Critique expresse : The Salvation “Mad Mads”

286303.jpgHier soir, au sortir d’une séance du dernier film avec Mads “Hannibal” Mikkelsen, une brunette un peu ronde marchant devant moi se plaignait à son copain que c’était “à chier”, probablement parce que le film suivait un rythme posé (quoique tendu) et une histoire convenue (mais efficace). Tous les goûts sont dans la nature, mais si les jeunes (et j’ai même pas 32 ans, les enfants) sont insensibles à ce genre de récit, c’est probablement parce qu’ils ne sont pas assez grands pour comprendre. Même si je ne me vanterai pas d’avoir vécu la même chose, imaginez donc la journée de ce brave Jon (Mads Mikkelsen) avant de critiquer la tournure des événements.

Jon est un ancien soldat danois venu trimer sept longues années en Amérique dans l’espoir d’y fonder un foyer pour sa famille : un jeune fils de dix ans et une ravissante femme (la chanteuse Nanna Oland Fabricius, ci-dessous avec des cheveux bleus, parce que je trouve ça rigolo). Sitôt descendus du train, ils empruntent hélas la mauvaise diligence, et font route seuls avec un duo flippant de outlaws tout ce qu’il y a de plus déplaisants. Après une bonne montée en pression, les ordures s’énervent, tuent arbitrairement le fils, violent la femme et saccagent la diligence. Manque de pot, le Danemark ne se rend pas (pas cette fois) et Jon se fera justice lui-même. On ne le contredira pas. Sauf que l’une des deux victimes était le frère de Delarue, le mafieux tyrannique des environs (Jeffrey Dean Morgan, qui avec une moustache ressemble à Tom Hanks). Décidé à venger la mort de son “honorable” frère, il va exercer un chantage odieux sur les habitants opprimés du bled. Le gentil maire (hem) et le shérif vertueux (euh) vont alors botter les fesses du pauvre Jon pour le livrer en pâture aux truands…

064731_d0f2afa304f74d99914b6729432b6b30-mv2“Quiconque défigure une beauté comme celle-là… avec une couleur comme celle-là… mérite de se faire buter !” (Clint Eastwood, The Rookie, 1990)

The Salvation, loin de marquer à jamais l’histoire du Septième Art, est donc un rape-and-revenge tout ce qu’il y a de plus légitime et carré. Ses terres désolées et l’abus de malchance dont est victime le héros rappellent le chemin de croix du Mad Max original de George Miller. Sauf que Mads a plus de gueule que Max. Son air à la fois impavide et perturbé fait son travail au milieu de cette déferlante de coups durs, et lorsqu’il a tout perdu, l’empathie pour lui fonctionne bien sûr à plein tube. D’autant que le bougre doit parler moins de cinq minutes dans tout le film, danois et anglais confondus. Un rôle quasi muet favorise donc le côté animal et introverti du personnage. Il est normal que sa contrepartie s’avère d’ailleurs être le seul personnage effectivement muet du film, interprété par Eva Green.

Et justement, quid de Eva Green et Eric Cantona ? Eh bien la première est abusivement utilisée sur des affiches promotionnelles qui mettent beaucoup trop en avant un rôle pourtant de second plan, qui ne la voit prendre part à l’action de manière décisive que dans les cinq dernières minutes. Quant à Canto en bras droit de Delarue, il a volé son nom au générique tellement il aurait pu être joué par n’importe qui. Mais on aime sa gueule quand même, surtout dans un film de genre aussi… aride.

The Salvation est donc un western qui file droit, brûlant et immersif à condition qu’on ne soit pas fan des Transformers (hein, la brunette ?). Ça fait du bien d’aller au cinéma juste pour éprouver quelques bons vieux sentiments viscéraux et cathartiques.

LES + :
– Mads Mikkelsen, magnétique.
– Un western bien aride comme il faut.
– Un rape-and-revenge immersif comme il faut.

LES – :
– Ça ne remue pas beaucoup. On aime ou on déteste.


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