Test PS3 : The Evil Within “On me l’a Mikami profond.”

064731_95ee07395a70499bac282d982f1b17b7-mv2Halloween approchant, les fans de jeux d’horreurs devraient être aux anges ce mois-ci. D’un côté, on a droit au retour réussi du xénomorphe baveux le plus célèbre du cinéma avec Alien Isolation. De l’autre arrive The Evil Within, come-back du maître à penser du survival horror contemporain, j’ai nommé Shinji Mikami. Ce dernier réinventa à deux reprises le genre initié par Alone in the Dark, avec Resident Evil en 1996 et sa suite Resident Evil 4 en 2005 (on pourrait même carrément compter un triplé gagnant en incluant le remake du premier jeu sorti en 2002 sur GameCube, le bien nommé RE Rebirth). Je dois bien avouer que si je bavais (ha!) sur le jeu Alien, je n’attendais nullement le nouvel opus du “génie” japonais. Je dirais même que les nouvelles images et informations sortant au compte-goutte ne me convainquirent carrément pas. Finalement, le prix du jeu à sa sortie (sur PS3 en tout cas) et les récompenses décernées (meilleur survival horror de l’année) me décidèrent à tenter l’aventure. Que les choses soient claires : si The Evil Within n’est pas un mauvais jeu, il fut en revanche pour moi une mauvaise expérience. Et ce en tenant compte de mon absence totale d’a priori ou d’espoirs ! Explications…

064731_11a56837c7284b6195b9bcad097fde6e-mv2Bienvenue à l’institut Beacon !

Faire du vieux avec… du vieux

Lorsque j’achète un jeu, je pense toujours forcément qu’il va m’en rappeler un autre. Ce n’est pas compliqué : lorsqu’on se paie un jeu à licence, on sait qu’il va reprendre les mécaniques qu’on aime en tentant de les améliorer ou en en ajoutant de nouvelles (la trilogie Dead Space s’en sortait très bien sur ce point, malgré les avis partagés sur son dernier opus). Et lorsqu’on prend un jeu d’un genre spécifique, on se dit qu’il va justement emprunter auxdits jeux à succès, et en soi, ce n’est pas si mal (le cinéma n’en fait pas moins, cf. les Paranormal Catacombes Project Machin Chose). Ce qui aurait tendance à m’énerver en revanche, ce serait de payer une galette neuve pour me retrouver à jouer strictement aux mêmes jeux déjà rangés sur mes étagères, des classiques parfois là depuis des années. Silent Hill, Resident Evil 4, Dead Space, The Last of Us, et même The Suffering pourtant moins populaire… Tout y passe ici. Et je ne parle pas que du scénario (déjà plus qu’abscons au début) mais aussi de mécaniques de jeu et de décors désagréablement familiers. Mais commençons par le commencement.

Oh tiens, des paysans avec des torches… (baîlle)

La Loi du marché

Vous êtes Sebastian Castellanos (y avait pas plus simple ?), un flic aux allures d’Eliot Ness, parti en renfort avec deux recrues sur le site de l’hôpital psychiatrique Beacon, en proie au massacre. Sur place, les choses dérapent : Sebastian se fait enlever puis s’échappe de ce qui ressemble à l’antichambre de l’Enfer (ou au prologue du dernier Tomb Raider). Il s’enfuit avec quelques survivants en traversant la ville frappée par un chaos monstre, pour finir dans le décor. Passé ce premier chapitre spectaculaire et confus, vous devez retrouver vos camarades en explorant un village moyenâgeux, une usine désaffectée, une église, des souterrains, un asile labyrinthique… Vous avez dit RE 4 ? Oh oui. Un peu trop d’ailleurs : vos armes sont strictement les mêmes (à part une chouette arbalète), des paysans hardcore veulent vous tuer en brandissant leurs torches ou en posant des pièges à loup, et une mystérieuse secte semble faire tenir cet étrange monde debout… Pas d’inquiétude cela dit : vous pourrez vous cacher dans des placards ou sous des lits comme dans Alien Isolation et surprendre vos ennemis par derrière pour les one-shoter comme dans The Last of Us. Tout ceci afin de mettre des bâtons dans les roues du mystérieux Ruvik, un encapuchonné qui semble avoir le contrôle sur cet univers cauchemardesque hérité de Silent Hill et peuplé de boss échappés de Dead Space. Rien qu’en terme d’emprunts, The Last of the Evil Within n’a donc rien DU TOUT pour lui d’original, à tel point que le deuxième effet Kiss Cool s’est fait très vite sentir : il ne m’a pas fait peur, ni même stressé. Il m’a juste fait ch***.

Certains passages de l’aventure sont tout de même trash ou inattendus.

“Je ne connais pas la peur !”

Et quand je dis ch***, je ne veux pas dire que j’ai roupillé, oh non ! Je veux dire qu’à l’instar de RE 4, il arrive certains moments dans le jeu où vous vous retrouvez dans un coupe-gorge et devez dealer avec une horde d’adversaires hargneux. Très souvent injustes, ces passages m’ont vu mourir dix fois avant de passer en attendant la prochaine arnaque. “Le Gardien”, boss du chapitre 7, m’a obligé à recommencer le niveau en entier afin de me préparer à lui faire sa misère (vengeance !). Je n’ai rien contre un jeu à proprement parler exigeant : Alien Isolation l’était sans doute davantage, et RE 4 ne l’était pas moins. Seulement voilà : à trop jouer la carte de la redite parsemée de reprises douteuses, un VRAI remake de Resident Evil 4 aurait sûrement mieux valu qu’une aventure au scénario (pas) original tenant lieu de prétexte fumeux. A l’époque, les aventures de Leon S. Kennedy dans les Carpates espagnoles étaient certes exigeantes, mais on se pliait volontiers à un défi et un univers nouveaux. Aujourd’hui, nous proposer exactement les mêmes épreuves de force sans en plus une explication valable est tout simplement gonflant. Exemple édifiant : un passage nous oblige à abattre quatre guérites soi-disant car elles nous empêchent d’atteindre la porte située en dessous. Faux. Sauf que si vous ne les abattez pas, la porte ne s’ouvrira pas, point. Et c’est comme ça tout du long. Bien qu’ayant joué dans des conditions adéquates, le dernier “chef-d’oeuvre” de Mikami ne m’a ainsi jamais impliqué, effrayé ni même stressé. Il m’a tout simplement cassé les c****. Sans parler d’un aspect technique loin d’être convaincant.

064731_bb1d37a19ea04778969af0e05322ecc1-mv2Désolé. Ce que vous voyez n’est pas ce que vous avez.

L’œil de “Raaah!”

On va passer gentiment sur l’absence incompréhensible d’une version anglaise. Il y a déjà assez à faire avec les problèmes d’animations des personnages (qui glissent parfois sur le sol comme des savonnettes), les horribles plaquages tardifs de textures (même dans les cutscenes !) voire même des fois les horribles textures tout court. Il semblerait qu’à l’instar d’Alien Isolation, The Silent Evil Within soit plus appréciable sur next gen que sur low. Cependant, si certains bugs étaient bien de la partie, je ne me souviens pas qu’Alien m’ait autant sorti du bain par ses défauts techniques. Vous me direz, on a déjà du mal à y rentrer quand l’eau s’avère si froide…

Car The Resident Evil Within est bien une douche froide. Certes pas un mauvais jeu, car tous ses emprunts ont déjà fait leurs preuves. Mais entre datées ou éprouvées, toutes ces petites touches n’arrivent qu’à nous rappeler ces aventures passées, flippantes, innovantes et techniquement bien plus convaincantes à leurs époques respectives. Peut-être ce nouvel arrivant fera-t-il son effet sur des novices de ce genre de jeux, les joueurs jeunes ou très occasionnels. En attendant, si la presse estime que The Dead Evil Within est vraiment le survival horror de l’année, préférez-lui tout de même les petits jeux indépendants, sortis ou à venir. Encore mieux, pour les heureux possesseurs de PS4, jouez au Playable Trailer de Silent Hills d’un autre génie japonais : Hideo Kojima. Effet garanti. Mieux vaut une aventure courte mais flippante à s’en ch*** dessus que de passer des heures sur celui-ci à se faire ch***.

LES + :
– C’est un jeu plaisant au gameplay rôdé, mais limite vieillot.

LES – :
– J’ai déjà joué et rejoué à tous les jeux qui l’ont inspiré… et il ne me les a pas fait oublier, bien au contraire !


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