps que ma console. Même une semaine plus tard, je reste marqué par cette aventure psychédélique et pourtant cohérente de bout en bout. L’histoire est tordue et tout y est possible, ce qui ne vous ménage pas en surprises ni en éclats de rire (des témoignages recueillis par le Bureau sont parfois hilarants). Quant au gameplay, il s’agit d’un des TPS les plus fun et instinctifs auxquels j’aie joué depuis un moment. Espérons que cette fois, Control accouche d’une suite. Voire, qui sait, qu’il mène à un cross-over avec d’autres licences du studio. Comme je l’ai dit, tout est maintenant possible…

LES + :

  • Beau.
  • Fou.
  • Fun.
  • Alan… Chut !

LES – :

  • Ça raaaaaaame !

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