Guerre Intérieure – Trilogie intérieure, vol.2

La suite explosive de Désordre Intérieur.

Cinq mois ont passé depuis le désormais célèbre attentat de Chicago. Jack Culver, devenu prisonnier fédéral, est réquisitionné par le FBI pour enquêter sur la disparition de son père, John. Avant de s’évaporer sans laisser de traces, ce dernier avait approché un groupe d’individus extrêmement dangereux pour la sécurité nationale. Mais comment et pour quelle raison l’ancien policier aurait-il croisé leur route ?

Son fils va vite regretter la tranquillité de sa résidence surveillée. Une armée secrète est sur le point de soumettre le pays au plus terrifiant des chantages. Qui la dirige ? Et pourquoi ? Les réponses chargées d’un passé douloureux pourraient bien sceller le destin des Culver… ainsi que celui de l’Amérique.

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Notes d’intention

En 2008, une fois bouclé le scénario de Désordre Intérieur, je ne m’imaginais pas rédiger une suite à l’aventure, et encore moins en faire une trilogie. Pourtant, alors que le roman d’action fut achevée en 2010, une idée de séquelle avait déjà fait toute seule son chemin dans ma tête. La suite des aventures des Culver ne se fit pas sans douleur ni patience, encore moins sans cruels dilemmes. La voie que je désirais prendre au début était-elle la bonne ?

Deux romans d’action pour le prix d’un

J’étais très satisfait de mon premier opus en roman d’action, suite spirituelle de Die Hard croisée avec Mission: Impossible. Cependant le devenir de Jack Culver me paraissait terriblement incertain, d’autant que je m’étais attaché au bonhomme. Je voulus donc le sortir de la panade dans laquelle je l’avais laissé… quitte à le plonger dans une situation bien pire que la précédente.

Dès le départ, je souhaitais un roman d’action dans la veine du premier segment, mais aux enjeux radicalement supérieurs. L’intrigue était censée être plus linéaire que Désordre… et n’impliquer que le fils Culver. Pourtant, il me vint peu à peu une idée plus perverse…

Bis repetita ?

Une chose que les films hollywoodiens (Die Hard, L’Arme Fatale, Mission : Impossible, James Bond…) ont toujours su plutôt bien exploiter est la suspension d’incrédulité. Très souvent dans les films d’action et d’aventure, le point de départ des problèmes, le plan des criminels ou la survie des héros tiennent à une accumulation de faits à la probabilité très, très discutable. Et pourtant, quand c’est bien emballé, on n’a pas le temps ni envie d’y penser. Il en va de même dans un roman d’action (cf. l’expression bien connue de “page turner“).

Comme j’aime bien pousser à fond un problème, je me suis alors creusé la tête afin de trouver comment reproduire le mode opératoire de Désordre Intérieur : père et fils enquêtant chacun de son côté, mais cette fois en ignorant complètement l’implication de l’autre, et sans que cela parût trop artificiel. Dur dur… Surtout que le terrain de chasse venait de s’agrandir d’une seule ville à l’Amérique entière (un peu sur le modèle des Die Hard encore, toujours plus ambitieux) !

Émancipation

Le pari était risqué et y réfléchir compliqué. Alors que je galérais, je me rappelais d’une chose très importante : Guerre Intérieure serait mon premier roman d’action à n’être PAS adapté d’un scénario existant. Elle se détachait donc beaucoup plus d’un raisonnement d’écriture typiquement cinématographique. Le plus dur avait été jusque là de faire évoluer en parallèle les aventures de John et Jack. Mais parallèlement ne veut pas dire simultanément. 😉

Je décidais donc de jouer sur les temporalités. Ainsi John n’enquêterait plus en même temps que Jack, mais avant lui. On se retrouvait donc bien à nouveau avec deux enquêtes musclées alternant entre elles et articulées autour d’un même enjeu, mais cette fois-ci menées à deux instants différents. Si Guerre Intérieure avait été un film, une telle structure aurait été casse-gueule et dure à se représenter, en particulier pour un film d’action pur jus où ce genre d’originalité n’est pas la norme (même si Christopher Nolan le vendrait les doigts dans le nez, et sans effets de style). Mais Guerre… était désormais un roman d’action, et tout était permis.

Le comment du pourquoi

J’avais écrit précédemment que Désordre Intérieur, c’était Die Hard sous stéroïdes.  Eh bien imaginez maintenant écrire un suite à ça ! Aujourd’hui, on a véritablement tout fait au cinéma (ou même dans un roman d’action). Or les moyens d’un méchant pour parvenir à ses fins ne comptent plus et n’ont jamais compté tant que ses raisons.

Prenez les cinquante années de service de James Bond. Changements de ton mis à part, qu’est-ce qui différencie le méchant de Les Diamants sont Éternels (1971) avec celui de Meurs un autre Jour (2003) ? L’un est un terroriste mégalo dédiant sa vie à faire du fric en rançonnant le monde, et l’autre un asiatique relifté et invraisemblablement riche voulant « seulement » réunir les deux Corée. Tous les deux possèdent un satellite solaire, pourtant ce qu’ils en font les rend au choix terriblement géniaux ou formidablement demeurés.

Famille nucléaire

À une époque pas si lointaine, un film ou un roman d’action ne cherchait que l’argument original. Il avait besoin de la nouvelle menace susceptible de rendre l’histoire intéressante. Aujourd’hui, c’est devenu une denrée rare. Déjà à l’époque de Désordre Intérieur, je savais que l’arme employée par les méchants n’était pas originale, tout comme celle dont se servent les ennemis de Guerre Intérieure (séries télé, jeux vidéo et films s’en sont depuis allègrement servi). Quoique je me suis documenté sur beaucoup de choses, j’ai choisi de simplifier énormément ces aspects au nom de l’efficacité (par exemple : il n’y a ici littéralement que trois personnes qui bossent à la Maison Blanche, et dans un récit porté sur le thriller d’action, c’est tant mieux).

Dans un film comme dans un roman d’action, ce n’est pas la menace mais le chantage et ses motivations qui font le sel de l’intrigue. Pourquoi et pas comment les antagonistes entreprennent leur action démente. C’est ce qui nous permet de les aimer ou les détester, voire les deux. C’est probablement la raison pour laquelle les récents James Bond au cinéma s’étaient montrés plus raisonnables et clairement pas originaux dans leur McGuffin (banquiers, trafiquants d’eau potable et hackers), préférant se concentrer sur le traitement de leurs personnages.

Association de malfaiteurs

Moi, je préfère prévenir : j’aime autant mes personnages… mais je ne suis pas raisonnable. C’est pourquoi le plan des terroristes est délirant tout en exploitant des lieux, armes et motivations selon moi terrifiants. Tout comme le fait que le complot ne repose pas sur les ambitions d’un seul homme. Il découle en réalité d’une véritable association de malfaiteurs.

Je me rappelle maintenant une BD de Picsou par Keno Don Rosa célébrant les 50 ans du personnage. Les Rapetou, Miss Tick et Gripsou s’y associaient pour détruire le canard le plus riche du monde, leurs buts se complétant en fait parfaitement. Imaginez maintenant, d’après la couverture du présent roman d’action, qui serait Picsou…

« God bless »

Malgré sa démesure et sa double enquête, Désordre Intérieur était surtout le baroud d’honneur de John Culver. Guerre Intérieure est avant tout le show de Jack. Le récit poursuit les thèmes de son prédécesseur, conclut ses sous-intrigues et célèbre les joies de la surenchère “à la Die Hard“. Ce roman d’action fut une vraie galère à écrire et un sacré poison pour son auteur. Pourtant, devant le travail accompli, j’en éprouve un délicieux sentiment de nostalgie. J’espère que vous vous régalerez devant « l’énormissimité » des aventures de la famille Culver. Surtout, j’espère que vous attendrez le troisième arc déjà prévu, articulé cette fois autour d’une menace vraiment originale.


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