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Test PSVR : Immortal Legacy, The Jade Cipher « Unchartevil Gear Solid »

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Immortal Legacy The Jade Cipher

Tyre est un soldat spécial parachuté sur une île des mers d’Asie. Mission : retrouver une équipe d’archéologues portée disparue. Souci n°1 : l’endroit est aux mains de mercenaires mal lavés, « façon Uncharted ». Souci n°2 : ils sont à la solde de super-vilains sortis d’une contrefaçon hongkongaise de Metal Gear Solid. Et souci n°3 : des excavations sur l’île ont déterré les expériences menées par Umbrella une ancienne dynastie chinoise. Or, ces horreurs sont toujours bien vivantes et dangereuses pour la santé. Heureusement, vous êtes aux aguets et armé. Et pour un jeu VR copiant pas mal d’autres titres, Immortal Legacy, The Jade Cipher surprend agréablement à plusieurs niveaux.

VR-aiment agréable à manier

Je préfère avertir ceux qui voudraient s’y frotter. Immortal Legacy, The Jade Cipher est un plaisir à manier… à condition de bidouiller un peu vos options de maniabilité. Parce que sans cela, Tyre se déplace avec autant de grâce et de légèreté qu’une bétonneuse aux pneus crevés. Or, durant les affrontements, il est vital de savoir bouger. Un conseil, donc : dès vos premières minutes, expérimentez pour trouver le meilleur compromis. Je recommande la vitesse de déplacements maximale, et de jouer confortablement assis dans un siège (un tant soit peu) articulé. Vous limiterez le motion sickness, et vous progresserez sans trop de frustration.

Immortal Legacy The Jade Cipher

Il va aussi falloir vous familiariser avec une disposition des commandes un peu atypique. Mais bien que cela semble avoir posé problème à plusieurs joueurs, je m’y suis très vite habitué. J’ai même énormément apprécié ma liberté de mouvement dans le jeu, encore plus lors de mon second run. Mais peut-être que ce ne sera pas le cas de tout le monde. Dommage, vous passerez alors à côté d’une excellente expérience de jeu en VR.

Made in China

Immortal Legacy, The Jade Cipher est développé par un studio chinois. Tu m’étonnes ! Plus pour la blague que pour être mauvaise langue, je dirais que le jeu sent la contrefaçon. Celui qui achète souvent au rabais sur Internet sait que c’est quitte ou double. Soit la copie est agréablement réussie… soit tu en as pour ton argent, radin ! Si l’on doit faire la comparaison, le jeu est un Uncharted en VR, dont l’intrigue se situe au croisement de Metal Gear Solid et Resident Evil VII. A priori, c’est un fourre-tout opportuniste de la part d’un studio qui aimerait surtout se faire remarquer.

Immortal Legacy The Jade Cipher

Sauf que la sauce Immortal Legacy, The Jade Cipher prend bien, et qu’en plus, il est jouable et fun. C’est dingue, non ? C’est parce que le jeu enchaîne des phases de gameplay aussi diverses que prenantes. Un coup vous défouraillez des sales types en moulinant des guns comme Chow Yun-Fat. L’instant d’après, vous traversez à pas prudents un réseau de grottes mal éclairées. Et de temps en temps, parce qu’il faut s’en prendre plein les yeux, vous arrosez de plomb un boss colossal.

The Jade Cipher ne fait pas d’histoire

C’est un jeu VR soigné, mais pas par un gros studio comme Capcom. Il est donc plus court et moins léché que Resident Evil VII. Mais ses limites se ressentent aussi dans le scénario. Tyre a un mystère familial à résoudre, en plus d’avoir un passif avec les fameux monstres kojimesques évoqués plus haut. Dommage, rien de tout cela ne va plus loin que le détail ou une apparition cinématique.

Immortal Legacy The Jade Cipher

En plus de cela, le jeu se termine après quatre petites heures, juste quand les choses évoluent un peu (vers un trip esthétiquement plus proche de Halo ou Gears of War). Quand défile le générique de fin, il n’y a point eu de réponses, ni d’affrontements de boss charismatiques ou pertinents. Juste des pistes lancées pour une hypothétique suite. C’est dommage. Mais si elle arrive, et si elle est aussi prenante et encore plus maniable, j’attendrai.

Le jeu qui se joue en VR-ai

Heureusement que Immortal Legacy, The Jade Cipher est un jeu. Il s’occupe de cet aspect très bien. La réactivité de Tyre est au poil (tant mieux, car il ne court pas très vite !). Et le level design est linéaire mais pas trop, trouvant le bon compromis entre vos capacités de mouvements et la difficulté générale. Émule réussi d’Uncharted, le titre offre moult notes à lire, mais aussi des puzzles simples et ludiques. Parfois, c’est redondant et à deux doigts du naze (au bout du dixième labyrinthe à billes déverrouillant un coffre, vous en aurez marre). Le reste du temps, c’est une question de logique et d’observation. Enfin, à l’instar de Blood and Truth, vous allez devoir jouer des bras pour escalader une corniche ou flinguer deux types à la fois.

Immortal Legacy The Jade Cipher

Cela va sans dire, mais rayon flingues, vous avez du stock. Entre la Winchester façon T2, les différents types de pistolets à « dual wield-er », les mitrailleuses, fusils snipers et autres explosifs, vous ne serez jamais malheureux. Sauf, peut-être, dans la deuxième moitié de l’aventure, une fois face à des ennemis surnaturels. Ils sont bien plus rapides et agressifs que les mercenaires, et il est souvent difficile de réagir proprement au corps-à-corps. Ces espèces de zombies vous collent si près que vos tirs leur passent souvent à travers, et si vous ne portez pas votre machette, aïe, aïe, aïe ! Puisqu’on y est, le boss final est une enflure qui ne vous laisse aucune chance. Si vous ne flinguez pas ses points faibles à temps (et vous avez TRÈS PEU de temps), bye-bye.

Armes à gogo

En matière d’action, le présent titre se situe un cran en-dessous de Blood and Truth. Mais je crois avoir globalement plus apprécié cette nouvelle expérience. Tout ne tient pas qu’au flinguage de truands, ici. Quand vous ne shootez pas à tout va dans des canyons ou des temples en ruines, vous explorez des mines abandonnées, en repoussant des piranhas à coups de machette. Vous faites sauter des éboulis, vous éclairez des choses humanoïdes tapies dans l’obscurité, vous évitez des pièges mortels sortis de Tomb Raider

Immortal Legacy The Jade Cipher

Tout ça, dans la même continuité et, grâce aux déplacements libres, au rythme qui vous sied. Blood and Truth vous imposait sa musique. Quelque part, Immortal Legacy, The Jade Cipher vous laisse trouver votre tempo (allez-vous rusher comme un bigleux à travers les mines, ou ralentir par prudence ?).

Je regrette que Immortal Legacy, The Jade Cipher ne soit qu’un échauffement pour le développeur et une mise en bouche pour le joueur. Techniquement, le jeu fait le job, avec des textures et couleurs peu diversifiées, mais convaincantes. La maniabilité est très agréable, mais elle doit encore être peaufinée dans les combats. Quant à « l’histoire », il ne s’agit que d’un préambule de quelques heures, ce qui laisse sur sa faim. Verra-t-on seulement un Jade Cipher 2, un jour ? Personnellement, j’aimerais bien. En attendant, Immortal Legacy, The Jade Cipher est unique et réussi dans son (ses) genre(s), à tel point qu’il me fait rêver de pouvoir jouer à Uncharted ou RE VII avec mes moves. J’avoue qu’un remake de RE : Gun Survivor en VR, avec la même maniabilité, ça me ferait saliver…

Immortal Legacy The Jade Cipher

LES + :

  • Mélange surprenant et réussi entre plusieurs ingrédients à succès (l’aventure d’Uncharted, les délires de MGS, l’horreur de RE, la VR).
  • Environnements et puzzles convaincants.
  • Maniabilité à laquelle il faut s’habituer, mais qui se révèle souple et appropriée par la suite.
  • Level design bien pensé, avec des phases aussi diverses qu’efficaces.
  • Armes et gunfights trippants.

LES – :

  • Un peu court (4h de jeu environ).
  • Ce n’est que le prologue à une aventure qu’on ne vivra peut-être jamais.
  • Le combat au corps-à-corps gère mal ce qui est rapide et nerveux… comme les ennemis de la deuxième partie du jeu.
  • Le personnage de Cookie Pie, tellement kitsch et sans importance qu’on se demande ce qu’elle fait là.
  • Les bras de Tyre, qui se tordent un peu trop dans tous les sens… mais c’est « tordant ».
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Test PSVR : Blood and Truth « Yippee-ki-yay ! »

Blood and Truth

Blood and TruthDans Blood and Truth, Ryan Marks, soldat d’élite, revient à Londres pour les funérailles de son père. C’était un puissant PDG et, occasionnellement, le patriarche d’une famille entière de sympathiques magouilleurs. Hélas, Tony Sharp, un concurrent lunatique, déboule juste après la veillée pour voler le business familial. Vous vous échappez rapidement avec votre mère et vos frangin et frangine, pour préparer la contre-attaque depuis votre repaire secret. Ç’a l’air plutôt simple et bateau, mais rapidement, l’histoire comme le jeu vont sérieusement faire monter les enchères, enchaîner les rebondissements, et imposer un spectacle immersif rappelant le meilleur du film d’action hollywoodien.

Ça faisait presque deux ans que j’avais oublié que je possédais un PSVR. C’était la faute à un catalogue qui ne m’impressionnait pas tant que ça alors. Personnellement, j’ai surtout approché et aimé Resident Evil VII, Until Dawn : Rush of Blood, Doom VFR et Farpoint. On le voit, c’est surtout du shoot. Mais quand je me suis renseigné à nouveau sur le sujet, j’ai été surpris. Loin de s’éloigner de la chose, les développeurs ont redoublé d’efforts. Ils proposent maintenant des expériences tenant de moins en moins de la démo et davantage d’une véritable expérience de jeu, et ce dans divers genres : plateformes, puzzle, FPS, course, et bien sûr, rail shooter. C’est encore le meilleur compromis à ce jour pour vraiment « jouer » en VR sans avoir la nausée. Et Blood and Truth en est un fier représentant.

Blood and Truth

Quand c’est la guerre, je fais la guerre !

Jouable uniquement avec le PSVR, Blood and Truth est une expérience grisante. Il commence plutôt calmement pendant ses deux premières heures de gameplay, certes. Mais c’est pour mieux planter le décor, le contexte et les personnages, tous bien interprétés. Entre-temps, vous aurez de petites phases de gameplay sympas vous demandant de buter des raclures, d’escalader des parois, de crocheter des portes et de poser du C4.

Le tout est bien sûr confortablement assisté, le temps de prendre le pli. Et le pli est vite pris tellement la reconnaissance des PS move a été travaillée. Évidemment, pour accomplir une action, il faut mimer l’action en question. Dans sa gestion de la chose, Blood and Truth éclate tout. Car même le truc le plus « simple » comme de ramper dans un conduit réclame qu’on fasse semblant d’y être. Imaginez-vous escalader la façade d’un immeuble en construction à la force de vos bras. Ou mieux : suspendu à une main au-dessus du vide et obligé de dégainer de l’autre pour buter des racailles. Le pied total pour tous les aspirants John McClane et les fans de James Bond.

Blood and Truth

Say hello to my little friends !

Niveau armement, variété et maniement vont de pair. Vous avez la possibilité de tenir une arme dans chaque main, et bon Dieu, vous avez le choix. Le jeu est très généreux en matière de joujoux. À vous de faire les combinaisons qui vous plaisent. Vous pouvez même tester constamment, votre chemin étant pavé de ressources. Par exemple, vous voulez tenir une mitraillette dans une main et un Magnum dans l’autre ? Ou deux shotguns à la fois ? Pourquoi ne pas garder une grenade dans une main et canarder de l’autre, en attendant le bon moment ?

En tout, vous pouvez garder deux flingues, chacun dans un hoslter fixé à votre ceinture, plus deux fusils croisés dans le dos. Pour vos armes de poing, portez la main à votre étui pour dégainer et rengainer comme un cowboy. Il suffit de passer la main par-dessus l’épaule pour saisir votre fusil ou pompeux et ratisser large. Et pour recharger, il n’y a qu’à piocher dans votre poche ventrale et mimer le geste. Vous pouvez le faire même en ayant les deux mains prises, ce qui aide grandement.

Vous pouvez aussi passer une arme d’une main à l’autre, ou encore prendre un fusil à deux mains pour plus de précision (l’usage du fusil sniper rappelle d’ailleurs Farpoint). Attention à ne pas perdre votre sang froid et à vous emmêler les pinceaux. Vos gestes doivent être un minimum précis, sinon vous pouvez ranger votre arme au lieu de recharger.

Blood and Truth

Je vais où je veux

Un gameplay aussi nerveux en VR ne marcherait pas dans un FPS pur jus. C’est probablement pour ça que Blood and Truth utilise des déplacements précalculés et une progression scénarisée. Mais contrairement à Until Dawn : Rush of Blood, vous n’êtes pas « littéralement » sur des rails. Vous progressez essentiellement à couvert, et vous pouvez choisir votre position d’une pression sur le bouton « Move » du contrôleur (du coup, il porte bien son nom). Les déplacements sont réalistes, contrairement à la téléportation que des jeux comme Doom VFR utilisent comme compromis. Enfin, des chemins alternatifs sont disponibles par endroits.

Blood and Truth ne m’a jamais provoqué une seule fois de malaise durant plus de deux heures non stop. De préférence, jouez-y assis dans un fauteuil articulé. Vous jouirez à la fois d’un confort de jeu et d’une mobilité suffisante, car vous risquez de rester branché un moment.

Blood and Truth

Blood and Truth, une démo qui démonte

Quelques années après le lancement du PSVR, on n’est plus à l’heure des démos techniques. Il est temps de faire de vrais jeux qui défoncent. Blood and Truth propulse progressivement le joueur dans son intrigue. Elle démarre (un peu trop ?) tranquillement pour installer les choses, vous donnant l’occasion de traverser des environnements travaillés, en faisant des « ouh » et des « ah » quand vient l’occasion de faire joujou avec le décor plutôt qu’avec des pétoires.

Mais plus les choses avancent, plus l’action prend le dessus, et la démo se transforme en défouloir orgiaque. Le jeu prend une ampleur certes espérée, mais plutôt inattendue comparé aux prémices. C’est comme si après une demi-heure, Le Parrain prenait un virage à 180° pour se transformer en épisode de James Bond. Mais c’est loin d’être un tort ! Parce que les « ouah » laissent la place à des « oh, la vache ! » à répétition. Jouer à Ryan Marks, c’est juste trippant, et puis voilà.

Par prudence, j’aurais pu me le faire offrir à Noël plutôt que de l’acheter, mais il était bon marché à l’approche des fêtes de fin d’année. Et pour le prix proposé, Blood and Truth est déjà largement rentabilisé. Beau, nerveux, jouissif, immersif, il limite en plus considérablement le motion sickness (en tout cas pour ma part). Si vous avez un PSVR et vous n’avez pas encore essayé, je ne peux que le recommander.

LES + :

  • On s’habitue très vite aux gestes et aux commandes. On évolue dans Blood and Truth comme on respire.
  • Un motion sickness très limité.
  • Des armes et des combinaisons en veux-tu, en voilà.
  • Une histoire qui va très loin dans les clichés, mais aussi dans les surprises et le spectaculaire.
  • Sons et musiques sont un bonheur pour les oreilles.

LES – :

  • On peut s’emmêler les pinceaux pendant les premiers pas, en changeant d’arme plutôt qu’en rechargeant, par exemple. Mais la précision est l’art de la guerre. On se sent donc méritant quand on finit par recharger et tirer comme un SAS.
  • Comment j’ai pu le louper avant ? Il est sorti il y a 6 mois !